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Du monde bipolaire au monde multipolaire

Marika Massoutier - Term STMG - Institut Fénelon

Histoire - thème 2

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Après 1945, les deux grandes puissances issues de la Seconde Guerre mondiale se livrent une guerre froide pour dominer le monde, alors que les pays colonisés accèdent à l’indépendance.

La compétition des deux grands se poursuit même dans l’espace, de Gagarine à la guerre des étoiles.

Après 1991, les États-Unis s’affirment comme les « gendarmes du monde » mais sont visés par les attentats du 11 septembre 2001. (Sujet d’étude)

Aujourd’hui, de nouvelles puissances émergent, alors que l’Union européenne demeure un pôle important, mais fragile, dans un monde multipolaire.

Comment évoluent les relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ?

Problématique :

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Au commencement, la course au nucléaire...

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les deux grands vainqueurs veulent dominer le monde : d'un côté, les États-Unis ; de l'autre, la Russie, appelée l'Union soviétique, à l'époque.

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Qu'est-ce que la Guerre froide ?

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les deux grands vainqueurs veulent dominer le monde : d'un côté, les États-Unis ; de l'autre, la Russie, appelée l'Union soviétique, à l'époque.

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Vocabulaire

Endiguement : politique américaine visant à stopper l’expansion du communisme par une aide économique et militaire aux pays alliés des États-Unis.

Notion travaillée : guerre froide, monde bipolaire.

Capacité : savoir lire, comprendre et critiquer une carte, un croquis, un document iconographique, une série statistique.

Notions

Guerre froide : affrontement fondé sur une opposition idéologique entre les États-Unis et l’URSS (1947-1991). Des crises voire des conflits armés ont lieu sur les zones périphériques.

Monde bipolaire : monde dominé par les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis et l’URSS mettent en place un système d’alliance diplomatique, économique et militaire pour structurer leurs blocs.

Itinéraire 1

1. Présentez les deux textes. Quels sont leurs points communs et leurs différences ? En quoi la comparaison est-elle intéressante ? (doc. 1)


2. Décrivez le personnage central : qui représente-t-il et que fait-il ? (doc. 2)


3. Expliquez la réaction de J. F. Kennedy lors de la découverte des missiles soviétiques sur l’île de Cuba. (doc. 3)


4. Comment réagit Khrouchtchev ? Quelle est l’issue de la crise ? (doc. 3)

Aux origines de la guerre froide

La doctrine Truman


Dans ce discours, le président américain définit la nouvelle politique extérieure américaine (endiguement).

En ce moment présent, presque toutes les nations se trouvent placées devant le choix entre deux modes de vie. Et, trop souvent, ce choix n’est pas un libre choix.

L’un de ces modes de vie est basé sur la volonté de la majorité. Ses principaux caractères sont des institutions libres, des gouvernements représentatifs, des élections libres, des garanties pour la liberté individuelle, la liberté d’expression et de religion, et pour être libre de toute oppression politique.

Le second mode de vie est basé sur la volonté d’une minorité imposée à la majorité. Il s’appuie sur la terreur et l’oppression, sur une radio et une presse contrôlées, sur des élections dirigées et sur la suppression de la liberté individuelle.

Les États-Unis doivent pratiquer une politique d’aide aux peuples libres qui résistent actuellement aux manœuvres de certaines minorités armées, ou à la pression extérieure.

Harry Truman, discours au Congrès des États-Unis, 12 mars 1947.



La doctrine Jdanov


En septembre 1947, lors d’une réunion des Partis communistes européens, le délégué soviétique, bras droit de Staline, Andreï Jdanov fait approuver une nouvelle doctrine.

Deux camps se sont formés dans le monde : d’une part, le camp impérialiste et antidémocratique qui a pour but l’établissement de la domination mondiale de l’impérialisme américain et l’écrasement de la démocratie, et, d’autre part, le camp anti-impérialiste et démocratique, dont le but essentiel consiste à saper l’impérialisme, à renforcer la démocratie, à liquider les restes du fascisme […].

Communiqué publié à l’issue de la conférence communiste internationale de Szklarska Poreba (Pologne), octobre 1947

La puissance américaine vue de Moscou

« Des phrases et… des bases », affiche de propagande soviétique de 1952. Le speaker à la radio américaine dit : « Paix, défense, désarmement. »


La crise des missiles de Cuba (octobre 1962) : de l’affrontement des superpuissances au dialogue

John F. Kennedy explique la crise aux Américains


Cette décision soudaine et clandestine d’implanter pour la première fois des armes stratégiques hors du sol soviétique constitue une modification délibérément provocatrice et injustifiée du statu quo1, qui ne peut être accepté par notre pays si nous voulons que notre courage et nos engagements soient reconnus comme valables par nos amis comme par nos ennemis.

John F. Kennedy, déclaration télévisée du 22 octobre 1962.



Khrouchtchev présente sa version de la crise

Le président Kennedy, dans un ultimatum, exigea que nous retirions les fusées et les bombardiers amenés à Cuba. Je garde un souvenir très vif de ces journées […], particulièrement cet échange avec Kennedy parce que j’en pris moi-même l’initiative et que c’est moi qui envoyais les messages et recevais les réponses. Je revendique l’entière responsabilité du contact direct qui s’établit entre le président Kennedy et moi-même au moment le plus crucial et le plus dangereux de la crise.

Nikita Khrouchtchev, Souvenirs, Paris, 1971.

1. Statu quo : situation qui ne change pas.

Chronologie

14 octobre 1962 : découverte par un avion espion américain d’une base de missiles nucléaires soviétiques à Cuba.

22 octobre 1962 : discours télévisé du président Kennedy annonçant le début du blocus naval américain de l’île de Cuba.

25 octobre 1962 : les navires soviétiques en route pour Cuba sont bloqués et font demi-tour.

28 octobre 1962 : Khrouchtchev accepte le retrait des missiles à Cuba en échange du retrait des missiles américains en Turquie qui menaçaient l’URSS.

1963 : une liaison téléphonique (Télex) directe est établie entre Moscou et Washington.

Vocabulaire

Endiguement : politique américaine visant à stopper l’expansion du communisme par une aide économique et militaire aux pays alliés des États-Unis.

Notion travaillée : guerre froide, monde bipolaire.

Capacité : savoir lire, comprendre et critiquer une carte, un croquis, un document iconographique, une série statistique.

Notions

Guerre froide : affrontement fondé sur une opposition idéologique entre les États-Unis et l’URSS (1947-1991). Des crises voire des conflits armés ont lieu sur les zones périphériques.

Monde bipolaire : monde dominé par les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis et l’URSS mettent en place un système d’alliance diplomatique, économique et militaire pour structurer leurs blocs.

Itinéraire 1

1. Présentez les deux textes. Quels sont leurs points communs et leurs différences ? En quoi la comparaison est-elle intéressante ? (doc. 1)

Ces deux textes très célèbres marquent la naissance de la guerre froide entre les deux puissances qui découpent le monde en deux modèles opposés.

Le discours de Truman, le 12 mars 1947, devant le Congrès, constitue l’acte fondateur de la guerre froide et met en place une politique de containment, d’« endiguement » du communisme dans le monde. La doctrine Truman sert de fondement à la politique américaine à venir (plan Marshall juin 1947), signature du traité de l’Atlantique nord (1949), puis réseau d’alliances internationales (« pactomanie »).

La doctrine Jdanov est énoncée le 22 septembre 1947, lors de la réunion constitutive du Kominform en Pologne. Elle constitue la réplique soviétique à la doctrine Truman et au plan Marshall.

Les deux doctrines posent le principe de la division du monde en deux blocs antagonistes, aux frontières idéologiques nettes.

Pour Jdanov, il y a d’un côté un « camp impérialiste et antidémocratique » et de l’autre le camp « anti-impérialiste et antifasciste » qui peut compter sur l’appui des partis communistes qui rejoignent l’opposition, notamment en France, et en Italie.

La relative similitude entre les deux textes permet de montrer les débuts et fondements de la guerre froide. Les deux pays obéissent à la même logique de blocs fondamentalement opposés, sur le plan économique, culturel et idéologique. Il s’agit d’un nouveau type de conflit.


2. Décrivez le personnage central : qui représente-t-il et que fait-il ? (doc. 2)

Pendant la guerre froide, la propagande prend un rôle très important, notamment pour dénoncer l’adversaire. Cette affiche soviétique, datant de 1952 (un an avant la mort de Staline) dénonce le double jeu américain – en montrant l’opposition entre les deux personnages représentant les intérêts américains. Alors que le speaker de la radio*, une branche d’olivier dans la main, promet « paix, défense, désarmement », le soldat américain installe des bases militaires en Italie et en Grèce – où une guerre civile a opposé communistes et royalistes.

*Le Congrès américain subventionna la radio Free Europe pour diffuser vers les pays du bloc communiste une contre-propagande anti-communiste.


3. Expliquez la réaction de J. F. Kennedy lors de la découverte des missiles soviétiques sur l’île de Cuba. (doc. 3)

Le 22 octobre 1962, Kennedy décide de dramatiser sa réaction en s’adressant à la télévision à la population américaine – et au reste du monde. Il dénonce la rupture du statu quo, c’est-à-dire l’installation de lampes de lancement de missiles soviétique sur l’URSS – mettant pour la 1re fois une partie des États-Unis à portée d’attaquées nucléaires de la part des Soviétiques. Appliquant pour la première fois la doctrine de la riposte graduée, il annonce le blocus de l’île, le renforcement de sa surveillance et menace l’URSS de frappes nucléaires. Il demande à Khrouchtchev de retirer ses navires et de démanteler les lampes de lancement.


4. Comment réagit Khrouchtchev ? Quelle est l’issue de la crise ? (doc. 3)

Malgré les invitations de Castro à déclencher une attaque nucléaire contre les États-Unis, Khrouchtchev cède. Il donne l’ordre aux bateaux soviétiques de faire demi-tour et promet le démontage des rampes. En contrepartie il obtient la levée du blocus, l’engagement américain à ne plus menacer l’île, ainsi que le démantèlement des fusées américaines à moyenne portée de Turquie.

Le dénouement de la crise constitue une victoire pour Kennedy, dont le prestige en sort affirmé. Cet épisode met fin à la première partie de la guerre froide et annonce la détente.

Aux origines de la guerre froide

La doctrine Truman


Dans ce discours, le président américain définit la nouvelle politique extérieure américaine (endiguement).

En ce moment présent, presque toutes les nations se trouvent placées devant le choix entre deux modes de vie. Et, trop souvent, ce choix n’est pas un libre choix.

L’un de ces modes de vie est basé sur la volonté de la majorité. Ses principaux caractères sont des institutions libres, des gouvernements représentatifs, des élections libres, des garanties pour la liberté individuelle, la liberté d’expression et de religion, et pour être libre de toute oppression politique.

Le second mode de vie est basé sur la volonté d’une minorité imposée à la majorité. Il s’appuie sur la terreur et l’oppression, sur une radio et une presse contrôlées, sur des élections dirigées et sur la suppression de la liberté individuelle.

Les États-Unis doivent pratiquer une politique d’aide aux peuples libres qui résistent actuellement aux manœuvres de certaines minorités armées, ou à la pression extérieure.

Harry Truman, discours au Congrès des États-Unis, 12 mars 1947.



La doctrine Jdanov


En septembre 1947, lors d’une réunion des Partis communistes européens, le délégué soviétique, bras droit de Staline, Andreï Jdanov fait approuver une nouvelle doctrine.

Deux camps se sont formés dans le monde : d’une part, le camp impérialiste et antidémocratique qui a pour but l’établissement de la domination mondiale de l’impérialisme américain et l’écrasement de la démocratie, et, d’autre part, le camp anti-impérialiste et démocratique, dont le but essentiel consiste à saper l’impérialisme, à renforcer la démocratie, à liquider les restes du fascisme […].

Communiqué publié à l’issue de la conférence communiste internationale de Szklarska Poreba (Pologne), octobre 1947

La puissance américaine vue de Moscou

« Des phrases et… des bases », affiche de propagande soviétique de 1952. Le speaker à la radio américaine dit : « Paix, défense, désarmement. »


La crise des missiles de Cuba (octobre 1962) : de l’affrontement des superpuissances au dialogue

John F. Kennedy explique la crise aux Américains


Cette décision soudaine et clandestine d’implanter pour la première fois des armes stratégiques hors du sol soviétique constitue une modification délibérément provocatrice et injustifiée du statu quo1, qui ne peut être accepté par notre pays si nous voulons que notre courage et nos engagements soient reconnus comme valables par nos amis comme par nos ennemis.

John F. Kennedy, déclaration télévisée du 22 octobre 1962.



Khrouchtchev présente sa version de la crise

Le président Kennedy, dans un ultimatum, exigea que nous retirions les fusées et les bombardiers amenés à Cuba. Je garde un souvenir très vif de ces journées […], particulièrement cet échange avec Kennedy parce que j’en pris moi-même l’initiative et que c’est moi qui envoyais les messages et recevais les réponses. Je revendique l’entière responsabilité du contact direct qui s’établit entre le président Kennedy et moi-même au moment le plus crucial et le plus dangereux de la crise.

Nikita Khrouchtchev, Souvenirs, Paris, 1971.

1. Statu quo : situation qui ne change pas.

Chronologie

14 octobre 1962 : découverte par un avion espion américain d’une base de missiles nucléaires soviétiques à Cuba.

22 octobre 1962 : discours télévisé du président Kennedy annonçant le début du blocus naval américain de l’île de Cuba.

25 octobre 1962 : les navires soviétiques en route pour Cuba sont bloqués et font demi-tour.

28 octobre 1962 : Khrouchtchev accepte le retrait des missiles à Cuba en échange du retrait des missiles américains en Turquie qui menaçaient l’URSS.

1963 : une liaison téléphonique (Télex) directe est établie entre Moscou et Washington.

Pour mémoriser :

1. Donner les dates de début et de fin de la guerre froide.

2. Dire ce qu’est la crise de Cuba.

3. Donner le nom des deux alliances militaires en Europe.

Pour mémoriser :

1. Donner les dates de début et de fin de la guerre froide.

2. Dire ce qu’est la crise de Cuba.

3. Donner le nom des deux alliances militaires en Europe.

La guerre froide commence en 1947 (doctrine Truman) et se termine en 1989 (chute du mur de Berlin).

Il s’agit d’un affrontement opposant directement les deux grandes puissances. Un risque de conflit nucléaire existait donc.

L’OTAN du côté américain (en 1950) constitue le volet militaire du traité de l’Atlantique nord. Sa fondation s’accompagne de la mise en place en Europe de bases américaines : en 1955, près de 400 000 soldats américains stationnent en Europe.

Du côté soviétique, le pacte de Varsovie met en place une alliance militaire sous contrôle de l’URSS.

La décolonisation permet l’émergence du tiers-monde

La Seconde Guerre mondiale fragilise les puissances coloniales et renforce la volonté d’indépendance des peuples colonisés qui bénéficient du soutien des États-Unis et de l’URSS, hostiles à la domination coloniale. Enfin, l’ONU devient une tribune anticoloniale au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes..

+info

Russians, Sting, 1985.




La Seconde Guerre mondiale fragilise les puissances coloniales et renforce la volonté d’indépendance des peuples colonisés qui bénéficient du soutien des États-Unis et de l’URSS, hostiles à la domination coloniale. Enfin, l’ONU devient une tribune anticoloniale au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes..

La décolonisation permet l’émergence du tiers-monde

Notion travaillée : décolonisation

Capacité : savoir lire, comprendre et critiquer une carte, un croquis, un document iconographique, une série statistique

Notion

Décolonisation : passage d’un territoire du statut de colonie dominée par une puissance extérieure à celui d’État indépendant. Ce processus s’est généralement accompagné de violences plus ou moins intenses.

Itinéraire 1

1. Sur quels grands principes Ho Chi Minh justifie-t-il ses revendications d’indépendance et en quoi cela est-il particulièrement convaincant ? (doc. 1)


2. Que revendiquent les pays réunis à Bandung et comment interprètent-ils la colonisation européenne ? (doc. 2)


3. Décrivez le document et montrez comment il témoigne des violences qui accompagnent l’indépendance de l’Inde et du Pakistan. (doc. 3)


4. Quelle stratégie adopte N’Krumah pour conduire le Ghana à l’autonomie puis à l’indépendance ? (doc.4)


5. Que revendiquent exactement les habitants du Congo belge en juillet 1960 ? (doc. 5)

Le Vietnam proclame son indépendance

Ho Chi Minh, chef du Parti communiste vietnamien, revendique l’indépendance du Vietnam.


« Tous les hommes naissent égaux. Le Créateur nous a donné des droits inviolables, le droit de vivre, le droit d’être libres et le droit de réaliser notre bonheur. » Cette parole immortelle est tirée de la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique en 1776. Prise dans un sens plus large, cette phrase signifie : tous les peuples sur la Terre sont nés égaux ; tous les peuples ont le droit de vivre, d’être heureux, d’être libres.

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Révolution française de 1791 proclame également : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »

Ce sont là des vérités indéniables. Et pourtant, pendant plus de quatre-vingts années, les colonialistes français, abusant du drapeau de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, ont violé notre terre et opprimé nos compatriotes. […] Ils nous ont privés de toutes les libertés. Ils nous ont imposé des lois inhumaines. […]

Pour ces raisons, nous proclamons solennellement au monde entier : le Vietnam a le droit d’être libre et indépendant.

Ho Chi Minh, discours à Hanoï, le 2 septembre 1945.

Aimé Césaire évoque la conférence de Bandung (du 18 au 24 avril 1955)

La conférence de Bandung réunit en Indonésie les représentants de vingt-neuf pays africains et asiatiques. Elle marque l’entrée sur la scène internationale des pays du tiers-monde qui ne souhaitent pas intégrer l’un des deux blocs.

On se souvient de la conférence de Bandung. Que s’est-il passé de mémorable à Bandung ? Ceci : qu’un milliard cinq cent millions d’hommes se sont réunis dans une ville d’Asie pour proclamer solennellement que l’Europe n’avait plus vocation pour diriger unilatéralement le monde, pour proclamer que la domination européenne sur les parties non européennes du globe avait conduit le monde à une impasse dont il importait de sortir. […]

Le monde entier sait […] que le temps du régime colonial est passé.

Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais, Les Temps Modernes, mars-avril 1956.


Les conséquences de la partition des Indes

Une de Time du 27 octobre 1947. « Inde : Liberté et mort ». Les estimations évoquent un nombre de morts allant de 200 000 à 1 million.

Le Congo belge devient indépendant (1960)

Manifestation à Léopoldville (capitale du Congo belge) au moment de l’indépendance en juillet 1960.

N’Krumah et la stratégie pour conquérir l’indépendance

Nkrumah est le leader indépendantiste puis le Premier ministre de la Côte-de-l’Or. Après l’octroi de l’autonomie interne en 1951, cette colonie britannique obtient son indépendance totale en 1957 et prend le nom de Ghana.

Je signalai qu’il y avait deux manières d’acquérir l’autonomie, l’une par la révolution armée et l’autre par les méthodes non-violentes, constitutionnelles et légitimes. […] Nous préconisons la seconde méthode. La liberté, on ne l’avait cependant jamais accordée à aucun pays colonial sur un plateau d’argent ; on ne l’avait gagnée qu’après d’amères et vigoureuses luttes. […] Je décrivis l’action positive comme l’adoption de tous les moyens […] par lesquels nous pouvions attaquer les forces de l’impérialisme1 dans le pays. […] [C’était] l’agitation politique, des campagnes de presse et comme dernière ressource l’application […] de grèves, de boycottages et de non-coopération basés sur le principe de la non-violence.

Kwame N’Krumah, « La naissance de mon parti et son programme d’action positive », Présence africaine, Revue culturelle du monde noir, n° 12, février-mars 1957.

1. Impérialisme : domination politique, économique et culturelle exercée par un pays sur un autre.

Notion travaillée : décolonisation

Capacité : savoir lire, comprendre et critiquer une carte, un croquis, un document iconographique, une série statistique

Notion

Décolonisation : passage d’un territoire du statut de colonie dominée par une puissance extérieure à celui d’État indépendant. Ce processus s’est généralement accompagné de violences plus ou moins intenses.

Itinéraire 1

1. Sur quels grands principes Ho Chi Minh justifie-t-il ses revendications d’indépendance et en quoi cela est-il particulièrement convaincant ? (doc. 1)

Le 2 septembre 1945, jour de la capitulation japonaise qui met fin à l’occupation, Ho Chi Minh, chef du parti communiste vietnamien, revendique l’indépendance du Vietnam. Il utilise, et retourne contre la domination coloniale, les grands principes de droits de l’homme et de la démocratie énoncés par les États-Unis en 1776, dans la déclaration d’indépendance : « Tous les peuples ont le droit de vivre, d’être heureux, d’être libres ». De même, il cite la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Révolution française de 1791 (« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ») pour montrer que ces affirmations ont été bafoués par la domination coloniale. Il montre ainsi sa connaissance de la culture occidentale et son ouverture, mais aussi que les Occidentaux ont bafoué les principes qu’ils étaient censés mettre en œuvre.



Le Vietnam proclame son indépendance

Ho Chi Minh, chef du Parti communiste vietnamien, revendique l’indépendance du Vietnam.


« Tous les hommes naissent égaux. Le Créateur nous a donné des droits inviolables, le droit de vivre, le droit d’être libres et le droit de réaliser notre bonheur. » Cette parole immortelle est tirée de la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique en 1776. Prise dans un sens plus large, cette phrase signifie : tous les peuples sur la Terre sont nés égaux ; tous les peuples ont le droit de vivre, d’être heureux, d’être libres.

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Révolution française de 1791 proclame également : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »

Ce sont là des vérités indéniables. Et pourtant, pendant plus de quatre-vingts années, les colonialistes français, abusant du drapeau de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, ont violé notre terre et opprimé nos compatriotes. […] Ils nous ont privés de toutes les libertés. Ils nous ont imposé des lois inhumaines. […]

Pour ces raisons, nous proclamons solennellement au monde entier : le Vietnam a le droit d’être libre et indépendant.

Ho Chi Minh, discours à Hanoï, le 2 septembre 1945.

Aimé Césaire évoque la conférence de Bandung (du 18 au 24 avril 1955)

La conférence de Bandung réunit en Indonésie les représentants de vingt-neuf pays africains et asiatiques. Elle marque l’entrée sur la scène internationale des pays du tiers-monde qui ne souhaitent pas intégrer l’un des deux blocs.

On se souvient de la conférence de Bandung. Que s’est-il passé de mémorable à Bandung ? Ceci : qu’un milliard cinq cent millions d’hommes se sont réunis dans une ville d’Asie pour proclamer solennellement que l’Europe n’avait plus vocation pour diriger unilatéralement le monde, pour proclamer que la domination européenne sur les parties non européennes du globe avait conduit le monde à une impasse dont il importait de sortir. […]

Le monde entier sait […] que le temps du régime colonial est passé.

Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais, Les Temps Modernes, mars-avril 1956.


Les conséquences de la partition des Indes

Une de Time du 27 octobre 1947. « Inde : Liberté et mort ». Les estimations évoquent un nombre de morts allant de 200 000 à 1 million.

Le Congo belge devient indépendant (1960)

Manifestation à Léopoldville (capitale du Congo belge) au moment de l’indépendance en juillet 1960.

N’Krumah et la stratégie pour conquérir l’indépendance

Nkrumah est le leader indépendantiste puis le Premier ministre de la Côte-de-l’Or. Après l’octroi de l’autonomie interne en 1951, cette colonie britannique obtient son indépendance totale en 1957 et prend le nom de Ghana.

Je signalai qu’il y avait deux manières d’acquérir l’autonomie, l’une par la révolution armée et l’autre par les méthodes non-violentes, constitutionnelles et légitimes. […] Nous préconisons la seconde méthode. La liberté, on ne l’avait cependant jamais accordée à aucun pays colonial sur un plateau d’argent ; on ne l’avait gagnée qu’après d’amères et vigoureuses luttes. […] Je décrivis l’action positive comme l’adoption de tous les moyens […] par lesquels nous pouvions attaquer les forces de l’impérialisme1 dans le pays. […] [C’était] l’agitation politique, des campagnes de presse et comme dernière ressource l’application […] de grèves, de boycottages et de non-coopération basés sur le principe de la non-violence.

Kwame N’Krumah, « La naissance de mon parti et son programme d’action positive », Présence africaine, Revue culturelle du monde noir, n° 12, février-mars 1957.

1. Impérialisme : domination politique, économique et culturelle exercée par un pays sur un autre.

2. Que revendiquent les pays réunis à Bandung et comment interprètent-ils la colonisation européenne ? (doc. 2)

Dans ce texte célèbre paru dans la prestigieuse revue Les Temps Modernes, fondée en 1945 par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Aimé Césaire (poète et homme politique martiniquais), revient sur la conférence de Bandung. Lors de cette réunion, 29 chefs d’État (ou représentants des gouvernements) d’Afrique, et d’Asie, ainsi que trois représentants de mouvements nationalistes, proclament la fin de la domination exercée par l’Europe sur le reste du monde. Ils condamnent, non pas la civilisation européenne, mais le système de domination mis en place par le régime colonial.


3. Décrivez le document et montrez comment il témoigne des violences qui accompagnent l’indépendance de l’Inde et du Pakistan. (doc. 3)

Cette couverture de Time Magazine du 27 octobre 1947 veut rendre compte de manière allégorique des massacres intercommunautaires qui ont accompagné l’accès à l’indépendance de l’empire des Indes, le 15 août 1947.

L’Inde est symbolisée par une figure féminine, sans doute la divinité hindoue Kali, le plus souvent représentée le regard féroce et la langue tirée, portant un long collier, descendant parfois à ses genoux, composé de crânes humains.

Il s’agit de montrer que l’Inde, souvent vantée pour sa non-violence, se déchire et se mutile lors de la guerre civile qui oppose les communautés hindoues, musulmanes et sikhs au moment de la partition de l’empire des Indes avec la création de l’Inde et du Pakistan.


4. Quelle stratégie adopte N’Krumah pour conduire le Ghana à l’autonomie puis à l’indépendance ? (doc.4)

L’accès à l’indépendance du Ghana (Côte-de-l’Or) est considéré par les spécialistes, comme un modèle de transfert progressif de souveraineté. Cela s’explique, en grande partie par l’action menée par N’Krumah. Parti étudier aux États-Unis, membre du mouvement panafricain, il milite pour une indépendance négociée. Pour cela, il utilise, comme mentionnée dans le texte de méthodes non-violentes, mais néanmoins vigoureuses : grèves, boycottage, non-coopération… Son objectif, dans un premier temps, est d’obtenir l’autonomie interne. En 1951, son parti remporte les élections et il devient premier ministre en 1952. Il obtient l’indépendance en 1957. Il lutte ensuite contre le néocolonialisme tout en instaurant un régime autoritaire. Renversé par un coup d’État en 1966, il meurt en Guinée.

5. Que revendiquent exactement les habitants du Congo belge en juillet 1960 ? (doc. 5)

Cette photo est prise en juillet 1960 alors que l’indépendance vient juste d’être acquise (le 30 juin). Lors de cette manifestation, de jeunes manifestants portent des banderoles sur lesquelles figurent leurs principales revendications. Elles sont très claires et explicites. Ils demandent : « La fin de la colonisation en Afrique, le Congo aux Congolais, la fin de la domination impérialiste ». L’indépendance du Congo belge a été très rapidement accordée, suite aux émeutes de janvier 1959, qui ont surpris les autorités belges qui n’avaient rien vu venir puisque le Congo belge avait le PIB par habitant le plus élevé d’Afrique.

Pour mémoriser :

1. Citez deux causes de la décolonisation.

2. Nommer deux leaders nationalistes qui réclament l’indépendance de leur pays.

3. Montrer quelles sont les conséquences de la décolonisation en Inde.

4. Définir et expliquer l’expression « tiers-monde ».

Pour mémoriser :

1. Citez deux causes de la décolonisation.

2. Nommer deux leaders nationalistes qui réclament l’indépendance de leur pays.

L’indépendance est obtenue soit par la guerre (Indochine entre 1946 et 1954, Algérie entre 1954 et 1962) soit par des méthodes non violentes comme les grèves, le boycott.

Ho Chi Minh réclame l’indépendance du Vietnam ; Kwame N’Krumah demande celle du Ghana.

L’accès à l’indépendance de l’Inde s’accompagne de massacres interethniques entre communautés hindoues, musulmanes et sikhs. Le nombre de victimes est estimé à 1 million de personnes et plusieurs millions de réfugiés.

4. Définir et expliquer l’expression « tiers-monde ».

L’expression « tiers-monde » désigne l’ensemble des pays dominés et exploités par les deux autres mondes formés par les puissances occidentales et le bloc soviétique.

3. Montrer quelles sont les conséquences de la décolonisation en Inde.