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Transcript

Entrainement au GRAND ORAL

Ce que l'on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément

L'Art poétique (1674)

Nicolas Boileau-Despréaux (1636 - 1711)

Année scolaire 2021-2022

Comment cela se passe-t-il le jour J ?

GRAND ORAL

Présentation du

Le candidat peut soit disposer du support qu’il a préparé soit le donner au jury.

Grille d'évaluation

Index

3°) Croissance et réchauffement climatique.

2°) Vers une stagnation séculaire ?

23°) Covid-19 : pourquoi la dette publique n'est pas un problème (pour l'instant).

4°) Innovations : LA solution pour relever le défi climatique ?

8°) Dessin de Chappatte.

25°) Les paysans parcellaires, K. Marx.

1°) Le monde est clos et le désir infini.

10°) Citation de Montesquieu.

6°) L'impact de la viande sur l'environnement.

26°) 4 modèles théoriques de stratifications sociales.

29°) Intersectionnalité.

35°) Un impôt planétaire contre les inégalités.

14°) Les routes maritimes.

7°) Le démon de « l'acrasie »

32°) Qui sont vraiment les Black Blocs ?

9°) « Le pouvoir de la destruction créatrice », de Philippe Aghion...

d'AUTRES exemples de sujets

5°) Dépendance au sentier un obstacle à l'innovation verte.

11°) La Chine, vingt ans après son entrée à l’OMC.

12°) La désindustrialisation à la française.

13°) Le Covid-19 a creusé un peu plus les inégalités mondiales.

15°) La guerre des composants

16°) Guerre en Ukraine vs mondialisation.

17°) Comment les chocs pétroliers bouleversent l’économie mondiale.

18°) Guerre en Ukraine : timides coups de boutoirs contre la suprématie du dollar.

19°) Nicolas Baverez : « Les conséquences économiques de la guerre en Ukraine »

22°) Et si Jean Monnet avait raison ?

20°) Cryptomonnaies, des monnaies d’avenir ?

21°) La France un pays en déclin ?

24°) L’Euro, 20 ans après, quel bilan ?

27°) La fin des classes moyennes ?

28°) Ubérisation, vers une nouvelle forme d’exploitation ?

30°) Woke, Cancel Culture, Gender studies… Assiste-t-on à une américanisation des idées ?

31°) De Gandhi à Extinction Rebellion, la longue marche de la désobéissance civile.

34°) La «tyrannie du mérite».

33°) Filles + sciences = une équation insoluble ?

36°) Impôt, l'héritage un sujet tabou en France.

37°) Faut-il supprimer l'héritage ?

38°) Shadow banking : principe et dangers

39°) Les NFT, bulle spéculative ou futur de la finance ?

La croissance économique est la religion du monde moderne. Elle est l’élixir qui apaise les conflits, la promesse du progrès indéfini. Elle offre une solution au drame ordinaire de la vie humaine qui est vouloir ce qu’on n’a pas. Hélas, en Occident du moins, la croissance est devenue intermittente, fugitive… Les krachs succèdent aux booms et les booms aux krachs. Comme les sorciers qui veulent faire venir la pluie, les hommes politiques lèvent les mains vers le ciel pour la faire tomber, aiguisant le ressentiment des peuples quand elle n’est pas au rendez-vous. Tout à la recherche de boucs émissaires, le monde moderne évite pourtant la question centrale : que deviendra-t-il si la promesse d’une croissance indéfinie est devenue vaine ? Saura-t-il trouver d’autres satisfactions ou tombera-t-il dans le désespoir et la violence ? Les historiens ont parlé de « crise de conscience européenne » pour caractériser la profonde angoisse spirituelle qui a frappé l’Europe au XVIIe siècle lorsqu’elle a découvert, avec Galilée et Kepler, que l’univers était vide, que les étoiles n’étaient pas la demeure des dieux. Nous vivons aujourd’hui une crise de même nature. C’est l’idéal du progrès qui semble se vider lorsque la croissance disparait. La vie vaut-elle d’être vécue si elle est privée de l’espérance divine, se demandaient nos aïeux ? Aujourd’hui la question est devenue : nos vies seront-elles tristes et rugueuses si la promesse du progrès matériel nous est enlevée ?

Daniel COHEN, Le monde est clos et le désir infini, © Éditions Albin Michel, 2015.

Stagnation séculaire : De quoi s'agit-il ? Citéco Vidéo Challenge

"Stagnation séculaire" : MYTHE OU réalité ?

"On voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité".

Robert Solow, 1987.

Le paradoxe de Solow, ou pourquoi le progrès technique n'entraîne pas toujours des gains de productivité.

P. Aghion critique la thèse de la Stagnation séculaire - Durée 4 : 44

La stagnation séculaire.

(Fiche concept)

partageons l'eco

Comment le réchauffement climatique va bouleverser l’humanité

Durée 15 : 25

Cette vidéo, conçue en collaboration avec Rodolphe Meyer (de la chaîne Le Réveilleur : https://bit.ly/3k2eoIA), présente certaines des conséquences les plus problématiques du changement climatique et permet de comprendre pourquoi c'est un défi majeur du XXIe siècle.

Le Monde le 11 juil. 2021

L’INNOVATION POUR SAUVER LE CLIMAT : AVOIR LA FOI OU PAS

Durée 2 : 27

Pour de grands noms de la tech comme Jeff Bezos, Elon Musk ou Bill Gates, miser sur la science et l’ingénierie pour créer des innovations disruptives qui vont sauver le monde du réchauffement climatique est une évidence. En revanche, d’autres experts estiment que seul l’investissement dans les technologies existantes est raisonnable..

Le progrès technique permettra-t-il de relever le défi du réchauffement climatique ?

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[ÉDITO] L’INNOVATION POUR SAUVER LE CLIMAT : AVOIR LA FOI OU PAS

Pour de grands noms de la tech comme Jeff Bezos, Elon Musk ou Bill Gates, miser sur la science et l’ingénierie pour créer des innovations disruptives qui vont sauver le monde du réchauffement climatique est une évidence. En revanche, d’autres experts estiment que seul l’investissement dans les technologies existantes est raisonnable.


Jeff Bezos a annoncé, il y a quelques jours, la création d’un fonds de 10 milliards de dollars pour financer la recherche en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Cet argent, entièrement sorti de sa poche, le plus gros mouvement du genre, doit permettre de faire émerger des solutions environnementales pas encore imaginées ou à peine esquissées, complétement disruptives pour sauver notre planète d’une trajectoire si mal engagée en matière de réchauffement et de biodiversité.

Jeff Bezos n’est pas le seul à avoir cette foi dans la capacité d’innovation de l’Humanité. Bill Gates y croit aussi. En 2015, il lançait la Breathrought Energy Coalition, un fonds de plusieurs milliards, pour faire évoluer de nouvelles technologies – avec un fort tropisme nucléaire - pour changer le monde. On pourrait ajouter de nombreux autres grands noms qui sont prêts à financer les recherches les plus prospectives et futuristes : Jack Ma, le PDG d’Alibaba, Elon Musk, le patron de SpaceX et Tesla, Richard Bronson, le fondateur de Virgin...

Technologies matures en 2050

Les défenseurs d’une science "solution à tout" croient que l’apparition de la fusion nucléaire, de la géo-ingénierie, du stockage de carbone, des stations solaires orbitales, de l’intelligence artificielle finiront inévitablement par nous sortir de l’ornière dans laquelle la civilisation des fossiles a plongé le monde. De l’autre côté, il y a tout un groupe de personnes qui refusent de faire le pari du progrès pour nous sauver.

Par exemple, un rapport du Haut Conseil pour le climat britannique, remis au gouvernement de Boris Johnson en février, juge que "nous ne pouvons pas attendre que des technologies révolutionnaires produisent des émissions nettes nulles d'ici 2050. Au lieu de cela, nous devons utiliser les technologies d'aujourd'hui avec des changements progressifs". Pour eux, par exemple, ni les technologies à base d’hydrogène, ni la capture du carbone n’arriveront à maturité assez tôt face à l’urgence actuelle. Les experts britanniques ne sont pas les seuls à penser ainsi.

Le fonds danois pour l’innovation, l’équivalent de la BPI en France, doute par exemple d’un impact significatif de la viande artificielle, de l’utilisation du carbone atmosphérique ou de la blockchain sur le réchauffement. Ces deux mondes ont du mal à s’entendre. Les premiers dénoncent la culture de la décroissance des seconds. Les seconds accusent les premiers de scientisme, d’une foi inconsidérée dans le progrès. Faut-il choisir son camp ? Espérons que non car le monde doit être capable de financer ces deux visions de l’avenir afin de ne se fermer aucune porte.

Ludovic Dupin

https://www.novethic.fr/ le 28/02/2020.

Innovation verte, dépendance au sentier et rôle de l'État

Les entreprises choisissent-elles toujours l'innovation « verte » spontanément ? À partir de l'analyse du secteur automobile, une étude récente montre que la réponse à cette question est clairement négative. Les auteurs utilisent des données relatives aux brevets déposés par les entreprises automobiles de quatre-vingts pays sur la période 1978-2005. Ils distinguent les innovations « vertes qui favorisent le développement des véhicules électriques , des innovations polluantes, qui favorisent le développement des moteurs à combustion. […]

[L’étude montre que] plus une entreprise a innové dans les moteurs à combustion dans le passé, plus elle continue à innover dans les moteurs à combustion aujourd'hui. Autrement dit, on poursuit et on persévère dans les domaines où l'on a déjà acquis un avantage comparatif. Cette dépendance au sentier implique que, livrées à elles-mêmes, des entreprises qui ont acquis une expertise en matière de moteurs à combustion ne vont pas spontanément choisir de se réorienter vers les moteurs électriques : l'intervention de l'État est nécessaire pour inciter ces entreprises à rediriger leurs activités innovantes des technologies polluantes vers les technologies vertes.

Philippe Aghion, Céline Antonin, Simon Bunel - Le Pouvoir de la destruction créatrice. © ODILE JACOB, octobre 2020.

L'impact de la viande sur l'environnement expliqué en 4 minutes

Consommation de viande et environnement

La consommation de viande mondiale a quintuplé depuis 1950 et sa production s'est industrialisée. La « Journée sans viande » est l'occasion de faire le point sur l'impact environnemental de cette industrie.

Le démon de « l'acrasie »

L’acrasie est un mot grec qui désigne le fait de vouloir une chose et de faire son contraire. On sait que l’on fonce vers l’abîme, mais on continue d’appuyer sur l’accélérateur. Pourquoi ?

Jean-François Dortier - Sciences Humaines - N° 322 - Février 2020

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Le capitalisme affronte une crise d’identité comme il n’en a jamais connu auparavant. Face à la montée des inégalités, à la précarisation du travail, à la détérioration de la santé et de l’environnement, faut-il changer radicalement de système économique et abolir le capitalisme ? Pas selon les auteurs de l’essai Le Pouvoir de la destruction créatrice : plutôt que de vouloir le dépasser, il faut chercher à mieux le réguler. « Le capitalisme est un cheval fougueux : il peut facilement s’emballer, échappant à tout contrôle. Mais si on lui tient fermement les rênes, alors il va là où l’on veut. » [...]

Comment diriger la destruction créatrice vers l’objectif d’une croissance plus verte et juste ? Comment faire en sorte que les innovateurs d’hier n’utilisent pas leurs rentes pour empêcher de nouvelles innovations ? Quelles sont les forces qui permettent d’orienter la destruction créatrice ? s’interrogent le professeur au Collège de France Philippe Aghion, l’économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques Céline Antonin, et l’administrateur de l’Insee Simon Bunel.

Le Monde, le 13 janvier 2021

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« Le Pouvoir de la destruction créatrice » : le capitalisme en pleine crise d’identité


Dans leur essai, Philippe Aghion, Céline Antonin et Simon Bunel proposent des voies de sortie optimistes de la crise due au Covid-19, ou comment mieux maîtriser le capitalisme pour en exclure les excès.


Le livre. La pandémie de Covid-19 aura eu le mérite de révéler avec éclat les faiblesses du capitalisme. En Chine, elle a montré les limites d’un capitalisme sans liberté d’expression. Aux Etats-Unis, elle a mis à nu le drame de tous ces individus qui ne sont pas assurés contre une perte d’emploi et contre la maladie.

En France, elle a montré « la vulnérabilité d’une économie qui est allée trop loin dans la délocalisation de ses chaînes de valeur, y compris dans les secteurs stratégiques comme la santé ; elle a également fait apparaître les limites d’un Etat trop centralisé, trop bureaucratique, et qui ne faisait pas assez confiance à la société civile et à aux territoires », analysent Philippe Aghion, Céline Antonin et Simon Bunel dans l’ouvrage Le Pouvoir de la destruction créatrice.

Le capitalisme affronte une crise d’identité comme il n’en a jamais connu auparavant. Face à la montée des inégalités, à la précarisation du travail, à la détérioration de la santé et de l’environnement, faut-il changer radicalement de système économique et abolir le capitalisme ? Pas selon les auteurs de l’essai Le Pouvoir de la destruction créatrice : plutôt que de vouloir le dépasser, il faut chercher à mieux le réguler. « Le capitalisme est un cheval fougueux : il peut facilement s’emballer, échappant à tout contrôle. Mais si on lui tient fermement les rênes, alors il va là où l’on veut. »

Aboutissement de cinq années de cours au Collège de France, l’ouvrage souhaite permettre à un public sans expertise préalable d’accéder aux travaux de recherche récents en économie de l’innovation et de la croissance. Comment diriger la destruction créatrice vers l’objectif d’une croissance plus verte et juste ? Comment faire en sorte que les innovateurs d’hier n’utilisent pas leurs rentes pour empêcher de nouvelles innovations ? Quelles sont les forces qui permettent d’orienter la destruction créatrice ? s’interrogent le professeur au Collège de France Philippe Aghion, l’économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques Céline Antonin, et l’administrateur de l’Insee Simon Bunel.


Corriger les excès


Si le Covid-19 entraîne des destructions d’emplois et des faillites en masse, il incite aussi à innover. Le secteur de la distribution va, plus que jamais, recourir à l’intelligence artificielle et à la robotique, car les consommateurs ne perdront pas l’habitude prise de commander en ligne. Le confinement nous a fait découvrir les mérites du télétravail et des consultations médicales à distance.

Moteur du capitalisme, la « destruction créatrice » génère du risque et des bouleversements, mais également la croissance qui a hissé nos sociétés à des niveaux de prospérité inimaginables il y a à peine deux cents ans. Il s’agit alors de « mieux appréhender les ressorts de ce pouvoir pour ensuite l’orienter dans la direction que l’on souhaite ».

Enfin, après avoir revisité les grands débats autour de l’innovation et de la croissance dans nos pays développés, les auteurs repensent le rôle de l’Etat et de la société civile afin de protéger l’économie et les citoyens contre les excès du capitalisme. Car s’il vantait les mérites de la destruction créatrice, l’économiste Joseph Schumpeter (1883-1950) lui-même se montrait pessimiste sur l’avenir du capitalisme : il anticipait l’élimination des petites et moyennes entreprises par les gros conglomérats, avec comme conséquence la disparition de l’entrepreneur et le triomphe de la bureaucratie et des intérêts acquis.

L’ouvrage se termine sur une note d’optimisme de combat, qui fait sienne la célèbre citation de Marx : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer. »

Article réservé à nos abonnés Margherita Nasi, le 13 janvier 2021.

Le commerce guérit les préjugés destructeurs ; et c'est presque une règle générale que partout où il y a des mœurs douces il y a du commerce ; et partout où il y a du commerce il y a des mœurs douces.

Citation

Charles de Montesquieu, L’Esprit des lois, 1748.

La Chine, vingt ans après son entrée à l’OMC

Le 11 décembre 2001, la Chine adhérait à l’Organisation mondiale du commerce. Pour les Occidentaux, l’heure est à la désillusion

La désindustriaisation à la française

LA BULLE ÉCONOMIQUE par Marie Viennot

Le 29 aout 2020.
Durée 3 minutes

Le Covid-19 a creusé un peu plus les inégalités mondiales.

Un dossier du Monde à l’occasion de la parution du Rapport sur les inégalités mondiales 2022. Ce rapport est élaboré par le Laboratoire sur les inégalités mondiales, co-dirigé par Thomas Piketty et Lucas Chancel.

© Human Rights Watch

Zoom sur les routes maritimes

Les routes maritimes

Depuis le 19e siècle, le transport maritime structure en grande partie le commerce international. L’itinéraire des routes maritimes s’est dessiné autour de détroits et canaux, facilitant les échanges commerciaux. Retour en images sur le rôle économique et géopolitique de ces points de passage.

Vie publique - Publié le 1 avril 2021 - Durée 1 : 55

Dessin d’Oliver Burston, Royaume-Uni.

Pourquoi il y a une pénurie de semi-conducteurs dans le monde ?

iPhone 12, PlayStation 5, voitures... : pourquoi les retards de fabrication s'accumulent

Les ECHOS

Le 12 mars 2021
Durée 7 : 24

La guerre des composants

Pourquoi il y a une pénurie de semi-conducteurs dans le monde.


Les retards de production de l'iPhone 12, de la Playstation 5 ou des voitures Renault et Volkswagen sont causés par une pénurie sans précédent de semi-conducteurs. Un marché qui pèse près 440 milliards de dollars et qui fait l'objet d'une guerre technologique entre les grandes puissances industrielles à travers le monde.

Quel est le point commun entre l'iPhone 12, un Renault Trafic, la Playstation 5, les antennes 5G ou un ordinateur de bureau ? Le semi-conducteur, un composant électronique plus petit qu'un grain de sable, est indispensable pour les produire. Sans ce « cerveau électronique », impossible de faire circuler des informations dans la machine.

Mais depuis des mois, une pénurie de ce précieux matériau paralyse des usines entières à travers le monde. Apple, Ford ou Nvidia aux Etats-Unis, Renault et PSA en France, Sony et Nissan au Japon, Huawei en Chine, Volkswagen en Allemagne… la liste des usines qui tournent au ralenti ou sont mises à l'arrêt s'allonge à mesure que les stocks diminuent. Au prix de pertes colossales.

A Washington, le gouvernement de Joe Biden annonce un décret pour identifier les mesures à prendre pour résoudre cette crise. A Paris, le ministère de l'Economie se prépare à « une économie de gestion de la rareté pendant plusieurs mois de la part des constructeurs et des entreprises de l'électronique ». Mais par quoi a été provoquée cette pénurie ? Qui produit les semi-conducteurs ? Quels sont les secteurs les plus touchés ? Pourquoi est-ce un enjeu géopolitique ? Réponses dans CQFD.

· Par quoi est provoquée la pénurie de semi-conducteur ?

Les semi-conducteurs sont présents dans des milliards d'appareils électroniques. Tous les systèmes informatiques modernes sont composés de petites puces de silicium qui permettent de faire circuler des informations dans leurs circuits. Au printemps 2020, les mesures de confinement ont fait exploser la demande de matériel informatique pour mettre les salariés au télétravail ou se divertir à la maison. Plus de 300 millions de PC ont par exemple été vendus en 2020.

Les usines qui fabriquent ces semi-conducteurs ont donc vu leur carnet de commandes déborder. Et l'arrivée des téléphones 5G n'a pas aidé. Au point que l'approvisionnement a été menacé. La décision de Donald Trump d' interdire à Huawei de se fournir en matériau aux Etats-Unis a également mis la pression sur le marché. L'entreprise chinoise a alors choisi de constituer des stocks très importants et ses concurrents l'ont imité. En novembre dernier, Apple a ainsi dû réaffecter des composants normalement destinés à l'iPad vers l'iPhone 12 Pro pour maintenir sa cadence de production.

En ce début d'année 2021, c'est au tour du secteur automobile d'être frappé par la pénurie. Ford, PSA, General Motors, Toyota, Huyndai, Nissan, Renault, Volkswagen … la plupart des grandes multinationales ont dû freiner ou stopper leur production face au manque de semi-conducteur. Le montage des véhicules est perturbé par l'approvisionnement des sous-traitants automobiles en microcontrôleurs. L'automobile n'est pas une priorité pour les fournisseurs et ils ont choisi de fournir en matériaux le secteur de la téléphonie qui est beaucoup plus rentable.

Les analystes d'IHS Markit évaluent à près d'1 million le nombre de véhicules particuliers qui ne seront pas produits au premier trimestre du fait de cette crise, dont plus de 250.000 en Chine. La perte de chiffre d'affaires est estimée à 60 milliards de dollars pour 2021, par l'agence Bloomberg.

· Qui produit ces puces électroniques ?

Il existe trois types d'entreprises qui fabriquent des semi-conducteurs dans l'industrie des puces électroniques. Certains comme Intel, Samsung, SK Hynix et Micron conçoivent et fabriquent leurs produits dans leurs propres usines. D'autres comme Qualcomm, le fournisseur en puce d'Apple, conçoivent et commercialisent cette technologie mais sont « fabless » et sous-traitent leur fabrication à des sociétés de fonderie.

Des fonderies comme TMSC, le leader mondial du marché des semi-conducteurs . La société taïwanaise bénéficie d'une longueur d'avance sur tous ses autres concurrents. Car très peu de pays ont à disposition des entreprises avec la technologie, le savoir-faire et le budget pour fabriquer ce type de circuit électronique. Pour produire ses puces à l'échelle du nanomètre, TSMC est notamment le propriétaire de Fab 18, l'usine la plus chère du monde jamais construite, estimée à 17 milliards de dollars.

· Pourquoi est-ce un enjeu géopolitique ?

Avec des filières entières empêchées de produire et d'exporter leur marchandise, c'est une partie de la relance économique qui se joue pour certains pays. La pénurie de semi-conducteurs a ainsi révélé la dépendance des pays occidentaux face aux producteurs les plus avancés de cette technologie qui sont en majorité asiatiques. Comme avec les vaccins, la pandémie a souligné le risque de laisser un marché se constituer entre quelques petites entreprises situées hors de leurs frontières.

Aux Etats-Unis, le gouvernement américain envisage d'intervenir rapidement. Le président Joe Biden a promis de signer « dans les prochaines semaines » un décret ordonnant un « examen complet des chaînes d'approvisionnement pour les biens essentiels ». Si le pays dispose d'usines de semi-conducteurs, ils ne pèsent plus que 12 % de la production mondiale selon les acteurs américains du secteur, qui ont écrit une lettre au président pour partager leur détresse.

Dans la guerre froide technologique entre la Chine et les Etats-Unis, notamment sur le front de la 5G, la bataille des semi-conducteurs est primordiale pour l'Empire du Milieu. En fin d'année 2020, l'usine du monde a lancé un plan industriel de 88 milliards d'euros pour rattraper son retard dans le secteur.

· Que fait l'Europe pour lutter contre cette pénurie ?

Trouver une solution à cette pénurie est « d'une importance politico-industrielle majeure » pour ne pas mettre en danger la reprise économique après la pandémie, a déclaré le ministre allemand de l'Economie Peter Altmaier. Un objectif partagé par le ministre français des Finances Bruno Le Maire et Thierry Breton, le commissaire européen au marché intérieur. Les deux hommes ont réaffirmé, lundi, que la dépendance vis-à-vis de l'Asie de l'industrie automobile européenne est « excessive » et « inacceptable ».

L'Allemagne, la France et 14 autres pays européens ont annoncé en décembre dernier leur volonté d' unir leurs forces pour résoudre cet enjeu de souveraineté face aux Etats-Unis et à l'Asie. STMicroelectronics, NXP, Infineon, les trois fleurons européens du secteur, ont accumulé trop de retard dans la course à l'innovation. Comme pour les batteries rechargeables, les Européens veulent désormais être en capacité de produire eux-mêmes leurs composants dans une usine européenne. Alors que la pénurie pourrait durer jusqu'en 2022 dans plusieurs secteurs économiques stratégiques, la guerre des semi-conducteurs ne fait que commencer.

Samir Touzani - Les Echos (CQFD) le 16 février 2021

La guerre en Ukraine, un coût déjà colossal pour l'économie mondiale.

Elle devrait couter 1 point de PIB à l'économie mondiale, selon l'OCDE.

La guerre en Ukraine met fin à la mondialisation, estime le patron de BlackRock

La mondialisation a-t-elle pris fin à Kiev, comme à Sarajevo en 1914 ?

# CHRONIQUES

Des attentats terroristes du 11 septembre 2001 à la pandémie de ­Covid-19 de 2020, le « village mondial » s’est accoutumé aux chocs disruptifs. Mais, cette fois, c’est différent. L’invasion de l’Ukraine remet en cause le prin­cipe même de la mondialisation et les bienfaits du « doux commerce » cher à Montesquieu.

Il se confirme que la densité des échanges n’est pas un gage de paix.

Jean-Pierre Robin

Le Figaro, le 06 mars 2022.

Comment les chocs pétroliers bouleversent l’économie mondiale

La flambée des matières premières intensifiée par la guerre en Ukraine réveille le souvenir des crises énergétiques de 1973 et 1979, marquées par l’apparition de la stagflation, cocktail de forte inflation et de croissance faible.

Marie Charrel

Publié le 22 mars 2022

Environ 60 % des réserves de change restent encore libellées en dollars. (Dado Ruvic/REUTERS)

Guerre en Ukraine : timides coups de boutoirs contre la suprématie du dollar

Les sanctions contre la Russie font craindre la création d'un front anti-dollar avec la Chine et d'autres Etats comme l'Iran. L'hégémonie du billet vert est vouée à reculer mais le phénomène prendra des années, par manque d'alternative crédible au dollar.

Guillaume de Calignon

Publié le 21 mars 2022

L’invasion de l’Ukraine par la Russie marque la fin de l’après-guerre froide et ouvre une grande confrontation entre les régimes autoritaires et les démocraties.

Nicolas Baverez: «Les conséquences économiques de la guerre en Ukraine»

+ info

Cryptomonnaies, des monnaies d'avenir ?

Les cryptomonnaies
sont-elles le futur ?

42, la réponse à presque tout | ARTE

Les cryptomonnaies sont-elles les devises de l'avenir ?

Euronews

Durée 28 : 20

Durée 4 : 00

Election présidentielle 2022 : la France est-elle encore une grande puissance ?

LA FRANCE, UN PAYS EN DECLIN ?

Plusieurs candidats surfent sur la perspective d’un « déclin » de la puissance française.

Mais où en est le pouvoir d’influence de la France en 2022 ?

Le Monde, le 03 mars 2022

Durée 15 : 11

"L'Europe se fera dans les crises et elle sera la somme des solutions apportées à ces crises", Jean Monnet.

Les crises (Covid, Ukraine) accélèrent-elles vraiment l'unité européenne ? [Olivier Passet]

Xerfi Canal

23 mars 2022
Durée 5 : 59

Et si Jean Monnet avait raison ?

Covid-19 : pourquoi la dette publique n'est pas un problème (pour l'instant)

C’est un niveau digne d’une période de guerre : en 2020, la dette publique de la France a atteint 115,7 % du PIB. Une situation dont s’alarment de nombreux Français et qui agite les milieux économiques et politiques : le remboursement de ces dépenses est-il possible ? Peut-on annuler une partie de cette dette pour relancer la croissance ? Sommes-nous à l’abri d’une crise économique ? Nos enfants devront-ils payer ?

Les 20 ans de l'euro

Vingt ans après l'euro a bien grandi, mais reste fragile.

L’Euro, une monnaie en pleine santé qui fête ses vingt ans.

Vingt ans après sa mise en circulation, l’euro convalescent mais encore fragile

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Les paysans parcellaires constituent une masse énorme dont les membres vivent tous dans la même situation, mais sans être unis les uns aux autres par des rapports variés. Leur mode de production les isole les uns des autres, au lieu de les amener à des relations réciproques. […] Ainsi, la grande masse de la nation française est constituée par une simple addition de grandeurs de même nom, à peu près de la même façon qu'un sac rempli de pommes de terre forme un sac de pommes de terre. Dans la mesure où des millions de familles paysannes vivent dans des conditions économiques qui les séparent les unes des autres et opposent leur genre de vie, leurs intérêts et leur culture à ceux des autres classes de la société, elles constituent une classe. Mais elles ne constituent pas une classe dans la mesure […] où la similitude de leurs intérêts ne crée entre eux aucune communauté, aucune liaison nationale ni aucune organisation politique.

Karl Marx (1818 - 1883)

Le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, 1851

De manière globale, la transformation essentielle des dernières années a trait à l'évolution des classes moyennes. Celles-ci s’affirment dans le monde en développement, et s’effritent relativement dans le monde développé. L'aube des classes moyennes émergentes contraste avec le déclin, plus ou moins prononcé selon les pays, des classes moyennes occidentales.

Julien Damon - Un monde de classes moyennes - INSTITUT MONTAIGNE - 17 juillet 2019.

  • L’image de la pyramide représente une élite très réduite, des populations pauvres très larges, et une classe moyenne qui, pour être centrale dans la pyramide, n’est pas forcément de grande taille. On trouve là typiquement les pays émergents, avec des classes moyennes naissantes.
  • Le graphique en forme de montgolfière dessine une classe moyenne centrale et ascendante, avec une classe aisée peu importante et des catégories pauvres réduites. L’image est celle d’un progrès commun, entraîné par le dynamisme des classes moyennes. L’illustration typique est celle des sociétés occidentales "moyennisées" au cours des Trente Glorieuses. La plupart des pays de l’OCDE ressemble à cette montgolfière, même si elle monte aujourd’hui moins vite, et que dans certains pays, la nacelle risque de se détacher.
  • Le sablier est une métaphore de l’érosion des classes moyennes, disloquées par l’enrichissement de sa strate supérieure et l’appauvrissement de sa classe inférieure. Cela serait dû à la nouvelle révolution industrielle, l’écrasement des hiérarchies, et l’éclatement de la production entre haut et bas de gamme. Si l’image de la montgolfière signale une élévation collective, celle du sablier annonce une progressive décrépitude, associée à une dualisation. C’est la promesse d’ascension sociale qui vient faire défaut.
  • Le schéma du diamant est davantage un projet qu’une réalité. Celui d’une société équilibrée, avec une classe moyenne très garnie, et une élite et une population pauvre très réduites. C’est la France du projet rêvé des Trente Glorieuses.


Julien Damon | Un monde de classes moyennes | INSTITUT MONTAIGNE | 17 juillet 2019.

Y a-t-il démoyennisation de la société française?

17 décembre 2021

Olivier GALAND

Une démoyennisation de la société française ?

La société française vivrait une « démoyennisation », c’est-à-dire un affaiblissement, voire une disparition de ses classes moyennes. Qu’en est-il ?

Sciences Humaine N° 344

Février 2022

La fin de la classe moyenne ?

On sait depuis Aristote que sans les classes moyennes il n'y a point de démocratie.


Farid Toubal - La polarisation de l'emploi s'aggrave en France.

OCDE, Sous pression : la classe moyenne en perte de vitesse, Paris, OCDE, 2019, 170 pages.

La « démoyennisation » du monde riche


Entrer ou demeurer dans la catégorie des classes moyennes est une aspiration de plus en plus difficile à concrétiser dans les économies occidentales. Un excellent ouvrage de l'OCDE.


Le propos. Les classes moyennes font l'actualité depuis des années. Si des exagérations sont repérables, tant dans la déploration de leur affaiblissement dans les pays développés que dans la célébration de leur affirmation dans les pays pauvres, données et perspectives n'en restent pas moins nettes. La rétractation est confirmée dans un récent ouvrage publié par l'OCDE. Pour l'organisation internationale, la classe moyenne - essentiellement conçue comme la catégorie des revenus « intermédiaires » (dans une fourchette entre 75 % et 200 % du revenu national médian ») est « un rêve de plus en plus inaccessible ». Aujourd'hui, continue l'OCDE, « la classe moyenne ressemble de plus en plus à un bateau dans la tempête ».

L'intérêt. Dans la collection des livres sur la démoyennisation du monde occidental, et la moyennisation du monde en développement, cette étude fouillée s'impose. Les constats, valables en moyenne pour les pays de l'OCDE, se vérifient en France, mais avec une intensité significativement moindre. La classe moyenne française semble se consolider au centre de la distribution des revenus. Elle s'étend, mais ses tensions sont les mêmes qu'ailleurs dans le club des pays riches.


Par Julien Damon (sociologue, chroniqueur aux « Echos »)

Les ECHOS - Publié le 5 juin 2019

Les livreurs Deliveroo en colère

Ubérisation : vers une nouvelle forme d'exploitation ?

Exploite-toi toi-même

Les livreurs Deliveroo en colère


Au prisme de l’auto-entreprise, la sociologue Sarah Abdelnour révèle les dynamiques de fragilisation du salariat.

par Maud Simonet , La Vie des idées, le 6 septembre 2017

"Il y a 2 ans, c'était payé 7,50€ de l'heure, et là on est à un minimum de 3€ par course."

Idée pour le Grand Oral

BRUT - Octobre 2018

Durée 2 : 49

De quoi parle-t-on ?
Le terme a été pensé à la fin des années 1980 par la juriste afro-américaine Kimberlé Crenshaw. Le concept d’intersectionnalité illustre à l’origine le point de croisement (intersection) entre différentes discriminations subies par les femmes afro-américaines, à la fois victimes de discriminations raciales et sexistes. Dans les sciences sociales, ce concept permet d’analyser les liens entre les différentes discriminations, qu’elles soient de classe, de race ou de genre. Cette lecture croisée a, à son tour, gagné le terrain militant, désignant plus globalement la convergence des luttes contre toutes les formes de discriminations : le racisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie, etc.
Que disent ses détracteurs ?
Ce terme est rejeté par ceux qui estiment que les thèses intersectionnelles venues d’Amérique encouragent au repli identitaire et au communautarisme. A sans cesse avoir une vision du monde rapportée aux notions de race ou de genre, ce concept enferme les individus dans des cases identitaires, en oubliant parfois même d’utiliser d’autres critères pour étudier les inégalités. De la bouche même de sa créatrice, le terme a été distordu. « Ce n’est pas un mécanisme pour transformer les hommes blancs en nouveaux parias », s’est émue Kimberlé Crenshaw.
Que disent ses partisans ?
Pour eux, l’intersectionnalité vise à mettre en lumière des oppressions jusqu’alors peu visibles, afin de mieux les déconstruire et les combattre. Elle permet de mieux cerner la complexité du monde et de comprendre, par exemple, qu’une femme blanche ne subit pas les mêmes discriminations qu’une femme noire. C’est d’ailleurs une accusation récurrente des « féministes intersectionnelles », qui reprochent aux « féministes universelles » de ne pas prendre en compte les questions raciales dans leur combat pour l’égalité. A leurs yeux, la lutte femmes-hommes ne suffit plus, la justice sociale se pense aussi à travers le prisme de genre, de classe ou de race.

« Racisé », « privilège blanc », « intersectionnalité » : le lexique pour comprendre le débat autour des réunions non mixtes - Le Monde, le 31 mars 2021.

Intersectionnalité

Woke, Cancel Culture, Gender studies… Assiste-t-on à une américanisation des idées ?

La menace du woke - Désintox - ARTE

Le 30 juin 2021

Durée 1 : 33

Woke, Cancel Culture, Gender studies…

Assiste-t-on à une américanisation des idées ?

FRANCE CULTURE

5 octobre 2021.

Durée 31 : 53

De Gandhi à Extinction Rebellion, la longue marche de la désobéissance civile

La désobéissance civile

en cinq combats symboliques

Extinction Rebellion

C'est quoi Extinction Rebellion ? (Avec Léa Camilleri)

+ info

Le 1er mai 2018, au moins 1.200 « black blocs », ont perturbé la traditionnelle manifestation à Paris, qui regroupait 20.000 personnes environ, donnant lieu à de nombreuses arrestations. (Thomas SAMSON/AFP)

Qui sont vraiment les black blocs ?

Photographie d'une mouvance mal connue avec CQFD.

Violences : qui sont vraiment les black blocs en cinq questions ?


Les black blocs sèment désormais le trouble dans de nombreuses manifestations. D'où vient ce mouvement et pourquoi est-il si difficile à contenir par la police ? Comment est-il organisé ? De qui est-il composé ? Que revendique-t-il ? Photographie d'une mouvance mal connue avec CQFD.


Vêtus de noir et cagoulés, ils saccagent le mobilier urbain, s'en prennent à des enseignes ou des devantures de banques, affrontent violemment la police. L'image revient désormais régulièrement dans les manifestations. Celles contre la loi Sécurité globale en France n'ont pas été épargnées. Après les heurts du 5 décembre à Paris , où des voitures ont été incendiées, et ceux place de la Bastille une semaine plus tôt, les responsables politiques ont une fois de plus condamné l'action des « black blocs ». Eric Dupont-Moretti, le ministre de la Justice, a annoncé travailler sur un texte de loi.

Mais qui sont ces black blocs ? D'où viennent-ils ? Que revendiquent-ils ? Pourquoi sont-ils si difficiles à contenir par les forces de l'ordre ? Retour sur une mouvance mal connue et qui s'impose par la force dans l'actualité.

1- Qu'est-ce qu'un black bloc ?

Avant d'être une mouvance, le black bloc est une méthode, un mode d'action. C'est un « cortège de militants révolutionnaires habillés en noir susceptibles de recourir à l'action directe », explique Francis Dupuis-Deri, politologue qui a consacré plusieurs études au sujet . Pendant les manifestations, les individus qui forment le black bloc infiltrent le cortège en ordre dispersé, revêtent des habits noirs, se masquent le visage, avant de se réunir pour former « une sorte d'énorme drapeau noir, tissé d'êtres humains », ajoute le chercheur. Un « bloc noir compact », permettant de préserver l'anonymat.

« Ce n'est pas un mouvement organisé avec une structure ou des représentants », détaille aux Echos Myriam Benraad, politologue. Les black blocs se constituent en « petits groupes d'activistes, qui se connaissent dans la vie, derrière lesquels il y a du militantisme », ajoute l'autrice de « Géopolitique de la colère » . En ce sens, la chercheuse distingue les black blocs des « casseurs », dont la présence en manifestation est « opportuniste ». Myriam Beraad note à ce sujet qu'il y a eu un « glissement de langage » de la part des représentants politiques. « La figure du black bloc est bien commode aujourd'hui pour discréditer les mouvements, comme celui des gilets jaunes », estime-t-elle.

2 - Y a-t-il un profil-type du militant black bloc ?

Parfois désignés comme « fils de profs », ou intellos, il est difficile de dresser le portrait sociologique des militants prenant part à un black bloc. « Initialement, en 1980, c'étaient des gens assez éduqués », avance Myriam Benraad. « Aujourd'hui en France, c'est plutôt la gauche radicale, même s'il n'est pas si simple de déterminer leur provenance », nuance-t-elle. « C'est une plateforme qui réunit aussi des radicaux sans attache politique. Mais globalement les black blocs sont rattachés à un mouvement politique radical révolutionnaire », comme des anarchistes, des marxistes-léninistes, des écologistes radicaux des féministes, ou des autonomes.

3 - D'où vient le mouvement ?

Il apparaît en Allemagne, à Berlin Ouest au début des années 1980, comme un « mouvement de résistance aux violences policières », explique Myriam Benraad. Quand des militants autonomes d'extrême gauche sont évacués avec force de leurs squats par la police, ils ripostent violemment, armés de bâtons et habillés en noir, leur valant le surnom « schwarzer blocks », « bloc noir ». Ces activistes s'inspirent du mouvement italien Autonomia, note François Dupuis-Déri. Née dans les années 1960, cette mouvance d'extrême gauche prône des formes d'action insurrectionnelles et illégales.

Le phénomène fait un retour fracassant en 1999 avec la « Bataille de Seattle » . Lors d'un sommet de l'OMC organisé dans la ville américaine, des centaines de militants altermondialistes mettent la ville à sac, affrontant les forces de l'ordre pendant plusieurs jours. L'état d'urgence est décrété, un couvre-feu imposé. Les images spectaculaires feront le tour du monde, relayées par une couverture médiatique inédite, qui participe à exporter cette « tactique ». On retrouve depuis des black blocs dans des mouvements d'ampleur : en 2001 au sommet de Gênes, en avril 2009 au sommet de l'Otan à Strasbourg (2000 individus saccagent les distributeurs de billets, l'office de tourisme et le poste de douane), en 2011 à Rome lors de la 'journée mondiale des indignés', ou encore en 2017 à l'occasion du G20 d'Hambourg.

4 - Que revendiquent-ils ?

Ancrés à l'extrême gauche et dans le milieu anarchiste, les militants prônent la haine du capitalisme, des gouvernements, des forces de l'ordre et de la mondialisation. En manifestation, il n'est en effet pas rare de lire « Tout le monde déteste la police » ; « ACAB [all cops are bastards, NDLR : tous les flics sont des salauds] » ; « Ne prenons pas le pouvoir, détruisons-le » ou encore « Mort aux entreprises capitalistes » sur leurs banderoles, note un rapport de la Gendarmerie nationale .

Le mouvement justifie l'usage de la violence afin de « marquer l'ennemi au fer rouge ». Il s'agit de viser des cibles et des symboles politiques, expliquent les historiens Bryan Muller et Hugo Melchior dans une étude publiée en 2019 . L'objectif : critiquer directement le système, mais aussi attirer l'attention des médias en imposant leur combat dans le débat public.

5 - Pourquoi les forces de l'ordre semblent-elles impuissantes ?

Ils ne sont constitués en aucune entité politique distincte et représentée, et en outre « il y a une culture du secret chez les black blocs », explique Myriam Benraad. « C'est de l'activisme à l'ancienne, où on se mobilise parce qu'on connaît quelqu'un », ajoute-t-elle. Quasi inexistante sur les réseaux sociaux, l'organisation fonctionne par le bouche-à-oreille.

Sébastie Mastrandreas - LES ECHOS (CQFD) - Le 15 décembre 2020.

Filles + sciences = une équation insoluble ?

Filles + sciences = une équation insoluble ? Enquête sur les classes préparatoires scientifiques, Marianne Blanchard, Sophie Orange et Arnaud Pierrel, Rue d’Ulm, 2016, 146 p., 10 €.

Les filles sont largement sous-représentées dans certaines disciplines, jugées comme prestigieuses parce qu’elles relèveraient de la pure abstraction (mathématiques et physiques). Les auteur(e)s de cet ouvrage déconstruisent, plus particulièrement à partir des résultats aux concours scientifiques à l’entrée de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, les raisons de cette situation.

Claudine Moïse

Mensuel N° 290 - Mars 2017

Star internationale de la philosophie politique, Michael Sandel s'attaque à la «tyrannie du mérite». Le professeur vedette de Harvard, toujours soucieux de réveiller les vertus civiques, s'attaque au « mythe méritocratique » et à la « chimère de l'égalité des chances ». Egalité des chances et récompense du mérite campent pourtant en bonne place des idées progressistes. Or elles bénéficient à ceux qui réussissent et humilient ceux qui échouent. Trop individualistes, nous dit Sandel, ces formules mettent de côté le bien commun, ainsi que la plupart des habitants qui, sans s'estimer forcément « perdants », n'appartiennent pas au camp des «gagnants». D'où, toujours selon Sandel, l'expansion des populismes. D'où, également, une vie civique toujours plus polarisée. L'idéal méritocratique est attractif. Mais, sous une « rhétorique de la mobilité sociale », il masque le renforcement des inégalités. La méritocratie est problématique, car elle renforce les convictions d'une caste satisfaite et le ressentiment des autres. Sandel observe que la gauche a dérivé pour soutenir surtout les classes moyennes supérieures, mettant de côté les catégories populaires et les travailleurs de l'ombre.

Julien Damon - La méritocratie, une machine à inégalités - Les Echos - Publié le 4 déc. 2020

La montée des inégalités de richesse au sein des sociétés, leur maintien à un niveau élevé entre les pays ainsi que la pauvreté qui frappe encore des centaines de millions de personnes dans le monde ont nourri la réflexion sur cet outil.

Taxer les riches pour redistribuer aux pauvres, une idée séduisante. Mais comment instaurer un impôt sur le capital à l’échelle du monde ?

Un impôt planétaire contre les inégalités

Jean-Marie Pottier

Sciences Humaine - Grands Dossiers Hors-série N° 10 - Décembre 2021 - janvier 2022

Les droits de succession sont-ils un outil efficace pour réduire les inégalités ?

Le 21 février 2022

Impôts : l’héritage, un sujet tabou en France

© STEPHANE KIEHL

Julie de la Brosse - Le Monde, le 10 décembre 2018.

Patrimoine : « Les inégalités générationnelles pour l’accès à un logement sont un poison lent qui ronge le tissu social »

Jean-Benoît Eyméoud

Le 16 mars 2022.

Faut-il supprimer l'héritage ?

Faut-il abolir l'héritage pour lutter contre les inégalités ?

Selon beaucoup d’économistes, l’héritage est l'un des moyens de reproduction des inégalités économiques et sociales les plus importants qui existent.

Le Monde le 5 février 2020

Durée 15 : 00

Dessins extraits de la BD Shadow Banking, Tome 1 (éditions Glénat).

Shadow banking : principe et dangers

Le tableau, « Everydays : The First 5,000 Days » de Mike Winkelmann (Beeple) a été vendu 69,3 millions de dollars par Christie's, un record pour un NFT (jeton non fongible). (CHRISTIE'S AUCTION HOUSE/AFP)

Les NFT connaissent un engouement spéculatif mondial

Quelques exemples de sujets pour le grand oral

Aristote, Quintilien ou Cicéron, ont posé, en leur temps, les principes de la rhétorique. Ces fondements aujourd’hui millénaires n’ont quasiment pas été contestés depuis.

Sujets de SES proposés par le Blog du lycée Pissarro (Pontoise).

Grand Oral SES et mathématiques- Académie d'Aix-Marseille.

Sujets de SES proposés par annabac.com.

Exemples de sujets transversaux.

Divers sujets de SES

Exemples de question en spécialité SES pour le grand oral


Quels sont les effets de la mondialisation sur les inégalités ?

Comment a évolué la place des femmes dans les classes populaires ?

Comment les Allemands ont-ils réussi à faire baisser leur taux de chômage depuis plus de 15 ans ?

Comment expliquer que les femmes soient moins bien loties que les hommes sur le marché du travail alors qu'elles sont plus diplômées ?

Pourquoi les crises financières se répètent-elles ?

La société française est-elle moins mobile que la société américaine ?

Erasmus+, une façon de faire l'Europe par la jeunesse ?

Le numérique favorise-t-il l'autonomie des travailleurs ?

Comment les objets de l'action collective ont-ils évolué depuis un siècle en France ?

Pourquoi l'action des pouvoirs publics en faveur de la justice sociale fait-elle l'objet de débats récurrents ?

Pour quelles raisons les inégalités économiques et sociales constituent-elles un obstacle à l'action publique internationale contre le changement climatique ?

Simon GOMIS
Lycée Buffon (Paris 15)

Académie d’Aix-Marseille

Novelclass

Cicéron

Marcus Tullius Cicero, dit Cicéron. Né le 3 janvier 106 avant J.-C. à Arpinum (Italie) et mort le 7 décembre 43 avant J.-C. à Caieta (Italie).