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Transcript

séance 2

En verrai-je jamais la fin

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Il est le frère du roi de France, Charles VI, et le père du futur Louis XII.

Charles d’Orléans

(1394-1465)

Ce prince est surtout connu pour son oeuvre poétique réalisée durant sa captivité en Angleterre (25 ans) après la bataille d’Azincourt.

n verrai-je jamais la fin,
De vos oeuvres, Mélancolie ?
Quand au soir de vous me délie
Vous me rattachez au matin.

J'aimasse mieux autre voisin
Que vous, qui si fort me guerrie ;
En verrai-je jamais la fin ?

Vers moi, venez en larrecin
Et me robez Plaisance lie ;
Suis-je destiné en ma vie
D'être toujours en tel hutin ?
En verrai-je jamais la fin ?

E

01

1. Lisez le premier et le dernier vers. Que remarquez-vous ?
2. Où retrouve-t-on encore ce vers ? Comment appelle-t-on la répétition d’un vers ?
3. Combien les vers comptent-ils de syllabes ? Comment les appelle-t-on ?
4. Combien ce poème compte-t-il de rimes ?

le type de vers

02

5. Quel terme désigne le poète ?
6. À qui s’adresse-t-il ?
7. Est-ce quelqu’un à qui l’on parle ? Quelle figure de style a-t-on ?
8. Qu’est-ce qui montre qu’il lui parle comme à une personne d’importance ?
9. Que lui reproche-t il cependant ? Relevez les termes qui permettent de le dire.

03

10. Où la phrase, commencée dans le premier vers, se termine-t-elle ? Pourquoi ? Quel mot est alors mis en valeur ?
11. Quel type de phrase revient fréquemment ? Quel sentiment exprime ce type de phrase ?
12. De quel mal souffre le poète ? Qu’espère-t-il ?

un ennuyeux voisin

Le désir d’en finir

Le rondeau

01

Le rondeau est un court poème qui doit son nom à la ronde (que l’on dansait et chantait à l’origine). Il est apparu au XIIIe siècle, et il est généralement composé de trois strophes en octosyllabes ou en décasyllabes sur deux rimes seulement. Le rondeau est rythmé par un refrain.
Ce rondeau de Vincent Voiture (XVIIe siècle) en donne les règles. Il tire le refrain du premier hémistiche du premier vers (et qui s’ajoute aux deux autres strophes) :

Définition

02

exemple

Ma foi, c'est fait de moi. Car Isabeau
M'a conjuré de lui faire un rondeau.
Cela me met en une peine extrême.
Quoi ! treize vers : huit en eau, cinq en ême !
Je lui ferais aussitôt un bateau.

En voilà cinq pourtant en un monceau.
Faisons-en sept, en invoquant Brodeau,
Et puis mettons : par quelque stratagème :
Ma foi, c'est fait.

Si je pouvais encor de mon cerveau
Tirer cinq vers, l'ouvrage serait beau.
Mais cependant me voilà dans l'onzième,
Et si je crois que je fais le douzième,
En voilà treize ajusté de niveau.
Ma foi, c'est fait !

03

La figure du rond est donnée par la forme, puisque le poème s’achève sur les vers qui l’ont commencé. La simplicité du poème exprime un sentiment léger, spontané qui convient bien à la déclaration amoureuse. Il semble presque improvisé, d’une sensibilité naturelle.

Définition

02

exemple

Tant crain Refus que je n’ose aprochier
Celle qui est ma santé et ma vie
Or me convient fuïr ce que j’ai chier :
Tant crain Refus que je n’ose aprochier.
Si me faut il passer par ce dangier :
Or prie Amours qu’il me soit en aïe ;
Tant crain Refus que je n’ose aprochier
Celle qui est ma santé et ma vie.

Je crains tant Refus que je n’ose approcher
Celle qui est ma santé et ma vie
Or il me convient de fuir ce qui m’est cher :
Je crains tant Refus que je n’ose approcher.
Il me faut pourtant passer par ce danger :
Je prie donc Amour de me venir en aide ;
Je crains tant Refus que je n’ose approcher
Celle qui est ma santé et ma vie.

Terminé !