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Concept-clé: l'évaluation

Apports conceptuels en Sciences de l'éducation et de la formation
ED00802T

  1. Introduction
  2. Carte conceptuelle
  3. Explication
  4. Bibliographie

  • Régulation
  • Référentialisation
  • Aide à la décision
  • Ethique évaluative

Etudiante: Johanna POTOT
N° étudiante: 22100767
Master 1 Mention Sciences de l'Education et de la Formation
Parcours PROFA SED
Année universitaire 2021/2022

Responsable UE 802: Véronique BEDIN

Introduction

L'évaluation est un concept clef des Sciences de l'éducation et de la formation. Il est proposé ici le modèle évaluatif de la gestion plus adapté à objectiver une réalité à évaluer telle que des conduites, des dispositifs ou des modes de gouvernement. Ce modèle est structuré par trois concepts : la régulation, la référentialisation,l'aide à la décision et l'exigence ethique. Dans le modèle de la gestion, l'évaluation se justifie par son apport performatif. Ainsi on s'intéresse à l'amélioration, l'utilité vers une meilleure efficacité sans être dans des dérives excessives de contrôle. Dans le champ des Sciences humaines et sociales, ce concept s'attache à évaluer des pratiques au regard des contextes professionnels, formatifs et des attentes des acteurs par le biais de l'accompagnement et du conseil.

Parti intégrante du réseau conceptuel de l'évaluation : la REGULATION peut se nommer "évaluation-régulation" (Bonniol). Dans le cadre des Sciences de l'éducation et de la formation, ce concept s'inscrit dans l'évaluation formative dans une approche psychocognitive en lien avec le processus d'apprentissage, puis l'évaluation scolaire et celle socioprofessionnelle. Selon la définition de Talbot, la régulation vise à limiter les erreurs formatives par une adaptation pédagogique et didactique suivant les progrès où difficultés d'apprentissage. Allal et Mottier poursuivent par une déclinaison du concept de régulation : régulation 'interne' concernant la réflexivité et l'autonomie psychique et cognitif ; puis la régulation 'externe' concernant le processus d'apprentissage et l'accompagnement réflexif par les interactions. Enfin, Bonniol parlera de "boucles d'évaluation-régulation en interaction" en incluant la notion de dynamique évaluative caractéristique par son application multiple, continue et créative. Par ailleurs, il existe plusieurs autres formes d'évaluation : centré, l'auto-régulation, évaluation institutionnelle...qui peuvent être complexes et s'intéressent aux dispositifs, institutions et à l'individu : la régulation sociale et institutionnelle. L'évaluation-régulation intervient à deux niveaux : les attentes des acteurs et les exigences du système (institutionnelle : organisation, innovation, programme, projet, dispositif). Ce double processus est possible par l'intermédiaire d'outils de la démocratie participative visant le partage d'une culture évaluative et d'une intelligence collective au service des compétences professionnelles et des intérêts communs. Pour exister, l'évaluation sociale résulte d'un processus partant du conflit, des règles puis de la négociation.

Selon Gérard Figari, la REFERENTIALISATION est un concept des Sciences de l'éducation et de la formation qui permet la modélisation de l'évaluation par une méthodologie visant à faire évoluer les outils de l'évaluation en conséquence du contexte, des acteurs de terrain. Ce processus évaluatif s'inscrit dans une triangulation entre l'élément évalué(référé), l'objet à lequel est rapporté(référent) et leur comparaison donnant lieux à la construction de critères évaluatif et aux indicateurs d'évaluation.

Stufflebeam ainsi que de nombreux autres auteurs précisent que l'exactitude et la pertinence du recueil et du traitement des informations sont des conditions nécessaires au processus d'AIDE A LA DECISION. Il existe plusieurs formes de modèles de l'aide à la décision. Nous retiendrons celle humaniste de Sfez (1992) inhérente à l'action et la décision humaine. Pour aller plus loin, Bedin (1999), propose de décliner ce processus décisionnel en trois sous-systèmes (de la légitimation, l'opérationnalisation, la réaction) permettant ainsi de répondre à une exigence démocratique sous condition de l'activation de l'ensemble des sous-systèmes faute de problème d'éthique et civique. L'enjeu de la pratique de conseil en Sciences de l'éducation et de la formation s'attache à faire évoluer ce concept par l'accompagnement méthodiquement à la résolution d'un problème vers des solutions optimales : évaluation-conseil (Bedin-2007, 2009). Pelletier l'associe aussi à l'accompagnement des réformes, innovation et du changement.

Pour conclure, de façon à se prémunir de dérives possibles (la nature du pouvoir commanditaire, l'instrumentalisation financière, la finalité de la commande) l'EXIGENCE ETHIQUE est de mise. L'éthique professionnelle est une branche de l'éthique appliquée qui traite précisément des professions. Ricœur (1991) définit l'éthique comme une sagesse pratique dont l'ambition est « la visée de la vie bonne, avec et pour les autres, dans des institutions justes ». Elle est possible par l'intermédiaire de l'analyse des points aveugles ayant pour intérêt de garantir "l'utilité éducative et sociale du dispositif évalué" (Bedin & Talbot,2013). Cette réflexion s'intéresse à la posture évaluative venant questionner le sens éthique de l'évaluation (autoritaire, dogmatique, heuristique ?). Les moyens de la pratique éthique évaluative se concrétise par une attention éthique tant dans la posture, la pratique, les critères que les valeurs en jeu dans l'évaluation.

Explication

D'un point de vue étymologique les mots "évaluation" et "évaluer" signifient exprimer sa force, être puissant. Elle consiste à faire sortir la valeur de ce qu'on évalue, en montrant sa puissance et sa force... cependant l'évaluation scolaire et formative ne doivent pas se limiter à une note/examens pour quantifier la valeur. Jacques Ardoino (1976) précise que l'évaluation est un processus producteur de sens permettant une meilleure compréhension du processus d'apprentissage de l'apprenant.

Dès lors, certaines questions émergent : quoi évaluer ? Au service de quoi ? Comment prendre en considération des compétences transversales ? Nous pouvons établir des difficultés singulières dans l'évaluation : celle du risque de la normalisation à outrance et de la reproduction des différences sociales. Bien qu'étant un processus complexe, l'évaluation peut devenir un outil de sélection, de sanctions ayant pour incidence de la démotivation et un sentiment d'incompétence.

Aussi, pour dépasser ce risque, nous pouvons nous appuyer sur la régulation. Le décret définissant les missions prioritaires dans l'enseignement ont défini en 1997 que "l''évaluation formative est l'évaluation effectuée au cours d'activités et visant à apprécier le progrès accompli par l'élève et à comprendre la nature des difficultés qu'il rencontre lors d'un apprentissage, elle a pour but d'améliorer, de corriger où de réajuster le cheminement de l'élève ; elle se fonde en partie sur l'auto évaluation". Il convient cependant de préciser que l'évaluation et composée d'une évaluation certificative visant à établir un bilan des acquis des apprenants ; et de l'évaluation formative qui permet de recueillir de l'information sur l'évolution d'un apprenant par un diagnostic et ainsi de proposer une remédiation pour surmonter les difficultés. Selon Black et William en 1998 l'évaluation formative améliore l'apprentissage et les progrès.

Selon Morissette et Nadeau en 2011, les pratiques d'évaluation formatives peuvent prendre en considérations plusieurs critères au niveau de la régulation ; gage d'une adaptabilité plus complexe. Elles interviennent dans "les savoirs stratégiques, sur le processus de travail, sur les conditions de la pratique, sur les relations, sur la posture et sur les savoirs théoriques". Enfin il convient de noter que les conditions d'apprentissage sont un pré-requis à ce processus d'évaluation régulation.

Si je m'en réfère à mon expérience d'étudiante en reprise d'étude SED
, j'ai pris conscience de l'ambition et la difficulté à penser et organiser un tel processus évaluatif. Je fus cependant traversée par des questionnements sur les critères évaluatifs dits invisibles car laissant peu de possibilités d'interactions tant pour le formateur que l'étudiant. De plus, avoir accès aux corrigés de nos examens aurait-été, selon moi, d'un grand support évaluatif permettant une auto-régulation dans un contexte où la mobilisation cognitive laisse peu de place à un recul d'acculturation.

Penser l'évaluation c'est donc questionner le sens des apprentissages et permettre ainsi aux apprenants à évoluer, s'auto-évaluer dans une dynamique de progrès propices à leur apprentissage. Les critères ainsi que les indicateurs nécessaires à cette évaluation sont multiples et se doivent d'être pertinents pour ainsi donner lieu à une référencialisation adaptée permettant ainsi une aide à la décision viable.

Enfin, la philosophie de l'évaluation m'a permis de réfléchir une lecture analytique plus globale à l’évaluation. Elle montre comment, en dépit de ses faiblesses et contradictions, l’évaluation est l’objet d’une croyance collective qui est en train de devenir le cœur d’un mode de gouvernement et de gestion. Par voie de conséquence, la recherche en Sciences de l'éducation et de la formation est un levier indispensable pour penser l'évaluation comme une voie à l'émancipation.

Bibliographie

  1. Vial, M. (2012). L'évaluation comme gestion: L'évaluation des procédures (des moyens) : l'évaluation pour la gestion des programmes. Dans : , M. Vial, Se repérer dans les modèles de l’évaluation: Méthodes – Dispositifs – Outils (pp. 49-52). Louvain-la-Neuve: De Boeck Supérieur.
  2. Martuccelli, D. (2010). Critique de la philosophie de l'évaluation. Cahiers internationaux de sociologie, 128-129, 27-52. https://doi.org/10.3917/cis.128.0027
  3. Gérard, F. (2013). L'évaluation au service de la régulation des apprentissages : enjeux, nécessités et difficultés. Revue française de linguistique appliquée, XVIII, 75-92. https://doi.org/10.3917/rfla.181.0075
  4. Figari, G., Remaud, D. & Tourmen, C. (2014). Chapitre 3. Des définitions de l’évaluation. Dans : , C. Tourmen, Méthodologie d’évaluation en éducation et formation: Ou l’enquête évaluative (pp. 39-47). Louvain-la-Neuve: De Boeck Supérieur.