Want to make creations as awesome as this one?

ireland saingery

Transcript

Mon Intime

Sommaire

introduction

Je me souviens

L'objet de mon coeur

Plaie OUverte

Le rêve

Commentaire

Introduction

Dans la continuité des cours effectués sur l’écriture intime, de son expression et de sa communication, de nombreuses réflexions et apprentissages nouveaux en ont découlées pour ma part. La notion de l’intime, partagé ou non, s’inscrit naturellement dans la vie de chacun.

Après une introduction aux contours de l’écriture de l’intime et de l’extime, des exemples d’ateliers effectués par ma personne illustrerons les points abordées.


La première expression de l’intimité par lequel nous sommes tous passés est l’écriture sur soi-même. Que ce soit dans un journal, avec des notes datées, des réflexions... L’écrit autobiographique que représente le journal, permet de mettre sur papier les aléas et traquas de la vie. Comme en parler à un professionnel, cela aide à mettre de l’ordre dans nos pensées, et donc de résoudre nos soucis. Ecrire sur des souvenirs par exemple, offre un retour en arrière bénéfique : se remémorer un souvenir d’enfance apporte souvent un sentiment de réconfort et de sécurité, ou eut, au contraire, permettre de revenir à la racine d’un problème ou d’une peur surdimensionnelle.

Cependant, personne n’imagine jamais montrer son journal intime à l’autre. En effet la notion d’intimité est bien trop souvent liée à la dimension du secret.


Introduction

Le partage de son intime est pourtant un concept très connu et apprécié. Il se transcrit sous de nombreuses formes d’art, et représente avant tout une relation de partage. Le deuxième atelier effectué en cours qui porte sur la description objective, puis la création d’un récit autour de celui-ci, m'a apporté un nouveau regard sur l’objet que j’ai choisi. Cela m'a ouvert les yeux sur la valeur et les caractéristiques du matérialisme.

Nous pratiquons tous l'extime, d'une certaine facon, et plus d'avantage depuis l'arrivée des réseaux sociaux. Mais la vraie notion d'intime porte sur la vie privée et les petites choses que personne ne voit. Des espoirs, des douleurs, des opinions, des rêves… à travers mes traveaux je les ai travaillés. Ma profonde douleur, je l'ai contactée lors du travail que j’ai appelé : "Plaie ouverte". La dimension des rêves, je l’ai travaillée par le biais d’un rêve qui m’a intrigué et qui a ensuite impacté ma réalité.

Concernant ma propre intimité, on peut dire qu’elle s’exerce dans les choses que j’aime. A travers ma créativité, mes écrits, ma peinture, mon sens de la mode, ma cuisine... L’écriture de moi-même a pris, au fil des années, une place très importante. C’est un moyen de relâcher la pression, de mettre des mots sur ce que je pense, de me motiver et d’organiser ma vie.

La création de ce dossier, m'a non seulement aidé à me recentrer sur moi-même, mais m’a aussi fait découvrir la dimension du partage de l’intime, que je n'effectuais qu’à oral jusqu’à présent. Cette étude approfondie de l’intimité m'a sensibilisée d’autant plus aux œuvres d’art personnelles, aux œuvres qui touchent directement à ma sensibilité. Ecrire sur moi-même et mon passé me donne envie d'être plus indulgente à mon égard, ainsi que d'approfondir la connaissance de moi, dont une partie m’échappe.

Je me souviens

Je me souviens

1. Je me souviens d'adorer ma couverture rose que je réservais pour les siestes à l’école l’après-midi.
2. Je me souviens de la sensation que j’ai eue lorsque j’ai touché la fourrure de mon lapin pour la première fois. J’étais folle de joie que mes parents aient enfin accepté de m’offrir un animal de compagnie.
3. Je me souviens des frissons que j’ai ressentis Piazza dei Miracoli, lorsque le chanteur démontrant la puissance des échos dans le Baptistère à prononcer ses premières notes.
4. Je me souviens du gagnant du tour de France en 2006 : Carlos Sastre
5. Je me souviens de la panthère rose, que je regardais devant la télé durant des après-midi entière.
6. Je me souviens de la pâte à sel
7. Je me souviens d’un temps où tout le monde pouvait fumer dans les espaces privés
8. Je me souviens de l’odeur enivrante de la petite distillerie que ma famille et moi avons visité tous les ans en Corse. Le parfum de l’Elichryse m'a toujours réconforté. L’hydrolat à notre disposition nous rafraichissait lorsque le soleil tapait trop fortement sur nos peaux
9. Je me souviens du goût exacte des gratins d’offinois à l’école Montessori
10. Je me souviens des mélodies que ma sœur jouait tous les soir au piano. Cela m’avait, moi aussi donner envie de prendre des cours.
11. Je me souviens retrouver des franc partout chez moi et les échanger contre des euro
12. Je me souviens de l’élection de Barack Obama, premier présidents noir américains aux Etats Unis
13.Je me souviens d’un film, qui s’appelait : peau d’âne
14. Je me souviens du singe de Gulli, qui nous disait comment nous habiller selon la météo. Il fallait que tous le jours mes parents de suivre ses instructions. Et s’ils ne le faisaient pas, je me mettais à faire la moue.
15. Je me souviens me demander si j’étais adopté.


Lecture :

L'objet de mon coeur

L'objet de mon coeur

C’est une petite chose, probablement l’une des raisons pour lesquelles il est tant négligé. Souvent suspendu dès les airs, il apporte à toutes les pièces une forme de mystère. Il les décors, les habille au même titre que les vêtements que nous portons. Ce petit tableau est bordé d’un cadre immense, légèrement abîmer en haut à gauche. Il lui manque un petit bout, tout comme une cicatrise, elle raconte son histoire. Orné de nombreux motifs décoratifs, le cadre est entièrement couleur or. Cela rappelle les hauts plafonds décorés de Versailles. Sa provenance est désormais inconnue. On peut, cependant, y retrouver une inscription au dos : 1963. On peut présumer que cette date est celle de sa création, ou peut-être même de son acquisition. La peinture en elle-même, ne présente pratiquement que des couleurs sombres, de loin, elle est pratiquement indescriptible. Mais lorsque l’on s’en approche, des détails se dévoilent uns à uns… On peut alors apercevoir un décor d’extérieur. Des branches, des arbres, une montagne, une source d’eau, et un chalet. Pour sa taille insignifiante, sa précision en est impressionnante.

L'objet de mon coeur

C’était l’hiver dernier, je visitais ma grande tante. Cette femme que nous considérions tous comme un ange tombé du ciel. Elle était comme une grand-mère pour mes frères et sœur et moi. Grandissants, nous avions tous négligé le temps passé avec elle, comme le font les adolescents vis-à-vis de leurs grands-parents. Il arrive toujours un moment où nous le regrettons. J’étais alors en sa compagnie, elle me couvrait de cadeau, comme à chaque visite. J’avais toujours trouvé son appartement incroyable. Il était décoré de façon très rustique, tout était en velours ou en bois vernis. On y retrouvait des livres de première édition, des sculptures et une collection d’art époustouflante. Mes deux pièces préférés étaient celles de la vierge Marie, au-dessus du sofa, et une petite peinture de l’entrée. Lorsqu’elle décéda, quelques mois après, elle léguât à mon frère, ma sœur et moi, tous ses biens. Dans un premier temps, je refusais de retourner dans son appartement. Puis après quelque temps, je fus forcée de m’y résoudre. La première chose vers laquelle je me dirigeai, c’était cette petite peinture. Ma grande tante ne m’avait jamais expliqué d’où elle provenait, ni qui en était l’auteur, mais qu’importe. Cette peinture reste de nos jours, la première chose que je prendrais avec moi dans une maison en feu.

Plaie ouverte

2021 - 2022

Avant la nouvelle

En 2019, mon père achète une moto. Il voyage à travers l’Europe, et se défie d’essayer tous les sports auquel il peut penser.

Le 17 mars 2020, un terrible accident a lieu. Les jours, et les mois qui ont précédés, ont démarré un compte à rebours, qui démontre de ma naïveté, face a ce qui allait m’arriver. Cette expérience représente le moment le plus douloureux, et la peur la plus puissante que je n’ai jamais ressenti.

Cette douleur, je m’en tiens responsable.

Ma famille et moi sommes allés en vacances en Suisse pour skier. C’était prévu depuis des mois, et nous sommes tous très heureux de pouvoir faire du snowboard après la mauvaise saison de 2019. Mon frère, ma sœur, et moi en faisons depuis tout petit. C’est le sport préféré de mon père.

15 février 2020. Station de sky Chatel.

J-32

Ça fait longtemps que mon père me parle de cette superbe balade. Je suis avec mon petit frère, ma belle-mère et lui. On monte à pied le long de la rivière. On se baigne une fois arrivé, l’eau est glaciale à cette période de l’année. Quelques heures après, on décide de redescendre les pieds dans l’eau.

11 mars 2020. Rivière La Durance à Envie de Serre-Ponçon.


J-15

Je suis sortie pour faire la fête chez des amis après une dure semaine. Je suis heureus.

C’était une journée incroyable.

16 mars 2020. Juan les pins


J-1

17 mars 2020, 10heures, appartement familial, Mougins

Après la nouvelle

Je me souviendrais toujours de ces mots : « quelque chose est arrivé à papa… » Mon cœur avait commencé à battre la chamade. J’étais morte de peur pour mon papa. Peur qu’il perde sa jambe, peur qu’il ne puisse jamais marcher, plus jamais faire de sport. Fidji, ma sœur, a vécu l’accident, mais n’avait aucune blessure.

Durant longtemps, ma peine était la seule que j’étais capable de percevoir, j’étais aveuglé par la douleur qui était la mienne sans me soucier de celle de ma famille et surtout de ma sœur. Après une longue conversation avec elle, Fidji m’a présentée des excuses et m’a dit que c’était la chose la plus dure qu’elle ait jamais eu à annoncer. C’est la raison pour laquelle elle avait mis du temps à me l’annoncer.

Etant donné que je n’ai jamais eu à annoncer une telle nouvelle, j’ai demandé à trois personnes de mon entourage : Quel a été la chose la plus compliquée que vous ayez eu à annoncer ?

Cela m’a aidé à surmonter la peine.

C’était il y a 10 ans, avant d'annoncer la nouvelle à mes enfants, je leur ai préparé un chocolat chaud chacun. Je ne savais quoi faire pour amener la discussion. Il était tous les deux assez grands pour savoir. Je les ai installés dans le salon, et je leur ai dit que leur mère avait un secret. En effet, la séparation de leur père et moi cachait quelque chose. J'aimais les femmes.

Il y a 2 jours, mon père a eu un grave accident. Les médecins ne savaient pas s’ils allaient pouvoir sauver sa jambe, mais ils sont restés optimistes. Ma sœur a appris, après le passage de la brigade de police que le jeune homme qui avait renversé mon père était sous cocaïne et sous cannabis lors de l’événement. Ma belle-mère a été la seule autorisée à le visiter à l’hôpital durant les premiers jours. À cause du covid, l’hôpital n’autorisait qu’une visite par jours. Mon frère ma sœur et moi avons rater quelques jours de travail. J’avais arrêté de parler à toutes les personnes avec lesquelles j’avais passé le jour l’accident. Je ne désirais plus les voir. La culpabilité me rongeait de l’intérieure, je me sentais tellement coupable de l’accident. Si seulement j’avais passé la journée avec mon père comme prévu, les choses auraient peut-être été différentes.

C’était il y a dix ans. J’étais un médecin, marié, quatre enfants, mais profondément malheureux. Ma femme, était tombée malade quelques années auparavant. Elle avait toujours eu un tempérament violent, et j’en étais souvent la victime. Un beau jour, j’ai eu le courage de lui annoncer que je voulais divorcer. Sa réaction a été horrifiante. Elle s'était mise à casser notre vaisselle, un bout de verre m'a même meurtri la jambe. Tout mon entourage, y compris ma famille a cessé de me parler. Me reprochant de quitter ma femme malade alors que j’étais médecin.

Il y a 30 jours, mon père a eu un grave accident. Les médecins ont dit que mon père pourrait remarcher avec une rééducation intensive et une seconde opération. Le confinement venait d’être annoncé. Cela faisait dès lors, un mois que je n’avais pas vu mon père. Même si l’on s'appelait tous les jours, il me manquait énormément. Le seul contact humain qu'il avait été celui des infirmières et des médecins, recouverts de masque et de gants. Je n’avais rien d'autre à faire que travailler et penser à l’accident. A cette époque, nous n’avions même pas de droit de sortir de chez nous.

J’avais 42 ans. C’était le 16 octobre 1997, à 14 heures. Après avoir reçu moi-même la nouvelle, j’ai longtemps cogité. Je ne savais de quelle façon l’annoncer, et je ne voulais certainement pas être la raison du malheur de ma fille. Vers l’heure du dîner, je me suis muni du téléphone, et j’ai composé son numéro. J’ai essayé de ne pas avoir l’air paniqué, après tout, elle n’avait que 21 ans. Je lui ai enfin annoncé que sa meilleure amie venait de décèder. N’ayant aucune réponse de sa part, je lui ai expliqué comment cela s’était passé : elle avait traversé après le passage d’un train, mais un deuxième se cachait derrière qu'elle n'avait pas vu. Elle en était morte sur le coup. Après son retour à la maison, Claire s’était enfermée dans sa chambre durant une semaine, et n’avait pas prononcé un mot. Le plus étonnant, c’est qu'elle n’avait pas versé une larme.

Il y a 45 jours mon père a eu un grave accident. Rentré à la maison, il commençait à se déplacer avec des béquilles. Il était enfin parmi nous. Cela m’attristait toujours, mais le voir a été le plus grand des réconforts. Il rigolait, il souriait. J’ai passé tout mon temps à ses côtés. Je sais que tout va s’arranger.

Le rêve

C’était un mois de décembre, il était 19 h, mais j’étais épuisé. Je me suis endormie sur mon lit, encore dans mes habits du jour.

La nuit est d’un noir profond et nos esprits embrouillés. L’alcool que nous avons ingéré ne nous permet pas de penser clairement. Nous avons, il me semble, pris la décision collective de rentrer à pied chez nous. Les routes sont presque entièrement les desertes, à l’exception de peut-être une ou deux voitures. Après un court silence, je me mets à entendre des bruits de pas derrière nous, mais je ne me retourne pas tout de suite. Les pas sont fermes et se rapprochent. Je tourne la tête pour observer qui se trouve derrière nous. Ce n’était pas un homme, mais trois. Tous vêtus de noir et terrifiant. Il me semble avoir pris le bras d’une de mes amis et leur avoir dit de regarder derrière avant de me mettre à courir. Arrivées quelques rues plus tard, je m’arrête pour reprendre mon souffle. Plus personne n’est avec moi. J’entends des cris.

Je me suis réveillé en sursaut, j’avais particulièrement chaud.

C’était une semaine après mon rêve lors d’un mardi banal. Ma mère m’avait amené au restaurant. La soirée, c’était délicieusement déroulée. Avant de partir, elle me donna un billet de vingt, pour commander un taxi, étant donné qu’il se faisait tard. Je l’ai décliné, lui disant que je pouvais me débrouiller et que j’avais assez d’argent. Elle repartit alors à pied jusqu’à son hôtel. Elle n’était sur la Côte d’azur que pour une visite brève.

Je me mis à marcher jusqu’au tram non loin, un peu sur mes gardes. Un homme vient m’approcher pour me complimenter sur ma tenue, mais je fis mine de l’ignorer et continua sur ma trajectoire. Une fois devant le tram, la peur m'envahit, les rues étaient vides et le trajet allait être long. Je pris alors mon téléphone et commandais un taxi.

Depuis ce rêve, je ne suis jamais rentée seule ou avec des amis tard la nuit.

Commentaire

Tous mes travaux se sont accompagnés de réécritures et de lectures qui m'ont, par la suite, apportées des réflexions vis-à-vis de mon rapport à la communication de mon intime, ainsi que son expression.

Voici les commentaires que j'ai effectués à ce propos.

(Cliquer sur chaque sujet pour retourner a l'atelier, et sur les "voir" pour en découvrir le commentaire).

voir

voir

voir

voir

La dimension du souvenir dans ce travail, est, entièrement constitué autour de mon enfance. Ses souvenirs sont entièrement aléatoires. Ils représentent des fragments de ma jeune enfance. Certains sont particulièrement précis, d’autre sont très vague et imprécis. Tous autant qu’ils sont, reconstituent d’une façon, un puzzle, qui ne sera jamais complet, puisque le temps nous arrache de nombreux souvenirs. Un fragment d’une personne que j’ai été, ayant des goûts des convictions et des centres d’intérêt, entièrement différant de la personne que je suis devenu. Bien évidemment, certaines choses ont perduré et me tiennent à cœur tout autant qu’avant.


Revenir sur ses souvenirs m’a permis de me remémorer de nombreuses choses. Du bon et du mauvais. J’ai fait usage de tout les sens primaire, qui pour moi sont très important. Ma mère étant parfumeuse, l’odorat est un sens très développé chez moi, un sens auquel je suis très sensible. Je les ai utilisés pour tenter de convier plus conformément les souvenirs qui sont les miens, pour que la personne qui les lit puisse s’imaginer l’odeur, le toucher, le goût, le son de ce que je raconte dans mes écrits.



Le rêve possède une place très importante et très particulière dans la vie de nombreuses personnes, y compris la mienne. Une dimension que nous vivions, le rêve en lui-même la nuit, ainsi qu'une dimension inconsciente, qui affecte nos décisions et nos choix dans la vie de tous les jours. Le rêve peut me donner envie d'écrire quelque chose, de me motiver, d'éveiller ma curiosité sur un sujet.


Le rêve que j'ai effectué et retranscrit pour cet atelier, est un rêve qui date dit y a quelques années. Je me souviens en parler à ma mère et lui dire à quel point le monde dans lequel nous vivions me faisait peur, encore plus étant donné que je suis une femme. Je pense que ce rêve représente une peur pour toutes les femmes (et les hommes) qui se retrouvent seules dehors la nuit.

À cause de ce rêve, je ne sors plus tard seule, et je prévois toujours de rentrer en voiture ou bien en taxi lorsque j'estime la situation inconfortable ou dangereuse.




J’ai beaucoup hésité quant à l’objet à choisir pour ce travail, tellement d’objet matériel et significatif nous entourent, qu’il est difficile de n’en choisir qu’un. Mon choix, c’est porté sur un tableau. Ce tableau a une valeur sentimentale à mes yeux, car il représente de nombreuses choses : un lieu que j’aime, une période de deuil à mémoire de l’un des êtres qui m’a été chère. Un sentiment de sécurité, l’impression que cette personne est toujours auprès de moi, par le biais de l’objet. En le choisissant, j’ai voulu honorer ma relation avec l’ancien propriétaire de celui-ci. En le choisissant, j’ai voulu raconter son histoire, et comprendre ce qui fait que mon cœur y tient tant. Comprendre comment, pour différentes personnes, il ne représente rien de similaire. Il n’était qu’au départ une toile vierge, puis un moyen pour un artiste d’exprimer sa créativité, un objet décoratif, et qu’entre mes mains, sa valeur à augmenter.

Par le biais de mon travail, j’ai voulu communiquer un sentiment d’attachement, d’émotion. J’ai voulu prendre l’atmosphère nostalgique qui est le mien et le faire ressentir à travers mon écrit.

Étant une personne qui s’attache facilement aux objets, la relecture et re-relecture de cet écrit m’a permis de me rendre compte, de l’aspect ridicule que possède le matérialisme. On pense souvent que l’objet représente le souvenir, alors qu’il me semble que c’est le souvenir qui fait vivre l’objet. J’ai réalisé que, que l’objet soit en ma possession ou non, mon souvenir, lui, sera constant.



Plaie ouverte, ce nom, je l'ai choisi puisqu'il représente à la fois une réalité physique, mais également une douleur profonde et personnelle. Cette expérience a été la chose qui m'a été la plus dure à traverser. Je me suis cependant beaucoup penchée sur la douleur des autres, comme par exemple, celle de ma sœur. En effet, durant les semaines qui ont suivi ce tragique accident, je me concentrais uniquement sur ma propre douleur.

Avec un peu plus de recul, je me rends compte que cette démarche, aussi naturelle qu'elle soit, est particulièrement égoïste. On imagine toujours avoir toute la misère du monde sur nos épaules, cet atelier m’a permis de relativiser. De me dire que bien pire aurait pu arriver, je me suis rendue compte, que, dans des moments de douleurs intenses pour ma part, je me renferme énormément sur moi-même. Au lieu de traverser l'épreuve avec les personnes autour de moi. Comme j'aurais dû le faire pour l'accident de 16 mars 2020.

La comparaison avec les réponses à ma question : Quel a été la chose la plus compliquée que vous ayez eu à annoncer ?
, m'a ouverte les yeux sur les différents facteurs d'un événement douloureux et le fait que, selon la perspective, l'événement ne nous atteint pas de la même façon. Ma sœur ressort de cette expérience avec un trauma, mon frère avec un mauvais souvenir, et moi-même avec une peur irrationnelle de la mort.


Dossier pour Mme. Raimond. Groupe 5 L1 information-communication

ireland saingery