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Art , littérature et exil des espagnols ou la Retirada

Transcript

LA RETIRADA

Depuis le début du XIXe siècle, des Espagnols choisissent de s'exiler en France , pour des raisons politiques ou économiques. Cette immigration atteint un point culminant dans les années 1930, dès les prémices de la guerre d'Espagne en 1931 jusqu'à la Retirada et la fin des hostilités en 1939 ..

L'histoire de l'exil espagnol


Le roi Alphonse XIII, les monarchistes et les ecclésiastiques sont en effet les premiers à trouver refuges en France après la proclamation de la Seconde République en 1931; ils sont suivis par les anarchosyndicalistes en conflit avec le gouvernement républicain, puis par les républicains eux-mêmes après le coups d'État militaire de juillet 1939, la chute de Barcelone aux mains des nationalistes incite près de 500 000 hommes, femmes et enfants a fuir précipitamment vers la France et le Maghreb .

Une oeuvre d'Alvaro de Orriols sur l'exil espagnol.

Tête de cheval mort

Un tableau allégorique de l'enfer qu'ont vécu les exilés.

EDEN BENBORHOUM
CEREN DEGER
ELENA DELAVAUD
AMIRA FALHI

Les feux du Perthus

La Retirada - la retraite en espagnol- déborde rapidement le gouvernement français qui n'a jamais été confronté à un tel flot des réfugiés . Les femmes , vieillards et enfant , mais également des miliciens et des hommes valides , sont rapidement dispersés dans 77 départements et hébergés chez l'habitant ou dans les locaux réquisitionnés par les autorités , casernes ,usines , colonies de vacances , châteaux , écoles et couvents . Les blessés et les malades sont soignés dans les hôpitaux et les autres réfugiés , miliciens, brigadistes et civils valides ,sont légalement internés en vertu de deux décrets-lois instaurés en 1938, qu'ils assimilent à des étrangers indésirables ,dans des camps du Languedoc-Roussillon et du Maghreb sous domination française dans des conditions précaires.


Arrivés dans un pays en pleine crise économiques et xénophobe , les exilés sont en butte a la méfiance et a l'hostilité d'une partie de la population . Certains cherchent à rejoindre l'Amérique latine , notamment le Mexique , aidés par des associations espagnoles comme le Service d'évacuations des réfugiés Espagnols(S.E.R.E) puis par la Junta d'aide aux réfugiés espagnols (JARE) ; les départs sont encouragés par les autorités , qui incités mêmes au retour en Espagne des la fin officielle du conflit le 1er avril 1939. La plupart des réfugiés restent néanmoins en France , craignant les représailles du nouveaux gouvernement espagnol.

Contexte historique

En 1939, un décret du gouvernement Daladier soumet les réfugiés souhaitant rester en France a des obligations économiques et militaires . Pendant la guerre , beaucoup rejoignent la Résistance ou la France Libre et s'illustrent dans la libération du territoire . Certains sont déportés pour cet engagement dans les camps de concentration nazis , ou ils retrouvent les membres des CTE stationnés dans l'est au moment de l'invasion extraits prisonniers par les troupes allemandes .

Après 1945 et un retour impossible dans l'Espagne de Francisco Franco malgré les promesses d'amnistie, les exilés , qui n'ont pas bénéficié du statut officiel de réfugiés à leur arrivée, le sollicitent auprès de l'Office central des réfugiés espagnols (OCRE) puis de l'Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA). Représentant 45% de l'immigration espagnole, beaucoup choisissent de s'établir définitivement en France comme l'indiquent l'état civil, les différents recensements et les demandes de naturalisation.

Les feux du Perthus est une œuvre littéraire écrite en 1939 par Alvaro de Orriols, écrivain Espagnol célèbre. Il s’agit d’un journal autobiographique sur l’exode des Espagnols à la fin de la guerre civile, évènement qui a été appelé « la Retirada ». Ce journal a été traduit en français par le petit fils de l’auteur et publié en mars 2011 aux Editions Privat , avec l’intégralité de ses dessins.


En janvier 1939, la république espagnole arrive à sa fin. Les troupes de Général Franco approche de Barcelone. L’armée républicaine espagnole est vaincue et bat en retraite. Un demi millions de personnes, civils et militaires, craignant la répression du futur régime totalitaire, fuient la Catalogne.
Elles rejoignent le France en traversant les Pyrénées, notamment par le col du Perthus, d’où le nom de l’œuvre. Parmi ces réfugiés, l’écrivain Alvaro de Orriols, militant socialiste et favorable à la République, fuit avec sa famille pour la protéger. Cette œuvre retrace son périple de Barcelone jusqu’à la France. L’auteur raconte cet évènement à travers six journées :
1- Dans le volcan
23 janvier 1939
24 janvier 1939
25 janvier 1939
2- Sur les terres de France
7 février 1939
8 février 1939
9 février 1939
A travers la description de ces 6 journées et les dessins qui les accompagnent, Alvaro de Orriols dépeint l’histoire de la Retirada..

Un temoignage émouvant

Les feux du Perthus

Alvaro de Orriols nous présente un témoignage passionnant sur la Retirada. Ce récit est écrit dans un style simple et abordable. Il nous permet de connaitre ce que fut cet exode pour des familles entières, contraintes de tout abandonner dans leur fuite. L’auteur reconstitue ce que lui, sa famille et ses compatriotes ont vécu, en permettant de voir la Retirada de l’intérieur. Les feux du Perthus est une histoire tragique, bouleversante et captivante. De plus elle est illustrée de nombreux dessins décrivant les situations du moment, rendant cette œuvre encore plus marquante et réaliste. Les feux du Perthus est un ouvrage qui rend hommage aux épreuves traversées par ceux qui fuyaient Franco et espéraient trouver en France une terre d’accueil

En effet, il a été perturbé et choqué à la guerre avec cette tête de cheval mort et c’est pour cette raison qu’il a voulu exprimer toute cette horreur dans sa peinture et dans son art. Il montre cette souffrance en choisissant des sujets allégoriques où se mêlent expressionnisme picassien et surréalisme. Des séries de tête de femme, de tête de taureau et de chevaux, ainsi que des crânes évoquent les natures mortes de 1939 de Picasso avec pour exemple l'oeuvre centrale de l'inspiration de Fernandez , "Guernica".

Luis Fernandez

Ce tableau a pour titre « Tête de cheval mort » et a été peint par l’artiste Luis Fernandez (1900, Espagne–1973, France) le 24 août 1939. C’est une peinture qui a été créé avec la technique Tempera sur papier filigrané, contrecollé sur contreplaqué et les dimensions de celle-ci sont de 76 × 106 cm.

Le tableau est une allégorie de la mort. Il représente l’effroi et la violence de la guerre que ressentent tous les exilés. La violente torsion de la gueule ouverte aux yeux révulsés et la focalisation obscène sur les dents de ce cheval ,accentue la symbolique des souffrances subies par le peuple espagnol, lors de la fin de la guerre civile.
Luis Fernandez a créé cette œuvre avec une telle violence en raison de son traumatisme.

Tête de cheval mort

Louis Fernandes utilise de nombreux signes pour montrer toute l’agressivité, l’agitation et l’animosité de cette guerre. Tout d’abord, il y a des taches de sang sur la table,qui rappellent le sang des victimes de guerre. Il y a ensuite plusieurs contrastes de couleur : la table a des tons très clairs contrairement au fond du tableau qui est noir. De plus, le cheval qui se trouve au milieu du tableau et qui est donc en premier plan, est gris. Il y a donc une échelle de nuance entre l’arrière plan qui est noir, la table au devant de ce tableau qui est très claire et le cheval au milieu qui est gris. Ce choix de couleur peut signifier une réminiscence : le fond noir et l'image confuse et surréaliste du cheval pourrait exprimer le flou du traumatisme , l'image étant si choquante que seul le centre de l'oeuvre reste clair aux yeux de Fernandez et donc des exilés.


Enfin, la tête de ce cheval qui est grimaçante semble être personnifiée : elle rappelle celle d'un humain torturé ou ici , décapité, ce qui souligne d'autant plus le traumatisme des exilés. .