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HUGO ET SES COMBATS

SEQUENCE 4

Problématique : La littérature et l’art peuvent-ils éveiller les consciences et changer les choses ?
Objectif : découvrir les romans de Victor Hugo et son engagement politique à travers ses œuvres.

Lecture : Les Misérables – Claude Gueux

Chateaubriand ou rien !

Séance 1

Comment devient-on Victor Hugo ?

La vie de Victor Hugo

La Vie de Victor Hugo

Hugo est le "chef" des Romantiques (Romantisme)

Préface de Cromwell - Notre-Dame de Paris

1820-1831

Hugo homme politique, il va devenir député.

Le Dernier jour d'un condamné

1829-1848

Hugo, exilé politique, critique Napoléon III depuis Jersey et Guernesey.

Ecrit ses livres les plus célèbres.

1851-1870

Un homme complet

  1. Dans sa jeunesse quel régime politique V. Hugo défend-il ? Puis comment ses idées politiques évoluent-elles ?
  2. Quel est le nom du roman de 1829 qui se présente sous la forme d’un journal intime et qui est consacré au problème de la peine de mort ?
  3. En 1834, Victor Hugo publie un second roman consacré à la peine de mort et qui porte comme titre le nom du héros, lequel ?
  4. Dans quel roman de 1831 peut-on trouver les personnages d’Esméralda et de Quasimodo ?
  5. En 1846, quel drame vit V. Hugo ? Comment s’appelle le recueil de poèmes consacré à ce drame ?
  6. En 1846, quel drame vit V. Hugo ? Comment s’appelle le recueil de poèmes consacré à ce drame ?
  7. En 1848, Victor Hugo occupe une fonction politique, laquelle ?
  8. En 1851, l’écrivain quitte la France : pourquoi ? Quel pamphlet (= texte très critique) publie-t-il cette année-là ? Quand rentrera-t-il en France ?
  9. Donnez le nom du célèbre roman publié en 1862.


Introduction
des Misérables

Au travail !

Une oeuvre engagée

"Tant qu'il existera, par le fait des lois et des moeurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d'une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l'homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l'atrophie de l'enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l'asphyxie sociale sera possible ; en d'autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles."

Hauteville-House, 1er janvier 1862. Victor Hugo.

Prolétaire : Travailleur appartenant à la classe sociale ne possédant pas les moyens de production et qui doit pour vivre vendre sa force de travail pour laquelle il perçoit un salaire et par laquelle il crée de la plus-value

Une oeuvre engagée

Avant-garde des Misérables :
Hugo affirme dans ce texte que son oeuvre aura toujours une utilité tant que la misère existera : "tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles". Il évoque trois problème majeurs :
- la détresse ouvrière
- la condition des femmes au XIXe siècle
- la condition des mineurs au XIXe siècle

Prolétaire : Travailleur appartenant à la classe sociale ne possédant pas les moyens de production et qui doit pour vivre vendre sa force de travail pour laquelle il perçoit un salaire et par laquelle il crée de la plus-value

Alchimie d'un roman

Une vidéo à consulter pour en savoir plus sur Les Misérables d'Hugo.

CONDAMNE D'AVANCE...

Séance 2

Qu'incarne Jean Valjean ?

I]-Itinéraire d'un paria

Lecture : Héroïsme de l'obéissance passive (p. 28-30)

  1. Quelles difficultés rencontre Jean Valjean ?

  1. Quelle figure de style Jean Valjean utilise-t-il pour montrer le rejet des autres ?
  2. A quoi sert le passeport de Jean Valjean ? Trouvez-vous ça juste ?
  3. Quels problèmes de société est ici évoqué par Hugo ?

Lecture complémentaire : L'errance de Gwynplaine

Quelles difficultés rencontre Jean Valjean ?
Les difficultés que Jean Valjean rencontrent sont nombreuses. C'est un ancien forçat et il ne peut pas trouver de refuge pour dormir. Son passeport le stigmatise en le considérant comme un "criminel dangereux".
Quelle figure de style Jean Valjean utilise-t-il pour montrer le rejet des autres ?
A quoi sert le passeport de Jean Valjean ? Trouvez-vous ça juste ?
Quels problèmes de société est ici évoqué par Hugo ?

Lecture complémentaire : L'errance de Gwynplaine

Gwynplaine, est une jeune enfant de 10 ans, il se retrouve abandonné par des bandits. Il cherche un refuge avec une jeune fille âgée de quelques mois sur les épaules.

Lecture complémentaire : L'errance de Gwynplaine

L’enfant perdu portant l’enfant trouvé suivit la première rue, puis la seconde, puis une troisième. Il levait les yeux cherchant aux étages et sur les toits une vitre éclairée, mais tout était clos et éteint. Par intervalles, il cognait aux portes. Personne ne répondait. Rien ne fait le cœur de pierre comme d’être chaudement entre deux draps. Ce bruit et ces secousses avaient fini par réveiller la petite. Il s’en apercevait parce qu’il se sentait téter la joue. Elle ne criait pas, croyant à une mère. [...]

Là, au hasard, et sans choisir, et aux premières maisons venues, il heurta violemment. Ces coups, où il épuisait sa dernière énergie, étaient désordonnés et saccadés, avec des intermittences et des reprises presque irritées. C’était le battement de sa fièvre frappant aux portes. Une voix répondit. Celle de l’heure. Trois heures du matin sonnèrent lentement derrière lui au vieux clocher de Saint-Nicolas. Puis tout retomba dans le silence.
Que pas un habitant n’eût même entr’ouvert une lucarne, cela peut sembler surprenant. Pourtant dans une certaine mesure ce silence s’explique. Il faut dire qu’en janvier 1690 on était au lendemain d’une assez forte peste qu’il y avait eu à Londres, et que la crainte de recevoir des vagabonds malades produisait partout une certaine diminution d’hospitalité. On n’entrebâillait pas même sa fenêtre de peur de respirer leur miasme. L’enfant sentit le froid des hommes plus terrible que le froid de la nuit. C’est un froid qui veut. Il eut ce serrement du cœur découragé qu’il n’avait pas eu dans les solitudes. Maintenant il était rentré dans la vie de tous, et il restait seul. Comble d’angoisse. Le désert impitoyable, il l’avait compris ; mais la ville inexorable, c’était trop.

Lecture complémentaire : L'errance de Gwynplaine

Hugo critique dans cet extrait de L'Homme qui rit le manque d'hospitalité des villageois. Aucune porte ne s'ouvre pour accueillir un jeune enfant de 10 ans avec un bébé dans les bras alors qu'il neige cette nuit là. Hugo nousmontre que la solidarité est l'affaire de tous.

Dictée

Cosette, voient / voit / vois-tu ta petite robe, là, sur le lit ? la reconnais-tu ? Il n’y / ni a pourtant que dix ans de cela. Comme le temps passe ! Nous avons été bien heureux. C’est fini / finie / finit. Mes enfants, ne pleurez pas, je ne vais pas très loin. Je vous verrai / verrais / verrez de là. Vous n’aurez qu’à regarder quand il fera nuit, vous me verrez sourire. Cosette, te rappelle / rappel / rappelles-tu Montfermeil ? Tu étais dans le bois, tu avais bien peur ; te rappelles-tu quand j’ai pris l’anse du seau d’eau ? C’est la première fois que j’ai touché ta pauvre petite main. Elle était si froide ! Ah ! vous aviez les mains rouges dans ce temps-là, mademoiselle, vous les avez bien blanches / blanche maintenant. Et la grande poupée ! te rappelles-tu ? […] Tu jouais. Tu te mettais des cerises aux oreilles.

Dictée

Cosette, voient / voit / vois-tu ta petite robe, là, sur le lit ? la reconnais-tu ? Il n’y / ni a pourtant que dix ans de cela. Comme le temps passe ! Nous avons été bien heureux. C’est fini / finie / finit. Mes enfants, ne pleurez pas, je ne vais pas très loin. Je vous verrai / verrais / verrez de là. Vous n’aurez qu’à regarder quand il fera nuit, vous me verrez sourire. Cosette, te rappelle / rappel / rappelles-tu Montfermeil ? Tu étais dans le bois, tu avais bien peur ; te rappelles-tu quand j’ai pris l’anse du seau d’eau ? C’est la première fois que j’ai touché ta pauvre petite main. Elle était si froide ! Ah ! vous aviez les mains rouges dans ce temps-là, mademoiselle, vous les avez bien blanches / blanche maintenant. Et la grande poupée ! te rappelles-tu ? […] Tu jouais. Tu te mettais des cerises aux oreilles.

II]-L'histoire de Jean Valjean

Lecture : Jean Valjean (p. 31-33)

  1. Relève tous éléments qui montrent que Jean Valjean a eu un passé difficile ?
  2. Quelles sont les qualités de Jean Valjean ? Donnez des exemples.
  3. Quel événement va changer la vie de Jean Valjean ? Qu'en pensez-vous ?
  4. A quoi est condamné le personnage ? Trouvez-vous cette peine normale ?

Lecture : Jean Valjean (p. 31-33)

Relève tous éléments qui montrent que Jean Valjean a eu un passé difficile ?
Hugo dresse leportrait de Jean Valjean et on ne reconnaît pas celui d'un bagnard méchant mais on celui d'un homme issu d' "une pauvre famille de payans de la Brie". Il a perdu tôt ses parents (père mort au travail / mère pendant l'accouchement), il n'a pas appris à lire. Il n'a aucune chance de progrès social et va faire le métier de son père : "émondeur". Sa soeur avec ses sept enfants va s'occuper de lui.
Une fois adulte, il connaît encore la misère car son travail est "mal payé" et "rude" et il doit accumuler d'autres emplois pour subvenir aux besoins de la famille : moissonneur, manoeuvre, garçon de ferme...
Quelles sont les qualités de Jean Valjean ? Donnez des exemples.
Jean valjean est un homme affectueux ("nature affectueuse") et généreux. Il remplace le père des spet enfants. Même affamé, il va donner "le meilleur de son repas" aux enfants pour les nourrir. C'est un homme courageux, travailleur.
Quel événement va changer la vie de Jean Valjean ? Qu'en pensez-vous ?

A quoi est condamné le personnage ? Trouvez-vous cette peine normale ?

Relève tous éléments qui montrent que Jean Valjean a eu un passé difficile ?
Quelles sont les qualités de Jean Valjean ? Donnez des exemples.
Quel événement va changer la vie de Jean Valjean ? Qu'en pensez-vous ?
Jean Valjean va un jour voler un pain car sa famille meurt de faim. Il sera condamné à 5 ans de galère pour avoir voulu nourrir sa famille. Le manque de protection sociale a poussé Jean Valjean à devoir voler.
A quoi est condamné le personnage ? Trouvez-vous cette peine normale ?
Jean Valjean est condamné à 5 ans de galère. Il y a un décalage entre le fait qui est jugé (vol d'un pain) et la peine qui est disproportionnée. Elle ne tient pas compte des circonstances atténuantes.

Lecture complémentaire : Choses vues !

Que raconte Choses vues selon vous ?
Choses vues est un livre autobiographique écrit par Hugo dans lequel il raconte les événements qu'il observe au quotidien. Il se pose en tant que témoin.

Lecture complémentaire : Choses vues

« Hier, 22 février, j’allais à la Chambre des pairs. Il faisait beau et très froid, malgré le soleil et midi. Je vis venir rue de Tournon un homme que deux soldats emmenaient. Cet homme était blond, pâle, maigre, hagard ; trente ans à peu près, un pantalon de grosse toile, les pieds nus et écorchés dans des sabots avec des linges sanglants roulés autour des chevilles pour tenir lieu de bas ; une blouse courte et souillée de boue derrière le dos, ce qui indiquait qu’il couchait habituellement sur le pavé, la tête nue et hérissée. Il avait sous le bras un pain. Le peuple disait autour de lui qu’il avait volé ce pain et que c’était à cause de cela qu’on l’emmenait. En passant devant la caserne de gendarmerie, un des soldats y entra et l’homme resta à la porte, gardé par l’autre soldat.

Une voiture était arrêtée devant la porte de la caserne. C’était une berline armoriée portant aux lanternes une couronne ducale, attelée de deux chevaux gris, deux laquais en guêtres derrière. Les glaces étaient levées mais on distinguait l’intérieur tapissé de damas bouton d’or. Le regard de l’homme fixé sur cette voiture attira le mien. Il y avait dans la voiture une femme en chapeau rose, en robe de velours noir, fraîche, blanche, belle, éblouissante, qui riait et jouait avec un charmant petit enfant de seize mois enfoui sous les rubans, les dentelles et les fourrures.
Cette femme ne voyait pas l’homme terrible qui la regardait.
Je demeurai pensif.
Cet homme n’était plus pour moi un homme, c’était le spectre de la misère, c’était l’apparition brusque, difforme, lugubre, en plein jour, en plein soleil, d’une révolution encore plongée dans les ténèbres mais qui vient. Autrefois le pauvre coudoyait le riche, ce spectre rencontrait cette gloire ; mais on ne se regardait pas. On passait. Cela pouvait durer ainsi longtemps. Du moment où cet homme s’aperçoit que cette femme existe tandis que cette femme ne s’aperçoit pas que cet homme est là, la catastrophe est inévitable

FANTINE ET SON FARDEAU

Séance 3

Comment à travers l'histoire de Fantine, Hugo dénonce-t-il les problèmes de la condition féminine au XIXe siècle ?

I]-Confier, c'est quelquefois livrer

Lecture : Une mère qui en rencontre une autre (p. 39-42)

Qui est Fantine ?

Fantine est une jeune femme contrainte de quitter son emploi à cause de sa situation familiale, à l'époque avoir un enfant sans être mariée est mal vu. Cela empêche Fantine de trouver un emploi.

A quelle condition les Thénardier acceptent-ils d’élever Cosette ?
Les Thénardier acceptent d'élever Cosette si et seulement si elle verse 7 francs par mois. Ils veulent s'enrichir sur le dos d'une femme malheureuse.
Les Thénardier élèvent-ils correctement Cosette ? Comment la traitent-ils ?
Les Thénardier n'élèvent pas Cosette correctement, ils la maltraitent. Elle sert de domestique dès le plus jeune âge, on le voit avec l'énumération (p.77) : "Cosette montait, descendait, lavait, brossait, frottait, balayait... toute chétive, faisait les grosses besognes."
Quels mensonges les Thénardier disent-ils à Fantine ? Se doute-t-elle de quelque chose ?
Les T font croire à Fantine que Cosette est malade pour avoir de l'argent.

Les Thénardier

Débat : Fantine a-t-elle raison de "confier" sa fille ?

  1. On éloigne Cosette de sa mère, sa seule famille.
  2. Fantine ne connaît pas les Thénardier et ne se doute pas de l'avenir malheureux de Cosette.
  3. Les Thénardier ont l'air avides d'argent
  4. Les enfants ne sont des marchandises : "le marché fut conclu".

VS

CONTRE

  1. Fantine n'a pas de logement, ni de salaire. Elle ne peut pas réponde aux besoins de sa fille.
  2. Fantine aura besoin de se séparer de sa fille pour trouver un emploi
  3. La mère Thénardier a l'air de bien s'occuper de ses deux filles. Ces dernières ont un bon contact avec Cosette.

POUR

II]-Le sacrifice d'une mère

Lecture : Les Misérables - pages 49-54

Une descente aux enfers

Fantine a toujours eu des problèmes d'argent

Une enfant d'ouvrier

Fantine a eu un enfant avec un homme qui l'a quittée - elle n'était pas mariée

Un non mariage

A cause de Cosette, Fantine va devoir quitter son emploi et donc son salaire

La perte de l'emploi

Retrace la longue décadance de Fantine et explique les différentes étapes qui l'ont ammenée vers la misère.

Les ouvrières découvrent que Fantine a un enfant - On remet à Fantine un mot expliquant qu'elle doit quitter l'entreprise et la ville .

Fantine virée

Fantinepaye les T 6, puis 12 puis 15 Francs. Elle vend ses cheveux pour payer une jupe à Cosette. Cette jupe sera pour Eponine.

Les Thénardier augmentent la pension

Les T font croire que Cosette a besoin de médicaments et Fantine, pour payer, va vendre ses dents.

Cosette malade ?

Fantine doit abandonner sa fille aux Thénardier pour retrouver un emploi

L'abandon

Fantine est arrêtée par Javert qui veut la condamner à 6 mois de prison.

L'arrestation

Fantine meurt car elle sait qu'elle ne verra plus jamais sa fille à cause de l'arrestation de Jean Valjean.

La mort

Pour payer les T, elle est contrainte de se prostituer,

La prostitution

1) Comment Fantine et M. Madeleine se rencontrent-ils ? Pourquoi la jeune femme le déteste-telle ?

2) De quelle situation délicate M. Madeleine la sort-il ensuite ?
3) Quelle promesse le maire fait-il à la jeune fille ?
4) Comment Fantine meurt-elle ?

Une rencontre déterminante

Bilan : En t’appuyant sur tes réponses précédentes, explique pourquoi Fantine est une « Misérable ».
Que dénonce Victor Hugo à travers ce personnage ? Que reproche-t-il à la société dans cette
histoire ?

FANTINE

Les figures de style dans Les Misérables

Dictée

Ce sont là des choses du passé. Les forêts où l’on a passé / passer / passés avec son enfant, les arbres où l’on s’est / c’est /ses promené, les couvents où l’on s’est caché, les jeux, les bons rires de l’enfance, c’est de l’ombre. […] Cosette, voici le moment venu de te dire le nom de ta mère. Elle s’appelait Fantine. Retiens ce nom-là : Fantine. Mets-toi à genoux toutes les fois que tu le prononceras. Elle a bien souffert. Elle t’a bien aimée. Elle a eu en malheur tout ce que tu as / à / a de bonheur. Ce sont les partages de Dieu. Il est là-haut, il nous voit tous, et il sait ce qu’il fait au milieu de ses grandes étoiles. Je vais donc m’en aller, mes enfants. Aimez-vous bien toujours. Il n’y a guère autre chose que cela dans le monde : s’aimer / aimé / aimée.

Dictée

Ce sont là des choses du passé. Les forêts où l’on a passé avec son enfant, les arbres où l’on s’est promené, les couvents où l’on s’est caché, les jeux, les bons rires de l’enfance, c’est de l’ombre. […] Cosette, voici le moment venu de te dire le nom de ta mère. Elle s’appelait Fantine. Retiens ce nom-là : Fantine. Mets-toi à genoux toutes les fois que tu le prononceras. Elle a bien souffert. Elle t’a bien aimée. Elle a eu en malheur tout ce que tu as de bonheur. Ce sont les partages de Dieu. Il est là-haut, il nous voit tous, et il sait ce qu’il fait au milieu de ses grandes étoiles. Je vais donc m’en aller, mes enfants. Aimez-vous bien toujours. Il n’y a guère autre chose que cela dans le monde : s’aimer.

Lecture complémentaire : Choses vues

Dans Choses vues, Hugo trouve l'inspiration de ses personnages littéraires : Jean Valjean et Claude Gueux. Il raconte qu'il a vu un homme pauvre aller en prison pour avoir volé un pain.
Il évoque un problème plus général. La présence de cette femme riche qui ne réagit pas à l'arrestation de cet homme est un autre problème. Pour Hugo, la misère est "inévitable" à partir du moment où les riches ne voient pas les pauvres : "Du moment où cet homme s’aperçoit que cette femme existe tandis que cette femme ne s’aperçoit pas que cet homme est là, la catastrophe est inévitable"


Cosette : Une promesse respectee

Séance 4

Objectif : comparer l'évolution de Cosette et celle des filles Thénardier.

II]-L'enfance de trois petites filles

Lecture : Les Misérables - pages 40 - 84 - 86

Doc 1 - La première description de Cosette (page 40)

L’enfant de cette femme était un des plus divins êtres qu’on pût voir. C’était une fille de deux à trois ans. Elle eût pu jouter avec les deux autres pour la coquetterie de l’ajustement ; elle avait un bavolet de linge fin, des rubans à sa brassière et de la valenciennes à son bonnet. Le pli de sa jupe relevée laissait voir sa cuisse blanche, potelée et ferme. Elle était admirablement rose et bien portante. La belle petite donnait envie de mordre dans les pommes de ses joues. On ne pouvait rien dire de ses yeux, sinon qu’ils devaient être très grands et qu’ils avaient des cils magnifiques. Elle dormait. Elle dormait de ce sommeil d’absolue confiance propre à son âge. Les bras des mères sont faits de tendresse ; les enfants y dorment profondément.

Doc 2 - La deuxième description de Cosette (page 84)

Cosette était laide. Heureuse, elle eût peut-être été jolie. Cosette était maigre et blême. Elle avait près de huit ans, on lui en eût donné à peine six. Ses grands yeux enfoncés dans une sorte d’ombre profonde étaient presque éteints à force d’avoir pleuré. Les coins de sa bouche avaient cette courbe de l’angoisse habituelle, qu’on observe chez les condamnés et chez les malades désespérés. Le feu qui l’éclairait en ce moment faisait saillir les angles de ses os et rendait sa maigreur affreusement visible. Tout son vêtement n’était qu’un haillon qui eût fait pitié l’été et qui faisait horreur l’hiver. Elle n’avait sur elle que de la toile trouée ; pas un chiffon de laine. On voyait sa peau çà et là, et l’on y distinguait partout des taches bleues ou noires qui indiquaient les endroits où la Thénardier l’avait touchée. Ses jambes nues étaient rouges et grêles. Le creux de ses clavicules était à faire pleurer. Toute la personne de cette enfant, son allure, son attitude, le son de sa voix, ses intervalles entre un mot et l’autre, son regard, son silence, son moindre geste, exprimaient et traduisaient une seule idée : la crainte. La crainte était répandue sur elle ; elle en était pour ainsi dire couverte ; la crainte ramenait ses coudes contre ses hanches, retirait ses talons sous ses jupes, lui faisait tenir le moins de place possible, ne lui laissait de souffle que le nécessaire, et était devenue ce qu’on pourrait appeler son habitude de corps, sans variation possible que d’augmenter. Il y avait au fond de sa prunelle un coin étonné où était la terreur.

Compare les descirptions de Cosette des documents 1 et 2 selon les aspects suivants : âge de Cosette, allure générale, yeux, vêtements, attitude, description méliorative ou péjorative.

VS

Doc 2 : Cosette chez les Thénardier

  1. âge : 3 ans
  2. allure : coquette - bien portante
  3. yeux : magnifiques - beaux
  4. vêtements : beaux vêtements - linge fin - ruban - elle met des vêtement de valencienne
  5. attitude : sereine - heureuse

Doc 1 : Cosette avec Fantine

âge : 8 ans (on lui en donnerait 6)
allure : laide - maigre et blême - elle semble malade et mal nourrie - les os ressortent - elle a des "taches bleues".
yeux : yeux enfoncés - éteints à force d'avoir pleuré
vêtements : elle porte un haillon, de la toile trouée
attitude :elle vit dans la peur - la crainte d'être battue

Doc 3 : La première description d’Eponine et Azelma page 86

C’étaient vraiment deux jolies petites filles, plutôt bourgeoises que paysannes, très charmantes, l’une avec ses tresses châtaines bien lustrées, l’autre avec ses longues nattes noires tombant derrière le dos, toutes deux vives, propres, grasses, fraîches et saines à réjouir le regard. Elles étaient chaudement vêtues, mais avec un tel art maternel, que l’épaisseur des étoffes n’ôtait rien à la coquetterie de l’ajustement. L’hiver était prévu sans que le printemps fût effacé. Ces deux petites dégageaient de la lumière. En outre, elles étaient régnantes. Dans leur toilette, dans leur gaîté, dans le bruit qu’elles faisaient, il y avait de la souveraineté. Eponine et Azelma ne regardaient pas Cosette. C’était pour elles comme le chien. Ces trois petites filles n’avaient pas vingt-quatre ans à elles trois, et elles représentaient déjà toute la société des hommes; d’un côté l’envie, de l’autre le dédain.

Doc 3 : La première description d’Eponine et Azelma page 86

C’étaient vraiment deux jolies petites filles, plutôt bourgeoises que paysannes, très charmantes, l’une avec ses tresses châtaines bien lustrées, l’autre avec ses longues nattes noires tombant derrière le dos, toutes deux vives, propres, grasses, fraîches et saines à réjouir le regard. Elles étaient chaudement vêtues, mais avec un tel art maternel, que l’épaisseur des étoffes n’ôtait rien à la coquetterie de l’ajustement. L’hiver était prévu sans que le printemps fût effacé. Ces deux petites dégageaient de la lumière. En outre, elles étaient régnantes. Dans leur toilette, dans leur gaîté, dans le bruit qu’elles faisaient, il y avait de la souveraineté. Eponine et Azelma ne regardaient pas Cosette. C’était pour elles comme le chien. Ces trois petites filles n’avaient pas vingt-quatre ans à elles trois, et elles représentaient déjà toute la société des hommes; d’un côté l’envie, de l’autre le dédain.

Relève dans les documents 2 et 3 tous les termes qui s’opposent

VS

Eponine et Azelma

Cosette

Bilan :

Les deux desciptions servent à montrer que les Thénardier ont détruits Cosette, elle aurait pu être belle et heureuse sans les malheurs de sa mère. Hugo veut montrer que la misère ravage les enfants.
La comparaison avec les filles Thénardier montre que ces derniers vivent au dessus de leurs moyens et utilisent l'argent de Fantine pour gâter leurs filles. Eponine et Azelma sont bien traîtées contrairement à Cosette, d'ailleurs elles la méprisent.


Doc 4 - La troisième description de Cosette (page 114)

Aux heures des récréations, Jean Valjean regardait de loin Cosette jouer et courir, et il distinguait son rire du rire des autres. Car maintenant Cosette riait. La figure de Cosette en était même jusqu'à un certain point changée. Le sombre en avait disparu. Le rire, c'est le soleil; il chasse l'hiver du visage humain. Cosette, toujours pas jolie, devenait bien charmante d'ailleurs. Elle disait des petites choses raisonnables avec sa douce voix enfantine.

Quelle évolution apparaît dans le document 4 ?

Quelle figure de style est utilisée dans la phrase soulignée ?

II]-L'adolescence de trois jeunes filles

Lecture : Les Misérables - pages 132-142 / 170-171

A travers les yeux de quel personnage Cosette est-elle décrite ? Quel est le point de vue adopté ?
La scène est vue à travers les yeux de Marius, son regard sur Cosette change ; il finit par la trouver belle.
Point de vue interne : à travers un personnage.
Point de vue externe : le narrateur n'est pas un personnage de l'histoire. Le narrateur ne raconte uniquement ce qu'il voit = caméra de surveillance
Point de vue omniscient : le narrateur sait tout, les pensées des personnages ...
Explique le titre page 134 : « Luc facta est »
"La lumière fut" = Cosette est devenue belle et séduisante.




Lecture doc. 5 et 6

Synthèse

Montre que le destin a « récompensé » Cosette et « puni » les Thénardier.

Montre que Jean Valjean a respecté sa promesse et sauvé la vie de Cosette.
Cosette est récompensée par le destin car Jean Valjean l'a sauvée en tenant sa promesse. Elle finit heureuse, retrouve sa beauté et se marie avec Marius, un homme bon et honnête. Les Thénardier finissent dans la Misère. Comme dans le conte, les bons sont récompensés et les méchants punis.

Condamne a mort

Séance 5

Objectif : Comprendre l'engagement d'Hugo dans la volonté de réformer le système pénitencier.

Claude Gueux

  • LIEU :
  • EPOQUE :
  • NOM DU PERSONNAGE :
  • SITUATION FAMILIALE :
  • SITUATION SOCIALE :

Où Claude arrive-t-il ? Quelle est la particularité de cette prison ?

Que font les prisonniers pendant leurs journées ? (p.________)
De quoi souffrent les prisonniers, en particulier Claude ? Relève une phrase qui le prouve. (p.____)
Qu’est-ce qui justifie la comparaison entre Claude Gueux et M. de Cotadilla, duc d’Espagne ?

Le quotidien d'une prison

Analyse d’images : Vincent Van Gogh, La Ronde des prisonniers (1890) – Gustave Doré, En Prison (promenades des détenu).

1. Décrivez l’attitude et le mouvement des prisonniers : que traduisent-ils ?

2. Par qui les prisonniers sont-ils surveillés ?
3. Claude Gueux dit au directeur : « moi, je n’ai que les quatre murs de la prison ». Ce tableau peut-il illustrer ce constat ?
4. Pourquoi peut-on rapprocher la tenue des prisonniers de celle des détenus de la maison centrale de Clairvaux ? (p. ___)