Want to make creations as awesome as this one?

More creations to inspire you

Transcript

Dans ma maison

carte mentale

Famille

dév enfant, connaissance de soi.

Abri/ refuge

protection

Marqueur social

Violences intra familiale

Aliénation

Maîtresse de maison.

Racine/ introspection

Définitions

Chez soi

J-L Le Run

Pascal

Les 3 petits cochons

Du Bellay

Simone de Beauvoir

Félix Vallotton

Libération

Festen

Parasite

Renaud

Diversité modes de vie.

Colocation

Tiny House

S. Tissot-Rosset

Maison:

  • Bâtiment construit pour servir d'habitation aux personnes: "rue bordée de maisons".
  • Local où l'on habite; son aménagement: "une maison propre, désordonnée".
  • Membres d'une même famille vivant ensemble: "C'est une maison de fous", "c'est un ami de la maison".
  • Centre, bâtiment servant à un usage déterminé: "Maison de la radio", "maison de la culture", "maison de repos".
  • Famille noble: "il est le dernier descendant d'une grande maison".


Foyer:

  • Lieu où l'on fait du feu, âtre, le feu lui-même.
  • Lieu où habite la famille, demeure; la famille elle-même, le milieu familial: "recevoir un étranger à son foyer", "fonder un foyer", "la chaleur d'un foyer".
  • Local servant de lieu de réunion, de distraction ou même d'habitation à certaines catégories de personnes: "foyer d'étudiants", "foyer rural".


Dictionnaire Larousse en ligne: www.larousse.fr



De tous les espaces fréquentés par l’enfant, celui de la maison est sans doute le premier à découvrir, le plus familier, le plus familial, le plus influent dans la construction de ses repères spatiaux et affectifs. L’expérience de la maison est pourtant très variée : certains vivront toute leur enfance et leur adolescence dans le même lieu. D’autres enfants connaîtront des maisons différentes au gré des pérégrinations familiales, des déménagements liés aux souhaits parentaux de s’agrandir, aux mutations professionnelles, aux changements de situation économique, aux séparations. Certains seront partagés entre plusieurs maisons : par exemple, celle des grands-parents lorsque ceux-ci les élèvent, celle de la famille d’accueil en cas de placement, celle de l’un ou l’autre parent en cas de divorce. Beaucoup d’enfants ne connaîtront que l’espace de l’appartement, voire du studio ou de la chambre d’hôtel. Dans d’autres pays, d’autres cultures, la maison et son occupation sont encore très différentes. Les enfants dans la grande misère vivent dans la rue et n’ont pour abri que les égouts. Ils sont sans feu ni lieu.

[...]

La maison est un abri, elle est ce corps enveloppant et protecteur qui vient redoubler, de l’extérieur, l’enveloppe maternelle. Entre les murs extérieurs et l’enveloppe corporelle s’étend l’espace de la maison. Ni dedans de soi, ni dehors, c’est un lieu intermédiaire. C’est l’espace de l’intimité familiale. Il est plus ou moins étendu selon les moyens et l’histoire de la famille, plus ou moins sophistiqué, et son aménagement varie selon les cultures. [...]

Il est ce chez-soi familier que, simultanément, nous pouvons fermer ou ouvrir à d’autres que nous laissons entrer, pour partager notre intimité à des degrés divers et généralement assez maîtrisés. La maison cultive ce paradoxe d’un dedans-dehors, sorte d’extériorisation de notre moi, évagination qui simultanément nous entoure. Nous sélectionnons ceux qui profiteront de nos vanités, des témoignages de notre intimité choisis pour être exhibés. L’enfant est tributaire de ses parents pour laisser entrer d’autres enfants dans son univers familier, partager son espace ou aller découvrir d’autres maisons.

[...]

La maison, pour l’enfant, avant d’être celle des parents, est, d’abord, sa maison. Ce n’est que secondairement et tardivement que le « chez-moi », le « chez-nous », deviendra le « chez mes parents », signe qu’il est temps de se trouver un « chez-soi ». Cette évolution est exactement parallèle à celle de l’espace psychique : d’abord intriqué à celui des parents, il s’individualise progressivement, particulièrement à l’adolescence, qui dure de plus en plus longtemps, ce qui explique l’allongement de la cohabitation avec les parents.


Jean-Louis Le Run, L'enfant et l'espace de la maison,

Dans Enfances & Psy 2006/4 (no 33)



Divertissement. - Quand je m’y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où il s'expose dans la cour, dans la guerre, d'où naissent tant de querelles, de passions, d'entreprises hardies et souvent mauvaises, J'ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. Un homme qui a assez de biens pour vivre, s'il savait demeurer chez soi avec plaisir, n'en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d'une place, ou n’achèterait une charge à l’armée si cher que parce qu'on trouverait insupportable de ne bouger de la ville, et on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu'on ne peut demeurer chez soi avec plaisir.

Mais quand j'ai pensé de plus près et qu'après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j'ai voulu en découvrir les raisons, j'ai trouvé qu'il y en avait une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable que rien ne peut nous consoler lorsque nous pensons de près. [...]


De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés. Ce n'est pas qu'il y ait en effet du bonheur, ni qu'on s'imagine que la vraie béatitude soit d'avoir l'argent que l'on peut gagner au jeu, ou dans le lièvre que l’on court : on n’en voudrait pas s'il était offert. Ce n'est pas cet usage mol et paisible, et qui nous laisse penser à notre malheureuse condition, qu’on recherche, ni les dangers de la guerre, ni la peine des emplois, mais c'est le tracas qui nous détourne d'y penser et nous divertit.

De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement. De là vient que la prison est un supplice si horrible, de là vient que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensible. [...]


Voilà tout ce que les hommes ont pu inventer pour se rendre heureux. Et ceux qui font sur cela les philosophes, et qui croient que le monde est bien peu raisonnable de passer tous les jours à courir après un lièvre qu'il ne voudraient pas avoir acheté, ne connaissent guère notre nature. Ce lièvre ne nous garantirait pas de la vue de la mort et des misères, mais la chasse - qui nous on détourne - nous en garantit.

Et ainsi, quand on leur reproche sur ce qu'ils recherchent avec tant d'ardeur ne saurait les satisfaire, s'ils répondaient, comme il devrait le faire s’ils y pensaient bien, qu’ils ne recherchent en cela qu’une occupation violente et impétueuse qui les détourne de penser à soi, et que c'est pour cela qu'ils se proposent un objet attirant que les charme et les attire avec ardeur, ils laisseraient leur adversaire sans répartie. Mais ils ne répondent pas cela, parce qu'ils ne se connaissent pas eux-mêmes. Ils ne savent pas que ce n'est que la chasse, et non pas la prise, qu'ils recherchent.


Blaise Pascal, Pensées, 1670




Dans un recueil poétique Les Regrets (1558), Joachim Du Bellay (1522-1560) raconte son long séjour à Rome, ville mythique de la Renaissance qu’il découvre avec émerveillement. Cependant, peu à peu, le mal du pays s’empare du poète qui l’exprime dans son célèbre poème « Heureux qui comme Ulysse » : Du Bellay y exprime ses regrets d’être éloigné de la maison familiale de Liré, en Anjou, dont il rêve de retrouver la chaleur protectrice.


Heureux qui comme Ulysse1, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison2,
Et puis est retourné, plein d’usage3 et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge4 !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos5 de ma pauvre maison,
Qui m’est une province6, et beaucoup davantage7 ?

Plus me plaît le séjour8 qu’ont bâti mes aïeux9,
Que des palais romains le front10 audacieux,
Plus que le marbre dur11 me plaît l’ardoise fine12 :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre13 latin,
Plus mon petit Liré14, que le mont Palatin15,
Et plus que l’air marin la douceur angevine16.


Joachim du Bellay, Regrets (1558)


1. Ulysse : personnage de la mythologie grecque qui, après la guerre de Troie, mit vingt ans à rentrer à Ithaque, son foyer tant aimé.

2. Toison : Allusion ici à Jason, personnage de la mythologie grecque qui, avec ses compagnons, les Argonautes, se distingua en rapportant la Toison d’or, la peau d’un bélier.

3. Plein d’usage : fort de sa grande expérience.

4. Le reste de son âge : jusqu’à la fin de sa vie.

5. Le clos : terrain clôturé.

6. Une province : un pays, un état.

7. Et beaucoup d’avantage : et bien plus encore.

8. Séjour : le lieu.

9. Aïeux : ancêtres.

10. Front : façade d’un bâtiment.

11. Marbre dur : matériau luxueux avec lequel les palais romains sont bâtis.

12. Ardoise fine : modeste matériau des toitures des maisons du pays d’Anjou.

13. Tibre : fleuve italien qui traverse Rome.

14. Liré : village d’Anjou dans lequel est né Du Bellay.

15. Mont Palatin : une des sept collines de Rome.

16. La douceur angevine : la douceur d’Angers.



Dans Le Deuxième Sexe, essai fondateur du féminisme, Simone de Beauvoir (1908- 1986) dénonce avec vigueur l’aliénation dont sont victimes les femmes depuis des siècles. Pour la philosophe, la plus terrible des conditions est celle de la femme mariée qui se retrouve prisonnière de son propre foyer. L’émancipation de la femme ne pourra commencer que lorsque les femmes se seront libérées de leurs tâches ménagères et de l’emprise de leur mari.


L’idéal du bonheur s’est toujours matérialisé dans la maison, chaumière ou château ; elle incarne la permanence et la séparation. C’est entre ses murs que la famille se constitue en cellule1 isolée et qu’elle affirme son identité par-delà le passage des générations ; le passé mis en conserve sous forme de meubles et de portraits d’ancêtres préfigure un avenir sans risque ; dans le jardin les saisons inscrivent en légumes comestibles leur cycle rassurant ; chaque année, le même printemps paré des mêmes fleurs promet le retour de l’immuable2 été, de l’automne avec ses fruits identiques à ceux de tous les automnes : ni le temps ni l’espace ne s’échappent vers l’infini, ils tournent sagement en rond. Dans toute civilisation fondée sur la propriété foncière il y a une abondante littérature qui- chante la poésie et les vertus de la maison; dans le roman d'Henry Bordeaux intitulé précisément la Maison, elle résume toutes les valeurs bourgeoises: fidélité au passé, patience, économie, prévoyance, amour de la famille, du sol natal, etc.; il est fréquent que les chantres3 de la maison soient des femmes puisque c'est leur tâche d'assurer le bonheur du groupe familial; leur rôle comme au temps où la «domina4» siégeait dans l'atrium5 est d'être «maîtresse de maison». Aujourd'hui la maison a perdu sa splendeur patriarcale6; pour la majorité des hommes elle est seulement un habitat que n'écrase plus la mémoire des générations défuntes, qui n'emprisonne plus les siècles à venir. Mais la femme s'efforce encore de donner à son «intérieur» le sens et la valeur que possédait la vraie maison. Dans Cannery Road, Steinbeck7 décrit une vagabonde qui s'entête à orner de tapis et de rideaux le vieux cylindre abandonné où elle loge avec son mari : en vain objecte-t-il que l'absence de fenêtres rend les rideaux inutiles.

Ce souci est spécifiquement féminin. Un homme normal considère les objets qui l'entourent comme des instruments; il les dispose d'après les fins8 auxquelles ils sont destinés; son « ordre » — où la femme souvent ne verra qu'un désordre — c'est d'avoir à portée de sa main ses cigarettes, ses papiers, ses outils. Entre autres les artistes à qui il est donné de recréer le monde à travers une matière — sculpteurs et peintres — sont tout à fait insouciants du cadre dans lequel ils vivent. Rilke9 écrit à propos de Rodin : « La première fois que j’allai chez Rodin, je compris que sa maison n’était rien pour lui sinon une pauvre nécessité : un abri contre le froid, un toit pour dormir. Elle le laissait indifférent et ne pesait pas le moins du monde sur sa solitude ou son recueillement. C’est en soi qu’il trouverait un foyer : ombre, refuge et paix. Il était devenu son propre ciel, sa forêt et son large fleuve que rien n’arrête plus. »

Mais pour trouver en soi un foyer, il faut d'abord s'être réalisé dans des œuvres ou des actes. L'homme ne s'intéresse que médiocrement à son intérieur parce qu'il accède à l'univers tout entier et parce qu'il peut s'affirmer dans des projets. Au lieu que la femme est enfermée dans la communauté conjugale : il s'agit pour elle de changer cette prison en un royaume. Son attitude à l'égard de son foyer est commandée par cette même dialectique qui définit généralement sa condition : elle prend en se faisant proie, elle se libère en abdiquant; en renonçant au monde elle veut conquérir un monde.

Ce n'est pas sans regret qu'elle referme derrière elle les portes du foyer; jeune fille, elle avait toute la terre pour patrie; les forêts lui appartenaient. À présent, elle est confinée dans un étroit espace; la Nature se réduit aux dimensions d'un pot de géranium; des murs barrent l'horizon.


Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, « La femme mariée », 1949.

1. Cellule : petit groupe.

2. Immuable : invariable.

3. Chantres : personnes qui font l’éloge.

4. Domina : sous le Rome antique, la femme du propriétaire de la maison.

5. Atrium : sous la Rome antique, pièce centrale de la maison.

6. Patriarcale : qui appartient à une forme de famille fondée sur la parenté par les mâles et l’autorité prépondérante du père.

7. Romancier américaine.

8. Fins : buts.

9. Rilke : poète autrichien (1875- 1926).






Article de Marion Tillous, Géographe, université Paris 8 Coordinatrice du projet de recherche «Spatialité des violences conjugales et Covid-19» auquel participent Eva San Martin, Julie Bulteau et Pauline Delage

publié le 1er octobre 2020 à 17h36


Si l’on comprend les violences faites aux femmes comme une «guerre de basse intensité» (Falquet, 1997), alors le confinement instauré au printemps en réponse à l’épidémie de Covid-19 a marqué une nouvelle bataille, sur un terrain bien particulier. L’assignation à résidence et les restrictions de déplacement ont renforcé l’auteur de violences conjugales dans ses exigences de contrôle. En retour, le fait pour la femme victime de ne pas pouvoir sortir n’a pas seulement restreint la possibilité pour elle de trouver des relais et des témoins aux violences qui lui étaient faites, elle a aussi réduit les interactions dans lesquelles elle était considérée comme une personne à part entière. Le fait que les écoles et la plupart des services publics soient restés fermés après la fin du confinement a prolongé cette situation.


La violence conjugale exercée par les hommes n'est pas soudaine ou ponctuelle. Elle s'inscrit dans une stratégie d'emprise : non seulement la victime est surveillée en permanence, mais également progressivement coupée des liens avec ses proches, et placée dans une dépendance matérielle et affective vis-à-vis de son agresseur. La question spatiale est cruciale dans ce processus de contrôle et d'isolement, ce que la chercheuse Evangelina San Martin Zapatero a mis en évidence à travers le terme de «déprise spatiale» (2019). S'inspirant du concept développé en sociologie du vieillissement, elle montre que les violences conjugales ont notamment pour conséquence une forte restriction des déplacements, une perte de compétence spatiale et une dépendance au conjoint pour la réalisation des déplacements.


L'instauration du confinement en réponse à l'épidémie de Covid-19 a inévitablement été un atout pour les agresseurs dans leur stratégie d'emprise. C'est ce que montre l'augmentation considérable du nombre de signalements de faits de violence intraconjugaux pendant la période, que ce soit en France ou dans les autres pays concernés par des mesures de confinement. Dès le 5 avril, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à un cessez-le-feu dans les violences faites aux femmes. L'organisation a estimé à la fin du mois d'avril que chaque nouveau trimestre de confinement se traduirait par 15 millions de cas supplémentaires de violence basée sur le genre (projections de l'Unfpra). Le rapport de la mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et pour la lutte contre la traite des êtres humains paru au cours de l'été fait état également d'une forte hausse des signalements de violences sur les plateformes d'écoute des victimes, en particulier via les modes de communications «silencieux». Ainsi, «les tchats de la plateforme de signalement des violences sexistes et sexuelles "Arrêtons les violences" ont été multipliés par 4,4 par rapport à 2019 pour tous les faits de violences et par 17 pour les faits de violences intrafamiliales».


Comme l’indique le rapport, cette hausse des signalements est liée à une aggravation des faits de violence plutôt qu’à un déclenchement de nouvelles violences dans des couples non concernés avant le confinement. Elle est aussi imputable à une plus grande mobilisation des proches, et en particulier du voisinage. Car si le confinement assigne à résidence les victimes et leurs agresseurs, il transforme aussi les voisin·e·s en témoins à temps complet. Et grâce au colossal travail de sensibilisation des organisations de lutte contre les violences conjugales et au mouvement #MeToo, ces témoins ne se contentent plus de vous glisser entre deux paliers que les murs sont fins comme du papier à cigarettes, mais assument de plus en plus la responsabilité d’alerter les associations ou les forces de l’ordre.


Si le confinement a donné des oreilles aux murs, il a aussi ôté des yeux aux institutions et aux professionnels de la protection, comme le souligne Edouard Durand, juge des enfants au TGI de Bobigny, dans son audition par la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes du Sénat. Il a également considérablement compliqué le travail des associations qui accompagnent les femmes victimes de violence et assurent leur hébergement d'urgence (Delage, 2020). Et révélé à quel point les moyens manquent pour offrir des solutions concrètes : favoriser le recueil des témoignages tourne court si les écoutant·e·s ne peuvent pas diriger les victimes vers des lieux d'accueil d'urgence. Les 2 millions d'euros gouvernementaux issus du Grenelle contre les violences conjugales et du redéploiement des crédits du secrétariat d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes pendant le confinement sont bien maigres pour imaginer des solutions de logement à la hauteur des besoins. Et le financement de nuitées d'hôtel destinées à l'éloignement des hommes agresseurs sur cette enveloppe et non sur celle de la justice grève encore le budget.


Les politiques publiques menées (ou non menées) pendant la crise du Covid-19 au printemps 2020, en premier lieu le confinement, ont révélé l’ampleur des violences conjugales et la dimension proprement géographique de l’emprise des hommes violents. Elles ont montré que les violences conjugales ne sont pas autre chose, pour reprendre les termes d’Annick Billon (présidente de la délégation sénatoriale évoquée plus haut), qu’«un confinement sans fin». En 2000, la philosophe Marilyn Frye définissait déjà l’oppression comme un ensemble de forces et de barrières qui produisent des «vies confinées et contraintes». C’est ce qui rend si impérative une loi-cadre qui réponde de manière coordonnée aux différentes dimensions de l’oppression patriarcale.

Résumé de « Parasite », Bong Joon Ho, 2019, Corée du Sud:


Le film se déroule en Corée du Sud et met en scène une lutte des classes entre la famille PARK (milieu aisé) et la famille KIM ( milieu modeste).


Les personnages:

La famille KIM:

- Ki Woo: le fils, n'a pas les moyens de finir ses études. Devient, M. Kevin, précepteur de Da-Hye et lui enseigne l'anglais.

- Ki Jung: la fille, n'a pas pu entrer en école d'arts. Devient, Mlle Jessica art thérapeute de Da-Song.

- Ki Taek: le père. Devient M. Kim, le chauffeur de M. Park.

- Chung-Sook: la mère. Devient gouvernante de la famille Park.

La famille Park:

- Da-Hye: la fille.

- Da-Song: le fils. Rencontre des difficultés. Il a vu un fantôme qui habite la maison. Cet événement provoque un choc chez lui.

- Mme Park: ne travaille pas. Elle est chargée de l'éducation de ses enfants.

- M. Park: entrepreneur qui a réussi.


- M Yoon: Chauffeur de M.Park,

- Moon Gwang: Gouvernante,

- Le mari de Moon Gwang.


Alors que toute la famille KIM est au chômage et vivote de petits boulots, un ami étudiant de Ki Woo vient le voir et lui propose un travail de précepteur. Il doit donner des cours d'anglais à Da-Hye. Ki Woo, sur la recommandation de son ami, va donc passer un entretien d’embauche à l’aide d’un faux diplôme pour devenir le nouveau précepteur de la fille de la famille PARK. Remarquant les dessins de Da-Song, Ki Woo propose à Mme Park de faire appel aux services d'une de ses amies qui pourrait aider le petit garçon. Dès le lendemain, Ki Jung se présente chez les Park. Elle obtient le poste. Ki Woo et Ki Jung vont faire en sortent de faire renvoyer le chauffeur pour que leur père prenne la place. Puis, ils se chargent d'éloigner la gouvernante en faisant passer son allergie aux pêches pour une tuberculose. Chung Sook devient gouvernante. La famille Kim vit alors aux crochets de la famille Park.


A l'occasion de l'anniversaire de Da Song, la famille Park part faire du camping. Pendant ce temps, la famille Kim profite de la maison. Le soir, Moon Gwang, l'ancienne gouvernante, sonne à la porte. Elle demande à Chung Sook de la laisser entrer et de lui permettre de récupérer quelque chose qu'elle a oublié en partant. On découvre que la maison est équipée d'un bunker dans lequel le mari de Moon Gwang se cache de ses créanciers. Finalement, la famille Kim est démasquée par Moon Gwang et son mari. C'est la panique lorsque la famille Park annonce son retour. Il pleut, le camping est inondé et la famille choisit de rentrer. Tout le monde se cache: Moon Gwang et son mari regagnent le bunker et la famille Kim quitte la maison. En rentrant chez eux, en bas de la ville, ils constatent que leur maison est inondée et que l'eau de pluie remonte par les égouts.


Le lendemain, alors qu'une partie de la ville est toujours inondée, Mme Park organise une fête d'anniversaire pour son fils. Elle invite Ki Woo et Ki Jung à assister à cette fête. M. Kim est obligé d'accompagner Mme Park dans ses courses. Il doit aussi se déguiser en indien pour surprendre Da- Song avec M. Park. Ils sont tous obligés de s'exécuter sans tenir compte des problèmes plus urgents qu'ils ont à régler. Pendant, la fête on comprend que suite à sa chute dans l'escalier, Moon Gwang est morte. Ki Woo est attaqué par le mari de Moon Gwang qui surgit du bunker armé d'un couteau et se jette sur les invités. Il poignarde mortellement Ki Jung. M. Kim se précipite pour aider sa fille tandis que M Park exige que le chauffeur emmène sa famille hors de la maison. Pour toutes réponses, M Kim poignarde M Park et s'enfuit.


Comment est montrée la maison:

  • PARK: grande maison d’architecte à plusieurs étages, luxueuse, lumineuse, quartier pavillonnaire, type villa, pièce cachée en sous sol “bunker”, grand jardin avec de la verdure.

  • KIM: petit appartement, insalubre, sombre, quartier ghetto, près du fleuve.


Quels aspects sont mis en avant:

  • PARK: Maison bourgeoise, culture, appartenance à une certaine CSP et des valeurs qui lui sont propres.

  • KIM: maison pauvre et insalubre, les enfants sont éduqués mais n'ont pas l'argent qui leur permettrait de poursuivre leurs études.


Maison = indicateur de statut social ; la maison des Park représente la lutte sociale et le fossé qui sépare les Park et les Kim. Cette maison (maison d'architecte) construite dans un style épuré et minimaliste permet de rappeler la “perfection” des Park. De plus, la maison des Park se trouve dans les hauteurs de la ville alors que celle des Kim se trouve en bas de la ville, et même se trouve à moitié enterrée (lutte des classes).

L’odeur : c’est le petit Da-Song qui remarque que le prof d’anglais, la prof de dessin, le chauffeur et la gouvernante ont la même odeur. Tout au long du film, la famille Park tente de définir cette odeur de « radis pourri ». C’est finalement M. Park qui évoque l’odeur du métro qu’il ne prend pas puisqu’il a une voiture avec chauffeur. On a l’odeur de sa maison et de sa condition sociale.


On évoque aussi ici le statut des « domestiques » : ces personnes « extérieures à la famille» au service d’une famille. Comme le souligne les Park, ils doivent garder leur place : faire ce qu’on leur demande de faire parce qu’il sont payés pour cela. Leurs avis n’ont pas d’importance, leurs vies et leurs ennuis ne doivent pas entrer en ligne de compte.




Travail de groupe: Charline Guillet ; Visciere Ambre ; Genereau Elodie ; Cremoux Benjamin