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Transcript

Au sujet de la comparaison

Fatima, Daberechi, Danielle

Exposé 9: Leviathan

Léviathan, Hobbes

Il est vrai que certaines créatures vivantes, telles que les abeilles ou les fourmis, vivent socialement les unes avec les autres (et figurent donc, selon Aristote, au nombre des créatures politiques); et pourtant, elles ne sont conduites par rien d'autre que leurs jugements et instincts particuliers; elles ne disposent pas non plus de la parole par laquelle l'une d'elles peut signifier à une autre ce qu'elle estime convenir au bénéfice commun. Il se peut donc que l'on désire savoir pourquoi le genre humain ne peut faire la même chose. A cela, je réponds :

Paragraphe 1

Premièrement, que les humains sont continuellement en compétition pour les honneurs et les dignités, ce qui n'est pas le cas de ces créatures; par conséquent, l'envie et la haine surgissent sur cette base parmi les humains, et finalement la guerre; mais ce n'est pas la même chose parmi ces créatures. Deuxièmement, que parmi elles, il n'y a pas de différence entre le bien commun et le bien privé. et, étant portées par nature vers leur bien privé, elles contribuent de la sorte au bénéfice commun. Mais un humain, qui prend plaisir à se comparer aux autres, n'a de goût que pour ce qui le distingue d'eux.

Paragraphe 2 et 3

Troisièmement, que ces créatures qui n'ont pas (comme les humains) l'usage de la raison, ne voient pas, et n'ont pas l'idée de voir une erreur dans l'administration de leurs affaires communes; alors que parmi les humains, nombreux sont ceux qui se pensent plus avisés et plus capables que les autres de gouverner leurs affaires publiques, et meilleurs que le reste. Ceux-là se battent pour les réformer et innover, l'un dans cette voie-ci, l'autre dans cette voie-là, ce qui amène dissension et guerre civile.

Paragraphe 4

Quatrièmement, que ces créatures, bien qu'elles aient quelque usage de la voix pour faire connaître les unes aux autres leurs désirs et autres affections, sont pourtant privées de cet art des mots grâce auquel certains humains peuvent présenter aux autres ce qu'est le bien sous l'apparence du mal et le mal sous l'apparence du bien; et grâce auquel ils augmentent ou diminuent la grandeur apparente du bien et du mal, suscitent le mécontentement et troublent leur paix à leur guise.

Paragraphe 5

Cinquièmement, les créatures privées de raison ne peuvent distinguer entre préjudice [injury] et dommage, en sorte que, aussi longtemps qu'elles sont à leur aise, elles ne sont pas menacées par leurs pareilles; alors que là où quelqu'un cause le plus d'ennuis, c'est quand, jouissant tout à fait de ses aises, il aime montrer sa sagesse et contrôler les actions de ceux qui gouvernent l'État. Enfin, l'assentiment de ces créatures est naturel, celui des humains résulte seulement d'une convention, ce qui est artificiel; il n'est donc pas étonnant que quelque chose d'autre soit notre formule: je ferai telle chose, et que Dieu m'aide, et cela sont les rituels et le cérémonial que chacun pratique dans sa propre religion, de sorte que la peur de trahirsa foi en soit plus grande.

Paragraphe 6 et 7