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Par Adélise Cousin

Apollinaire : Portrait-Puzzle

Apollinaire : Portrait-Puzzle

S O M M A I R E

1. Portrait chinois

6-7. Une image, un poème (suite)

2. Portrait chinois (suite)

3. Interview (suite)

4. Interview

5. Une image, un poème

8. Cadavre exquis

9. Cadavre exquis (sources)

  • Si Apollinaire était un objet, il serait...


  • Si Apollinaire était une figure de style, il serait...


  • Si Apollinaire était un poème, il serait....


  • Si Apollinaire était un mouvement littéraire, il serait...


  • Si Apollinaire était un lieu, il serait...

PORTRAIT CHINOIS

Un tableau d'art contemporain

La comparaison

Le calligramme

La tranchée

Le surréalimse

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Apollinaire est un critique d’art et un défenseur des artistes avant-gardistes, comme Braque et Sonia Delaunay par exemple. D’ailleurs, il publie en 1913 son seul ouvrage réunissant toutes ses critiques d'art intitulé alors Les Peintres Cubistes, Méditations esthétiques. C’est aussi un ami proche du célèbre peintre Picasso, qu’il rencontre en 1905 alors qu'il est alors totalement inconnu. Ils partagent une passion commune pour l'art contemporain.

N’étant pas français, Guillaume Apollinaire ne pouvait donc pas intégrer l'armée. Il a donc décidé de contacter les autorités pour obtenir la nationalité française et s'engager sur le front pour combattre. Depuis les tranchées, il a continué d’écrire, notamment des lettres-poèmes destinées à Lou, la femme qu'il aimait à l'époque. De plus, il fut déclaré « mort pour la France » en raison de son engagement au front.

Le mouvement littéraire duquel Guillaume Apollinaire se rapproche le plus est le surréalisme. Bien qu’il n’en fasse pas vraiment partie car ce mouvement ne sera véritablement créer qu'en 1924 par André Breton. On peut dire quand même que dans son écriture, Apollinaire va au de-là du réel par ses images et associations d'idées. De plus, c’est lui-même qui a inventé le mot “surréalisme” dans une de ses lettres sur l'art à un ami, datée de 1917.

Même si le calligramme existe depuis l'antiquité, Guillaume Apollinaire est celui qui a systématisé le calligramme. En effet, il a renouvelé cette forme de poème atypique et a consacré un recueil entier à ceux-ci : Calligrammes.

J'ai remarqué au fur et à mesure de ma lecture du recueil Alcools, que la comparaison est une figure de style très utilisée par l’auteur. Elle lui permet de créer des rapprochements inattendus comme le feront ensuite les surréalistes, et d'imager ses propos de façons frappante : "Le soleil ce jour là s'étalait comme un ventre / Maternel qui saignait lentement sur le ciel" (dans "Merlin et la veille femme").

  • Si Apollinaire était une personne, il serait


  • Si Apollinaire était un animal, il serait


  • Si Apollinaire était un sentiment, il serait l'amour


  • Si Apollinaire était une saison, il serait


  • Si Apollianire était un personnage de la mythologie, il serait

Blaise Cendrars

L'amour

L'automne

Orphée

Le serpent

Apollinaire se compare souvent à Orphée comme beaucoup de poètes. Dans la mythologie, Orphée est le représentant de la poésie lyrique suite à son chagrin à la mort d'Eurydice. En effet, il avait le pouvoir de charmer les dieux, la nature, les animaux et les hommes lorsque, accompagné de la lyre, il déclamait ses poèmes. Apollinaire fait donc à de multiples reprises allusion à ce personnage mythologie, comme par exemple dans le “Poème lu au mariage d'André Salmon”. Sans oublier que le bestiaire d'Apollinaire s'appelle aussi “Cortège d’Orphée”.



Dans ses recueils, notamment Alcools, on trouve beaucoup la présence de l'automne dans divers poèmes : “Rhénane d'automne”, "Les sapins” ou encore “Les colchiques.” On peut déduire que cette saison a une place importante dans l'écriture d'Apollinaire et que l’automne est probablement associée à la mélancolie et la tristesse liées à ses chagrins d'amour.

Le parcours de Blaise Cendrars ressemble au parcours d’Apollinaire, même si Cendrars a lui survécu à la Première Guerre mondiale. En effet, de la même manière qu'Apollinaire, il s'est engagé pour la France en 1914 alors qu'il n'était pas français et lui aussi été blessé dans les tranchées. Amputé du bras droit, il a dû continuer à écrire de la main gauche comme en témoigne son autobiographie La main coupée publiée en 1946. De plus, il représente également la modernité poétique : il révolutionne la forme poétique, ses thèmes sont modernes comme ceux d’Apollinaire (grandes villes, voyages, aéroports…).

L’amour est un sentiment toujours très présent dans le recueil Alcools par exemple. Malgré sa volonté de s’orienter davantage vers plus de modernité poétique, et donc, d'aborder de nouveaux thèmes, Guillaume Apollinaire ne se détache pas du lyrisme amoureux. Les poèmes “Marie”, “Annie”, “La Blanche Neige”, notamment, montrent qu’il consacre une place importante à ses aventures amoureuses dans son écriture.

Le serpent est un animal auquel il consacre un quintil dans son Bestiaire ou Cortège d’Orphée. De plus, il y fait référence à plusieurs reprises dans Alcools, comme par exemple dans “Le Brasier”. Le serpent, qui rappelle la Bible mais aussi le mythe d’Orphée, semble avoir de l’importance pour G. Apollinaire.

I n t e r v i e w

- Bonjour Guillaume Apollinaire, c’est un véritable honneur de vous rencontrer même si je reconnais que ces conditions sont loin d'être idéales… Comment allez-vous ?
- Bonjour à vous, disons que j’ai connu des jours meilleurs. Je ne souhaite pas être dérangé très longtemps, je suis exténué. L’infirmière m’a dit que vous avez juste quelques questions à poser, faites vite je vous en prie.
- Oh oui, je comprends totalement, ne vous inquiétez pas. Si je suis venue vous voir, ici, à l'hôpital, c’est effectivement pour vous questionner sur votre vie, votre écriture et plus particulièrement sur le recueil Alcools. Alors, ma première question serait : pourquoi avoir choisi « Alcools » comme titre du recueil ?
- C’est une très bonne question, à laquelle je n’ai jamais vraiment répondu. Et bien, je dirais que « Alcools » est une métaphore pour associer la multitude de sentiments qui arborent la vie d’un Homme et l’ivresse que ceux-ci entraînent. L’alcool évoque le désir de consommer la vie, de profiter de chaque jour avec les émotions qui l’accompagnent. La pluralité des sentiments est la principale raison pour laquelle j’ai mis le nom « Alcools » au pluriel.
- D’accord, je n’avais pas vu les choses sous cet angle-là, cela me semble plus clair à présent. D’ailleurs, en parlant de métaphores, dans votre recueil, j’ai remarqué la présence régulière de celles-ci, pourquoi ?
- La métaphore est effectivement un de mes outils favoris, vous avez l’œil. J’aime l’idée qu’on puisse associer des idées différentes, des idées surprenantes voire tordues. J’ai moi aussi mes fantaisies et je pense que cela se ressent dans Alcools. La métaphore est idéale pour décrire le monde tel que je le vois, selon mon point de vue. Car tout n’est pas ressenti de la même façon par tout le monde. Chacun a sa propre vision du monde, sa propre représentation de celui-ci. Selon moi, c’est cela qui fait la richesse et la diversité de la littérature. Chacun a donc la liberté d’interpréter à sa façon mes métaphores ambiguës !

- Je vois. C’est donc ici une nouvelle manière d’interpréter la vie dont vous parlez là. Alcools est-il la seule œuvre qui met en avant la modernité de votre écriture ?
- Non, j’ai aussi écrit en 1917 une pièce de théâtre intitulée Les Mamelles de Tirésias qui, je trouve, porte un nouveau regard sur le réel. En effet, dans cette pièce, je mets en scène une femme qui a changé de sexe. Un sujet qui n’avait jamais été abordé au théâtre.
- Pour en revenir à votre santé, n’avez-vous donc pas peur que votre trépanation à la tête ne vous empêche de continuer à écrire en vous laissant d’importantes séquelles ?
- Bien au contraire. A vrai dire je pense que si mon esprit venait à devenir incontrôlable, cela ne ferait qu’enrichir mes textes. La folie est une belle chose, vous savez. La folie inspire. Comme je vous l’ai dit précédemment, il y a déjà une importante part de fantaisie en ma personne, que j’utilise à bon escient. J’en ferais de même avec la folie que je tournerais en faveur de mon écriture.
- D’accord. Une dernière question et après je vous laisse vous reposer : votre blessure est directement liée à votre engagement dans la guerre contre l’Allemagne. Dans Alcools, vous montriez votre attachement à ce pays, notamment avec vos poèmes « Les Rhénanes ». Si Alcools devait être publié aujourd’hui, est-ce que vous consacreriez à nouveau des poèmes à l’Allemagne ?
- Vous savez, mon attachement à l’Allemagne remonte à il y a fort longtemps, lorsque j’étais un jeune précepteur au bord du Rhin. Le conflit qu’il y a eu ne pourra jamais me faire oublier cette période de ma vie qui a été très enrichissante et qui a forgé mon esprit littéraire et pédagogique. Je ne considère pas l’Allemagne comme un rival, ni même comme un ennemi. Après avoir fait la guerre, je souhaite être en paix. Si c’était à refaire, comme vous le dites, je ne changerais rien à Alcools et conserverais mon admiration pour l’Allemagne.
- Je vous remercie beaucoup pour le temps que vous m’avez accordé et je vous souhaite un bon rétablissement M. Apollinaire.
- Merci à vous pour la pertinence de vos questions. Au revoir mademoiselle.

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U n p o è m e

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J'ai choisi de mettre en lien le tableau Vanité de Philippe de Champaigne avec le poème "A la santé" (V) du reccueil Alcools d'Apollinaire pour plusieursraisons.


D'abord, je trouve que ce tableau présente un lien évident avec le sablier qui incarne la fuite du temps et les mots de Guillaume Apollinaire. En effet, dans son poème, l'auteur parle de la vitesse à laquelle passe le temps. Il semble d'ailleurs se contredire en la comparant à celle d'un enterrement, puis par la suite en disant qu'il passe "trop vitement". Ici, on peut donc faire le rapprochement entre cette antithèse et le tableau qui présente une fleur ainsi qu'un crâne d'humain. La fleur a une durée de vie très courte tandis que l'homme a une espérance de vie largement supérieure à celle-ci.

D'un autre côté, on peut également associer cette vanité au temps passé par l'auteur de ce poème en prison. En effet, G. Apollinaire a été incarcéré à la prison de la Santé, à Paris, du 7 au 13 septembre 1911 pour suspection de vol du tableau de la Joconde. Dans son poème "A la santé", c'est de ce temps passé en prison qu'Apollinaire parle.

Enfin, le vers "Tu pleureras l'heure ou tu pleures" est un message qui fait écho à la philosophie du Carpe Diem. C'est le message commun qu'envoient la Vanité de Philippe de Champaigne et le poème "A la santé" d'Apollinaire. En effet, les vanités sont là pour nous montrer que le temps passe, d'ou la célébre citation "Tempus fugit", et qu'il faut profiter de la vie. Ce poème et cette vanité apellent tous les deux à vivre l'instant présent et à profiter car le temps passe vite.

C A D A V R E E X Q U I S

Dans une fosse comme un ours

Je n’ai même plus pitié de moi
Trop d’étoiles s’enfuient quand je dis mes prières
Je ne vois rien qu’un ciel hostile
Mon âme au soleil se dévêt
Chacun pour soi
Les fleurs à mes yeux redeviennent des flammes
Le fleuve est pareil à ma peine
Trop tard
Puisque je flambe atrocement
Le feu qu’il faut aimer comme on s’aime soi-même
Te médaillera d’un beau soleil

SOURCES

Le cadavre exquis est un jeu collectif, inventé par les surréalistes qui consiste à composer une phrase, par plusieurs personnes, sans qu'aucune d'elles ne puisse tenir compte des collaborations précédentes.



C A D A V R E E X Q U I S (sources)

A la Santé, III (p.133), Dans une fosse comme un ours

Les fiançailles (p.121), Je n’ai même plus pitié de moi
L’hermite (p.87), Trop d’étoiles s’enfuient quand je dis mes prières
A la Santé, VI (P.136), Je ne vois rien qu’un ciel hostile
Le brasier (p.87), Mon âme au soleil se dévêt
Marie (p.66) Le fleuve est pareil à ma peine
Hotels (p.138) Chacun pour soi
Les fiançailles (p.123), Les fleurs à mes yeux redeviennent des flammes
La maison des morts (p.55), Trop tard
Lul de Faltenin (p.85), Puisque je flambe atrocement
Vendémiaire (p.146), Le feu qu’il faut aimer comme on s’aime soi-même
La Blanche neige (p.67), Te médaillera d’un beau soleil