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À QUI LA FAUTE ?

UNE ENQUÊTE INTERACTIVE POUR COMPRENDRE

pénurie de logements sociaux à Bordeaux

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enquête

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PROLOGUE

La mécanique du logement social est enrayée :

plus de 40 000 ménages sont actuellement en attente de logement ou de relogement social dans la métropole bordelaise.

Ce sont environ 88 000 personnes, l’équivalent de la population de la ville de Poitiers.
sept demandes sur huit n'aboutissent pas.

C’est le cas de Nadia, que vous découvrirez dans ce jeu.

Dans l’ensemble de la métropole, on compte seulement 18% de logements sociaux, encore loin du quota À 25% prévu par la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU). Dans le millefeuille administratif, les acteur·ices se renvoient la balle : chacun·e, à son échelle, fait le constat de l’urgence du manque de logements sociaux.

Dans ce jeu, vous allez tenter de comprendre à qui revient la faute.

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ENQUÊTE

ENQUÊTER

LE TÉMOIGNAGE


Nadia et les 40 000 ménages qui, comme elle, attendent un logement social sont les premières victimes de cette pénurie.


Nadia a 45 ans. Bientôt, sa fille soufflera sa sixième bougie, et cela fera aussi six ans que sa demande de relogement social est en attente. La secrétaire et son mari, agent de sécurité, ont aussi un jeune fils de 14 ans. La famille vit à Bègles. Ils et elles sont quatre dans un T3 de 63 m2, avec seulement deux chambres.

“J’ai un dossier à renouveler tous les ans mais aujourd’hui, quand on me propose un logement, c’est très loin.”

“On est un peu bloqués quoi, on a l’impression d’être abandonnés... Je me dis heureusement que là j’ai un toit.”


Nadia nous donne un premier indice :

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“Je sais que c’est difficile en ce moment de construire, qu’il y a une pénurie de logements. Le bailleur de mon immeuble l'a vendu à un promoteur privé.”

Qu'est ce qui bloque ? Nous pouvons poser la question à ...

Martine Jardiné

présidente de Gironde Habitat, l'office public de l'habitat sur le département

Muriel Boulmier

présidente de l'Union régionale Hlm Nouvelle-Aquitaine

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ENQUÊTE

j'IRAI QUAND MÊME BIEN ÉCOUTER CE QUE MARTINE JARDINÉ A À NOUS DIRE...

OK, C'EST CLAIR. CONTINUER L'ENQUÊTE

MURIEL BOULMIER

Présidente de l'Union
régionale Hlm
Nouvelle-Aquitaine, qui gère, s'occupe et accompagne le sujet du logement social

Présidente de l'Union
régionale Hlm
Nouvelle-Aquitaine, qui gère, s'occupe et accompagne le sujet du logement social

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Le constat : " Bordeaux Metropole a un déficit grave de logement social : en Gironde, nous avons 58 000 demandeurs de logement social, pour la métropole ils et elles sont 42 000 et pour la seule ville de Bordeaux 15 400."

Il existe, depuis 2 000, une loi dite SRU : Solidarité et Renouvellement Urbain. Elle impose à chaque commune de plus de 3500 habitants (sauf à Paris) d’avoir 25% de logements sociaux sur son territoire. Or, la ville de Bordeaux est à 18,4%.


Un soucis dans le détail : " On parle beaucoup des communes qui ne construisent pas assez, on parle assez peu de celles qui qui construisent plus que les quotas imposés "

Des stéréotypes dans les représentations :

" Le logement social s’adresse à des jeunes, à des apprentis étudiant·es, des personnes actives, des familles, des personnes âgées ou à des personnes qui n’ont pas d’activité..." Il y a un problème d'acceptabilité du logement social, souvent mal compris et lié à des représentations stéréotypées : les maires sont parfois réticent·es à construire, et cela pourrait être lié à la peur de ne pas plaire à la population qui les élit. Il y a des préjugés sur l'esthétique des logements sociaux, et sur le type de population qui y vit. Si le seul stéréotype est déplorable, il est bon d’ajouter que les bénéficiaires du logement social sont immensément variés, comme l'a dit Muriel Boulmier. En France, 10 millions de personnes vivent dans un logement social.

Le problème du foncier :

"Pour construire, il faut des terrains, ce que l'on appelle du foncier. Il manque cruellement dans la métropole. La Préfète Fabienne Buccio prend la courageuse position de dire qu'il va falloir optimiser au maximum, réfléchir. Mais entre le temps de la réflexion et le temps de la remise des clés, l’agrément (l’autorisation de projet) est le début de l’histoire, loin d’être la fin."

" De plus, les matériau sont très chers, il est difficile de s'approvisionner en briques par exemple, car il faut de l’énergie pour la cuisson, et que les prix de l'énergie augmentent. Cela handicape aussi la production d’acier"

ENQUÊTE

j'IRAI QUAND MÊME BIEN ÉCOUTER CE QUE Muriel Boulmier A À NOUS DIRE...

OK, C'EST CLAIR. CONTINUER L'ENQUÊTE

MARTINE JARDINÉ

Présidente de Gironde Habitat, l'office public de l'habitat sur le département

Présidente de Gironde Habitat, l'office public de l'habitat sur le département

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Un soucis dans le détail : " Toutes les communes n'ont pas du tout les mêmes chiffres : nous sommes à 18% à Bordeaux, bien au dessus des 25% à Lormont et Cenon, à 16-17% sur Villenave..."


D'où vient cette réticence à construire ?

" Il y a des communes qui résistent, notamment dans des secteurs avec des populations relativement aisées. Cela est lié à la représentation que les gens ont du logement social. Dans des secteurs avec des populations relativement aisées, on pense parfois “ce sont des tours, des barres, cela ne va pas être très beau… Ce qui est faux.” Il y a aussi des clichés sur le “type de population” qui réside dans ces logements...

"La production de logement 2020 - 2021 a été très en baisse : on est normalement à 700 logements par an sur la Gironde, là on a été à 350. Il y a eu l'arrêt lors du covid, et puis le matériel qui n'arrivait pas et qui coute maintenant de plus en plus cher..."

Le constat :

Il existe, depuis 2 000, une loi dite SRU : Solidarité et Renouvellement Urbain. Elle impose à chaque commune de plus de 3500 habitants (sauf à Paris) d’avoir 25% de logements sociaux sur son territoire. Or, la ville de Bordeaux est à 18,4%.

Nous avons quelques pistes à creuser...

Les problèmes du manque de foncier et de l'augmentation des prix

Les disparités selon les communes

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Une inégale répartition des logments sociaux entre les communes de la métropole

OK, C'EST CLAIR. CONTINUER L'ENQUÊTE

Les 4 communes les plus à l’Ouest sont au dessous des 20% (Saint-Aubin et Le Taillan sont à moins de 12% ), celles à l’Est ont dépassé le seuil requis : Lormont est à plus de 50%, Cenon à 40%, Floirac à 44%, et Bassens à 35%.

LE FONCIER, FINALEMENT, ÇA M'INTÉRESSE AUSSI...

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Augmentation des prix du foncier et manque de place

OK, C'EST CLAIR. CONTINUER L'ENQUÊTE

Sur les trois dernières années, le prix du foncier a augmenté de 8,4% à Bordeaux. Les terrains constructibles se font de plus en plus rares. Cette augmentation impacte directement les bailleurs sociaux comme Domofrance mais aussi les possibilités d'acquisition de foncier par la métropole ou les mairies. Une situation qui pousse à ce que les promoteurs privés s’accaparent le foncier bordelais. La mairie quant à elle souhaite densifier le logement déjà existant.

TOUT COMPTE FAIT, DU CÔTÉ DES COMMUNES..?

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Il faudrait donc aller creuser du côté de la mairie...

EN SAVOIR PLUS SUR LA MAIRIE

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ENQUÊTE

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LA MAIRIE

La municipalité peut acheter des terrains et y faire construire des logements sociaux.

Depuis 2020, Pierre Hurmic dirige la mairie de Bordeaux. L’écologiste a récupéré la citadelle de la droite et ses problématiques de tensions immobilières.

La construction de logements sociaux fait partie des priorités et « dans le domaine, la ville est en retard » reconnaît le maire. Mais il entend changer de méthode...


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ENQUÊTE

LA MAIRIE

« On ne peut plus construire aujourd’hui, comme il y a encore une dizaine d’années, dit-il au Figaro le 24 mars. Mais il faut continuer de construire, d’autant que nous devons accueillir de nouveaux habitants.” La position de la mairie, c’est de préserver les espaces de nature, et de “construire la ville sur la ville, quitte à accepter un peu de densité.”


L'ADJOINT AU MAIRE CHARGÉ DU LOGEMENT NOUS EN DIT PLUS...

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ENQUÊTE

STÉPHANE PFEIFFER

Il reconnait l’héritage des années Florian et Juppé et l’impossibilité d'atteindre les quotas de la loi SRU :
“Passer à 25% en 6 ans ça veut dire multiplier les constructions par 3 chaque année et ça c’est impossible. On partait de trop loin‧ Le but, maintenant, c’est de s’en rapprocher.”


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ENQUÊTE

STÉPHANE PFEIFFER


“Pour faire du logement, il faut des terrains, il n’y avait pas de stratégie foncière quand on est arrivé : pas de terrains identifiés, pas de stratégie à long terme pour continuer à avoir du logement... Nous y travaillons en ce moment."



LIRE LA CRITIQUE DE L'OPPOSITION

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ENQUÊTE

GROUPE RENOUVEAU

LA REPUBLIQUE EN MARCHE


“La mairie, ces 10-15 dernières années, n’a malheureusement pas eu de politique ambitieuse d’acquisition de foncier et c’est ça le problème.
Cela fait que la ville ne peut pas maîtriser ses prix, proposer des prix raisonnables, abordables, parce que tous les terrains sont au privé. L’ancienne municipalité est en cause mais aussi la nouvelle parce qu’elle pourrait agir mais elle ne le fait pas.”



C'EST À DIRE ?

RetOUR

ENQUÊTE

GROUPE RENOUVEAU

LA REPUBLIQUE EN MARCHE


“ À Bordeaux il reste de rares terrains constructibles où il ne se passe rien, par exemple le domaine de La Jallère. Le nouveau maire et son équipe souhaitent atteindre “zéro artificialisation des sols”, mais cette politique est contradictoire avec la nécessaire densification du logement. Ils disent vouloir “faire la ville sur la ville”, nous n’avons toujours pas compris.”




QUE RÉPOND STÉPHANE PFEIFFER ?

En savoir +
sur La Jallère

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À son arrivée à la mairie en 2020, Pierre Hurmic a lancé la sanctuarisation de la moitié des 95 hectares déjà en partie bâtis de la Jallère, où étaient prévues de lourdes constructions de bureaux et d'habitats. Cet article du journal Sud-Ouest explique la manière dont est repensé le projet par la mairie verte (clic droit pour ouvrir l'article)





LA RÉPONSE

STÉPHANE PFEIFFER


“En réalité, iI n’y a plus beaucoup de zones naturelles à Bordeaux.
Quand on est arrivé on a sanctuarisé La Jallère parce que c’est une zone naturelle mais sur le reste de la ville, tout était déjà artificialisé, comme Bastide-Niel et Brazza qui sont d’anciennes friches industrielles. L’autre enjeu est maintenant de reconstruire la ville sur la ville dans le centre historique et à Caudéran par exemple où il y a moins de 4% de logement social."



C'EST À DIRE ?

RetOUR

LA RÉPONSE

STÉPHANE PFEIFFER


“On incite les promoteurs et bailleurs à désartificialiser : rajouter un ou deux étages pour libérer de la surface à re-naturer.”



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PARTIE 2

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NOUVEAU DOCUMENT

LA FONDATION ABBÉ PIERRE PEUT NOUS ÉCLAIRER...

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FONDATION ABBÉ PIERRE

La réforme des APL (aides personnelles au logement), la baisse des aides à la pierre (FNAP) et l'imposition d'une réduction du loyer de solidarité ont largement impacté les bailleurs sociaux.

ÇA ENGENDRE QUOI?

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FONDATION ABBÉ PIERRE

IL FAUT EN SAVOIR PLUS SUR CES VENTES...

Moins de nouvelles constructions, de réhabilitations et même des bailleurs sociaux qui se voient obligés de vendre leurs biens : c'est ce que nous avait dit Nadia !

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DU NOUVEAU

ANNY LARTIGUE, DE LA CNL


"Environ 1000 logements sociaux sont détruits chaque année sur la métropole bordelaise pour diverses raisons."


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LA CONFÉDÉRATION NATIONALE DU LOGEMENT

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La Fondation Abbé Pierre en parlait aussi

DU NOUVEAU

DES DESTRUCTIONS À VENIR

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A Pessac, dans le quartier de Saige-Formanoir, le projet d’une coulée verte traversant le quartier implique la destruction de plusieurs tours et d’un bâtiment représentant au total 475 logements. Alors que plusieurs pétitions montrent qu’il n’y a aucune adhésion, la métropole bordelaise et le bailleur social Domofrance ont acté ce projet.

en savoir plus

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Vivien Latour et Alexandre Tellier ont rencontré les habitant·es qui se mobilisent contre le projet de rénovation urbaine du quartier d'habitat social de Saige Formanoir, dans lequel trois tours sont menacées de destruction.


ANNY LARTIGUE

OK, ET MAINTENANT ?

“L’Etat ne finance pas comme il le devrait puisque il a ponctionné tous les bailleurs sociaux de quelques milliards depuis 4 ans. En conséquence, les bailleurs n’ont plus suffisamment de fonds pour pouvoir construire ou réhabiliter.”

Sa critique de la politique du gouvernement est sans appel :
“Pour résumer, on veut supprimer le logement social. À long terme, le logement social ne fera plus partie des prérogatives de l’Etat. Le logement social ne l’intéresse pas, ce n’est pas assez rentable.”

DU NOUVEAU

LA CONFÉDÉRATION NATIONALE DU LOGEMENT

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Qui représente cet État ?

La Préfecture

L'opposition affiliée au parti LREM (au pouvoir)

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LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE


“ Pendant longtemps le maire de Bordeaux rejetait la faute sur l’Etat alors que l’Etat a annoncé des mesures incitatives sur le logement social.


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NE REPRÉSENTE PAS OFFICIELLEMENT LE GOUVERNEMENT MAIS DÉFEND LES ACTIONS DE L'ÉTAT

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LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE


"Ces deux dernières années, le retrait de la taxe d’habitation a fait polémique : c'était une recette pour les communes. Puis on a annoncé l’exonération de la taxe foncière, et d’une partie de la taxe d’habitation : que l’Etat va compenser pendant dix ans. On a voté le plan de relance que propose l’Etat aux communes, donc l’Etat n’a justement jamais fait autant pour le logement !”

OK, MAIS QU'EN DIT LA PRÉFECTURE ?

En savoir + sur
le retrait de cette
taxe d'habitation

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Decryptage par le magazine Capital de l'une des mesures du programme de réformes d'Emmanuel Macron.





la préfecture

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A sa tête : Fabienne Buccio qui s’insurge contre la pénurie de logement social.

“Le déficit de construction de logement social sur la métropole de Bordeaux est préoccupant et doit être absolument corrigé : il faut débloquer cette situation. L’objectif de 50 000 logements, fixé pour 2021, n’a été réalisé qu’à 60 %. Il y a un travail à mener avec la Métropole. »
Elle tape du poing sur la table et convoque, le 4 mars, Bordeaux Métropole et les maires des communes pour une réunion pour "construire davantage de logements sociaux"

RetOUR

la préfecture

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Le constat : le rythme de construction est insuffisant. Plusieurs causes sont pointées du doigt :


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la préfecture

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Nous retrouvons ici plusieurs raisons évoquées précédemment par d'autres interlocuteur·ices.

LORS DES RÉUNIONS COMMUNES

DES SOLUTIONS ONT VU LE JOUR : LES DÉCOUVRIR

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LES SOLUTIONS

CONCLURE L'ENQUÊTE

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Être plus vigilant·es sur le foncier qui se libère pour pouvoir acheter. Mobiliser celui qui appartient déjà à la métropole : 500 logements recensés en 2021.

Rechercher avec chaque commune un partenariat et récompenser (avec de l’argent) les communes qui font des efforts. Un partenariat entre la métropole et les communes permettrait aussi aux communes de se réfugier derrière une volonté supérieure, de pouvoir dire “on est obligés, ce sont les règles de la métropole” !

Intégrer une nouvelle règle à la onzième modification du Plan local d'urbanisme (PLU), qui sera en vigueur en 2023 :


Abaisser le seuil à partir duquel la production de logements sociaux sera rendue obligatoire, de 2 000 m2 à 1 000 m2. Un nouveau seuil devrait aussi être créé pour imposer 20 % d’accession sociale aux opérations de plus de 500 m2.

Mobiliser le contrat de relance avec l’Etat pour percevoir des aides à la

production de logements.

Rénover les bâtiments en ville pour développer les logements déjà existants.

Créer un "observatoire du logement social" à l'échelle de la Métropole.

RÉSULTATS DE L'ENQUÊTE!

CE QU'ON A APPRIS

Toutes les communes ne jouent pas le jeu de la loi SRU

Diverses réformes ont fragilisé les finances des bailleurs sociaux

Des logements sociaux sont supprimés chaque année

De plus, la pauvreté a augmenté ...

Des solutions sont imaginées, le travail est en cours

rejouer

Le foncier augmente et se fait plus rare

Augmentation de la pauvreté

→ En 2019, près de 43 000 personnes vivaient sous le seuil de pauvreté dans la seule ville de Bordeaux, une situation qui ne s’est pas améliorée avec la crise sanitaire. Plus de pauvreté implique plus de besoins.