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Transcript

Voyage
pianistique
en France

la Médiathèque musicale vous propose un voyage pianistique à travers la France en douze morceaux, pour découvrir ou redécouvrir les paysages naturels et les régions de notre pays. Au programme : Rameau, Poulenc, Milhaud, Tailleferre...



Proposition, séléction et textes de Théophile Richart,
stagiaire à la MMP, mai 2022.

Les chants de Kervéléan, I. « Invocation » Charles Koechlin (1944)

Comme bon nombre de ses homologues français de l’époque, Charles Koechlin (1867 – 1950) s’est à maintes reprises inspiré de la nature dans ses œuvres. En l’occurrence, la profondeur et la puissante intimité qui se dégagent des Chants de Kervéléan semblent directement émaner des paysages marins du Morbihan. Le recueil a été composé alors que Koechlin séjournait dans le manoir de Kervéléan, à Lanester près de Lorient.


Interprète : Mireille Guillaume. Enregistrement paru en 2001 chez Skarbo



« Ronde à la manière morvandelle », Maurice Emmanuel (tiré de la Sonatine bourguignonne, 1922)


Cette « ronde à la manière Morvandelle » est extraite de la Sonatine bourguignonne de Maurice
Emmanuel (1862 – 1938). Dans cette oeuvre se mélangent les traces de chants populaires
bourguignons et la réminiscence des carillons des cathédrales, de Beaune à Dijon. Ici, l’esprit de
la ronde enfantine se retrouve dans la vitalité de mélodies brillantes et facétieuses.


Interprète : Marie-Catherine Girod. Enregistrement paru en 1986 chez Accord.



« Les niais de Sologne », Jean-Philippe Rameau (tiré du Deuxième livre de pièces de clavecin, 1724)


La référence faite par Jean-Philippe Rameau (1683 – 1764) à la Sologne et à d’éventuels « niais »
qui y séjourneraient est difficilement explicable ; à l’écoute de cette pièce guillerette, l’auditeur
peut tout au plus laisser libre cours à son imagination pour établir des associations avec les
paysages et le folklore solognot.


Interprète : Marcelle Meyer. Enregistrement de 1954 paru en 1994 chez EMI



« Au pavillon d’Alsace », Germaine Tailleferre (tiré de l’œuvre collective A l’exposition, 1937)


En 1937, dans le cadre de l’Exposition Universelle à Paris, l’éditeur Raymond Deiss commande
huit pièces pour piano à divers compositeurs français dans le but de rendre hommage à la
grande pianiste Marguerite Long. Germaine Tailleferre (1892 – 1983) et Francis Poulenc (1899 –
1963) sont de la partie et écrivent chacun une pièce évoquant une région française,
respectivement l’Alsace et l’Auvergne. Chez Tailleferre, on ne décèle aucune référence à une
quelconque mélodie folklorique ou danse populaire ; sa contribution se rapproche davantage
d’une courte fantaisie librement inspirée par l’Alsace, dans un style suave et chantant.


Interprète : Lerner Bennett. Enregistrement paru en 1988 chez Etcetera.




« Bourrée au pavillon d’Auvergne », Francis Poulenc (tiré de l’œuvre collective A l’exposition, 1937)


En 1937, dans le cadre de l’Exposition Universelle à Paris, l’éditeur Raymond Deiss commande
huit pièces pour piano à divers compositeurs français dans le but de rendre hommage à la
grande pianiste Marguerite Long. Francis Poulenc (1899 – 1963) et Germaine Tailleferre (1892 – 1983) sont de la
partie et écrivent chacun une pièce évoquant une région française, respectivement l’Auvergne et
l’Alsace. Poulenc choisit comme modèle la bourrée auvergnate, en y instillant son langage
harmonique chatoyant.


Interprète : Paul Crossley. Enregistrement paru en 1989 chez CBS



« Dans les dunes par un clair matin », Gabriel Dupont (tiré de La maison dans les dunes, 1910)


Compositeur français relativement méconnu, Gabriel Dupont (1878 – 1914) a lutté toute sa vie
contre le spectre de la maladie ; il meurt prématurément de la tuberculose à 36 ans. Lors d’une
période de convalescence dans le bassin d’Arcachon, il compose le cycle pour piano La maison
dans les dunes
, dans lequel le compositeur souffreteux semble trouver un réconfort dans la
contemplation de la nature environnante (« Le soir dans les pins », « Le bruissement de la mer, la
nuit »…). « Dans les dunes, par un clair matin » évoque la vision majestueuse des dunes à l’aube,
dans une atmosphère drapée de nostalgie et de mystère.


Interprète : Marie-Catherine Girod. Enregistrement paru en 1997 chez Studio SM.


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« Les plaisirs de Saint-Germain-en-Laye », François Couperin (tiré du Premier livre de pièces de
clavecin
, 1713)


Compositeur et claveciniste à la cour de Louis XIV, Couperin (1668 – 1733) semble ici inspiré par
le mode de vie fastueux des souverains en résidence au château de Saint-Germain-en-Laye ; en
témoigne la profusion des ornementations dans le jeu au clavier. Notons que la famille de
François Couperin était originaire d’Île-de-France (Chaumes-en-Brie) et que le compositeur s’est
inspiré de sa région natale en d’autres occasions (« La Boulonnoise », « Les petites crémières de
Bagnolet »).


Interprète : Pierre Etcheverry. Enregistrement paru en 2007 chez Codaex



« La Basque », François Couperin (tiré du Second livre de pièces de clavecin, 1717)


Véritable poète du clavecin, François Couperin (1668 – 1733) a toujours donné à ses oeuvres des
titres pittoresques : « Les lis naissants », « Le rossignol en amour », « Les barricades
mystérieuses »… Ces intitulés excentriques sont autant de portes d’entrées différentes dans
l’imaginaire fécond du compositeur. Dans « La Basque », le compositeur fait possiblement
référence à une dame d’origine basque dont il a connaissance à la cour de Versailles ; en résulte
cette pièce pleine d’aplomb, aux traits volubiles et aux gammes finement ornementées


Interprète : Pierre Etcheverry. Enregistrement paru en 2007 chez Codaex




« Bransle de Champagne », Francis Poulenc (tiré de Suite française d’après Claude Gervaise,
1935)


Dans l’imaginaire collectif, les suites de danses sont irrémédiablement associées à l’époque
baroque ; c’est cependant à un musicien de la Renaissance que Francis Poulenc (1899 –
1963) rend hommage dans sa Suite française d’après Claude Gervaise. La « bransle de
Champagne » extraite de cette suite dégage une atmosphère solennelle et mélancolique, servie
par un langage harmonique clair et facile d’accès.


Interprète : Paul Crossley. Enregistrement paru en 1989 chez CBS.




« Vers le mas en fête », Déodat de Séverac (tiré de En Languedoc, 1905)


Compositeur originaire de Haute-Garonne, Déodat de Séverac (1878 – 1921) a composé la suite
En Languedoc en hommage à sa région natale. Cette oeuvre nourrie d’un souffle épique narre les
pérégrinations d’un paysan vagabondant dans la plaine occitane (« À cheval dans la prairie »,
« Sur l’étang le soir »). L’extrait proposé ici évoque le voyage vers un mas (ferme du Sud de la
France) où se tient une célébration. La pièce est divisée en sous-parties qui délimitent les étapes
du voyage ; nous vous proposons ici la « Halte à la fontaine ».


Interprète : Jean-Joël Barbier. Enregistrement paru en 1988 chez Distrib. Musidisc



Baigneuses au soleil – Souvenir de Banyuls-sur-Mer, Déodat de Séverac (1908)


Déodat de Séverac (1878 – 1921) a toujours gardé un fort attachement à ses origines ; après
avoir terminé ses études à la Schola Cantorum de Paris, le compositeur s’en est retourné vivre en
Languedoc, puis s’est installé à Céret en Catalogne française. Cette nouvelle domiciliation lui a
permis de profiter des beautés de la côte Vermeille, à Banyuls-sur-Mer notamment. Dans un
registre différent de celui de Debussy ou Ravel, Séverac se laisse ici inspirer par la mer et l’eau,
en évoquant par son écriture pianistique le ressac des vagues et le clapotis de l’écume.


Interprète : Jean-Joël Barbier. Enregistrement paru en 1988 chez Distrib. Musidisc.


Le bal martiniquais, Darius Milhaud (1944) I. « Chanson créole »


Au vu du catalogue de ses œuvres, Darius Milhaud (1892 – 1974) fait figure de musicien
globe-trotter : Saudades do Brasil, Carnaval à la Nouvelle-Orléans et autres A Frenchman in
New-York
sont autant de cartes postales d’un compositeur nomade qui a longtemps enseigné
aux États-Unis. C’est toutefois en Martinique que Milhaud pose ici ses valises, pour nous
partager une chanson créole composée pour deux pianos


Interprète : Robert et Gaby Casadesus. Enregistrement paru en 1999 chez Dante.