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T3 Chapitre 1

Une difficile conquete:
le droit de vote

Lithographie de Gostiaux, Un bureau de vote en Bretagne, fin XIXᵉ siècle.

I. 1815-1848 : un droit de vote limité

La pratique du vote

I. 1815-1848 : un droit de vote limité

• En 1815, c’est la fin de l’Empire de Napoléon Ier et le retour de la monarchie avec Louis XVIII. Le roi doit composer avec les libertés acquises par les Français. Les citoyens peuvent ainsi choisir des représentants, les députés, qui votent les lois.

• C’est un droit de vote limité. Seuls 100 000 Français participent aux élections, les plus riches et de plus de 30 ans. On parle de suffrage censitaire (qui vient du terme « cens»).

En 1850, une loi exclut de nombreux Français du droit de vote. Pour pouvoir voter, il faut payer un loyer ou habiter depuis trois ans au même endroit, ce qui réduit le nombre d’électeurs de 9,6 millions à 6,8 millions. Le suffrage universel masculin est rétabli en 1851.

Caricature contre la loi électorale de 1850

En 1848, le suffrage universel apparait pour certains comme une solution face à la répétition des révolutions (en 1789, en 1830 et en 1848). Le peuple laisse de côté la violence : plus besoin de renverser un dirigeant par la force, la République permet d’en changer par le vote. L’ouvrier représenté ne se débarrasse pas pour autant de son arme qu’il garde pour les ennemis extérieurs qui pourraient menacer la France. Victor Hugo défend la même idée dans le texte p. 145 : « Le suffrage universel, en donnant un bulletin à ceux qui souffrent, leur ôte le fusil. »

L'Urne et le fusil (1848)

II. Vers le suffrage universel

• Après la révolution des trois Glorieuses en juillet 1830, les Français mettent en place une monarchie plus libérale. Le cens et l’âge nécessaires pour voter sont abaissés. Dans les communes, les citoyens de plus de 21 ans, parmi les plus riches, peuvent voter aux élections locales. cela concerne près de 3 millions de Français.

• En 1848, la révolution de février met fin à la monarchie et instaure la Deuxième République. Les Français obtiennent le suffrage universel masculin. Ils peuvent élire les députés et le président de la République . Le premier président élu avec près de 75 % des voix est Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier.

III. 1848-1870 : le combat continue

En 1851, Louis-Napoléon Bonaparte organise un coup d’état et rétablit l’Empire en 1852. Il prend le nom de Napoléon III. Le suffrage universel n’est pas aboli, mais l’empereur favorise des candidats officiels en finançant leur campagne électorale. Les opposants ont beaucoup de mal à se faire entendre .

De nombreuses catégories sont exclues du suffrage universel : les femmes, les colonisés et les mineurs de moins de 21 ans. Les citoyens subissent des pressions au moment de voter et le pouvoir exerce son contrôle sur les élections .

III. 1848-1870 : le combat continue

En 1869, les élections marquent une victoire des opposants à l’empereur Napoléon III dans les grandes villes. C’est lors de ces élections qu’est mis au point le premier programme républicain (le programme de Belleville), qui revendique l’application du suffrage universel à toutes les élections, l’instruction permanente et gratuite ainsi que les libertés de la presse ou d’association pleines et entières. Dans sa caricature, Daumier imagine le scrutin comme une mitrailleuse : les bulletins de vote sont les balles qui abattent les hommes de l’Empire.

Les bulletins de vote, une arme contre le Second Empire

III. 1848-1870 : le combat continue

Nous avons exclu cette classe d’hommes dont on ne peut saisir le domicile nulle part : c’est cette classe qu’on a déjà nommée, celle des vagabonds [...]. Je sais tout ce qu’on pourrait dire de respectable et d’intéressant en parlant du pauvre et ce qu’on dira en faveur de la pauvreté. Nous le prendrons toujours en sérieuse considération [...]. Oui, il faut tout faire pour le pauvre ; mais il ne faut pas lui laisser décider des grandes questions politiques.


Adolphe Thiers, débat à l’Assemblée nationale, 1849.