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Découvrir de nouvelles pratiques artistiques

L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

& L'ART

Questionnements

Une Intelligence Artificielle Peut-Elle Produire De L’Art ?

La technologie et l’intelligence artificielle sont-elles capables de produire du « beau » au sens d’œuvres artistiques ?

C’est la question posée par l’art numérique qui explore de nouvelles pistes en s’appuyant sur de nombreuses expérimentations.
Peu importe que la création ait été produite par une machine ou une technologie, car ce qui importe c’est que l’imagination de l’artiste ait été à l’origine de l’œuvre.

A qui revient la paternité de l’oeuvre ?

L’intelligence artificielle est au cœur des conversations : qu’elles soient politiques, éthiques, économiques ou encore culturelles.

Mais l'œuvre d’art n’a-t-elle pas besoin de la main de l’artiste pour exister ? Et comment les artistes s’approprient-ils ce sujet ? Décryptage.

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"Les photographes en 1850 quand ils commencent à faire de l'art, on leur dit que leur travail est flou, que c'est réservé à des ingénieurs très qualifiés, que ce n'est pas de l'art et que ça va détruire les artistes. En fait on se rend compte que c'est exactement les critiques qu'on nous fait."


Découvrir le groupe Obvious

À noter qu'en 1850, Eugène Delacroix disait déjà à l'apparition de la photographie,

« l'artiste risque de devenir une machine attelée à une autre machine ». L'histoire semble se répéter. On oublie souvent que l’art est lié à la science.

Mais devant la généralisation de ces systèmes d'intelligence artificielle dans nos vies, systèmes qui nous assistent toujours davantage, les fantasmes d'instrumentalisation de la conscience humaine par les machines réapparaissent.

De nombreux artistes qui ont l'intelligence de ces processus technologiques se les approprient, pour les détourner, les falsifier, les enrichir ou les critiquer.

Au 19e siècle, nous vivions dans un âge mécanique. Nous sommes désormais entrés dans l’ère de l’information, et nous passerons bientôt à l’ère quantique. L'intelligence artificielle est un outil puissant ; il peut être une arme. Son utilisation est un choix de société, un parti pris artistique.

Pierre Fautrel, co-fondateur d'Obvious

Souvenez-vous. C'était en 2018. La maison de ventes aux enchères Christies New York crée la surprise en vendant 432 000 dollars, soit 45 fois son estimation haute, l’œuvre « Edmond de Bellamy » du collectif Obvious. C’est la première fois qu’une œuvre issue d’un programme d’intelligence artificielle se vendait aux enchères.

GAN

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Edmond de Bellamy, collectif Obvious



POURQUOI UTILISER L'IA ?

Faire réfléchir

Le groupe s’en défend : son but n’est pas de provoquer, mais plutôt de vulgariser.
« L’IA est un vrai sujet de société qu’on souhaite démythifier et l’art est un bon vecteur pour le faire », explique Pierre Fautrel, qui travaille avec ses deux amis d’enfance Gauthier Vernier et Hugo Caselles-Dupré (un doctorant en apprentissage automatique).

« Tout le monde s’est agité avec le portrait de Belamy, mais l’usage d’algorithmes dans les arts avait cours bien avant », souligne Nathalie Bachand. Les premières expérimentations graphiques par ordinateur ont eu lieu dès les années 1960.

Puis, les années 1990 ont vu fleurir de nombreuses installations interactives et productions artistiques automatisées. « Le mot intelligence fait peur, mais les algorithmes n’ont pas d’autonomie réelle ni de libre arbitre, mentionnait-elle. Ce qui est nouveau, ce sont les GAN, qui sont de plus en plus accessibles depuis cinq ans. »

Loin d’être de simples copistes, ces réseaux de neurones peuvent aussi inspirer leurs maîtres. À l’instar du Montréalais Marc-André Cossette, qui compose de la musique électronique à l’aide d’un système qui déchiffre les mouvements de danseurs et crée en temps réel des sons « inspirés » par la position des corps. « Les dissonances et les erreurs commises par l’IA m’influencent beaucoup, y compris quand je compose sans elle », illustrait-il au forum du CQAM. Et si la machine augmentait de fait la créativité humaine ?

* Mouvement consistant à exposer des objets, comme une roue de vélo, en tant qu’œuvres d’art.

Les GAN reposent sur un affrontement entre deux réseaux de neurones : un générateur et un discriminateur. Le premier produit des images en imitant les œuvres réelles réunies dans une banque de données. Le second doit « deviner » quelles œuvres sont issues de la banque de données et lesquelles sont des pièces de synthèse, issues du générateur. La rétroaction de ce « juge » permet d’améliorer les imitations du réseau « faussaire » jusqu’à ce qu’elles se fondent dans le style original.

L'exposition "Neurones, les intelligences simulées" met en perspective les créations les plus contemporaines, innovations technologiques comme applications industrielles, dans une forme d’archéologie de l’intelligence artificielle, sur une période d’une cinquantaine d’années.

Au travers des œuvres des artistes, l’exposition présente un regard critique sur les technologies de simulation de l’intelligence.

Le Centre Pompidou à Paris



L’artiste turc Refik Anadol (né en 1985), spécialisé dans les systèmes de visualisation des data, a capté les ondes cérébrales de 800 volontaires, focalisés sur un souvenir, grâce à un encéphalogramme, et les a traduites par un algorithme en peintures mouvantes en 3D. Grâce à la technologie GlassBrain, il livre une interprétation à la fois scientifique et esthétique des flux de la pensée.