Want to make creations as awesome as this one?

Transcript

La France, dynamiques démographiques,inégalités socio-économiques

Manifestation contre la réforme des retraites, février 2023

Manifestation des gilets jaunes, décembre 2018

Dynamiques démographiques et inégalités

Introduction

Depuis 10 ans, la France a connu plusieurs épisodes de contestation sociale, parfois très violente : en 2018 le mouvement des gilets jaunes proteste contre les inégalités, notamment territoriales (« la France des ronds-points »), en 2023 les manifestations contre une réforme des retraites que le gouvernement justifie par le vieillissement de la population mobilisent des millions de personnes. 2023 ce sont aussi les émeutes de juin qui embrasent la jeunesse de certaines banlieues.Chacun à leur façon ces épisodes témoignent des dynamiques et des inégalités qui traversent aujourd’hui la société française et questionnent le rôle de l’Etat, souvent contesté.

Manifestation des gilets jaunes, décembre 2018

Dynamiques démographiques et inégalités

Introduction

Conclusion

I. Une population française dynamique mais vieillissanteA) Une croissance démographique qui ralentitB) Un vieillissement rapide mais inégal C) Des dynamiques démographiques très contrastées II. Un territoire entre croissance et inégalitésA) Un pays riche…B) … où les inégalités se creusentC) Des fractures socio-économiquesIII. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiquesA) Des politiques à différentes échellesB) Pallier le déséquilibre démographiqueC) Réduire les inégalités

> Quelles sont les dynamiques et les inégalités qui traversent la population française ? > Quelles politiques sont mises en place pour y remédier ?

SOMMAIRE

La France, dynamiques démographiques,inégalités socio-économiques

> Quelles sont les grandes dynamiques démographiques du territoire français ?

Dynamiques démographiques et inégalités

I.

Une population française dynamique mais vieillissante

Avec 68,3 millions d’habitants au 1er janvier 2024, 66 millions en métropole et 2 millions en outremer, la France est le 2ème pays le plus peuplé d’Europe, le 20ème au monde. Si la population continue de croître (+ 11% depuis 2000), la France fait face au ralentissement de sa croissance démographique : son taux de natalité n’est aujourd’hui que très peu supérieur à son taux de mortalité. Elle a donc achevé sa transition démographique. Elle a longtemps présenté un profil original en Europe, dont elle était le moteur démographique : alors que l'Union européenne dans son ensemble a un solde naturel négatif depuis 2016, la France est l'un des pays où il est le plus élevé : on compte 200 000 naissances de plus que de décès .

La croissance démographique

Un profil original en Europe

Dynamiques démographiques et inégalités

A. Une croissance démographique qui ralentit

I. Une population française dynamique mais vieillissante

Cependant depuis 2010 le nombre de naissances diminue avec le recul de la fécondité. En 2023, l’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,67 enfant par femme ; l’âge moyen à la maternité est en hausse et atteint 30,6 ans.Selon les projections, la population devrait tout de même continuer à croître jusqu’en 2050. Le solde migratoire joue également mais dans une moindre mesure : il y a 66 000 arrivées de plus que de départs.

Les projections d'évolution

Dynamiques démographiques et inégalités

Le recul de la fécondité

A. Une croissance démographique qui ralentit

I. Une population française dynamique mais vieillissante

La France est en situation de « post-transition ». Bien qu’elle soit plutôt jeune à l’échelle de l’Europe, elle connait un vieillissement rapide de sa population : en 2018, 20 % des Français étaient âgés de 65 ans ou plus, ils étaient 13,9 % en en 1990. Ce vieillissement s’explique par la réduction des naissances mais aussi par l’augmentation continue de l’espérance de vie à la naissance : elle a gagné 11 ans en 50 ans (85,7 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes en 2023). La population française vieillit mais la répartition de cette population est inégale sur le territoire national : les personnes de plus de 65 ans vivent surtout dans les campagnes, notamment celles du centre de la Corse, du centre de la Bretagne, du Sud des Alpes et de la « diagonale du vide » (expression désignant les espaces à faible densité allant du Nord-Est au Sud-Ouest en passant par le Massif Central).A l’inverse, l’Île-de-France, les territoires à proximité des villes les plus peuplées ainsi que les territoires d’outre-mer sont globalement jeunes.

L'évolution de la structure par âge

Le vieillissement dans les territoires métropolitains et ultramarins

Dynamiques démographiques et inégalités

B. Un vieillissement rapide mais inégal

I. Une population française dynamique mais vieillissante

L'évolution de la population de 2013 à 2019

1. Régions dynamiques et régions en déclin

C. Des dynamiques démographiques très contrastées

I. Une population française dynamique mais vieillissante

Les dynamiques démographiques résultent de la combinaison du solde naturel et du solde migratoire.Les dynamiques démographiques varient entre les territoires :

  • en métropole, les zones dans lesquelles la croissance démographique est la plus forte se trouvent le long des littoraux de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée, dans les grandes vallées fluviales et à proximité des grandes métropoles comme Paris, Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Lyon.
  • en Outre-mer, tous les départements enregistrent une forte croissance du fait de l’excédent naturel et de l’immigration, en particulier la Guyane,
  • le déclin démographique concerne les territoires les plus ruraux de la « diagonale du vide ». Les régions de l’est (Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté) et du nord, à l’exception de l’Île-de-France voient leurs populations stagner,
  • certaines villes connaissent aussi une croissance négative du fait de difficultés économiques (Douai-Lens, Valenciennes) ou du coût de l’immobilier (Nice, Paris intra-muros).

Dynamiques démographiques et inégalités

Les mobilités résidentielles des personnes âgées

« Territoires et transitions : enjeux démographiques », Observatoire des territoires (ANCT), 2021.

Les migrations internes modifient en permanence la situation démographique des territoires et leur structure par âge. Chaque année, 10 % des foyers déménagent pour les études, le travail, un événement familial (naissance), la retraite...À l’échelle nationale, les migrations se dirigent surtout du Nord vers le Sud et l’Ouest. Les migrations internes rajeunissent l’Île-de-France, zone de départ des retraités et des familles avec enfants. À l’inverse, le Sud et l’Ouest sont attractifs, notamment pour les personnes âgées qui recherchent une bonne qualité de vie ce qui entraîne leur vieillissement (PACA). Guadeloupe et la Martinique malgré un solde naturel positif n’arrivent à pas compenser un solde migratoire négatif (départ des jeunes actifs vers la métropole).Localement, les villes restent attractives mais ce sont les espaces périurbains et certaines villes moyennes qui se développent plutôt que les centres des grandes métropoles.

Les mobilités des jeunes

Ces migrations profitent surtout aux départements denses et abritant de grands pôles universitaires, particulièrement attractifs pour des populations jeunes souhaitant poursuivre des études supérieures ou accéder à un premier emploi. Ainsi, quelque 49 000 jeunes de 15 à 29 ans ont déclaré avoir quitté Paris et 75 200 s’y être établis au cours de l’année précédant le recensement 2018, soit un solde migratoire de +26 200 individus. De même, les départements du Rhône et de la Haute-Garonne ont attiré un grand nombre de jeunes, tout particulièrement à Toulouse et à Lyon […]. À l’inverse, les DROM ont connu de nombreux départs de jeunes, en particulier La Réunion (solde de - 1 470) et la Martinique (- 1 130). Ce phénomène s’explique par une plus faible diversité de l’offre de formation au regard, par exemple, de la métropole, entraînant des migrations liées à la fois à la poursuite d’études, mais aussi à la recherche d’emploi. En métropole, les départements les moins denses sont particulièrement peu attractifs pour les jeunes adultes.

Dynamiques démographiques et inégalités

2. Les migrations internes

C. Des dynamiques démographiques très contrastées

I. Une population française dynamique mais vieillissante

> Quelles sont les inégalités socio-économiques en France et comment évoluent-elles ?

II.

Dynamiques démographiques et inégalités

Un territoire entre croissance et inégalités

L'IDH dans le monde

Cependant ces chiffres masquent d’importantes inégalités.

7ème puissance mondiale, la France fait partie des pays le plus riches de la planète. En 2023 elle possède le 10ème PIB de la planète, le 3ème d’Europe derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni.Par conséquent, la population française est l’une des plus aisées d’Europe, avec PIB moyen par habitant de 34 100 euros en 2020 (10 059, monde).Enfin avec un IDH très élevé de 0,901 en 2019, c’est un pays très développé (IDH > 0,8). Elle se classe au 26ème rang mondial et au 9ème rang au sein de l’UE.

Les plus grandes économies mondiales

Dynamiques démographiques et inégalités

A. Un pays riche...

II. Un territoire entre croissance et inégalités

La pauvreté en Europe

A l’échelle de l’Europe, la France est un pays moyennement inégalitaire. Son indice de Gini la place en situation intermédiaire, entre une Europe du sud (très inégalitaire) et Europe du Nord. Le taux de pauvreté (part de ceux gagnant moins de 60 % du revenu médian, soit moins de 600€ /mois) après prestations sociales est de 14,5 % en 2022 (22% au Royaume-Uni). Mais il ne cesse d’augmenter depuis le milieux des années 2000, il était de 12,4 % en 2004. Cela représente 1,9 million de pauvres en plus alors que dans le même temps, le niveau de vie des plus riches s’est accru.

La pauvreté en France

1. Entre les personnes

B. ... où les inégalités se creusent

Dynamiques démographiques et inégalités

II. Un territoire entre croissance et inégalités

Quelles sont les inégalités socio-économiques à l’échelle d’une ville ?

La fragmentation socio-spatiale à Marseille

1. Dans le quartier prioritaire de Frais Vallon, 50 % de la population dispose de moins de 978 euros par mois. Selon l'Observatoire régional de la délinquance, la moitié des vols avec violence du 13e arrondissement sont concentrés dans les secteurs de Frais Vallon et de Saint-Just.

J.- C. Charles, Parcours résidentiels des habitants d'un Quartier politique de la Ville, Dros-Paca, 2017.

La politique de la ville en question, l’exemple de Frais Vallon

Frais Vallon est situé dans le 13e arrondissement dans le nord-est de Marseille. Livré dans les années 1960, le grand ensemble a connu des difficultés dès sa livraison. Plusieurs réhabilitations lourdes sont intervenues notamment au cours des années 1990 avec notamment la démolition du bâtiment D supprimant 140 logements, restructurant ainsi l'entrée du quartier. Ce secteur bénéficie pourtant de nombreux équipements publics (piscine, collège, école, crèches...) mais qui, pour certains, sont trop anciens et vétustes. Le manque prépondérant d'équipements de proximité (commerces, services publics) se fait aussi ressentir au sein du quartier. Ce quartier locatif social nécessite donc encore de lourdes interventions de restructuration1. Il s'inscrit dans le nouveau Programme national de renouvellement urbain. Les objectifs sont de supprimer les coupures urbaines pour faciliter la circulation au sein du grand ensemble ; dé-densifier l'habitat ; et mixer les types d'occupations (bureaux, accession sociale, équipements de mobilité...).

Manifestation contre le mal logement

Marseille, « Marseilles » : une ville, des fractures urbaines

Dynamiques démographiques et inégalités

2. Entre les territoires

B. ... où les inégalités se creusent

II. Un territoire entre croissance et inégalités

Les inégalités territoriales dans les aires urbaines

2. Entre les territoires

B. ... où les inégalités se creusent

II. Un territoire entre croissance et inégalités

A l'échelle régionale, certaines régions sont plus riches que d'autres. Le PIB par habitant s'élève à 55 300 € en Île de France, 23 200 € en Corse et seulement 9 800 € à Mayotte. A l'échelle départementale, le niveau de vie médian annuel est de 20 360 € dans les Yvelines et de 13 740 € dans le Pas de Calais. À l’échelle métropolitaine, les quartiers les plus aisés se trouvent généralement dans l’hypercentre tandis que d’autres cumulent un taux de chômage et un taux de pauvreté élevé (45 % dans les « quartiers nord » de Marseille, contre 15 % en moyenne en France). Il faut cependant se méfier des généralisations sur les « banlieues » : la commune de Neuilly‑sur‑Seine, à l'ouest de Paris, est ainsi l'une des plus riches de France.C'est dans les centres des aires urbaines que les inégalités sont les plus fortes et de plus en plus visibles. Avec la gentrification au cœur des anciens quartiers ouvriers urbains, les catégories sociales aisées coexistent avec la grande pauvreté des quartiers moins rénovés ou des personnes sans domicile fixe.

Dynamiques démographiques et inégalités

D’après « Une inégale répartition des jeunes sur le territoire renforcée par les dynamiques migratoires », Observatoire des territoires, 2022.

C. Des fractures socio-économiques

La politique de la ville en question, l’exemple de Frais Vallon

II. Un territoire entre croissance et inégalités

En 2018, près de 11,7 millions de personnes âgées de 15 à 29 ans vivent en France, soit 17,5 % de la population totale. Toutefois, leur nombre et leur part n’ont cessé de diminuer depuis 1982. En effet, alors qu’entre 1968 et 1982 la part des jeunes avait augmenté du fait du baby-boom, celle-ci commence à décroître dans les années 1980 à la suite d’une forte diminution de la fécondité en France. De plus, les jeunes sont de plus en plus concentrés spatialement. Cette concentration s’est accentuée au tournant des années 1990, lorsque l’écart s’est creusé principalement entre des territoires situés sur la diagonale centrale (reliant les Ardennes au Lot), dans lesquels la part de jeunes baisse fortement et, certaines régions où elle se maintient élevée, entre 17 et 23 % (Guyane, La Réunion, Hauts-de-France, Pays de la Loire et Île-de-France). Des mutations sont en cours et c’est dans les DROM que la part de jeunes a le plus diminué sur la période 2008-2018, en particulier en Martinique et à La Réunion à la suite d’une chute importante de leur natalité mais aussi de nombreux départs.Les migrations des jeunes profitent surtout aux départements denses et abritant de grands pôles universitaires, particulièrement attractifs pour des populations jeunes souhaitant poursuivre des études supérieures ou accéder à un premier emploi. À l’inverse, les DROM ont connu de nombreux départs de jeunes, en particulier La Réunion et la Martinique. Ce phénomène s’explique par une plus faible diversité de l’offre de formation au regard, par exemple, de la métropole.

Economie et démographie sont étroitement liées : les actifs ont tendance à quitter les régions moins dynamiques pour profiter des opportunités d’emploi des régions plus dynamiques. En contrepartie, la situation démographique d’un territoire influe sur son dynamisme économique : les territoires jeunes ont un potentiel de croissance et d’innovation important. Dans les régions rurales, la situation est parfois critique. Dans ces territoires vieillissants du centre de la France ou des Pyrénées, l’activité économique est difficile à maintenir. Ces territoires peinent à retenir les jeunes et à attirer des actifs ce qui entraîne le départ des entreprises et la fermeture des services publics, c’est un cercle vicieux.Sous l’effet de ces dynamiques les inégalités socio-économiques se sont accentuées, conduisant à une fracturation spatiale.

Dynamiques démographiques et inégalités

La pauvreté en France

À l’échelle nationale, les régions les plus riches sont l’Île de France, l’Auvergne Rhône Alpes, et la région PACA. Ces régions sont dominées par des métropoles puissantes où la présence des emplois qualifiés et d’activités innovantes garantit des salaires élevés. Certains littoraux profitent également de l’installation de retraités aisés (côte d’Azur, côte aquitaine) tandis que les régions transfrontalières avec la Suisse et le Luxembourg profitent des salaires élevés que proposent les entreprises de ces États spécialisés dans les activités bancaires et financières.A l’inverse les DROM ainsi que la Bourgogne ou les Hauts de France présentent le PIB/hab. le plus faible : elles ont des profils variés (régions rurales vieillissante comme la Bourgogne ou régions isolées comme les DROM : cela n’incite pas les entreprises à s’y installer, chômage de région désindustrialisée comme les Hauts-de-France).Mais des régions « riches » comme l’Occitanie ou PACA présentent aussi des taux de pauvreté élevés : cela signifie que la richesse de ces régions est mal répartie et que les inégalités y sont plus fortes qu’ailleurs (ex : l’aire urbaine de Toulouse / zones rurales environnantes).

Le PIB par habitant régional en France

C. Des fractures socio-économiques

II. Un territoire entre croissance et inégalités

Dynamiques démographiques et inégalités

> Quelles sont lespolitiques de lutte contre les inégalités ?

IiI.

Dynamiques démographiques et inégalités

Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques

L’Union européenne n’est pas à l’initiative des politiques de réduction des inégalités en France. Mais à travers différents fonds (comme le FSE ou le FEDER), elle co-finance certaines actions nationales et locales dans le cadre de sa politique de cohésion qui a pour objectif de réduire les écarts de richesse et de développement entre les régions de l'UE.Ces fonds financent l’accessibilité des territoires, le maintien des services publics et la création d’emplois.

Une réponse à l'échelle européenne

1. Le soutien financier de l'Union Européenne

A. Des politiques à différentes échelles

III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques

Dynamiques démographiques et inégalités

Les acteurs de la lutte contre les inégalités socio-économiques

2. Un Etat dont le rôle recule

A. Des politiques à différentes échelles

III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques

L’État mène des politiques pour réduire les inégalités mais son intervention recule. S’il verse des aides sociales et finance la santé et l’éducation, il se désengage de plus en plus au profit des collectivités territoriales (loi MAPTAM, 2014 ; loi NOTRe, 2015).

Dynamiques démographiques et inégalités

Le RSA est une prestation sociale, qui complète les revenus d'une personne démunie ou aux ressources faibles, afin de lui garantir un revenu minimal. En contrepartie, ses bénéficiaires ont obligation de chercher un emploi.En 2022, il y avait 1,88 million de ménages bénéficiaires selon le ministère du Travail, de la Santé, et des Solidarités

Les acteurs de la lutte contre les inégalités socio-économiques

3. Des collectivités territoriales incontournables

A. Des politiques à différentes échelles

III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques

Le Revenu de Solidarité Active

Les collectivités territoriales sont devenues des acteurs de la lutte contre les inégalités : départements et intercommunalités (regroupement de plusieurs communes) assument 51% des dépenses sociales. Le département gère le revenu de solidarité active (RSA, 1,7 million de personnes) ou l’allocation pour adulte handicapé (AAH, 1,1 million). Enfin les associations caritatives complètent l’aide publique à l’échelon local.

Dynamiques démographiques et inégalités

B. Pallier le déséquilibre démographique

III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques

Financer les retraites et la dépendance. C'est le principal enjeu du vieillissement de la population française, avec une réduction du nombre d'actifs qui cotisent par rapport au nombre de personnes en retraite à financer et soigner. Relancer la natalité. La France dispose d'une politique nataliste, avec un système d'allocations familiales et d'avantages fiscaux pour les parents. Si sa natalité diminue, elle est en meilleure position que la plupart des États européens.

Dynamiques démographiques et inégalités

D’après Anne Brunner « Cinq millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France » in Rapport sur la pauvreté en France, Observatoire des inégalités et COMPAS, 2018.

Ampleur et limites de la pauvreté en France

Les plus jeunes sont les plus touchés par l’augmentation de la pauvreté. Plus d’un enfant sur dix vit sous le seuil de pauvreté du fait des bas revenus de ses parents. Le taux de pauvreté des non-diplômés est trois fois supérieur à celui des bac + 2. La hausse du chômage, l’extension des contrats précaires et du temps partiel subi, l’alternance entre périodes d’emploi et de chômage ont fait le lit de la pauvreté.Sans le système de protection sociale, ce ne serait pas 14 % mais 22 % des Français qui vivraient sous le seuil de pauvreté (à 60 % du niveau de vie médian). Notre système de prestations sociales et familiales, auquel il faut ajouter l’habitat social et les services publics gratuits, permet à beaucoup de personnes d’éviter la misère et la rue. La France est l’un des pays d’Europe qui a le taux de grande pauvreté (à 40 % du niveau de vie médian) le plus bas : 3,1 % de la population selon Eurostat en 2015, contre une moyenne européenne de 6,4 %. Si notre modèle social ne réussit pas à protéger une part de nos concitoyens du manque ou de la précarité, il contient la grande misère mieux qu’ailleurs.

Des politiques inclusives, c’est-à-dire visant à lutter contre l’exclusion de certaines populations et territoires, cherchent à lutter contre les causes à l’origine des inégalités.Par l'intermédiaire des impôts et des cotisations sociales, l'État organise la redistribution d'une partie de la richesse produite vers ceux qui en ont le plus besoin. Ainsi, la sécurité sociale, créée en 1945, offre des prestations en cas de maladie ; une assurance chômage existe également. Il joue donc un rôle central dans la lutte contre les inégalités entre individus.En finançant les secteurs de la formation et des réseaux de transports par les taxes et l’impôt, il contribue également à réduire les inégalités sociales en favorisant l’insertion professionnelle, l’accès à l’emploi, la mobilité et le désenclavement.

La répartition des dépenses des politiques de redistribution en France

1. Entre les individus

Dynamiques démographiques et inégalités

C. Réduire les inégalités

III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques

Les politiques inclusives sont souvent territorialisées car certains territoires cumulent handicaps, sociaux et spatiaux, conséquence de la ségrégation spatiale :

  • les villes et quartiers urbains défavorisés, appelés « quartiers prioritaires », sont concernés par la politique de la ville,
  • les régions rurales vieillissantes bénéficient d’une politique dite de « développement rural », qui cherche à lutter contre la fuite des entreprises et des services publics, contre les déserts médicaux,
  • le Départements et Régions d’Outre-mer bénéficient de transferts sociaux importants, de la politique communautaire des Régions Ultrapériphériques (RUP) et du Programme POSEI , qui cherche à compenser les handicaps liés à l’éloignement et à leur caractère insulaire et montagneux.

D’après « Désertification rurale : Des politiques publiques efficaces ? », L'Âme des Lieux N° 2, sept. 2018.

Revitalisation rurale, des politiques efficaces ?

Face au risque de désertification, différentes politiques publiques nationales et européennes ont été mises en œuvre. Depuis 1995 l’État définit des ZRR (Zone de revitalisation rurale) pour aider les espaces ruraux faiblement peuplés (moins de 33 hab./km2) et vieillissants, souvent enclavés, qui perdent des habitants et des emplois. Dans ces territoires, les entreprises bénéficient d’exonérations fiscales, et les collectivités territoriales d’aides financières majorées pour moderniser leurs infrastructures. Toutefois ces mesures sont assimilées à du saupoudrage, car actuellement près de la moitié des communes rurales sont classées en zone de revitalisation soit 14901 communes concernées en 2017 […]. Ainsi un rapport parlementaire tout juste publié déplore, du fait de cet émiettement des aides, que les ZRR n’attirent « aucun entrepreneur ou presque », et donc que « l’avantage des aides fiscales est nul ou quasi-nul» .

La politique de la ville

Des réponses aux échelles nationale et régionale

2. Entre les territoires

C. Réduire les inégalités

Dynamiques démographiques et inégalités

III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques

Dynamiques démographiques et inégalités

Conclusion

> Quelles sont les dynamiques et les inégalités qui traversent la population française ? > Quelles politiques sont mises en place pour y remédier ?

Longtemps moteur démographique de l’Europe la France reste un pays plutôt jeune mais qui connaît un vieillissement rapide. Les dynamiques démographiques y sont très contrastées selon les territoires : montagnes et campagnes voient leur population diminuer et vieillir tandis que les métropoles et littoraux continuent à croître et rajeunissent. Bien que riche, développée et relativement peu inégalitaire à l’échelle de l’Europe, la France est traversée par des inégalités croissantes : concentration de richesse dans les métropoles et leur centre, concentration de la pauvreté dans le nord et l’est du pays et les banlieues. Les acteurs publics mettent en place des politiques à différentes échelles pour corriger ces déséquilibres.Cependant les politiques mises en place par l’UE, l’État et les collectivités locales ne réussissent pas à gommer totalement ces inégalités et génèrent même parfois des contestations sociales violentes.

Dynamiques démographiques et inégalités

Conclusion

Office du tourisme de Papeete
IMAGE D'ARRIERE-PLAN

Bungalow sur pilotis dans un resort haut de gamme à Papeete, Tahiti, Polynésie française.