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À l'initiative du Conseil Général des Alpes-Maritimes, chaque année scolaire des collégiens ont l'opportunité de se rendre sur le site du camp de déportation et d'extermination d'Auschwitz en Pologne. Par son symbole de cruauté du XXe siècle, le site est aujourd'hui inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO afin d'inciter au devoir de Mémoire.

Ce jeudi 9 décembre 2021, ceux sont 19 élèves de Troisième de l'Institut FÉNELON, encadrés par deux enseignantes, qui ont pu bénéficier de ce voyage.

Au programme de cette journée mémorielle : la visite du camp d'Auschwitz II (Birkenau) en matinée suivie d'une cérémonie en présence des officiels du département et de journalistes. Deux des élèves de FÉNELON ont lu un extrait de l'autobiographie de Simone VEIL. L'après-midi, le groupe a poursuivi ce voyage dans le passé dramatique du génocide des juifs et tziganes européens, en visitant le musée-mémorial national d'Auschwitz, accompagné d'un survivant de la Shoah, Daniel WANCIER.

Au-delà de cette journée, c'est un projet pédagogique qui s'inscrit dans la durée de l'année scolaire. Le groupe d'élèves ambassadeurs a maintenant pour charge de transmettre leur témoignage à leurs camarades de classes et plus largement aux autres élèves de l'établissement.

Voyage de la mémoire à Auschwitz :
une journée intense et riche en émotions

Sur les rails de la mémoire
09.12.2021

Arrivées au camp,
Des milliers de familles séparées, tous innocents,
Les plus forts resteront,
Tandis que les autres périront,

Arrivés au camp,
Tous ces gens maltraités,
Forcés à travailler,
Jusqu’à leur épuisement,

Leurs droits bafoués,
Maltraités par les cris et les violences des SS,
Ils ne pourront montrer un signe de tristesse,

Ils iront jusqu’à trahir leurs confrères,
De peur d’être envoyés dans l’au-delà,
Cependant la majorité finiront de la vie au trépas.

Arriver au camp

Enfermés comme des animaux dans des cages
Le wagon s’arrêta et nous quittions le noir
Pour retrouver la lumière au-dessus des nuages
Elle s’arrêtera donc ici notre vieille mémoire
On nous a dit qu’une chambre nous attendait
Ce long voyage terrifiant trouvait finalement son utilité
Une chambre où nos affaires y seront déposées
Et où le calme règnera pour pouvoir se reposer
Cette chambre rassemblera beaucoup de dormeurs
Cette chambre n’a pas de lit mais le sol suffira
Il y a une salle de bain, nous prendrons un bain sans liqueur
Ce lit sera notre dernier, la douche confirmera.

Lecture silencieuse :

La mort


Cet homme que peu avait vu,
Mais à qui beaucoup devaient un sommeil éternel,
Entra, les mains dans les poches un sourire étendu,
Prononça sa défense sans flancher,
Les achevant comme à coup de pelle,

La tension monta, quelqu’un cria,
On voulait une justice, une revanche.
Lorsque la justice se prononça,
Ses crimes contre l’humanité furent effacés.
La mort était-elle une vraie vengeance ?


De leur point de vue, les victimes étaient des engeances :
« Il m’est totalement indifférent de savoir si les autres nations prospèrent ou crèvent de faim »
Bientôt ceux qui furent satisfaits se comptaient sur une main.
Quand seront-ils en paix ?
Il ne faut jamais les oublier,

Ceux qui ont survécu, hantés par une justice non rendue.

La brise qui en été était bienvenue,
En hiver, les faisait trembler.
La journée est longue, la nuit est courte,
Les pauvres ne s’endorment que pour quelques heures,

Après quoi ils seront sonnés et comme du bétail pour le travail envoyé
Les jours s'enchaînent, les mois, parfois les années
 Et bientôt tout est terminé et d’autres doivent recommencer
Lorsqu’une vie prend fin, commence l’horreur pour une autre
Bientôt il est l’heure, pour chacun d’aller dormir

Et de fermer les yeux sans réserve pour une éternité des plus certaine.
Quand enfin les criminels sont jugés,
Les sentences sont bien faibles,
Pour tous ces malheureux prisonniers, qu’ils ont condamné.
Accusé, veuillez entrer.

Lecture silencieuse :

Le convoi s’est immobilisé en pleine nuit. Avant même l’ouverture des portes, nous avons été assaillis par les cris des SS et les aboiements des chiens. Puis les projecteurs aveuglants, la rampe de débarquement, la scène avait un caractère irréel. On nous arrachait à l’horreur du voyage pour nous précipiter en plein cauchemar. Nous étions au terme du périple, le camp d’Auschwitz- Birkenau.

Les nazis ne laissaient rien au hasard. Nous étions accueillis par des bagnards que nous avons aussitôt identifiés comme des déportés français. Ils se tenaient sur le quai en répétant : « Laissez vos bagages dans les wagons, mettez-vous en file, avancez. » Après quelques secondes d'hésitation, tout le monde s'exécutait. [...] Vite, vite, il fallait faire vite. Soudain, j’ai entendu à mon oreille une voix inconnue me demander : « Quel âge as-tu ? » À ma réponse, seize ans et demi, a succédé une consigne : « Surtout dis bien que tu en as dix-huit. » [...]. »

Chapitre III « L’enfer », page 52

Simone VEIL, Une vie

Lors d'une cérémonie commémorative, deux élèves de notre groupe ont lu un texte rendant hommage à Simone Veil.


Pour que ce temps ne soit pas oublié,

Nous avons effectué, sur cette même voie ferrée,

Une marche, sans pour nous, un résultat d’éternité.

La fumée que nous ne voyions pas,


Brûlait la gorge des derniers arrivés.

Nous avons visité cet enfer détaché de toutes nos émotions.

Mais à la première nuit passée, le cauchemar ravivé

Par ce bout de notre personne restée, là-bas, sur ce terrain cendré

A ravivé ce que nous étions empêchés de montrer.


Pour leur rendre justice, nous nous devons de le restituer.

Lorsqu’ils sont arrivés,

Ils n’ont vu que de la fumée sortir de cette maison avec cheminée.

 Ils avaient froid, ils avaient faim, ils avaient soif,

On les a confortés dans l’idée d’une douche chaude, d’un déjeuner ;












Mais ils n’ont trouvé là qu’une triste destinée,

Et sont partis étoffer l’étrange nuage de fumée.

Et ainsi tout avait recommencé quand d’autres étaient arrivés.

Lorsque nous sommes arrivés, nous avons tout de suite remarqué, cette voie ferrée ;

C’est ici qu’avait commencé pour une grande majorité, une marche pour l’éternité.


Les autres n’avaient pas plus de chance, pour eux il était temps d’obéissance.

Sans s’arrêter que quatre heures par nuit,

Dans un froid continu, sans protections, sans lits,

Ils tentaient de s’apporter un semblant de sécurité en se tenant collés/serrés

 C’est ainsi que certains s’éteignaient sans regrets,

Tandis que certains se jetaient sur les fils électrifiés,

Pour ainsi se libérer et rejoindre d’autres pour l’éternité.

LE TEMPS D’UNE JOURNÉE

Lecture silencieuse :




Un pied dehors, déjà la mort,
Le froid remplace la joie,
Les souvenirs remplacent nos rires,
Ici régnait la peur.
Et l’entrée, une fois passée,
Déjà frigorifiés,
Nous ne pouvions qu’imaginer,
Ce que tous ces gens ressentaient.
Les latrines à même la roche,
Tous ces gens étaient si proches.
Les lits, les maladies et les nazis,
Faisaient de toutes ces vies, une industrie.


Rappelons-nous…

Les crématoires pouvaient recevoir,
Tant de gens sans espoirs,
Ayant gagné la victoire éliminatoire,
Qu’ils transformaient en cendres noires.
Tandis qu’un repas chaud nous attend,
Il y a moins de cent ans,
Tous ces gens dans les camps,
Ne devaient qu’être patients en espérant.
Seuls les champions gagneraient
Cette compétition contre l’abandon.



Je suis le sol, dur et verglacé,
Qui accueille les cendres que le vent fait voler.
Je suis les traverses de la voie ferrée
Qui plient sous les larmes, la peine des déportés.
Je suis les flammes hurlantes de l’enfer
Qui déversent leur haine sur cette terre.
Je suis ce petit bout de tissu rayé
Qui rêve de réchauffer ce corps décharné.
Je suis ce pauvre morceau de pain rassis
Qui flotte parmi de rares légumes flétris.
Je suis la maladie, cet atroce fléau,
Qui te guette partout et se répand dans l’eau.

Je suis cette immonde odeur de cheminée,
Je suis ce tri sélectif insensé,
Je suis ce bâtiment qui ne voulait pas exister,
Je suis ce plafond mortel et éthéré.

Je suis muette,
Je suis stupéfaite,
En pleurs je contemple,
Ces minutes qui étranglent :
Et mon cœur qui saigne !

Je suis cette terre de Birkenau,
Je suis le dernier des tribunaux,
Moi, votre mère nourricière.
Me voilà impuissante, j’assiste à l’horreur,
Je découvre immobile cette ère de terreur.

Je suis la nature,
Et tu en fais partie,
Dis-moi donc, culture :
Pourquoi commettre ceci ?

JE SUIS, TU-ER

Quelques temps après...

CHLOE
OCEANE
IRINA
PENELOPE
EVAN
ELISE
PHILIPPINE
LUCAS
VALENTIN
ALIXE

ANAIS
CAMILLE
COLINE
LISA
CHLOE
FLORE
ANAIS
MATHILDE
ILYES
CANDICE

Un grand merci à nos passeurs de mémoire :