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Calendrier de l'avent de la Mère Noël

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A partir d’aujourd’hui vous allez attendre le Père Noël de pied ferme.

Ce personnage fictif (désolée pour celles et ceux qui y croyaient encore) a des origines bien obscures. Si la tradition des cadeaux liée au solstice d’hiver semble plonger ses racines dans l’antiquité, l’apparition du vieux monsieur en manteau rouge pointe son nez plutôt vers le XVIIème siècle et se popularise au XIXème siècle.



Et la mère Noël ? Son apparition à elle est beaucoup plus récente. Une chose est certaine, c’est qu’elle est dans l’ombre de son mari et que personne ne l’attend impatiemment ! Pas étonnant lorsque l’on sait que les femmes ont été souvent minorées dans l’histoire voire invisibilisées.


C’est le constat qu’ont pu faire les élèves de Première H.L.P au cours de leur travail sur « Les pouvoirs de la parole » : quelle parole pour les femmes ? Qui les entend quand elles veulent dire ou écrire ? Systématiquement effacées ou presque, les autrices n’apparaissent que peu dans l’histoire de la littérature. Pour une Olympe de Gouges et une George Sand, combien d’autrices ont été « oubliées » ? Elles n’apparaissent pas plus lorsque on s’intéresse aux « découvertes du monde » : de grands voyageurs, oui, mais où sont les voyageuses ?


C’est sous la forme d’un calendrier de l’avent que les élèves de l’enseignement de spécialité H.L.P vous invitent à découvrir ses voix exceptionnelles . De quoi glisser quelques cadeaux, peut-être, sous votre sapin !


Bonne découverte à toutes et à tous.




Source de l’image : Catalogue des Galeries Lafayette, 1936, Paris, bibliothèques patrimoniales

Pour en savoir plus sur l'image

Cherchez la femme !

Enzo , Milo

Félicité de Genlis



Félicité de Genlis, de son nom de jeune fille Félicité du Crest, est une romancière dramaturge, mémorialiste et pédagogue française, éducatrice du futur Louis Phillipe. Née le 25 janvier 1746 à Issy-l'Évêque et morte le 31 décembre 1830 à Paris. Ses œuvres sont recensées de 1785 à 1825, à l’époque des Lumières. Témoin capital des transformations d’une société où les régimes politiques se sont succédés, Mme de Genlis est profondément moderne dans sa manière de prendre la défense des femmes, de promouvoir la nécessité de l’éducation pour les filles ou de vivre librement de sa plume.

Œuvres notoires de Madame de Genlis :

- Le siège de la Rochelle

- Manuel de la jeune femme

- Les Mères rivales

- La femme auteur


A propos de Madame de Genlis, nous pouvons trouver au CDI du lycée Jacques de Vaucanson, Le Dictionnaire Universel des Créatrices qui dédie un article à cette importante autrice.


Le dernier voyage de Nelgis, ou Mémoires d’un vieillard (Incipit)

« Clotilde est la fille aînée du baron de Saint-Victor, frère de mon père ; elle avoit une sœur moins âgée qu’elle de trois ans, et qui s’appeloit Thérèse ; nos deux familles, originaires de Franche-Comté, étoient fort unies et nous fûmes presqu’élevés ensemble. Thérèse avoit une beauté frappante ; Clotilde étoit jolie, et surtout par la fraîcheur, la douceur de sa physionomie et l’élégance de sa taille. J’étois plus jeune qu’elle de huit ans, et cette supériorité d’âge lui donna, sur mes opinions et sur mon caractère, une sorte d’empire qu’elle a toujours conservé, que sa sœur auroit pu prendre facilement, puisqu’elle étoit plus âgée que moi de cinq ans, mais qu’elle a dédaigné. Elle ne voyoit en moi un enfant, et même, quand j’ai cessé de l’être, ses dédains me blessoient ; je n’ai jamais eu la moindre confiance en elle, et j’en avoit une entière en sa sœur. »


Lire la suite sur Gallica:

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5512514v/f11.item





CASSANDRE

par Lyna, Mélina et Shaïna,



Source : Marc Burckhardt, le 20 mars 2013.



Cassandre est la fille de Priam roi de Troie et d’Hécube, très convoitée des hommes c’est une des plus belles femmes de la mythologie.

Après s’être épris d’elle, Apollon l’a dotée d’un don lui permettant de prédire l’avenir. Malheureusement pour ce dernier, ses sentiments n’étaient pas réciproques ce qui le poussa à jeter une malédiction à Cassandre : personne ne la croirait plus jamais alors que ses prédictions étaient vraies.

Grâce à ce don, Cassandre essaya de prévenir le peuple de la défaite de la guerre de Troie, mais évidemment, personne ne la crut.



Ce mythe peut être relié à la parole des femmes. Cassandre veut s’exprimer car elle connaît les vérités puisqu’elle lit dans l’avenir mais sa parole lui est toujours coupée car personne ne la croit. On peut d’abord faire le lien avec l’expression « jouer sa Cassandre » qui le fait de dire une information qui risque de déplaire ou de ne pas être crue. Ce mythe et cette expression font parfaitement le lien avec la parole des femmes dans la vie quotidienne car la parole de celles-ci qu’elle soit orale ou écrite n’est quasiment jamais entendue ou jamais prise au sérieux. Nous avons pu le voir lorsqu’on leur a enlevé leur titre d’« écrivaine », « poétesse », « philosophesse »….


Au CDI, nous avons trouvé de nombreux ouvrages qui évoquent Cassandre : le Dictionnaire des personnages de tous les temps et tous les pays de Laffont-Bompiani, le Dictionnaire de la mythologie grecque et latine d’Odile Gandon et enfin le Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine de Pierre Grimal.




par Melvyn et Iliane


https://fr.wikisource.org/wiki/Ourika_(Claire_de_Duras)


Version originale pour les curieux :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10455706/f13.item.r=ourika





Le Mythe d’ Écho

par Camille et Ophélie



Dans la mythologie grecque, Écho est une nymphe des montagnes.

Dans Les Métamorphoses, Ovide raconte la jalousie d’Héra sans cesse trompée par son époux Zeus. Pour distraire celle qui voulait le prendre en faute, la nymphe Écho, chercha à détourner sa curiosité par d’incessants bavardages. Héra découvrant la supercherie punit l’oréade en lui infligeant un sort, celle-ci sera condamnée à répéter les dernières paroles qui lui sont prononcées.

Un jour, elle tombe amoureuse du beau et jeune Narcisse, cependant le sort jeté par la déesse jalouse se réalise lorsque Narcisse appelle Écho. La pauvre nymphe peut seulement répéter les dernières paroles de celui qu’elle aime.

Le chasseur, se lassant, abandonne la jeune femme qui, désespérée, s’abandonne dans une profonde prostration. Elle maigrit tellement qu’il ne resta plus d’elle que cette voix, faisant échos dans les montagnes.

C’est de ce mythe qu’est tiré l’écho, le phénomène de répétition d’un son de plus en plus intense.


Dans ce mythe, une nymphe est victime d’un sort jeté par une déesse, jalouse, alors qu’elle tentait de protéger son mari, un dieu infidèle. Ceci met en lumière l’invisibilisation de la parole des femmes. Après avoir attisé la colère d’Héra, Écho punie pour ses actes, se retrouve privée d’une parole individuelle, elle ne peut que répéter celle des autres. Ne pouvant pas s’exprimer, elle est par conséquent réduite au silence, incapable de faire entendre sa propre voix c’est-à-dire ses pensées et ses sentiments.


Ces informations ont été tirées des ouvrages ci-dessous tous présents au CDI :

100 personnages de la mythologie, de Malcolm Day

Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, de Joël Schmidt

Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, de Pierre Grimal

Dictionnaire culturel de la mythologie gréco-romaine, sous la direction de René Martin, Les Métamorphoses, d’Ovide.

Marie de Gournay

par Camille et Clotilde




Marie de Gournay, de son vrai nom Marie Le Jars naît à Paris le 6 octobre 1565. Sa mère l’éduque en suivant le « code féminin » de la noblesse de l’époque : elle lui enseigne le catéchisme et la couture. Cela ne convient pas à Marie qui fait le choix de se plonger dans les livres et d'apprendre en autodidacte le latin et le grec. A l’âge de 18 ans, elle découvre la première édition des Essais de Michel de Montaigne et rêve de le rencontrer. Elle s’installe seule à Paris en 1586 à l’âge de 21 ans. Deux ans plus tard, elle rencontre Montaigne. Il s'agit d'un coup de foudre intellectuel qui s'ensuit d'une amitié et d'une admiration mutuelle. Il lui délivre au chapitre XVII du livre II des Essais le titre de « fille d’alliance ». Marie n’eut plus l’occasion de le revoir. Cependant, elle correspond régulièrement avec lui.

Montaigne meurt en 1592 mais Marie de Gournay n’apprendra sa mort que quinze mois après. La femme de Montaigne lui fait parvenir une copie annotée des Essais de 1588 et la prie de se charger de la publication. Marie de Gournay travaille pour publier la première édition posthume des Essais.


Ancien français : XVIe siècle


ÉGALITÉ DES HOMMES ET DES FEMMES

A LA REYNE.

MADAME,

Ceux qui s’aduiſerent de donner vn Soleil pour deuiſe au Roy voſtre Pere, auec ce mot, Il n’a point d’Occident pour moy, firent plus qu’ils ne penſoient : parce qu’en repreſentans ſa grandeur qui voit preſque touſiours ce Prince des Aſtres ſur quelqu’vne de ſes terres, ſans interuale de nuiet ; ils rendirent la deuiſe hereditaire en voſtre Majeſte, preſageans vos vertus, & de plus, la beatitude des François ſous voſtre Auguſte preſence. C’eſt diſie chez voſtre Majeſté, Madame, que la lumiere des Vertus n’aura point d’Occident, ny cõſequemment l’heur & la felicitè de nos Peuples qu’elles eſclairerot.


https://fr.m.wikisource.org/wiki/%C3%89galit%C3%A9_des_hommes_et_des_femmes_(1622)



Adapté en français modernisé (édition 1910)


ÉGALITÉ DES HOMMES ET DES FEMMES

A LA REYNE

Madame,

Ceux qui s’adviserent de donner un Soleil pour devise[2] au Roy vostre Pere, avec ce mot, Il n’a point d’Occident pour moy, firent plus qu’ils ne pensoient : parce qu’en representans sa grandeur qui voit presque tousjours ce Prince des Astres sur quelqu’une de ses terres, sans intervale de nuict ; ils rendirent la devise hereditaire en vostre Majesté, presageans vos vertus, et de plus, la beatitude des François sous vostre Auguste presence. C’est dis-je chez vostre Majesté, Madame, que la lumiere des vertus n’aura point d’Occident, ny consequemment l’heur et la felicité de nos Peuples qu’elles esclaireront.


Pour continuer la lecture :

https://fr.m.wikisource.org/wiki/%C3%89galit%C3%A9_des_hommes_et_des_femmes_(1910)



Judith Gautier

par Emma et Manon



Louise Charlotte Ernestine Gautier, dites Judith Gautier, par son mariage Madame Catulle Mendès, est la fille du célèbre écrivain Théophile Gautier. C’est une femme de lettres française née le 25 août 1845 à Paris et morte le 26 décembre 1917 à Saint-Enogat.


Elle s’est illustrée dans les lettres par sa passion pour l’Asie (notamment la Chine et le Japon). Elle publie donc des adaptations de poèmes chinois et japonais et est la première femme à entrer à l’académie Goncourt en 1910. Judith Gautier est érudite, elle est à la fois romancière, poétesse, traductrice, autrice et chanteuse.


Nous pouvons lire au CDI une de ses œuvres, un roman qui s’intitule Isoline paru en 1882.


Extrait du Livre de Jade, poésies traduites du chinois, 1902

Au bord de la rivière, selon Li-Tai-Pé.

« Des jeunes filles se sont approchées de la rivière ; elles s’enfoncent dans les touffes de nénuphars.

On ne les voit pas, mais on les entend rire, et le vent se parfume en traversant leurs vêtements.

Un jeune homme à cheval passe au bord de la mer, tout près des jeunes filles.

L’une d’elles a senti son cœur battre et son visage a changé de couleur.

Mais les touffes de nénuphars l’enveloppent. »


Pour lire les autres poèmes du recueil c'est ici sur Gallica :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5459967d.r=judith%20gautier%20livre%20de%20jade?rk=21459;2



Olympe Audouard

Par Jennylie et Liam


Olympe Audouard, de son vrai nom Olympe Félicité de Jouval, est une écrivaine, journaliste et voyageuse féministe française (1832-1890). Mariée à 18 ans, elle accuse son mari de libertinage. Elle part s’installer à Paris et vit en écrivant les récits de ses voyages en Russie, en Egypte, aux Etats-Unis et dans l’empire Ottoman.


Elle devient célèbre pour ses discours et pamphlets incendiaires, ses récits deviennent un engagement politique montrant, par exemple, que les femmes françaises sont parfois moins bien traitées que les femmes égyptiennes.


Elle a fondé cinq revues telles que le Papillon (un journal qu’elle dirige durant 20ans) et La revue cosmopolite (feuille politique rapidement censurée pour son « anticléricalisme », son radicalisme et son féminisme).

Elle a fréquenté des célébrités telles que Alexandre.Dumas, Théophile Gautier et Alphonse de Lamartine.


Un évènement a fait également parler d’elle, un « cartel » (duel) avec l'écrivain Barbey d’Aurevilly qui l’avait accablée d’injures. Elle le provoqua en duel pour faire valoir ses talents !


Extrait de Guerre aux hommes-1866


« Messieurs, c’est bel et bien la guerre que je vous déclare.

J’attaque plus fort que moi, j’attaque le sexe fort, tandis que je fais partie du sexe faible ; je dois donc avoir pour moi les gens de cœur toujours prêts à secourir le faible contre le fort.

Vous autres, messieurs, vous attaquez bien souvent les femmes dans vos clubs, dans vos cercles, dans vos réunions ; médire d’elles, les calomnier est un de vos plaisirs favoris.

Vous les attaquez, les insultez même, dans vos écrits, dans vos journaux, oubliant complètement qu’insulter qui ne peut vous répondre par un bon coup d’épée s’appelle, dans la langue française, d’un fort vilain mot !

Vous faites bon marché de nos défauts, de nos travers, de nos vices, de notre réputation. »


Pour lire la suite: https://fr.wikisource.org/wiki/Guerre_aux_hommes/01










Le mythe de Io

par Mathilde et Mila


Zeus offre Io à Héra, (1638) David TENIER, l’ancien Kunsthistorisches Museum

Io une belle jeune femme, prêtresse d’Héra, attire l’œil de Zeus dans un temple de Mycènes, à la recherche de nouvelles aventures amoureuses. Elle entendit en rêve une voix qui lui ordonnait de rejoindre son amant. Après avoir consulté un oracle, c’est ce qu’elle fit, malgré ses services envers Héra. Cette dernière, épouse de Zeus, les surprit et devint folle de rage.


Pour se faire pardonner, Zeus transforma sa maîtresse en une génisse blanche. Héra pas dupe, accepta le présent mais pour se venger, l’enchaîna à un olivier avec pour gardien un géant aux cents yeux du nom d’Argos. Zeus pour libérer son amour, envoya son fils Hermès la délivrer, il endormit le géant avec un air de flûte mélodieux, et lui trancha la tête. Héra redoubla de rage et lança un taon sur Io, qui après de multiples piqûres, devint folle et entama une fuite à travers le monde.


Elle traversa la mer, qui prit son nom, la mer Ionienne, ainsi que le détroit du Bosphore, du grec « qui porte la vache», en passant par l’Asie Mineure, son périple prit fin en Égypte, où l’attendait Zeus. Il lui rendit son apparence humaine, et elle mit au monde leur fils Epaphos. Héra toujours à l’affût, fit enlever le nouveau-né par des guerriers au service de Rhéa. Io se mit à la recherche de son fils et le retrouve en Syrie, avant de retourner en Égypte où elle se mariera avec Télégonos. Une fois décédée, elle fut transformée en constellation par Zeus.


Ce mythe nous montre un aspect très égoïste de Zeus, puisqu’il transforme Io sans son consentement pour d’une part essayer d’échapper à la colère de sa femme, mais surtout garder Io auprès de lui, entièrement à sa disposition. En la transformant ainsi il la prive de son droit à la parole, elle est prisonnière en quelque sorte d’une relation qu’elle souhaitait certes à la base mais qu’elle ne peut même plus fuir, elle devient entièrement dépendante de Zeus.

Quelques maisons d'édition
qui redonnent leur visibilité aux grandes autrices du passé


Cliquez sur les images pour accéder aux sites.


Pour les essais, les éditions Payot, dans un format poche à glisser sous le sapin




Compte-rendu de lecture par Auriane et Lola


George de Peyrebrune

par Amandine et Victoire



George de Peyrebrune est une femme de lettres française et autrice de romans populaires. Elle est née à Pierrebrune en Dordogne en 1841 et morte à Paris en 1917. Elle fit partie du premier jury du prix Fémina en 1905 et gagna en notoriété.

Octave Mirbeau s'est inspiré de son roman Victoire la Rouge pour élaborer l'intrigue de son oeuvre, Le journal d'une femme de chambre.



Que trouve-t-on au CDI ?

Nous trouvons uniquement une œuvre de George de Peyrebrune au CDI. Cependant, il n’y a aucun ouvrage biographique. Il s’agit de Victoire la Rouge.


Début de Victoire la Rouge :

PREMIÈRE PARTIE



Les Jameau, fermiers au Grand-Change, eurent besoin d’une petite servante pour garder les bêtes. Ils en demandèrent une à l’hospice de la ville, où l’on élève les enfants trouvés.

Renseignements pris par la supérieure, les Jameau étaient d’honnêtes gens. On leur confia, moyennant vingt écus par an, une petite malheureuse inscrite, voilà treize ans et demi, sur les registres de l’hospice sous les noms prétentieux de Marie-Eugénie-Victoire. La Mère supérieure se débarrassait ainsi d’une non-valeur, d’une sorte de propre à rien, qui n’avait pu apprendre à lire, ni ajuster deux points réguliers l’un près de l’autre sur les chemises que l’on confectionnait pour la clientèle et le commerce dans les environs du couvent.

Victoire n’était point idiote, cependant, mais lourde, comme on disait.


Pour continuer la lecture sur wikisource :

https://fr.wikisource.org/wiki/Victoire_la_rouge/1

André Léo (épisode 1)

par Garance et Romane

« Nous avons la République de la liberté à défendre, nous avons la République de l’égalité à fonder.

« Croit-on pouvoir faire la révolution sans les femmes ? Quatre-vingt ans qu’on l’essaie et qu’on n’en vient pas à bout. »

André Léo, de son vrai nom Victoire Léodile Béra, est une autrice, romancière et journaliste féministe française du XIXe siècle seulement re-popularisée à partir des années 2000.


Née le 18 août 1824 et décédée en 1900, André Léo est connue pour son statut important de militante socialiste, communarde, membre de la Première Internationale et surtout illustre féministe s’étant battue tout le long de sa vie pour l’émancipation des femmes. D’abord contre l’idée du mariage, elle épouse finalement Grégoire Champseix. Elle donne naissance à deux jumeaux : André et Léo, qui seront l’origine de son pseudonyme d’autrice.


Elle publie elle-même, à ses frais et sous son pseudonyme masculin ses premiers romans tels que Une vieille fille en 1859, Un mariage scandaleux en 1862 ou encore Un divorce en 1866, dans lesquels elle dénonce les différences de salaire entre les hommes et les femmes ainsi que la position privilégiée et misogyne de l’époux dans le couple marié.


C’est une femme très engagée autant au niveau politique qu’au niveau social, et elle fait de son appartement une sorte de salon dans lequel elle accueille des personnalités politiques et littéraires. Ainsi, elle fonde en 1866 l’Association pour l’amélioration de l’enseignement pour femmes puis élabore en 1869, avec l’aide d’Elie, Elisée et Noémie Reclus la « Société de revendication des droits de la femme », qui se trouve être l’une des premières associations pour l’émancipation féminine.


En 1871, elle collabore avec de nombreux journaux : L ‘Internationale, La Révolution sociale, et La Sociale, qu’elle a elle-même fondé avec une autre communarde. Elle fait également partie du Comité de Vigilance des citoyennes de Montmartre avec d’autres révolutionnaires illustres telle que Louise Michel .

La même année, elle publie un livre dans lequel elle traite de l’histoire de la Commune intitulé La Guerre Sociale, et qui se trouve être le discours qu’elle déclame en septembre 1871 au 5e congrès de la Ligue de la Paix et de le Liberté à Lausanne en Suisse.

Elle meurt finalement en 1900 et restera longtemps, même encore à ce jour, inconnue, oubliée malgré ses nombreux ouvrages et engagements.



André Léo (épisode 2)

par Garance et Romane



L’une des œuvres notables d'André Léo s’intitule Aline-Ali,où une femme, ici nommée Aline, utilise le pseudonyme masculin Ali pour parvenir à avoir les mêmes droits que les hommes lorsqu’elle en prend l’apparence et l’identité.

Cette œuvre n'est à ce jour toujours pas rééditée mais peut être lue sur wikisoure :

Cliquez ici pour commencer Aline Ali




Un mariage scandaleux

(1862)

Pour lire la suite c'est ici !





Alexandra David Néel : une vie de voyage


par Anne et Liticia



Alexandra David Néel née en 1868 et morte en 1969, était une écrivaine, exploratrice et féministe française, convertie au bouddhisme. Elle fut la première personne occidentale à atteindre Lhassa, capitale du Tibet, en 1924, un exploit pour l’époque, puisque tous les précédents voyageurs avaient étés assassinés par les Tibétains.

Elle commence sa vie de voyageuse à l’âge de 17 ans, lors de ses premières fugues à Londres et en Suisse. Une fois majeure, son métier, ses convictions religieuses, études et engagements la conduisent à parcourir une grande partie du monde. Elle voyagea de l’Europe à l’Asie, en passant par la Méditerranée, les côtes africaines, la pointe de l’Inde (et Sri Lanka), ainsi que les côtes asiatiques de Singapour à Tokyo.


De nombreux ouvrages retracent son histoire et ses voyages. En voici quelques-uns consultables au CDI :


Grand Tibet et vaste Chine, Alexandra David-Néel, édition Plon

Le Dictionnaire universel des créatrices, Antoinette Fouque, édition des Femmes

Une vie avec Alexandra David Néel, Fred Campoy et Mathieu Blanchot, édition Bamboo (série de 3 BD)

ATLAS DES GRANDES DÉCOUVERTES De l’Antiquité à nos jours, Stéphane Dugast, édition Autrement

Alexandra David-Néel, l’aventurière qui découvrit le Tibet, dans Kenzako Mundi, Laure Dandolo, édition Enrick B.

Alexandra David-Néel, Evelyne Morin-Rotureau, PEMF


Extrait de Grand Tibet et vaste Chine :

«A vrai dire, j'ai le mal du pays pour un pays qui n'est pas le mien. Les steppes, les solitudes, les neiges éternelles et le grand ciel clair de "là-haut" me hantent ! Les heures difficiles, la faim, le froid, le vent qui me tailladait la figure [...] les camps dans la neige, dormant dans la boue glacée, et les haltes parmi la population crasseuse jusqu'à l'invraisemblance, la cupidité des villageois, tout cela importait peu, ces misères passaient vite et l'on restait perpétuellement immergé dans le silence où seul le vent chantait, dans les solitudes presque vides même de vie végétale, les chaos de roches fantastiques, les pies vertigineux et les horizons de lumière aveuglante. Pays qui semble appartenir à un autre monde, pays de titans ou de dieux. Je reste ensorcelée.»

2 ouvrages à consulter au CDI



1. Sur les autrices invisibilisées

suivez aussi le compte instagram autrices_invisi2. Sur les grandes voyageuses invisibilisées

3 Sur le site d'Arte la collection "Cherchez la femme"

https://www.arte.tv/fr/videos/RC-023157/cherchez-la-femme/



Isabelle Eberhardt

par Emilie et Irem




Isabelle EBERHARDT née le 17 février 1877 et décédée en octobre 1904.

Elle prend le nom de sa mère « EBERDHART » à sa naissance. Jeune femme alors elle a un rêve ; connaitre le monde islamique. Elle publie sa deuxième œuvre intitulée « Vision du Maghreb » imprégnée de la culture arabo-musulmanes, qui signe le début de ses œuvres dédiées à son nouveau pays .En effet, elle vit en Algérie en 1897 .

Elle se déguise très souvent en homme et signe ses lettres avec des pseudonymes masculins «Mahmoud»,ou «Nicolas Podolinsky » ou alors utilise un prénom féminin arabe «Meriem » afin de s’adapter au contexte patriarcal du XIXe siècle où le statut de la femme reste toujours inférieur à celui de l’homme.

Lorsqu’elle découvre l’Algérie, le pays est colonisée par les français depuis 1830 ce qui a inspiré nombre de ses écrits. Elle est envoyée durant ces troubles comme reporter de guerre près de la frontière marocaine en 1901. En 1902 sont créés les territoires du sud après une conquête française qui englobe le désert du Sahara, ces territoires deviendront des espaces militaires, et c’est en ce lieu que décède l’écrivaine , elle meurt en 1904 sur la terre de son pays de cœur emportée par la crue d’un oued.



Voici un extrait du livre Notes de route de 1903

lire la suite sur Gallica


Au CDI :

E. Morin Rotureau, «Alexandra David-Néel

« LIRE :» , n°402 de Tristan Savin

Daphné, celle qui dit non.


par Naëlle & Esther




Apollon et Daphné, Le Bernin 1622-1625


Daphné, nymphe et prêtresse de Gaïa fuit Apollon, dieu de l’Olympe. Apollon après s’être moqué de Cupidon, reçoit une flèche et tombe éperdument amoureux de Daphné. Elle ne fait que le fuir puisque la flèche qu’elle a reçue était en plomb et sans pointe, la rendant insensible contrairement à Apollon qui a reçu la flèche dorée ayant le pouvoir de rendre amoureux. Daphné, épuisée de le fuir et de le repousser, finit par demander de l’aide à son père Pénée, dieu fleuve thessalien. Pénée transforme alors sa fille en laurier, qui devient alors la plante consacrée à Apollon.



L’analyse que nous pouvons faire de ce mythe est que comme beaucoup de femmes, Daphné est réduite au silence, comme Philomèle mais d'une manière différente. Nous pouvons aussi évoquer le fait que Daphné n’est pas consentante et qu’Apollon ne comprend pas le fait qu’elle lui dise non. Le seul moyen que Daphné trouve pour échapper à Apollon est la transformation en plante. Toutefois, celle-ci a un coût : contrainte de devenir laurier, elle perd la parole en devenant une plante.



Les ouvrages que l’on peut trouver au CDI qui évoquent ce mythe


- Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine par Joël Schmidt

- Dictionnaire des personnages de tous les temps et de tous les pays Laffont-Bompiani

- Les Métamorphoses d’Ovide



Pour celles et ceux qui s'intéressent aux autrices, vous pouvez suivre mon compte instagram, sur lequel je publie des comptes-rendus de lecture d'autrices (beaucoup) et d'auteurs (un peu moins).

VaucEnLettres


Jeanne BARRET


par Eva et Manuella


Jeanne Barret, née le 27 juillet 1740 dans la ville de La Comelle en Saône-Et-Loire, était une voyageuse et aventurière du 18ème siècle.

Vivant à la campagne auprès de ses parents agriculteurs, elle se retrouve très vite orpheline. Elle entre alors au service du botaniste Philibert Commerson, qui deviendra son futur amant, et se prépare à embarquer , avec lui, pour Louis-Antoine de Bougainville, afin de réaliser un tour du monde. Objectif : établir scrupuleusement, à chaque escale, le recensement de toutes les plantes et rapporter des spécimens.


Jeanne, ayant appris à lire et écrire, ce qui était extrêmement rare à l’époque dans la classe paysanne, sert alors d’assistante à Philibert mais également d’infirmière car celui-ci n’est pas au mieux de sa forme.

Mais l’intrusion de Jeanne à bord ne sait pas fait aussi facilement. Étant une femme elle ne pouvait être sur le vaisseau, elle décide alors de se déguiser en homme, en se coupant les cheveux à la garçonne, en se comprimant la poitrine et en se faisant appeler Jean Barré.


Philibert demande alors à Bougainville la possibilité d’avoir un valet pour le seconder. Il accepte et Jeanne embarque en tant qu’homme à bord de l’Étoile en février 1767.

Malgré quelque rumeurs qui circulent sur ce valet de petite taille et imberbe, Jeanne use de ruses et d’explications pour contrer ces soupçons. Ce sont les Tahitiens qui finiront d’ailleurs par repérer le stratagème.

Cependant, Bougainville au courant, ne dit rien et la laisse poursuivre le voyage, et c’est sur sa recommandation que le roi Louis XVI la récompensera en lui octroyant, en 1785, une pension et le titre de « Femme extraordinaire ».


Jeanne deviendra la première femme à faire le tour du monde en 1767


Au CDI :

Mélina Gazsi et Suzanne Kestenberg , Elles ont été les premières ! : 100 femmes exceptionnelles

Cote : 305-41 GAZ

Emplacement : Rayon documentaires

Quelques maisons d'édition
qui redonnent leur visibilité aux grandes autrices du passé


Cliquez sur les légendes des images pour accéder aux sites.


Collection Femmes de lettres, Folio, 2 euros le volume.Collection Les Plumées, Talents haut


Louise Colet


par Clémence et Abigaël



Qui est-elle ?


Louise Colet est née en 1810, elle parle le grec, le latin, l'italien et l'anglais, a de bonnes connaissances en histoire et s'intéresse à la politique ainsi qu'à la poésie.

Elle commence sa carrière en écrivant des poèmes pour des journaux et son mari Hippolyte Colet (professeur au conservatoire de Paris) en met quelques-uns en musique.

En 1836 elle publie Fleurs du midi et sa notoriété se confirme car elle se voit attribuée le grand prix de poésie de l'académie française pour Le Musée de Versailles qu'elle écrit trois ans plus tard. À partir de 1842 elle devient même l'une des figures du salon de Mme de Récamier, puis à la mort de celle-ci, elle décide de tenir son propre salon chez elle.

C'est une féministe avouée, consciente de la position subordonnée de la femme, et on lui reproche souvent d'avoir une écriture trop féminine (peu d'objectivité et beaucoup de sentiments). Malheureusement l'histoire littéraire retient surtout la liste de ses amants et cela pourrait être en parti dû à Gustave Flaubert dont elle a été l'amante (et la muse dans l'écriture de Mme Bovary) et qui a beaucoup dénigré Louise Colet après leur séparation.

Louise Colet meurt à Paris chez sa fille Henriette le 8 mars 1876.


Au CDI


La seule œuvre que l’on peut trouver mentionnant Louise Colet est Lettre à Louise Colet de Flaubert.

La seule image qu’il reste d’elle au CDI est celle de l’amante de Flaubert qui a d’ailleurs beaucoup participé à son invisibilisation et continue à faire d’elle une autrice effacée.


Extrait de Fleurs du midi


Eh ! pourquoi me parler de bonheur et de gloire.
A moi. pauvre ignorée à qui rien n'a souri ?
A moi. qui dans la coupe où j’aurais voulu boire
Trouvai le miel tari!

Comme la sensitive aux regards je me cache;
Mais il ne suffit pas d’être pure et sans tache
Pour couler d’heureux jours :

Au désert la pensée ardente, insatiable,
Qui sonde trop la vie, et que la vie accable,
Fermente dans mon âme. et la ronge toujours!

Parce qu’il, est encor des roses sur ma joue;
Et qu’étouffant mes pleurs, je souris et me joue
Du bonheur qui me fuit.



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