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Rome face à Carthage:
l'épopée d'Hannibal

4ème latin séquence 4

C'est par là

Nous allons commencer une nouvelle séquence qui va nous permettre de découvrir comment Rome est peu à peu devenue la capitale d'un grand empire. Cela a pris du temps et n'a pas été simple.

Les trois guerres entre Rome et Carthage qui se sont déroulées sur près d'un siècle ont joué un rôle essentiel dans la constitution de la puissance et de l'empire de Rome.

Pourquoi Rome et Carthage se sont-elles fait la guerre ? Quels sont les enjeux de ces guerres? Qui sont les protagonistes ? A vous de le découvrir en explorant ce genially...

Quelques informations à propos de Carthage

Une vidéo pour les plus curieux

Une ville à la fondation légendaire


Arrivée sur les côtes d'Afrique du Nord, près de l'actuelle Tunis, la reine a réussi à obtenir un espace assez grand pour y fonder une colonie. Elle avait demandé au peuple qui occupait alors cette région de lui céder un territoire de la taile d'une peau de boeuf. Ceux-ci ont aussitôt accepté, persuadés de faire une bonne affaire. Mais ils n'avaient pas perçu à quel point la reine était rusée. Celle-ci ordonna en effet de couper la peau de boeuf en fines lanières qui devaient ensuite être attachées ensemble de manière à former une corde destinée à délimiter le territoire de la future ville. Le périmètre obtenu était bien plus grand que celui d'une simple peau de boeuf...

rappels du programme de 5ème

D'après la légende, Carthage (Qart-Hadasht ou "Ville Nouvelle") aurait été fondée en 814 av. J.-C. par la reine Elissa (aussi appelée Didon) qui avait fui la ville de Tyr en Phénicie.


On ne sait pas si Elissa a vraiment existé, mais les fouilles archéologiques ont établi que les vestiges les plus anciens dataient effectivement de cette époque. En tout cas, les Carthaginois sont bien des Phéniciens. Par ailleurs, cette légende souligne le fait qu'ils sont particulièrement doués pour les transactions commerciales. Dans l'Antiquité, ils avaient la réputation de ne jamais faire de mauvaises affaires.

Une puissance commerciale et maritime

Ce qui fait la richesse de Carthage, et donc sa force, ce sont les innombrables comptoirs commerciaux qu'elle a établis sur les côtes de la Méditerranée. Elle a le monopole de certaines routes commerciales.

Carthage domine, en Méditerranée de l’Ouest, le commerce des bijoux, des meubles et des tissus précieux venant d’Orient, et de la céramique.
Les Carthaginois, tout comme leurs prédécesseurs phéniciens, exploitent l’or et l’ivoire d’Afrique, le cuivre et le plomb de Sardaigne, et l’argent d’Espagne. Artisans habiles, ils cisèlent finement des coupes en argent, colorent des tissus de laine à la fameuse couleur pourpre extraite du murex, un coquillage qui abonde sur leurs côtes, peignent et gravent des œufs d’autruche, façonnent des pots à fards dans des coquillages exotiques, qu’ils vendent ensuite.


F. Heimburger, « Naissance d’un empire », Carthage, la cité qui fit trembler Rome, Les Cahiers de Science et Vie, n°104, avril-mai 2008

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Les Carthaginois ont développé une véritable flotte de navires spécialement conçus pour le transport des marchandises. Ronds et larges (30 m de long et 9 m de large), ces bateaux se déplacent lentement, mais ils possèdent une coque qui permet de stocker des marchandises en grande quantité. Grâce à ces bateaux, les Carthaginois sillonnent les routes commerciales de la Méditerranée, allant de l'Espagne à l'actuel Liban et de la Corse aux côtes de l'Afrique du Nord. Il semblerait également que des comptoirs commerciaux aient été établis en Afrique, près du golfe de Guinée.

Le port de commerce de Carthage est gigantesque. Il est protégé par de longs remparts et bordé de très grands entrepôts où les commerçants déposent leurs marchandises.

Une puissance militaire maritime

Cherchant à préserver leurs intérêts commerciaux, les Carthaginois développent aussi une flotte militaire. Il est en effet hors de question que quiconque vienne contester leur monopole.

Redoutable et crainte sur toute la Méditerranée, cette flotte a pour but d'escorter les navires de commerce pour les protéger des pirates ou d'éventuels ennemis sur des routes moins sûres.

Elle sert également à dissuader d'autres puissances (les Grecs notamment) d'essayer de mettre la main sur les comptoirs carthaginois ou de faire du commerce avec eux. Carthage défend ainsi le vaste empire maritime qu'elle contrôle.

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Les navires de combat sont longs et fins (40m de long, 6 m de large). Légers et rapides, ils fonctionnaient à la voile et surtout à la rame (1 à 5 rangs de rameurs sur toute la longueur). Ils permettaient de poursuivre et d'attaquer un autre bateau. Ils étaient munis d'un éperon en bronze qui permettait d'"éperonner" un navire ennemi: en le percutant, ils ouvraient une voie d'eau dans la coque de celui-ci. Un oeil est souvent peint à l'avant de ces navires: il s'agit d'un porte-bonheur.

Juste derrière le port de commerce de Carthage se trouve le port militaire. Celui-ci est de forme ronde et contient de très nombreux hangars pour mettre les bateaux à l'abri, notamment en cas d'intempéries, ainsi qu'un arsenal (fabrique de navire). Ce port militaire sera une obsession pour les Romains qui chercheront à le détruire lors de la dernière guerre contre Carthage. Sans ce port et ses bateaux, Carthage ne peut plus rivaliser avec les autres puissances méditerranéennes.

Une petite cité qui s'agrandit:
Rome à la conquête de l'Italie

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connaître les différentes étapes de la conquête.

La conquête du Latium et les invasions gauloises (509 à 343 av. J.-C.)

Une fois la République instituée (509 av. J.-C.), les Romains s’engagent dans de multiples conflits avec les peuples voisins (Sabins, Etrusques, Eques, Volsques), tantôt alliés, tantôt ennemis. Ils sont aussi envahis à plusieurs reprises par les Gaulois qui occupent alors le Nord de l'Italie et dont l’armement était alors supérieur. Peu à peu néanmoins, les Romains arrivent à repousser les Gaulois et remportent plusieurs victoires importantes sur les Etrusques. Ils sont alors maîtres de l'Italie centrale.

Les guerres samnites (jusqu'en 290 av. J-C.)

Les Romains poursuivent leur conquête de l'Italie et se tournent davantage vers le sud et la côte adriatique (est). Trois guerres successives les opposent aux Samnites. Malgré une imposante coalition menée par différents peuples, les Romains finissent par imposer leur domination et ainsi doublent la surface de leur territoire.

Conquête de la Grande Grèce (280- 265 av J.-C.)

Restait à conquérir le sud de l’Italie, appelé « Grande Grèce » depuis sa colonisation par les Grecs au VIIIème siècle avant J.-C. Après plusieurs défaites, Pyrrhus, le roi d’Epire venu au secours de la cité de Tarente (dans le talon de la botte italienne), est battu par les Romains en 275 av. J.-C. Le sud de l’Italie est totalement sous domination romaine en 265 av. J.-C. Rome est donc la puissance continentale incontestée de la péninsule italienne.

La constitution d’une redoutable armée

Sous la République, les Romains rendent leur armée extrêmement efficace par son organisation, sa discipline et la capacité de ses soldats à endurer les situations les plus difficiles grâce à un entraînement très dur auquel ils sont tous soumis.

Comme l’indique l’étymologie (legere = choisir), les légions sont composées de tous les citoyens âgés de 17 à 46 ans qui peuvent s’acheter un équipement selon le niveau de fortune qui a été établi lors du recensement, et qui sont tirés au sort chaque année. Le grand avantage de ce système est d'avoir une armée loyale, composée d'hommes qui sont très motivés puisqu'ils se battent pour défendre leur territoire, leurs biens et leurs familles, contrairement aux armées composées de mercenaires qui sont payés et prêts à se vendre au plus offrant (donc qui peuvent potentiellement déserter ou changer de camp).

L'organisation des légions est très stricte, ce qui permet une excellente transmission des ordres sur le champ de bataille. Elles sont commandées par un « dux » (chef), le plus souvent un consul. Chaque légion porte un numéro, un surnom et, pour étendard, un aigle (aquila), ce qui permet de l'identifier facilement.

Chaque légion compte de 4000 à 6000 hommes répartis en cohortes, divisées en 3 manipules, composées elles-mêmes de 2 centuries (une centurie = 100 hommes). Au combat, le premier rang est occupé par les jeunes recrues (moins expérimentées, mais plus agiles et robustes), le deuxième par les soldats aguerris et le dernier par les vétérans qui peuvent encourager et rassurer les plus jeunes sur le champ de bataille. Ce placement a deux avantages supplémentaires: inciter les moins expérimentés à montrer leur courage aux autres, qui se trouvent juste derrière eux; préserver les troupes les plus expérimentées pour le moment le plus dur de la bataille, et donc avoir une réelle chance de prendre l'avantage.

Conflits entre Rome et Carthage: les guerres puniques

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La Sicile, enjeu de la première guerre punique

On appelle "guerres puniques" les guerres entre Rome et Carthage, du nom que les Romains donnent aux Carthaginois (Poeni >punici). En tout, il y aura trois guerres entre ces deux grandes puissances de la Méditerranée occidentale. L'enjeu de la première guerre est la possession de la Sicile.

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Au fil du temps, les Carthaginois développent leur réseau commercial dans toute la Méditerranée occidentale : ils s’implantent aux îles Baléares, en Sardaigne, en Sicile ; alliés aux Etrusques, ils expulsent les Grecs de Corse. Créant sans cesse de nouvelles colonies en Sicile, ils annexent un territoire de plus en plus vaste et cherchent à mettre la main sur l'ensemble de l'île qui, en plus d'être un véritable paradis pour les productions agricoles, est un enjeu commercial et stratégique. Très vite, les intérêts des Carthaginois vont se heurter à ceux de la puissante cité grecque de Syracuse.

Face à la pression constante des Carthaginois, les habitants de la ville de Messine (au nord est de la Sicile, juste à côté de l'Italie) et les Grecs de Syracuse vont se chercher des alliés. Qui d'autre est mieux placé que Rome, la nouvelle puissance continentale, pour remplir cette fonction? Profitant d'un appel à l'aide des Messinois, les Romains déclarent la guerre à Carthage. C'est le début d'un long conflit de près de 20 ans (264-241 av. J.-C.) que l'on appelle "Première guerre punique". Les batailles navales s'enchaînent, tantôt à l'avantage des Carthaginois, tantôt à l'avantage des Romains qui progressent dans ce domaine (au départ, ils n'ont pas l'habitude de se battre sur mer et maîtrisent très mal la navigation).

En 241 av. J.-C., les Romains remportent la bataille décisive des îles Egates au nord ouest de la Sicile. Ils coulent l'intégralité de la flotte carthaginoise qui était venue porter secours à ses troupes.

Epuisée et ayant perdu trop d'hommes au cours des vingt ans de conflit, Carthage demanda la paix. Les conséquences furent très lourdes. En plus d'un important tribu à verser, elle dut céder à Rome la Sicile et d'autres îles méditerranéennes (voir carte en introduction) qui étaient des éléments importants de son empire commercial et maritime.

Une famille liée aux guerres puniques: les Barca

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Carthage est une république oligarchique comme Rome. Elle est dirigée par un Sénat issu de l’aristocratie. Les Barca sont l’une des plus puissantes familles de la cité . Barca (Brq ou Baraq) est un surnom qui signifie « éclair, foudre » en punique, la langue des Carthaginois (on le retrouve aussi en arabe et en hébreu).

Hamilcar Barca

Hamilcar est un excellent général. Pourtant, c'est lui qui doit signer le traité de paix qui met fin à la première guerre punique en 241 av. J.-C., à la demande du sénat de Carthage.
Bien décidé à prendre sa revanche, il élève ses trois fils (Asdrual, Hannibal et Magon) dans la haine de Rome et initie une nouvelle stratégie: il faut conquérir des terres en Espagne afin de trouver de nouvelles ressources permettant à la fois d'assurer la prospérité de Carthage, mais aussi de financer et préparer une nouvelle guerre.
Il meurt au combat en Espagne en 228 av. J.-C. . Le commandement qu'il assurait est donné à son fils Hannibal.

Passez la souris sur la pièce de monnaie pour savoir ce qu'elle représente.

Les éléphants font partie des armes de guerre des Carthaginois. Dressés pour foncer sur les troupes ennemies et les piétiner, ils les terrorisent également par leur grande taille et leur force.

Sur cette pièce Hamilcar se fait représenter en chef de guerre: il est monté sur un éléphant, comme s'il était à la tête de ses troupes.

L’avers de la pièce (shekel carthaginois d’argent) représente le dieu Melqart avec les traits d’Hamilcar (nom qui signifie "frère de Melqart"). Ce dieu était assimilé à Héraclès. On reconnaît d'ailleurs la massue d'Héraklès derrière la tête du personnage. Hamilcar souligne ainsi sa puissance et le fait qu'il est décidé à relever tous les défis.

Hannibal Barca

Né en 247 av. J.-C., Hannibal poursuit l'ambition de porter la guerre jusque sur les terres de son ennemi juré. Parti de la Nouvelle Carthage (Carthagène en Espagne) à la fin du printemps 218, avec environ 100 000 hommes et 37 éléphants, Hannibal franchit le Rhône puis les Alpes en novembre, malgré le froid et les nombreuses pertes subies (il ne restera qu’un seul éléphant).
Une fois en Italie, Hannibal fait preuve d’un génie militaire exceptionnel.
Les Romains qui s'attendaient à une nouvelle guerre sur mer, sont pris de court par sa stratégie et son audace. A Rome, un cri d’effroi retentit : « Hannibal ad portas ! » (Hannibal est à nos portes ! Tite-Live, XXIII, 16). La deuxième guerre punique a commencé...


La suite vous sera dévoilée au cours de la séquence....

D'après le poète latin Silius Italicus, voici le serment qu'Hamilcar aurait fait prêter à son fils Hannibal:


"Les Romains, sur la terre et sur les eaux, dès que mon âge me le permettra, je les poursuivrai par le fer et par le feu [...]. Ni les dieux d'en haut, ni les traités qui enchaînent Mars (= les traités de paix), ni la hauteur des Alpes, ni les escarpements tarpéiens (= rocher du Capitole à Rome) ne m'en empêcheront. J'y suis résolu, j'en fais le serment, par la puissance divine de notre Mars."


Silius Italicus, La Guerre punique, livre I.