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Transcript

Si j’étais un paysage, je serais un parc. Si le monde peut penser que je suis quelqu’un d’explosif, une boule de nerf qui ne demande qu’à être lâchée sur quiconque me contrarie, il n’en est rien. Je ne suis quelqu’un de nostalgique, qui pensait bien faire en grandissant trop vite. Je reproche la perte de ce temps passé en famille le dimanche, où mon frère était encore là, où, enfants nous étions encore proches. Nous nous connaissions, enfant. Maintenant, il n’en est plus rien. Les souvenirs m’attirent et je reste tourné sur le passé. Je ne sais pas faire, comme eux, comme lui, comme vous, et avancer sans mon frère. Je voudrais le retrouver et lui montrer comme j’ai grandi.


Si j’étais un animal, je serais un lion. Je sais paraître fort et assuré, j’ai pris très tôt la place d'aîné dans la famille et j’ai dû protéger ma mère et ma sœur. Louis, lui, ne m’a pas aidé ; il m’a abandonné alors qu’il était pressenti pour être le roi depuis sa naissance. Louis, un prénom de roi… J’ai donc été forcé de grandir trop vite, sans personne pour m'aiguiller dans la vie et sa réalité. Je me suis forgé seul au gré de mes peines. Pourtant, au fond, je voudrais être doux, plus proche de ceux que j’aime; je voudrais leur exprimer mon amour, mais je ressens un sentiment de honte et de frustration. J’hésite, comment faire? Je ne sais pas et puis je leur en veux. Ou pas ? Je doute, voilà, c’est ce qui m’empêche d’être moi. Je parais fort et égoïste, alors que je voudrais les protéger avec tendresse.

Si j’étais un fruit, je serais une orange. C’est un fruit assez explosif et revigorant ce qui me correspond assez bien je pense. Dès que j’entre dans une pièce ou intervient dans une conversation, je m’impose et l’anime instantanément. Pour ce petit côté acidulé de l’orange, c’est parce que je peux être un peu trop bruyant, et cela surprend au début ! Puis le goût sucré qui prend alors place correspond à mon côté un peu drôle et empoté. Et puis pour manger une orange, il faut retirer la peau ou le goût est affreux et amère. Il en est de même pour moi, il faut savoir aller au-delà de ma carapace pour me comprendre et m’apprécier.

Si j’étais un pouvoir, je serais le voyage dans le temps. J’aimerais retourner de plusieurs années dans mon passé pour changer la trajectoire de mon futur. Changer les chose, pouvoir grandir sans avoir le poids du rôle du chef de famille à portée après la mort de mon père et le départ de mon frère. Si je pouvais remonter le temps de quelques années, j’aurais retenu mon frère. Après tout, pourquoi serait-ce à moi de m’occuper de ma famille ? Ce n’est pas moi l’aîné, c’est lui qui aurait dû avoir ce rôle et non moi ! J’aurais peut-être aussi voulu voir dans le futur, voir comment j’aurais été. Rien de bien surprenant je pense, peut-être que si mon frère serait resté je ne serai pas devenue ainsi. Peut-être aurais-je été plus tendre avec Suzanne, j’ai été assez rude avec elle notamment quand elle a voulu nous accompagner à la gare. Je pense que l’on ne saura pas. J’aurais voulu revenir à mes quatorze ans, même si je me disputais souvent avec Louis, au moins nous n’avions pas de soucis. Papa était encore là et nous passion nos dimanches à faire des pique-niques.
« Ils voudraient tous deux que tu sois plus là, plus présent. »—>montre que la famille ressent un vide depuis le départ de Louis.

Si j’étais une mauvaise habitude, je serais celle d’être d’une susceptibilité démesurée. Alors que tout s’agite et que l’atmosphère se tend, le moindre coup d’œil, la moindre réflexion ou insinuation me font réagir. Dans cette crise familiale où les disputes et dialogues froids sont de mise, ma rancoeur et l’abandon accumulés de ces dernières années débordent et ma sensibilité me rend virulent. Vous pensez que je suis agressif, que je suis violent ? C’est faux, ne dites pas cela. Je ne suis pas méchant, je suis bouleversé, alors je suis rapidement sur la défensive. Et mes propos deviennent des piques qui s’enfoncent et creusent le fossé qui me sépare de Louis.


Si j’étais un sport, je serais l’escalade. C’est un sport où l’on est forcément deux, l’un qui grimpe, l’autre qui assure. Celui qui assure est là pour empêcher l’autre de tomber très bas, mais il ne fait que patienter outre cela. Le grimpeur lui fait sa vie, il fait certe attention là où il met ses mains et pieds mais sa vie dépend de l’assureur. L’assureur à la vie de quelqu’un entre ses mains, parfois il peut-être dur de contenir son stress lorsque le grimpeur essaie certaine voie dure où l’on ne le voit plus. C’est un peu comme la relation que j’ai avec mon frère, lui part faire sa vie sans se retourner, moi à mes dépens, je dois m’occuper de la vie, j’ai pris sa place dans la famille comme “homme de la maison”, un rôle qui pèse sur mes épaules. Il est vrai que je gère mal mes émotions, je les laisse sortir d’un seul coup, puisque ce rôle n’aurait pas dû m’être donné, je n’étais pas prêt.

Si j’étais un objet du quotidien, je serais du sel de bain. Je suis quelqu’un qui est quelque peu friable, il m’arrive de m’énerver sur mon frère. Louis nous a abandonnés avec ma soeur et ma mère. C’est quelque peu un reproche que je lui fais d’être partie sans penser à sa famille. Pourtant, dans certaines conditions je peux totalement me dissoudre, en faisant de la mousse. Je montre ce que je ressens de manière très triste, après avoir passé mes nerfs, et je m’en excuse, je m’ouvre à ma soeur et ma mère avec qui je suis resté, je me place il est vrai en victime mais c’est pour montrer que Louis n’est pas parfait, Suzanne l’imagine comme parfait, j’ai l’impression, alors que c’est faux. J’ai encore du mal à m’ouvrir à lui qui nous a abandonnés, m’a abandonné.