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Transcript

Un Coeur simple de Flaubert

le livre enrichi

Objectifs de la séquence

Célébration du bicentenaire d'un auteur normand majeur: Flaubert21

Faire collaborer les élèves à la création d'une ressource numérique

Enrichir collectivement la lecture de "Un Coeur simple"

Appropriation d'un texte littéraire par les élèves

Recherche et documentation à partir des ressources culturelles du territoire normand, "espace vécu"

Adaptation de la nouvelle en BD

Parcours interdisciplinaire

"Créer, fabriquer, l'invention de l'imaginaire"

La lecture grande cause nationale, le #10marsjelis

Glose éducation

"Lire et suivre un personnage: itinéraires romanesques"

Lettres :

Parcours interdisciplinaire

Histoire :

"Hommes et femmes au travail au XIXème siècle"

"La recomposition du territoire urbain en France"

Géographie :

Co-intervention Arts appliqués :

adaptation et BD

Un Coeur simple ?


"Un cœur simple" met à l'honneur une vie minuscule, celle de Félicité, fille de campagne dévote et dévouée qui finit par reporter son trop plein d'amour sur un perroquet.

Glose education

Application de lecture: 1500 œuvres patrimoniales libres de droit

Construction du sens et élaboration de l'interprétation

Elaboration du sens à la première lecture

Annotation et commentaire du texte par les élèves

Attractivité de la lecture pour les petits-lecteurs

Pourquoi l'application Glose education ?

Réticence de l'élève à écrire sur les livres au format papier

Appropriation du texte par les possibilités d'annotation à l'infini

Commentaire texte ou audio, pas vers l'analyse, traduction...

Surlignage, point de départ dans le travail d’interprétation

Emoticône, réaction spontanée, trace de ce qu’ils ont ressenti

Communication entre les élèves, lors d’un travail collaboratif

Repérage des passages qui font avancer l’intrigue

Informations sur les personnages

Confrontation à l’obstacle que constitue le texte (lexique)

Cadre pédagogique: partage des réactions et interprétations

Co-construction du sens centrée sur les échanges entre élèves

Pourquoi l'application Glose education ?

Dimension collaborative: annotations visibles par tous

Interactions à travers ces annotations, conflits cognitifs (Répondre)

Appréhension plus riche et plus complète de l’œuvre

Faire émerger le sujet-lecteur: priorité à la réception des textes

Suivi de l’élève par le professeur

Pourquoi l'application Glose education ?

Regroupement des annotations des élèves

Modération des annotations des élèves et réponses du professeur

Outils de mesure de l’investissement des élèves dans la lecture

Ajustements par écrit ou audio pour approfondir

Accéder à Glose

Mode d’évaluation: pertinence des annotations et interactions

Pistes possibles

Tenir un carnet de lecteur, édition subjective: impressions de lecture

Réaliser un journal dialogué: « répondre à » dans les annotations

Débattre au sein d’un cercle de lecture

Accompagner les petits scripteurs à exprimer des réactions spontanées

Créer une édition enrichie: recherche de documents complémentaires

S’approprier une œuvre : réécritures individuelle et collaborative

Travailler la lecture à voix haute

Écrire un journal de personnage

œuvres artistiques qui font écho au texte

Créer une édition enrichie

Par groupe, rechercher des :

informations historiques associées

Partager, via des hyperliens, des images, des définitions, des vidéos.

Réécriture collaborative et BD

: raconter

Programmes:

Raconter individuellement ou collectivement le quotidien d’une femme ou d’un homme au travail au XIXe siècle ou dans la première moitié du XXe siècle à partir de recherches dans la région du lycée des élèves (écomusées, musées et patrimoine industriel, agricole, archives locales, mémoires orales et récits ouvriers par exemple).

Parcours interdisciplinaire

"Créer, fabriquer, l'invention de l'imaginaire"

La lecture grande cause nationale, le #10marsjelis

Glose éducation

"Lire et suivre un personnage: itinéraires romanesques"

Lettres :

"Créer, fabriquer, l'invention de l'imaginaire"

S’interroger sur les processus de la création artistique:

les brouillons et esquisses, les manifestes, préfaces, entretiens ... pouvant éclairer le travail du poète.

Carnet de notes de Flaubert

Œuvres manuscrites de Flaubert (manuscrits définitifs, avec copies annotées, brouillons et notes sur Un Coeur simple)

« Rêver, imaginer, créer »

ou

Flaubert et l'épreuve du "gueuloir" : crier pour mieux écrire

"Je ne sais qu’une phrase est bonne qu’après l’avoir fait passer par mon gueuloir", confiait Gustave Flaubert. .

Cette technique de lecture à haute voix permettait à l'écrivain de satisfaire son exigence stylistique


#10marsjelis : un quart d'heure de lecture national

Lecture de Un Coeur simple

"Lire et suivre le personnage de Félicité: itinéraires romanesques"

Les programmes:

Dans le roman, le personnage est essentiel. Par son nom, son activité sociale, sa psychologie, son évolution dans l’espace et dans le temps, il joue un rôle fondamental dans la création romanesque. Suivre un personnage, c’est donc disposer d’une entrée privilégiée pour s’orienter dans une œuvre. C’est aussi, à travers ce que l’on peut appeler « l’effet personnage », permettre à l’élève de mesurer comment l’identité et l’itinéraire d’un être romanesque se construisent au fil de la lecture, tout en questionnant les relations entre le lecteur et les différents protagonistes du roman.

Ce que Flaubert dit d'elle...

Les élèves mènent l'enquête, sur les traces de Félicité à Pont-L'Evêque...

Quel peut être le destin d'une petite servante dans la campagne normande du XIXe siècle ?

Une enquête littéraire, historique, sociale et géographique

Parcours croisé

Histoire :

"Hommes et femmes au travail dans la région de Pont-l'Evêque au XIXème siècle"

Les programmes:

Capacité « Contextualiser une/des œuvre(s) mettant en scène des femmes ou des hommes au travail pour conduire une analyse historique » Cette capacité entre en résonance avec les objectifs de l’Éducation artistique et culturelle.

Capacité « Raconter le quotidien d’une femme ou d’un homme au travail au XIXe siècle ou dans la première moitié du XXe siècle » Menée à titre individuel ou collaboratif, cette capacité doit faire l’objet de recherches locales. Dans un premier temps, il faut déterminer les éléments qui serviront de base pour raconter le quotidien d’une personne au travail : métier, sexe, époque, lieu. Les informations validées doivent être sélectionnées pour rendre compte dans un récit organisé du « travail vécu ».

"La recomposition du territoire normand au XIXème siècle"

Les programmes:

En géographie, le thème peut faire écho au premier thème « La recomposition du territoire urbain en France : métropolisation et périurbanisation » à partir de la dualité campagnes/villes, des transformations des paysages par l’industrie et les mouvements migratoires (exode rural, migrations pendulaires, périurbanisation).

Géographie :

"Lire et suivre le personnage de Félicité, itinéraires romanesques"

Lettres :

EMC :

Égaux et fraternels

Le premier thème du programme d’enseignement moral et civique « Égaux et fraternels » est l’occasion d’aborder les inégalités persistantes dans le monde du travail entre hommes et femmes.

Description physique de Félicité

« En toute saison elle portait un mouchoir d'indienne fixé dans le dos par une épingle, un bonnet lui cachant les cheveux, des bas gris, un jupon rouge, et par-dessus sa camisole un tablier à bavette, comme les infirmières d'hôpital. Son visage était maigre et sa voix aiguë.

A 25 ans, on lui en donnait 40; dès la cinquantaine, elle ne marqua plus aucun âge; et, toujours silencieuse, la taille droite et les gestes mesurés, semblait une femme en bois, fonctionnant d'une manière automatique.»

Félicité, une servante dévouée

Les programmes:

Le thème amène également à réfléchir sur la place et le rôle des femmes dans la société. Le travail des femmes n’est pas une nouveauté : bien qu’invisibles dans les statistiques, les femmes jouent un rôle clé dans des exploitations agricoles qui sont d’abord fondées sur le travail familial. Elles jouent aussi un rôle fondamental dans la proto-industrie (ou le Domestic System) avec le travail de tissage pour des marchands urbains, complément de revenu souvent indispensable au foyer. Les femmes sont également présentes dans les villes comme domestiques de maison ou ouvrières. L’industrialisation, aiguillée par la rationalisation dans les processus de fabrication, trouve dans les femmes une main-d’œuvre peu qualifiée, peu chère et docile. La période étudiée est marquée par le développement du salariat féminin.

« Pour 100 francs par an, elle faisait la cuisine et le ménage, cousait, lavait, repassait, savait brider un cheval, engraisser les volailles, battre le beurre, et resta fidèle à sa maîtresse».

Dans son Dictionnaire des idées reçues, Flaubert donne la définition suivante de Félicité: « Toujours parfaite. Votre bonne se nomme félicité, alors elle est parfaite. »

« Félicité travaillait jusqu'au soir sans interruption; puis, le dîner étant fini, la vaisselle en ordre et la porte bien close, elle enfouissait la bûche sous les cendres et s'endormait devant l'âtre, son rosaire à la main.[...] quant à la propreté, le colis de ses casseroles faisait le désespoir des autres servantes. »

Félicité est née en 1792. Elle est engagée au service de Madame Aubain et de sa famille en 1810 et meurt bien des années après madame Aubain, vers 1865.

Les sources du portrait

Le manuel complet des domestiques de 1836 demande aux domestiques « une obéissance portée jusqu'à l'abnégation, une fidélité scrupuleuse, un zèle de tous les instants, une discrétion à toute épreuve, l'ordre, le désintéressement».
Des qualités que « les maîtres ont le droit d'exiger de leurs domestiques et qu'ils exigent tous à moins que ce ne soit des gens faibles, insouciant, sans esprit et sans caractère, qui ne savent pas se faire servir ».

Référence à Julie qui rentre au service des Flaubert en 1825 comme nourrice puis domestique. Elle y restera 50 ans, un « demi-siècle de servitude » et de dévouement. Elle materne Gustave jusqu'à sa mort: « Je satisfais mes besoins de tendresse en appelant Julie après mon dîner, et je regarde sa vieille robe à damiers noirs qu'a portée maman.»

Le personnage de Félicité fait aussi écho à une domestique pontépiscopienne, Félicité Lasseray, avec laquelle les rapprochements sont nombreux: Félicité Lasseray, servante employée chez une dame nommée Marguerite, locataire de Madame Hallay, résidait en 1828 dans une chambre au tournant des Halles.

Le perroquet

« Il s'appelait Loulou. Son corps était vert, le bout de ses ailes rose, son front bleu et sa gorge dorée. Mais, il avait la fatigante manie de mordre son bâton, s'arrachait les plumes, éparpillait ses ordures, et répandait l'eau de sa baignoire; madame Aubain, qu'il ennuyait, le donna pour toujours à Félicité. »

« Quand elle exhala son dernier souffle, elle crut voir, dans les yeux entrouverts, un perroquet gigantesque, planant au-dessus de sa tête. »

premier scénario de la nouvelle de Flaubert

Le perroquet existe-t-il ?

Sous le perchoir du perroquet, il est écrit : « Perroquet emprunté par Gustave Flaubert au Muséum de Rouen pour être mis sur sa table de travail pendant la rédaction d'un Cœur simple » photographie 1950-1960, collection du musée Flaubert et d'histoire de la médecine à Rouen.

Félicité au museum d'histoire naturelle de Rouen


Mme Aubain

C'est une bourgeoise dont la situation est explicitée dès le début veuve depuis 1809 d' « un beau garçon sans fortune » qui lui a laissé « une quantité de dettes », mère de deux enfants.

Elle est décrite dans le conte comme étant «peu agréable ».

Elle vit des rentes de ses deux fermes du Pays d'Auge, après avoir vendu ses immeubles à la mort de son mari.

Il lui reste avec les deux fermes assez de revenus (5000 francs de rente) pour garder « ses relations » et pour élever ses enfants

Réseau des personnages, rapports sociaux et
géographie sociale de la ville de Pont-L'Evêque

"PENDANT un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l’Évêque envièrent à Mme Aubain sa servante Félicité".

Félicité

Mme Aubain

M. Poupart (médecin)

"Virginie l'occupait exclusivement;—-car elle eut, à la suite de son effroi, une affection nerveuse, et M. Poupart, le docteur, conseilla les bains de mer de Trouville."

Onfroy (apothicaire)

"Onfroy l'apothicaire, monsieur Varin et le capitaine Mathieu, faisaient leur partie de cartes"

"Tous ses amis, le ménage Lormeau, Mme Lechaptois, ces demoiselles Rochefeuille, M. de Houppeville [...] se présentèrent pour la consoler."

M. Bourais

"Elle l'ouvrait [la porte] avec plaisir devant M. Bourais, ancien avoué. Sa cravate blanche et sa calvitie, le jabot de sa chemise, son ample redingote brune, sa façon de priser en arrondissant le bras, tout son individu lui produisait ce trouble où nous jette le spectacle des hommes extraordinaires."


Guyot

"Celle des enfants [l'éducation] était faite par Guyot, un pauvre diable employé à la Mairie, fameux pour sa belle main, et qui repassait son canif sur sa botte."

Un oncle de Mme Aubain, le marquis de Grémanville.

"A des époques indéterminées, Mme Aubain recevait la visite du marquis de Gremanville, un de ses oncles, ruiné par la crapule et qui vivait à Falaise sur le dernier lopin de ses terres."

M. le sous-préfet baron de Larsonnière, ex-consul en Amérique et madame

"Un sous-préfet nouveau, peu de jours après, fut nommé: le baron de Larsonnière, ex-consul en Amérique, et qui avait chez lui, outre sa femme, sa belle-soeur avec trois demoiselles, assez grandes déjà."

Le capitaine Mathieu

Paul le fils

"Après avoir été d'abord clerc de notaire, puis dans le commerce, dans la douane, dans les contributions, et même avoir commencé des démarches pour les eaux et forêts, à trente-six ans, tout à coup, par une inspiration du ciel, il avait découvert sa voie: l'enregistrement!"

Il reproduit jusqu'à l'âge de 36 ans les frasques de son père. Mais il trouve finalement un emploi enviable dans l'enregistrement, tout en restant propriétaire des deux fermes.

Cette réalité sociale de la bourgeoisie pontépiscopienne est étudiée et décrite dans le petit opuscule « Nobles ou vivant noblement à Pont-l'Évêque dans l'espace de quinze à vingt ans depuis 1742 ».

http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article12375

Ce manuscrit, document précieux sur la société à locale de l'époque, renseigne sur le nombre d'enfants, de domestiques, sur la quantité de chevaux et d'équipage que possédaient les familles bourgeoises. Le nombre considérable de « gens de maison » contribuait à leur niveau de vie et à leur raffinement.

Des évolutions dans le monde des petits bourgeois de Pont-l'Evêque ?

Flaubert décrit la vieille aristocratie des propriétaires fonciers qui tend à s'effacer

"Alors elle vendit ses immeubles, sauf la ferme de Toucques et la ferme de Geffosses, dont les rentes montaient à 8,000 francs tout au plus, et elle quitta sa maison de Saint-Melaine pour en habiter une autre moins dispendieuse, ayant appartenu à ses ancêtres et placée derrière les halles."

"Le marquis de Grémanville, un de ses oncles, ruiné par la crapule et qui vivait à Falaise sur le dernier lopin de ses terres..."

"Ainsi, en 1825, deux vitriers badigeonnèrent le vestibule; en 1827, une portion du toit, tombant dans la cour, faillit tuer un homme."

"La semaine suivante, on apprit la mort de Monsieur Bourais, en Basse-Bretagne, dans une auberge. La rumeur d'un suicide se confirma; des doutes s'élevèrent sur sa probité. Madame Aubain étudia ses comptes , et ne tarda pas à connaître la kyrielle de ses noirceurs: détournement d'arrérages, ventes de bois dissimulées, fausses quittances etc..."

au profit d'une nouvelle couche sociale

où s'imposent de « nouveaux habitués » chez Mme Aubain, militaire (Mathieu), apothicaire (Onfroy) ou fonctionnaire (Paul)

avec des heurts dans le changement des modes de vie.

"Elle [la femme de Paul, fille d'un vérificateur de l'enregistrement] dénigra les usages de Pont-l'Evêque, fit la princesse, blessa Félicité..."

Par contre, l'entreprise capitaliste, le négoce ou l'industrie, font défaut, dans la fiction romanesque comme dans la réalité.

Un effet de réel

"Une nuit, le conducteur de la malle poste annonça dans Pont-l'Évêque la Révolution de Juillet"

Mme Aubain a-t-elle existé ?

Son personnage fait écho à une Pontépiscopienne identifiée sous le nom de Madame Allais, domiciliée place du bois, l'actuelle place du cinéma, qui était alors occupée par les halles. C'est là que Flaubert situe la maison de Madame Aubain.

L'Eglise

le prêtre

"Le prêtre fit d'abord un abrégé de l'Histoire-Sainte."

"Ce fut de cette manière, à force de l'entendre, qu'elle apprit le catéchisme, son éducation religieuse ayant été négligée dans sa jeunesse; et dès lors elle imita toutes les pratiques de Virginie, jeûnait comme elle, se confessait avec elle."

"Le clergé parut dans la cour."

"Le prêtre gravit lentement les marches, et posa sur la dentelle son grand soleil d'or qui rayonnait."

les Ursulines

"Mme Aubain voulait faire de sa fille une personne accomplie; et, comme Guyot ne pouvait lui montrer ni l'anglais ni la musique, elle résolut de la mettre en pension chez les Ursulines d'Honfleur."

"Le couvent se trouvait au fond d'une ruelle escarpée."

Procession

"En songeant à la procession, elle la voyait, comme si elle l'eût suivie."

"la religieuse inquiète de ses petites filles; trois des plus mignonnes, frisées comme des anges, jetaient dans l'air des pétales de roses; le diacre, les bras écartés, modérait la musique; et deux encenseurs se retournaient à chaque pas vers le Saint-Sacrement, que portait, sous un dais de velours ponceau tenu par quatre fabriciens, M. le curé, dans sa belle chasuble."

Loulou

"et elle aima plus tendrement les agneaux par amour de l'Agneau, les colombes à cause du Saint-Esprit."

"Elle avait peine à imaginer sa personne; car il n'était pas seulement oiseau, mais encore un feu, et d'autres fois un souffle."

"Ils s'associèrent dans sa pensée, le perroquet se trouvant sanctifié par ce rapport avec le Saint-Esprit, qui devenait plus vivant à ses yeux et intelligible."

La paysannerie du Pays d'Auge

Les programmes

"Le travail de la terre constitue le premier secteur d’activité en France : l’agriculture* est le secteur d’emploi dominant jusqu’aux années 1930. Fermiers, petits propriétaires, salariés agricoles, journaliers et travailleurs sans terre, domestiques composent un monde diversifié caractérisé en partie par la pluriactivité (paysans-ouvriers, paysans-artisans)."

"Le développement du chemin de fer et l’amélioration des routes, la crise économique de la fin du XIXe siècle et l’essor de la domesticité dans la bourgeoisie urbaine accentuent l’exode rural".

"C'était Liébard, le fermier de Toucques, petit, rouge, obèse, portant une veste grise et des houseaux armés d'éperons."

"La mère Liébard, en apercevant sa maîtresse, prodigua les démonstrations de joie. Elle lui servit un déjeuner où il y avait un aloyau, des tripes, du boudin, une fricassée de poulet, du cidre mousseux, une tarte aux compotes et des prunes à l'eau-de-vie, accompagnant le tout de politesses à Madame qui paraissait en meilleure santé, à Mademoiselle devenue «magnifique», à M. Paul singulièrement «forci», sans oublier leurs grands-parents défunts que les Liébard avaient connus, étant au service de la famille depuis plusieurs générations."

"Vers midi, au plus fort du marché, on voyait paraître sur le seuil un vieux paysan de haute taille, la casquette en arrière, le nez crochu, et qui était Robelin, le fermier de Geffosses."

Tous deux offraient à leur propriétaire des poules ou des fromages.

Terreau social sur lequel vit la petite bourgeoisie des villes normandes: des rapports féodaux ?

La jument de Liébard, à de certains endroits, s'arrêtait tout à coup.

Petits métiers et marginaux de Pont-l'Evêque

Artisans et commerçants

"La petite caravane mit pied à terre pour passer les Écores; c'était une falaise surplombant des bateaux; et trois minutes plus tard, au bout du quai, on entra dans la cour de l'Agneau d'or, chez la mère David."

Garçon boucher

"Loulou avait reçu du garçon boucher une chiquenaude, s'étant permis d'enfoncer la tête dans sa corbeille; et depuis lors il tâchait toujours de le pincer à travers sa chemise."

Brocanteur

"Chaque lundi matin, le brocanteur qui logeait sous l'allée étalait par terre ses ferrailles."

"Elle ne sortait guère, afin d'éviter la boutique du brocanteur, où s'étalaient quelques-uns des anciens meubles."


Epicière

"Depuis son étourdissement, elle traînait une jambe; et, ses forces diminuant, la mère Simon, ruinée dans l'épicerie, venait tous les matins fendre son bois et pomper de l'eau."

Félicité orpheline

"Son père, un maçon, s'était tué en tombant d'un échafaudage. Puis sa mère mourut, ses soeurs se dispersèrent, un fermier la recueillit, et l'employa toute petite à garder les vaches dans la campagne. Elle grelottait sous des haillons, buvait à plat ventre l'eau des mares, à propos de rien était battue, et finalement fut chassée pour un vol de trente sols, qu'elle n'avait pas commis."

Etrangers et marginaux

Elle soigna des cholériques. Elle protégeait les Polonais; et même il y en eut un qui déclarait la vouloir épouser.

Après les Polonais, ce fut le père Colmiche, un vieillard passant pour avoir fait des horreurs en 93.

Il vivait au bord de la rivière, dans les décombres d'une porcherie. Les gamins le regardaient par les fentes du mur, et lui jetaient des cailloux qui tombaient sur son grabat, où il gisait, continuellement secoué par un catarrhe, avec des cheveux très-longs, les paupières enflammées, et au bras une tumeur plus grosse que sa tête. Elle lui procura du linge, tâcha de nettoyer son bouge, rêvait à l'établir dans le fournil, sans qu'il gênât Madame. Quand le cancer eut crevé, elle le pansa tous les jours, quelquefois lui apportait de la galette, le plaçait au soleil sur une botte de paille; et le pauvre vieux, en bavant et en tremblant, la remerciait de sa voix éteinte, craignait de la perdre, allongeait les mains dès qu'il la voyait s'éloigner. Il mourut; elle fit dire une messe pour le repos de son âme.

Marins et pêcheurs

"Le principal divertissement était le retour des barques. Dès qu'elles avaient dépassé les balises, elles commençaient à louvoyer. Leurs voiles descendaient aux deux tiers des mâts; et, la misaine gonflée comme un ballon, elles avançaient, glissaient dans le clapotement des vagues, jusqu'au milieu du port, où l'ancre tout à coup tombait. Ensuite le bateau se plaçait contre le quai. Les matelots jetaient par-dessus le bordage des poissons palpitants; une file de charrettes les attendait, et des femmes en bonnet de coton s'élançaient pour prendre les corbeilles et embrasser leurs hommes."

Au bord du quai, d'autres hennissaient, effrayés par la mer. Un palan qui les enlevait les descendait dans un bateau, où des voyageurs se bousculaient entre les barriques de cidre, les paniers de fromage, les sacs de grain; on entendait chanter des poules, le capitaine jurait; et un mousse restait accoudé sur le bossoir, indifférent à tout cela. Félicité, qui ne l'avait pas reconnu, criait: «Victor!» il leva la tête; elle s'élançait, quand on retira l'échelle tout à coup.

Le paquebot, que des femmes halaient en chantant, sortit du port. Sa membrure craquait, les vagues pesantes fouettaient sa proue. La voile avait tourné, on ne vit plus personne;—-et, sur la mer argentée par la lune, il faisait une tache noire qui pâlissait toujours, s'enfonça, disparut."


Le marché

Chaque lundi matin, le brocanteur qui logeait sous l'allée étalait par terre ses ferrailles. Puis la ville se remplissait d'un bourdonnement de voix, où se mêlaient des hennissements de chevaux, des bêlements d'agneaux, des grognements de cochons, avec le bruit sec des carrioles dans la rue.

Dans un article paru dans le Pays d'Auge en août 1864, le marché de Pont-l'Évêque est décrit comme « l'un des plus considérables des environs. Il était, avant la création des marchés de Beaumont et de Trouville, leurs produits. Il est pour la ville une source de richesses; il alimente la prospérité locale. Ce n'est pas la population sédentaire qui fait vivre les commerçants de l'endroit mais les personnes de la campagne qui profitent du jour de marché pour faire en ville toutes leurs acquisitions. »

Cartographie du conte

Remonter le temps avec les cartes aériennes de l’IGN:
La recomposition du territoire urbain dans le Pays d'Auge

Pont-l'Evêque

Trouville

Honfleur

Plan IGN d'aujourd'hui / Carte de l'Etat_major (1820-1866)

Flaubert et la Normandie
Les collections en ligne du réseau des musées de Normandie

Les programmes:

Les arts ont toute leur place dans cette approche du genre romanesque. Une riche production artistique selon l’époque du livre ou des textes étudiés (peinture, sculpture, opéra, photographie, cinéma, bande dessinée…) peut faire écho aux lectures des élèves. Quand elle est attentive aux permanences, aux écarts et aux modes de représentation de l’œuvre, l’analyse d’un film ou d’un roman graphique offre un contrepoint intéressant, à condition que l’étude de ces adaptations ne se substitue pas à la lecture du roman.