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Transcript

Les géants du numérique

Éléments de définition

Analyse d'un fait d'actualité

Géants du numérique et concept de puissance

Leçon : Les nouvelles technologies : puissance des géants du numérique, impuissance des Etats et des organisations internationales ?

On a déjà (en HG et en SES) qu’il y a des Etats riches et influents, en mesure d’imposer leurs vues, de façon plus ou moins directe. Il en va de même pour certaines grandes entreprises qui ont acquis une taille critique les mettant en mesure de rivaliser avec les formes historiques de la puissance. Parmi les FMN sur le poids desquels on va s’interroger : les géants du numérique que sont les GAFAM américains (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) ou leurs pendants chinois, les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi). Nous nous demanderons :

En quoi ces entreprises sont-elles des « géants » sur la scène internationale ?

Pourquoi sont-elles en mesure de rivaliser avec les Etats sur la scène internationale ?

Comment les Etats font-ils pour s’adapter à ces nouvelles formes de la puissance ?

A – Ce que sont les « géants » du numérique

Les GAFAM et les BATX sont des entreprises dont la valeur oscille environ entre 500 et 1 000 milliards de $ pour les étasuniennes et entre 50 et 500 milliards de $ pour les chinoises en 2018. En avril 2020, la valeur globale des 5 entreprises américaines était de 5 170 milliards de dollars. Ces ordres de grandeur dépassent le PIB de certains pays. Les GAFAM ont une capitalisation boursière plus élevée que le PIB du Japon (en 2019 : environ 5 000 miliards de dollars). Dans le même temps, elles ont chacune de 200 millions à 2,2 milliards de clients, soit de 3 à 33 fois la taille de la population française.


Google

Amazon

Facebook

Apple

Microsoft

Moteur de recherche en ligne, AI, suite bureautique, réseau social, partage de vidéos, etc.

Commerce en ligne, publicité

Réseau social

Télécommunications et informatique (matériel et logiciel)

Baidu

Alibaba

Tencent

Xiaomi

Moteur de recherche en ligne et intelligence artificielle

Commerce en ligne et publicité

Réseau social et publicité

Télécommunications et informatique (matériel et logiciel)


Les GAFAM et les BATX sont des « géants » sur la scène internationale et possèdent un certain hard power. En effet, étant donné la richesse économique produite (ou étant donné la taille de la clientèle) par ces entreprises, les GAFAM et les BATX peuvent influencer par le biais de l’économie (par le biais de la démographie) les pays dans le monde. Par exemple, on voit que les GAFAM et BATX ont une valeur boursière plus importante que la richesse produite en une année que des pays entiers (comme les Pays-Bas) (ou on voit une taille de clientèle plus importante que des populations nationales). Elles représentent des entreprises et un marché très concentré : Google concentre plus de 90% des requêtes sur internet dans le monde, le système d’exploitation Windows équipe plus de 80% desn ordinateurs dans le monde. Et leurs ventes (leurs chiffres d’affaires) dépassent les 100 milliards de dollars.

Les GAFAM et les BATX sont également des « géants » sur la scène internationale car ils possèdent du soft power. En effet, étant donné la taille de ces entreprises, elles sont connues par une grande partie de la population mondiale et les déclarations publiques réalisées par leurs PDG peuvent conduire des gouvernements à changer de position : leur influence est culturelle. Par exemple, les déclarations de Bill Gates, PDG de Microsoft, au sujet du coronavirus conduisent les gouvernements à devoir se positionner par rapport à lui.

Transition : il reste que ces intuitions sur l’existence d’un hard et d’un soft power de la part des géants du numérique sont encore peu précises. Nous allons maintenant présenter les canaux par lesquels passe leur puissance.

B – La puissance internationale des géants du numérique

Comme nous l’avons déjà dit, la puissance se décline sous deux formes principales : hard power et soft power : il s’agit d’influencer un autre acteur international par la langue, l’idéologie ou la culture.

On peut donc se demander : « Comment les géants du numérique gagnent-ils de la puissance internationale sous ces deux formes ? »

Le pouvoir économique, signe de hard power, découle : d’une grande valeur boursière qui permet de peser dans les négociations avec d’autres entreprises ; d’un grand nombre de salariés, ce qui permet de faire pression sur des élus nationaux et locaux pour obtenir une meilleure fiscalité ; d’un évitement général de l’impôt par des techniques d’optimisation fiscale ; d’un contrôle sur l’information qui peut être monétisée (facebook ou Google proposent des services principalement gratuits et se financent donc autrement : par la collecte et la vente des données personnelles des utilisateurs) ; d’un chiffre d’affaires important qui dépasse le PIB de certains Etats ; en s’appuyant sur le web qui existe au niveau international. On peut également ajouter un pouvoir économique qui découle de leurs chiffres et bénéfices qui leur donne les moyens de racheter des concurrents potentiels : Facebook a ainsi racheté Instagram peu de temps après son lancement.

Les géants du numérique utilisent leur pouvoir économique pour avoir un pouvoir politique (soft power) : en étant capable de négocier en parallèle des Etats dans les relations internationales ; en finançant des institutions internationales parallèles aux institutions internationales fondées sur les Etats ; en finançant des partis ou des candidats dans des élections nationales, ce qui influence le vote ; en contrôlant l’information disponible aux électeurs, ce qui influence également le vote.

Les géants du numérique ont en soi un pouvoir politique, signe de soft power, parce qu’ils s’appuient sur les big data qui permettent d’avoir une information extrêmement étendue sur la population mondiale, ce qui rend possible d’envoyer des messages ciblés à la population et de développer des technologies qui encadrent les activités de la population (voiture connectée, ville connectée).


C – La remise en question de la puissance internationale des géants du numérique

On a vu que les géants du numérique développent une puissance internationale, mais des moyens de résistance existent et se développent, notamment au niveau des Etats. On va alors se poser la question suivante : « Comment s’organise la résistance des Etats face aux géants du numérique ? ».

Le RGPD (Règlement Général de Protection des Données) est ainsi un moyen de lutter contre la puissance internationale des géants du numérique car il les empêche d’accumuler un pouvoir politique. En effet, dans son principe, le RGPD donne la possibilité aux internautes de sélectionner les informations qu’ils acceptent de partager. Par conséquent, chaque internaute peut refuser aux sites web et aux géants du numérique d’accéder à certaines données les concernant. Cela entrave ainsi la capacité des géants du numérique à accroître sa connaissance des populations, et limite la possibilité qu’ils ont de cibler les messages et de contrôler l’information accessible à la population. Il est ainsi possible d’échapper aux bulles informationnelles produites par les géants du numérique et qui sont source de leur puissance internationale. Par exemple, en refusant à Google d’enregistrer ses informations de navigation, on réduit sa capacité à proposer des messages publicitaires ciblés selon sa position géographique ou les dernières commandes réalisées en ligne.

Dans le même ordre d’idées, il y a aujourd’hui un débat sur la taxation des profits de ces entreprises du numérique qui profitent des différences d’impôts entre les pays pour localiser leurs bénéfices dans les territoires prélevant le moins d’impôts. Cette possibilité est renforcée par la caractéristique de ces entreprises du numérique dont les services sont proposés sur le web : leurs activités n’ont pas besoin d’être localisées nécessairement dans le même pays que leurs clients. La taxe en projet (au niveau européen) doit donc être prélevée sur le chiffre d’affaires (les ventes) réalisé dans un pays donné et non sur les bénéfices (ce qui reste à l’entreprise après avoir payé tous ses coûts). Si le principe d’une telle taxe a été adopté en France, il ne fait pas l’unanimité en Europe et est au cœur de négociations commerciales marquées, notamment par des représailles américaines faisant suite à la taxe française : des droits de douanes de 25% appliqués par les Etats-Unis sur les produits français exportés là-bas.

Une autre possibilité de résistance passe par la possibilité de démanteler ces entreprises, c’est-à-dire de les obliger à fragmenter leurs activités en différentes entreprises indépendantes donc de « casser » le monopole qu’elles ont pu constituer.



Bataille de l'information

Podcast de France inter, Lundi 28 février 2022 par Eva Roque

Article par Le Figaro avec AFP

Publié le 27/02/2022 à 12:06

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