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06

comme Aliment

A

comme Banalité

B

comme Cosmogonie

C

comme Détail

D

comme Étymologie

E

comme Francis Ponge

F

comme Guerre

G

comme Homme

H

comme Intention

I

comme Jeu de mots

J

comme Leçon de morale

L

comme Nature

N

comme OBJET
COMME PROSE

0 - P

Q

comme Recueil
comme Surréalisme

R - S

comme Thème

T

comme Univers
comme Végétation

U - V

Le Parti pris des choses

ABÉCÉdAIRE

comme Questionnement

Francis pONGE

A

Aliment

Dans cette œuvre la présence des aliments est récurrente. Par exemple, on note plusieurs poèmes portant sur les fruits aux saveurs intenses tels que « Les mûres » (p.17) et « L’orange » (p.21). De plus, au fil de la lecture, le penchant de l’auteur pour les mollusques et les fruits de mer se fait également ressentir et deux poèmes s’illustrent dans cette catégorie, « L’huître » (p.23) ainsi que « La crevette » (p.74).

B

Home

B

Banalité

En effet, des banalités de la vie quotidienne, dépourvues en apparence de toute qualité intrisèque sont décrites dans ce recueil. En effet, tel que dans le poème « Le morceau de viande » (p.47), « Le cageot » : « simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits » (p.18), ou encore dans « L’huître » : « L’huître, de la grosseur d’un galet moyen, est d’une apparence plus rugueuse, d’une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. » (p.23).

C

A

D

B

C

Cosmogonie

En astronomie, la cosmogonie, du grec ancien "cosmos" (monde) et "gonos (procréation), est une théorie sur la création du monde et de l'univers, qui prend soit laforme de légendes et de mythes soit d'hypothèses scientifiques. Ainsi, Francis Ponge décrit dans son œuvre un monde dans lequel les phénomènes semblent se produire d’eux-mêmes et être leur propre cause. Nous voyons cela avec le poème « Bords de mer » : « C’est en effet, après l’anarchie des fleuves, à leur relâchement dans le profond et copieusement habité lieu commun de la matière liquide, que l’on a donné le nom de mer. » (p.42).

Détail

Le travail de Francis Ponge s’illustre par son soin du détail. La fascination qu’exerce sur lui l’objet de ses écrits se traduit par sa méticulosité et son attention particulière au moindre détail. Qu’il s’agisse de la forme globale, évidente, ou bien des plus petits détails, quasiment imperceptibles, des « choses », l’écrivain ne manque pas de les remarquer puis d’attirer vers eux l’attention des lecteurs. Le style d’écriture du poète ambitionne de faire office de loupe. Il cherche à offrir une vision panoramique des choses d’un côté ; et en révéler des détails intrinsèques ainsi que les fonctions intimes, de l’autre côté. Nous illustrons cela avec le poème « Pluie » : « A peu de distance des murs de droite et de gauche tombent avec plus de bruit des gouttes plus lourdes, individuées. Ici elles semblent de la grosseur d'un grain de blé, là d'un pois, ailleurs presque d'une bille. » (p.11).

E

C

D

F

D

E

Effectivement, pour Francis Ponge l’étymologie joue un rôle prépondérant dans l’activité de fabrication du texte et sur sa dimension artisanale, tout comme la place des mots dans ce recueil. Il privilégie la dimension concrète du langage dont il explore les ressources étymologiques, polysémiques et phonétiques avec « Rhum des fougères » (p.16) et « L’huître » (p.23), qui d’apparence rugueuse, contient une perle, elle représente en quelque sorte une allégorie de la création poétique : la rugosité du travail, la difficulté d'ouverture, la beauté de l'univers intérieur et parfois, la perle.

Étymologie

F

Francis Ponge

Francis Ponge est un écrivain et poète français, né le 27 mars 1899 à Montpellier et décédé au Bar-sur-Loup, Alpes-Maritimes, le 6 août 1988. Issu d’une famille protestante aisée, il grandit à Avignon et après son baccalauréat, prépare des études de lettres et de philosophie mais échoue au concours d'entrée de l'Ecole normale supérieure en 1919. Francis Ponge se décrit comme faisant partie de la génération surréaliste mais s’il partage certains principes du mouvement, il restera en retrait par rapport à cette doctrine. Ensuite, il publie Douze Petits Ecrits en 1926 qui inaugure son travail poétique. Puis, en 1937, il entre au Parti Communiste Français et en 1942, il publie Le Parti Pris des Choses qui marque son entrée dans le monde littéraire. Enfin, il rejoint la résistance en 1941 et quitte le PCF après la guerre, en 1947. C’est à ce moment là qu’il acquiert une renommée internationale alors qu’il est professeur à l’alliance française. Il publiera Proêmes en 1948, La Seine en 1950, La Rage de l’Expression en 1952 ou encore Le Soleil placé en abîme en 1954.

G

E

G

Guerre

Certes, les pièces autour desquelles l’ouvrage s’organise ont été rédigées entre 1924 et 1939, avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Mais, sans être un recueil de poèmes engagés, à l’image de ceux que publient à la même époque Louis Aragon ou encore Paul Éluard dans la mouvance du surréalisme. En effet, Le Parti pris des choses se détourne ostensiblement des idéologies fasciste et nazie qui gangrènent alors l’Europe. Cependant, il adhèrera au Parti communiste et exercera des activités de syndicaliste.

H

F

I

G

H

Homme

Dans ce recueil le poète privilégie les éléments de la nature au détriment des hommes qui ont alors une importance secondaire, à la mesure de la place qu’ils occupent dans l’ordre de l’univers et lorsqu’ils sont mentionnés, les êtres humains sont la plupart du temps dénigrés mais avec bienveillance avec des portraits caricaturaux de sa vision de l’humanité. Nous pouvons le voir dans les poèmes suivants, « Notes pour un coquillage » (p.62) et « Le Restaurant Lemeunier rue de la Chaussée d’Antin » (p.53) où l’homme est identifié à un « mollusque » qui n’arrive pas à la hauteur des « Escargots » que le poète assimile à des « saints » puisqu’ils « font œuvre d’art de leur vie » (p.38). Mais aussi dans « R.C. Seine n°», poème qui se muent en satyre pour évoquer le stéréotype de l’employé de bureau où l’homme est passif et esclave de son travail qui le détourne des beautés du monde : « C’est par un escalier de bois jamais ciré depuis trente ans, dans la poussière des mégots jetés à la porte, au milieu d’un peloton de petits employés à la fois mesquins et sauvages, en chapeau melon, leur valise à soupe à la main, que deux fois par jour commence notre asphyxie. » (p.50).

J

H

I

Intention

Nous pouvons donc comprendre les intentions de Francis Ponge à travers ses poèmes. En effet, même s'ils n'appartiennent pas tous au même thème, ils possèdent cependant un symbole d'unité, quelque chose qui les relie : Francis Ponge veut décrire le plus fidèlement ses objets d'étude. Ses sentiments et son imagination sont laissés de côté pour laisser paraître l'image la plus précise, à la manière d'un miroir, de ce qu'il veut nous faire voir. Il donne alors l'impression d'avoir une sorte de devoir, un geste pour le monde, car plus personne ne regarde les objets comme ils sont.

L

I

J

Jeu de mots

Dans son œuvre, le poète choisit les mots aussi bien pour la richesse de leurs sonorités que pour leur ressemblance graphique et on le voit dans le poème « Le cageot » (p.18), cet objet suscite de l’intérêt pour ses sonorités qui le rapprochent de termes tels que « cage » ou « cachot » avec lesquels il entretient des liens jusque-là inexplorés. De plus, la virtuosité verbale de Francis Ponge est telle qu'elle le conduit également à forger des néologismes tels que « grenouillerie » ou « amphibiguïté » dans « La fin de l’automne » (p. 14) ou à créer des mots composés cocasses comme le « monastère-patinoire » ou les « oiseaux-fossiles » dans « R. C. Seine n°» (p. 51). Ainsi, Francis Ponge s’amuse en permanence de l’écart séparant le mot de la chose, le signifié (le sens) du signifiant (la sonorité) comme dans « Le cageot » qui est d'abord appréhendé phonetiquement : « A mi-chemin de la cage au cachot, la langue française a cageot » (p.18) et cela aussi avec des syllepses de sens comme avec « Pluie » qui se réfère aux précipitations qui renvoient tout autant au phénomène atmosphérique qu’à la chute des atomes dans la physique épicurienne, ou des outils de la poésie normées telles que la rime afin d’accentuer l’effet comique qu’il désire donner à son texte, « Le gymnaste » : « Tous les cœurs il dévaste mais se doit d’être chaste et son juron est BASTE ! » (p.48).

N

J

L

Leçon de morale

À l'instar des fabulistes, Francis Ponge se sert des choses ou des animaux pour instruire les hommes. Mais contrairement à eux qui privilégient la narration plaisante au détriment de la description, le poète refuse l'anecdote et l'anthropomorphisme. Alors que dans les fables classiques comme celles de La Fontaine, l'accent est mis sur les relations que tissent les animaux entre eux (« L'aigle et l'escargot », « Le rat et l'huître»), dans les textes du Parti pris des choses, c’est un élément déterminé (« L’huître», « La crevette ») qui constitue l’objet d’étude. Les enjeux moralistes de la fable sont détournés par le poète qui perpétue, en la parodiant, la tradition scolaire des manuels de leçons de choses dont la portée didactique est conservée. Mais à la leçon de morale, Francis Ponge substitue une leçon humoristique sur les mots dont l'ambivalence, la polysémie ou l’homonymie prêtent à sourire.

O-P

L

N

Nature

Francis Ponge est un amoureux de la nature. Son œuvre rappelle fortement les poèmes antiques cosmiques, centrés sur la nature. Dans sa vision, le poème sert à mettre des mots sur la nature, qui représente un texte en soi. En un sens, le poète se veut porte-parole de la nature. Bien que sa démarche se veut objective, Francis Ponge revalorise et ajoute un soupçon de magie au monde à travers diverses allégories, personnifications. De plus, ses descriptions comportent un aspect affectif flagrant : il évoque des marques d’affection envers une « chose », témoigne d’une certaine envie de fusionner avec la nature, ou encore décèle des sensualités insoupçonnées dans les objets de ses écrits. Quelques exemples : « Pluie » : « la pluie court horizontalement » (p.11) - « La fin de l’automne » : « Tout l’automne à la fin n’est plus qu’une tisane froide. », « La nature déchire ses manuscrits, démolit sa bibliothèque, gaule rageusement ses derniers fruits. » (p.13) - « De l’eau » : « On pourrait presque dire que l'eau est folle, à cause de cet hystérique besoin de n'obéir qu'à sa pesanteur, qui la possède comme une idée fixe. », « L’eau m'échappe... me file entre les doigts. Et encore! Ce n'est même pas si net (qu'un lézard ou une grenouille) : il m'en reste aux mains des traces, des taches, relativement longues à sécher ou qu'il faut' essuyer. Elle m'échappe et cependant me marque, sans que j'y puisse grand-chose. Idéologiquement c'est la même chose : elle m'échappe, échappe à toute définition, mais laisse dans mon esprit et sur ce papier des traces, des taches informes. » (p.44). Enfin, nous pouvons citer les titres de poèmes suivants : « Les arbres se défont à l’intérieur d’une sphère de brouillard » (p.25) - « Le cycle des saisons » (p.28) ou encore « Faune et flore » (p.68).

Q

N

P

Prose

La poésie de Ponge est novatrice, moderne car elle est écrite en prose. Le poème en prose est un genre littéraire poétique qui n’utilise pas les techniques de rimes, de versification et de disposition du texte traditionnel de la poésie. Il utilise plutôt des figures de style poétiques, en particulier les tropes (métaphores, métonymies), les associations inhabituelles de mots (oxymore), les effets sonores et rythmiques (allitération, assonance, harmonie imitative, anaphore, chiasme) ou les ruptures de construction (parataxe, anacoluthe). Il se présente comme un discours aux effets poétiques. Dans son œuvre Francis Ponge s'oppose au romantisme en choisissant des objets banals, mais aussi à la poésie engagée en refusant de défendre une idée. Ainsi, le poète choisit de jouer sur la langue. Les sentiments et les idéaux ne sont pas la poésie, c’est le travail sur les mots qui compte. Ponge pense que les choses ont une existence propre, il croit qu'ils peuvent être utilisés comme des objets poétiques, il suffit seulement de bien les observer. Dans Le Parti pris des choses, le poète observe les objets de façon naïve et tout à coup décèle la beauté, il transforme ainsi les objets. Ponge utilise parfois un vocabulaire technique. C'est sa manière d'insister sur la similitude entre poésies et sciences scientifiques.

O

OBJET

Pour Francis Ponge l’objet est un prétexte de création poétique, une façon de jouer avec le langage, ainsi, l'objet, même le plus humble, contient tout un monde pour qui est à son écoute. Nous pouvons illustrer ceci avec le poème « Le cageot », pour Ponge, « cet objet est en somme des plus sympathiques » (p.18) ou encore avec « La bougie » : « La nuit parfois ravive une plante singulière dont la lueur décompose les chambres meublées en massifs d’ombre. Sa feuille d’or tient impassible au creux d’une colonnette d’albâtre par un pédoncule très noir. ». Ainsi, le poète rend aux objets leurs lettres de noblesse, sous forme poétique à travers le procédé rhétorique d’allégorie, de métaphore, de personnification ou de comparaison par exemple, pour restituer l’originalité des « choses », ce qui nous fait voir autrement les objets qui nous entourent.

Q

Questionnement

Dans cette œuvre, Francis Ponge explore et se questionne sur l’univers avec « Le feu » (p.27), « Le cycle des saisons » (p.28), « Bords de mer » (p.41), « Le galet » (p.79) ou encore avec « La crevette » : « Qu’est-ce qui peut d’ailleurs ajouter plus d’intérêts à une forme, que la remarque de sa reproduction et dissémination par la nature à des millions d’exemplaires à la même heure partout, dans les eaux fraîches et copieuses du beau monde comme du mauvais temps ? » (p.75). Cependant, il explore également les objets tels que « Le cageot » (p.18), « La bougie » (p.19) ou encore « La cigarette » : « Sa passion enfin : ce bouton embrasé, desquamant en pellicules argentées, qu’un manchon immédiat formé des plus récentes entoure. » (p.20).

R - S

0 - P

T

Q

S

Surréalisme

Le surréalisme est un mouvement littéraire et artistique du XXème siècle que André Breton définit en 1924 comme « un automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée.». Il repose donc sur le refus de toutes les constructions logiques de l'esprit et sur les valeurs de l'irrationnel, de l'absurde, du rêve, du désir et de la révolte et est considéré comme un courant révolutionnaire, qui se développe pendant plus de quarante ans. Francis Ponge se dit lui-même de la génération surréaliste mais s’il partage certains principes (mysticisme, irrationnel et appel à l’inconscient) il restera en retrait par rapport à cette doctrine. A la fin de la première guerre mondiale, il adhère au parti socialiste et entre chez Gallimard suite à sa rencontre avec Jean Paulhan.

R

Recueil

Le Parti pris des choses est un recueil de 32 courts poèmes en prose écrit par Francis Ponge et paru en 1942. Dans son recueil, Francis Ponge cherche à rendre compte de la beauté singulière qui émane du quotidien. Il prend ainsi comme sujet la banalité, les choses auxquelles nul ne prête attention, pour en exposer les qualités : les saisons, les plantes, les mollusques, le pain, etc. Il décrit ces différents êtres, animés ou inanimés, en soulignant leurs caractéristiques physiques ou linguistique d'une manière poétique mais sans versification ni lyrisme. Il tente ainsi d'offrir une autre vision des choses en leur conférant une fonction et une beauté nouvelles. Les fonctions sont déplacées et la poétisation des objets à son paroxysme. Les objets sortent ainsi de leur banalité quotidienne grâce aux mots dotés de qualités linguistiques nouvelles.


T

Ayant pris le parti des choses, le poète s’emploie à modifier le regard que nous portons sur elles en élaborant des objets poétiques non encore identifiés : aux idées, il oppose les phénomènes de la nature avec « Le feu » (p.27) et « De l’eau » (p.44) par exemple, la matière vivante ou humaine « Faune et flore » (p.68), « Le gymnaste » (p.48), mais aussi les objets « Le cageot » (p.18), « La bougie » (p.19) ou encore « La cigarette » (p.20), qu’il nous invite à observer avec un regard neuf et décapant.

U - V

R - S

Thème

T

V

Végétation

Parmi les différents objets de la nature, la végétation a les faveurs du poète. En effet, le champ lexical de la végétation est très présent dans ce recueil « fougères » (p.16), « buissons » (p.17), « arbres », « feuilles », « fleurs », « écorce » (p.25), etc. et il y’a même un poème à ce nom page 77. Son aspect proliférant est pour le poète signe de vie et de mouvement, comme le rappelle l'étymologie du terme (du latin vegetatio : « mouvement, excitation »). De plus, le poème « La mousse » amorce un cycle que viendront parachever « Faune et flore » et « Végétation » dans lesquels le discours descriptif se fera plus ample.

U

Univers

Effectivement, cette œuvre tente d’expliquer l’origine de l’univers et on le voit dans la dernière partie du recueil qui représente les mondes animal, végétal et minéral. Ainsi, le poète cherche à mettre en lumière les liens qu’entretiennent les différents éléments qui compose la nature et nous pouvons voir cela avec le poème « Végétation » dans lequel les éléments naturels se trouvent dans un rapport de interdépendance les uns avec les autres : « Ils grandissent en stature à mesure que la pluie tombe ; mais avec plus de régularité, plus de discrétion : et, par une sorte de force acquise, même alors qu’elle ne tombe plus. » (p.78).