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Poèmes d'après "Barbara" de Prévert

Rappelle-toi, tu rentrais des cours ce jour-là

Au bout d’une avenue sans importance

Ignorée, même par l’ignorance

Tu perdrais ta conscience, ton innocence

Il ne t’avait pas vu traverser

Ton dos, lui, s’est brisé

Plus jamais tu n’as marché, joué

Plus jamais tu ne t’es levé

Rappelle-toi

Les experts, les chirurgiens

La douleur et le chagrin

Bien sûr son message était important

Méritais-tu cela pour autant ?

A 10h30 tu t’endormais

Pour te réveiller destitué,

Tes parents forcés à s’endetter

Pour t’acheter ce qui,

A jamais serait ton trône malavisé

Ton quotidien devient l’enfer sur terre

Te faire une raison,

Voilà bien ta seule solution

Rappelle-toi, encore une fois

Comment c’était avant tout ça.

La pauvreté


Rappelle-toi Alexandre

De cette fin d’après-midi où nous nous sommes

Vus pour la première fois.

Je t’ai vu heureux et passionné

Moi, je n’étais remplie que de tristesse et de chagrin


Rappelle-toi Alexandre

Toi que je ne connaissais pas

Toi qui ne me connaissais pas

Rappelle-toi

Rappelle-toi ce jour là où tu m’as dit

Que tu m’aimais

Souviens-toi à l’époque tu n’étais

Qu’un ménestrel et moi la fille d’un duc


Rappelle-toi Alexandre,

Rappelle-toi quand mon père ne toléra pas notre union

Souviens-toi qu’il voulut me marier avec un archiduc

Qu’elle aille (voir ailleurs) cette hiérarchie.


Rappelle-toi Alexandre,

Le jour où tu as confronté mon père pour moi

Rappelle-toi le moment où nous nous disions « je t’aime »


N’oublie pas Alexandre

Ce soir où je me suis enfuie pour te rejoindre

Et moi je n’oublierais pas ce jour où tu m’as dit que « l’argent ne fait pas le bonheur, et que mon bonheur c’est toi »

Et toi, te rappelles-tu ces paroles ?

Rappelle-toi Alexandre,

Rappelle-toi que je t’aime !

Rappelle-toi

Les soirées animées

Où tu t’amusais

Sans te soucier du reste

Rappelle-toi

Les soirées animées

Où tes seules préoccupations

Étaient de t’amuser

Et de danser

Rappelle-toi

On ne se connaissait pas

Et tu m’as bousculée

Tu m’as renversée

Et tu t’es excusée

Prise de culpabilité

Tu m’as aidée à me relever

Rappelle-toi

Cette nuit là

Où on s’est liées

Liées d’amitié

Même si je ne t’avais vue qu’une seule fois

J’ai su que c’était toi

Toi que j’attendais

Mais tu es partie

Sans jamais revenir.

Rappelle-toi, ce jour là

Quand nous sentions le vent

Souffler dans nos cheveux

Nous faisant danser jusqu’aux cieux

Le sourire jusqu’aux lèvres

Emportant toutes fièvres

Rappelle-toi, ce jour là

Tu te sentais invincible

Mais tu étais la cible

Quand sous ta fenêtre

Se préparait ta perte

Et innocemment, tu l’envoyais paitre

Rappelle-toi ce jour là

Car je n’oublie pas

Tout notre corps

Rempli d’un amour si fort.

Ton regard si doux

Regardant la mort

Je n’oublie pas et te vois

Allongée sur ce lit

Il t’embrasse et t’enlace

Il est maudit

Et laissant ces traces

Il te sort et t’emmène

Il le sait et n’oublie pas

Il est maudit

Et fait pour

Emportant l’amour

Jusqu’à l’oubli

Ce maudit oui maudit

Cancer pour la vie

Rappelle-toi Olga

Tu étais seule sur la route

Tu fuyais sans aucun doute

L’homme dont tu étais terrorisée

Rappelle-toi Olga

Une voiture s’arrêta

Tu accéléras le pas

Mais un homme t’attrapa

Terrorisée tu aboyas

Rappelle-toi

Rappelle-toi cette nuit là

Se levait le matin

Dans ta cage tu dormais

Une femme arriva

Et te prit dans ses bras

Te posa sur la table

Puis un homme arriva

Et t’examina

Il prit soin de toi

Rappelle-toi Olga

Ce 29 décembre 2019

Ce jour où ta vie changea

Une jeune fille entra

Te sortit de ta cage

Tu étais si jeune

Après de longues minutes passées avec elle

Tu rencontras sa famille

Et un autre petit animal

Rappelle-toi de ce jour là

La jeune fille te serra dans ses bras

Et t’emmena

Après toutes les violences subies

Tu compris que c’était fini

Tu avais une famille.

Rappelle-toi de l’année

Où nous étions en cours

Avec nos cahiers

Ainsi que nos classeurs

Rappelle-toi du mois

Où il n’y avait pas de vent,

Où il n’y avait pas de pluie,

Où il n’y avait pas de nuage.

Rappelle-toi de la semaine

Où les cerisiers étaient roses

Où l’herbe était verte,

Et où les bâtiments étaient blancs.

Rappelle-toi du jour

Où nous jouions,

Où nous rigolions,

Et où nous chantions.

Maintenant il n’y a plus rien.

Plus de beaux bâtiments,

Plus de plantes,

Plus d’écoles,

Plus de jeux.

Seulement un cratère,

Rempli de débris,

Rempli de corps,

Rempli de laine

Te rappelles-tu de la ville

Il n’en reste rien.

Cette guerre a envoyé

Pour nous dire d’arrêter

Une bombe qui nous aura tous tués.

Rappelle-toi du Fils

Rappelle-toi du Père

Qui sont tous les deux au cimetière.

Rappelle-toi de cette dame

Mère de l’un et femme de l’autre

Rappelle-toi qu’il ne reste qu’elle

Pour crier, pleurer et prier.

Pour cette connerie de guerre

Les humains tuent leurs frères

Pour pouvoir exister.

Rappelle-toi des pleurs

Rappelle-toi de la clameur

Quand par ce manipulateur

La Hache de guerre fut déterrée.

Te souviens-tu ?

De comment les Hommes ont remplacé les balles

Par des mots, chacun plus létal que le précédent ?

Rappelle-toi toujours

Que les Hommes les plus méchants

Sont ceux qui, cachées derrière un écran

Se sentent surpuissants.

Ne vois-tu pas ?

Cette guerre qui tue bien plus que les précédentes ?

Non tu ne vois pas.

Alors souviens toi,

Oui, souviens toi, rappelle-toi

Que poussé par la paranoïa

Coincé dans un éternel pugilat

Manipulé par des êtres plus cupides les uns que les autres

Rappelle-toi surtout

Que l’Homme chasse l’Homme par peur d’être chassé,

Cherchant dans leur triste solitude

Un moyen d’exister/

Alors rappelle-toi encore et toujours

De ces victimes d’une guerre sans armes

De ces victimes de cette Inquisition moderne

Car un jour,

Cette grande chasse aux sorcières

Prendra avec du temps,

Une bonne fin.

Rappelle-toi

Ce jour-là où tout le monde te montra du doigt

Les gens te regardaient de la tête aux pieds

Tu étais le centre de l’attention

Rappelle-toi

Ils te regardaient d’un air étonné

Étonnés de ta peau noire qui brillait à la lumière du soleil

Étonnés de tes cheveux crépus qui te protégeaient du soleil

Leurs seuls regards étaient portés sur ta peau noire.

Rappelle-toi

A leurs yeux tu n’étais pas comme eux

Tu étais différente à leurs yeux

Même si tu leur ressemblais

Ce n’était que ta peau noire qui les dérangeait.

Rappelle-toi

Cette femme qui t’insultait

Qui te regardait d’un air dégoûté

Qu’à ses yeux tu n’étais rien

Que tu ne valais rien.

Rappelle-toi

Cette autre femme qui avait peur de toi

Qui cachait son sac à main

Elle ne te regardait pas de la même façon qu’elle regardait les autres enfants

Rappelle-toi

Quand tu es rentrée chez toi

Tu te regardais dans le miroir de la salle de bain

Tu te demandais pourquoi tous les regards étaient sur toi ?

Ta couleur de peau n’était pas assez bien pour eux ?

Rappelle-toi

Ce jour là tu n’avais plus confiance en toi

Tu avais honte d’être toi

D’être noire, d’avoir les cheveux crépus

Honte d’être née comme cela.

Avant


Rappelle-toi avant,

On pouvait sortir quand on voulait,

On rentrait quand on voulait.

Quand on marchait on voyait le sourire des gens.


Rappelle-toi sans le masque,

On voyait le vrai visage des gens

On ne portait pas de gants/

On allait souvent au Pays Basque.


Rappelle-toi qu’on pouvait manger sur place

Maintenant on mange sur la place.

On pouvait acheter des glaces

Puis on allait tous jouer à « Fifa » sans méfiance.


Rappelle-toi Avant

Quand il n’y avait pas d’argent.

Et maintenant on a un peu plus d’argent.

On peut prendre le tram,

Pour aller à Cannes.


Rappelle-toi avant,

Il n’y avait pas de pass sanitaire,

Maintenant ils veulent nous faire taire.

Rien ne sera mieux qu’avant


Rappelle-toi avant,

Il n’y avait pas le covid,

Maintenant toutes les rues sont vides/


Rappelle-toi avant,

Il y avait la paix.

Maintenant nous sommes en guerre !

Rappelle-toi


Rappelle-toi ces beaux jours

Où tout était idyllique

Calme et paisible telle une utopie

Cette vie d’avant

Sans problème ni souffrance

Rappelle-toi cette époque révolue

Que ni toi ni moi n’avons connue

Rappelle-toi

Ces moments où tout allait bien

Où tous les arbres fleurissaient

Sans un soupçon de pollution

Rappelle-toi

Le temps où la glace ne fondait pas

Où la Terre tournait encore rond

Où les saisons n’étaient pas encore déréglées

Rappelle-toi

Rappelle-toi ce monde là

Où les enfants jouaient et riaient

Sans aucune peur de ne plus pouvoir exister

Rappelle-toi encore

De ces années

Les années où tout le monde pouvait respirer

Et où la crainte de s’en aller ne pouvait exister

Rappelle-toi

De ces beaux jours inconnus

Où la vie fleurissait

Où les gens s’épanouissaient

Et où la Terre n’amassait encore aucun déchet

Rappelle-toi ces belles années

Où l’Homme n’avait pas encore tout gâché

Maintenant tout a changé

L’Humanité ne tient qu’à un fil

Le fil de notre destinée

Ce fil que nous tenons entre nos mains.

La guerre


La guerre

Elle nous a détruit anéanti

Elle nous a pris tout ce qu’on avait

Nos femmes nos enfants

En passant par nos familles nos maisons

Les gens deviennent terrifiés

Ils ne savent plus quoi penser

Qui croire, qui suivre

Les obus résonnent encore dans leurs têtes

La guerre n’est pas terminée

Pourtant les gens en ont marre

Ils ne veulent plus voir de sang couler

Que ce soit des ennemis ou des alliés

Alors rappelle-toi

Rappelle-toi de ce qu’on pouvait faire avant

On était libre et protégé

Et tu étais heureuse

Épanouie et souriante

Mais c’était avant que tu partes

Je me souviens que ton visage s’était assombri

Lorsque tu l’as appris

Tu n’étais plus la même

Tu avais changé

Alors rappelle-toi

Que quand la guerre se terminera

Je viendrai te voir

En espérant que tu m’acceptes

On pourra parler de tout et de rien

Et je me demande ce que tu es devenue maintenant.

Rappelle-toi Edward

Des obus tombaient tout le temps ce jour-là

Et tu riais même si tu étais blessé

Sous les tranchées

Rappelle-toi Edward

Je t’ai aperçu dans la première tranchée

Tu souriais même si tu étais concentré

Rappelle-toi Edward

N’oublie pas

Un homme criait ton nom pour pas que tu t’évanouisses

Edward ne meurs pas, ne meurs pas

C’était moi rappelle-toi Edward

Celui qui t’a sauvé

Celui qui a couru pour te débarrasser des allemands

Rappelle-toi cela Edward

Cette balle heureuse

Sur ton bras

Mais tu souriais quand même

Rappelle-toi

De l’infirmier qui t’a soigné

Ton amante depuis tout petit

Oh Edward

Qu’es-tu devenu maintenant ?

Cette balle sur ton bras a-t-elle cicatrisée ?

Ce sourire a-t-il disparu ?

Ces cadavres dans la première tranchée se sont-ils évaporés ?

Ton amante depuis tout petit est-elle morte ?

Oh Edward.

Rappelle-toi ces corps étalés

Rappelle-toi ces morts empilés

Ces cadavres criblés de balles

Ces hommes déchiquetés

Pour un bout de territoire

Rappelle-toi de l’attente du coup de sifflet

Le son de notre prochain décès

Qui dans nos oreilles retentissait

Et nous condamnait.

Rappelle-toi

Souviens toi de la peur

De l’angoisse de l’horreur

Quand nous sortions face aux bombes

Pour satisfaire la vanité des hommes

Rappelle-toi de tout cela

De la viande de rat

Et de l’eau croupie

Rappelle-toi la faim qui nous tenaillait

Et de la soif qui nous asséchait

Rappelle-toi notre inconfort

Dans l’attente de notre mort

Et de toutes nos journées passées

Dans ces maudites tranchées

Pour sauver notre patrie

Rappelle-toi

Le bruit des obus lâchés

Et des bombes lancées

Rappelle-toi toutes nos lettres

Que l’on écrivait à nos familles

Leur assurant de notre retour

Et leur envoyant tout notre amour

Rappelle-toi de Verdun et de la Somme

Ces batailles inutiles

Qui engendraient la perte de tant d’hommes

Nos frères et nos pères et nos fils

Au nom de la victoire

Rappelle-toi camarade

Rappelle-toi de la Première Guerre Mondiale.

Consignes : "Écrivez une trentaine de vers (libres ou non) pour dénoncer un travers de la société en utilisant l'anaphore "Rappelle-toi."