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La jeunesse française en 2022 :

engagée ou désinvestie ?

REPENSER ET FAIRE VIVRE LA

DÉMOCRATIE

Alice Cetlin T01

Une jeunesse désinvestie

Une jeunesse engagée

Presse en ligne

Podcast

À propos du livre de Frédéric Dabi, La fracture ; comment la jeunesse d'aujourd'hui fait sécession, 2021

Sources

Presse en ligne :

Abel Mestre, « Ecologie, laïcité, représentativité… Les 18-30 ans, une génération désenchantée », Le Monde, 6 octobre 2021

Ariane Ferrand, « Loin des élections, la jeunesse en quête de nouvelles formes d’engagement », Le Monde, 10
septembre 2021

Éléonore Disdero, « Présidentielle : dragués mais pas écoutés par les candidats, les jeunes font de la
résistance », Libération, 22 février 2022

Robin Richardot, « L’action oui, les urnes non : paroles d’une jeunesse engagée mais abstentionniste », Le Monde, 11 février 2022

Dans « La Fracture », Frédéric Dabi analyse l’évolution de la classe d’âge 18-30 ans depuis 1957. On y parle de génération fracturée et pétrie de contradictions : à la fois solidaire et individualiste, moderne et traditionnelle, attachée aux libertés et en demande d’autorité.
Avec la crise du Covid-19, il est important de voir si la jeunesse de France est en rupture avec le reste de la société. « Le Covid a touché la jeunesse et a créé une génération, note Frédéric Dabi. Les jeunes se disent qu’ils vont devoir payer la dette, qu’ils ont été sacrifiés. C’est un événement fondateur. »
Les jeunes expriment également leur doute sur le collectif, la délégation des pouvoirs et la représentativité et donc sur l'efficacité des responsables politiques. « Ils veulent des résultats et estiment qu’un chef y arriverait mieux. Ils sont dans la démocratie mais ont un attachement faible à la République, qui, pour eux, entretient des inégalités et des discriminations », explique le directeur général de l'IFOP. Cette distance s’est fait ressentir lors des régionales de 2021 avec un taux de 82 % des moins de 35 ans qui ne sont pas allés voter.

L’abstention chez les jeunes lors des élections est très forte. A la présidentielle de 2017, elle n’est au second tour que de 34 % chez les 18-24 ans selon un sondage Ipsos/Sopra Steria. Cependant, pendant les législatives, l’abstention passe à 74 % au second tour, toujours pour les 18-24 ans. Le 3 mars 2020, dans un contexte de crise sanitaire, 72% des 18-24 ans ne vont pas voter au second tour des municipales. Et, les élections départementales et régionales de juin ont connu un pic historique puisque 2 Français sur 3 se sont abstenus de voter avec un taux de 87% des 18-24 ans abstentionnistes lors du premier tour. On nous explique également que leur absence fortement marquée lors des élections peut être due à la méfiance des jeunes à l’égard des politiciens. En effet, « les jeunes générations sont plus diplômées, elles ont plus de compétences pour comprendre les règles du jeu politique, mais cela tend en fait à les rendre plus distantes, critiques, vis-à-vis des discours qu’on leur assène et d’un système politique qui reste très centralisé ». Ils ont également le sentiment constant que rien ne change puisqu’ « il y a peu d’ambitions, moins de grandes décisions par rapport à l’histoire passée» comme l’explique la militante écologiste Camille Etienne. Les jeunes n’ont aussi jamais connu une ère de partis et de syndicats puissants susceptibles de les politiser, de leur donner de l’information, et de les inciter à voter.

Taux d'absention chez les 18-24 ans

En politique, cette question sort souvent de la bouche des jeunes : «Quel sera notre avenir si on ne parle pas de nous ?». Nous sommes proches du premier tour des élections présidentielles et l’immense majorité des jeunes se sentent en décalage avec la campagne. A la question «avez-vous le sentiment que vos préoccupations, les sujets qui vous inquiètent sont évoqués dans cette campagne, qu’ils sont présents dans le débat», la réponse des 2 000 interrogés de 18 à 30 ans est non, à 57%. Les jeunes dénoncent la façon dont les politiciens s’y prennent pour les “influencer” à voter pour eux. «Les politiques s'adressent à nous de manière maladroite», explique Ana. Ils tentent de les séduire avec des vidéos sur les réseaux sociaux « Les vidéos TikTok pour tenter de nous séduire et paraître cool, c'est non. Ce que l'on veut, c'est s'informer en profondeur.» «Quand les candidats s'adressent à nous sur les réseaux, ils tiennent un discours démago. C'est de la poudre aux yeux. Qu'ils viennent nous voir pour discuter !». La jeunesse dénonce ici l’envie des politiciens de plaire aux jeunes et non une envie de les informer sur les différents partis politiques et leur programme. Il est important que la jeunesse soit traitée comme tous adultes en politique afin qu’ils choisissent leur candidat favori pour ses idées et projets et non pour son contenu qualitatif sur internet.

Les jeunes qui sont pour une cause ou dans une association sont également abstentionnistes. En effet, lors des élections départementales et régionales de juin 2021, 87 % des Français de 18 à 24 ans ne sont pas allés voter au premier tour. Une étude de l’Institut Montaigne a eu un fort retentissement médiatique : réalisée auprès de 8 000 jeunes, elle pointe une « impressionnante désaffiliation politique » car 43 % des 18-24 ans ne se positionnent pas sur l’échelle gauche-droite. La jeunesse juge le monde politique qui est, d'après eux, déconnecté. La nouvelle génération dénonce un « manque de transparence. Un étudiant se plaint en disant “On essaye de faire bouger les choses, mais on ne nous calcule pas plus”. Ils se sentent exclus et cela le rend réticent envers le monde de la politique. Mais leur abstention est significative qui serait pour cette jeunesse engagée la seule façon d’exprimer leur mécontentement. « Le problème est que nous, abstentionnistes réfléchis, sommes confondus avec les abstentionnistes qui ne s’intéressent pas du tout à la politique », déplore Arthur Hamant. Ainsi, certains jeunes ne votent pas pour justement montrer le désaccord et non pas par manque d'intérêt, au contraire.

Dans ce podcast, la relation qu'entretient la jeunesse avec la politique est la principale thématique abordée. Nous comprenons que le principal problème est l’impression chez les jeunes de ne pas se sentir concernés. Ils sont surnommés de “citoyens distants” qui sont politisés et au courant des débats actuels mais qui restent très méfiants envers le sujet. Il est aussi dit que leur intérêt pour aller voter n’est pas très prononcé car on a remarqué que plus on multiplie le nombre des élections, plus elles perdent de l’importance aux yeux des jeunes qui se mettent donc à différencier les types d'élections. De plus, en France, l’Etat ne reconnaît pas assez le statut des jeunes, ils sont considérés comme des enfants cela veut dire que l’Etat ne fait pas confiance donc les jeunes ont également du mal à leur faire confiance en retour.

The Conversation : « Une jeunesse, des jeunesses » : Comment les

jeunes réinventent-ils l’engagement politique ?

Présentation de l’ouvrage par une vidéo de l’éditeur (Mollat)

De nos jours, les jeunes croient moins à la capacité du politique à changer les choses, au pouvoir du politique à faire avancer sa vie, à transformer le quotidien. En effet, ils remarquent que leur vie ne change pas même après les élections présidentielles et c’est pour cette raison qu’ils démontrent moins d'intérêt à voter. Pour eux, s' ils ne remarquent pas de changement qui les concernent, cela n’a pas d’importance d’aller voter ou non.

Presse en ligne

Podcast

À propos du livre de Frédéric Dabi, La fracture ; comment la jeunesse d'aujourd'hui fait sécession, 2021

Sources

Presse en ligne :

Abel Mestre, « Ecologie, laïcité, représentativité… Les 18-30 ans, une génération désenchantée », Le Monde, 6 octobre 2021

Ariane Ferrand, « Loin des élections, la jeunesse en quête de nouvelles formes d’engagement », Le Monde, 10
septembre 2021

Éléonore Disdero, « Présidentielle : dragués mais pas écoutés par les candidats, les jeunes font de la
résistance », Libération, 22 février 2022

Robin Richardot, « L’action oui, les urnes non : paroles d’une jeunesse engagée mais abstentionniste », Le Monde, 11 février 2022

Dans « La Fracture », Frédéric Dabi analyse l’évolution de la classe d’âge 18-30 ans depuis 1957 et dans ce livre ressort l'image d'une jeunesse à plusieurs facettes, à la fois très intéressés par les questions sociétales, environnementales, mais qui est aussi réticente face à l'Etat. Par exemple 73 % des jeunes interrogés considèrent que le féminisme évoque quelque chose de positif pour eux et 64 % des jeunes de moins de 30 ans considèrent l'écologie comme un enjeu tout à fait prioritaire, contre 44 % parmi les 65 ans et plus. Les jeunes semblent aussi prendre parti parmi les différents candidats pour les élections présidentielles car “l'opposition entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron est bien enracinée chez les 18-30 ans. En effet, 35 % d'entre eux se disent prêts à voter pour la candidate d'extrême droite, 31 % pour le président sortant. En troisième position arrive Jean-Luc Mélenchon et ses 29 %.”

La jeunesse fait preuve d’une expression nouvelle avec de nombreuses manifestations, leur engagement et leur usage des réseaux sociaux. Anne Muxel, directrice de recherches en sociologie et en science politique au CNRS réfute l’idée d’une dépolitisation des jeunes : « Les jeunes générations souffrent toujours d’un regard sceptique et dubitatif de la part des anciennes générations, qui pensent qu’elles ne peuvent faire que moins bien, être moins engagées. » Vincent Tiberj évoque un « discours déploratif très traditionnel, très convenu » sur les jeunes, qui ne date pas d’hier. Il s’agit d’un discours très réducteur car l’abstention des jeunes n’est pas systématique, explique Vincent Tiberj. La présidentielle continue à mobiliser et ça dépend donc du contexte, des enjeux, de la campagne. Il ajoute : « Si vous appréhendez les jeunes du point de vue des valeurs, des préoccupations à l’égard des autres, d’intérêt pour des enjeux publics plus généraux, typiquement les inégalités, le chômage, le racisme, l’écologie, vous avez un portrait très, très, très différent » de la caricature d’une jeunesse dépolitisée.

Les jeunes sont extrêmement présents dans les manifestations, les pétitions, la vie associative rattachée à des causes, les contenus militants sur les réseaux sociaux qui sont le reflet d’un engagement politique multiforme. Le déclin de l’engagement politique chez les jeunes est plutôt une « transformation ». Comme exemple assez frappant, « les marches pour le climat sont apparues dans et par la jeunesse ». Les jeunes sont parfois très réceptifs à ce type d’innovations démocratiques. « A la convention citoyenne pour le climat, les jeunes tirés au sort ont été largement à la hauteur », raconte Camille Etienne. D’autres formes d’innovations démocratiques existent, comme les budgets participatifs, les plates-formes consultatives en ligne d’élus, les civic tech, donc toutes les technologies qui renforcent le rôle joué par les citoyens dans les débats et prises de décision.

84% de certains jeunes qui ont été sondés disent avoir déjà signé une pétition, fait un don à une organisation, boycotté une marque ou participé à une manifestation, et 45% d'entre eux déclarent être engagés dans au moins une association. «C'est un vrai moyen de m'émanciper et de changer la société de manière active et indépendante des pouvoirs publics», témoigne Enzo, investi dans le collectif Les Jeunes Européens, qui promeut le projet de l'Union. De plus, le président de la Fage, Paul Mayaux, se félicite de la mobilisation de la jeunesse. «Pendant la crise sanitaire, les réseaux d'épiceries ou de logements solidaires se sont multipliés. On voit que les personnes qui aident sont souvent celles qui connaissent aussi des difficultés.» En effet, beaucoup d’étudiants ont énormément souffert de la situation lors du confinement et on par la suite offert leur aide et créer des aides pour les personnes dans la même position qu’eux. Nous notons alors dans cette situation, une certaine solidarité entre les jeunes qui se soutiennent et mettent en place des choses lors d’une crise sanitaire par exemple.

Dans cet article, on parle à proprement parler de nombreux jeunes comme Jessim Hamza et ses amis, qui se passionnent pour la politique au sens premier du terme. Parmi la population, ce sont les 18-24 ans qui se considèrent comme les plus fortement engagés à 72 %, contre 55 % chez les 65 ans et plus. La nouvelle génération est aussi de toutes les mobilisations collectives : urgence climatique, racisme, migrants, LGBTQ +, féminisme, violences sexuelles, cause animale. Mais ils ne croient plus que l’acte de voter puisse être utile. Ils sont bien plus investis dans les pétitions, les manifestations ou même un post sur les réseaux sociaux que la jeunesse juge plus efficace. Comme l’explique Marc Lazar, professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po, « Des jeunes peuvent être mobilisés pour une cause, sans pour autant se tourner vers un parti qui l’incarne ou voter pour lui » et c’est le cas d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) puisque 62 % des jeunes disent que l’écologie est un sujet très important mais ils ne sont que 11 % à se sentir proche d’EELV.

Marine Vengeon explique quant à elle qu'elle ne vote pas à chaque élection à cause de sa lassitude liés éternels duels avec le Rassemblement national (RN) : « A chaque fois, on fait comme nos parents, on vote pour faire barrage aux idées d’extrême droite. Et ça sert à quoi ? A se retrouver avec Le Pen et Zemmour en 2022 ? » Elle dit préférer s’investir dans les actions militantes. Un autre étudiant dit être “rarement 100 % d’accord avec un candidat” mais qu’il est “plus souvent en accord total avec les mouvements militants. Ainsi, il dit qu’il préfère participer à des manifestations car lorsqu’il en fait, il se sent utile.

80%

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$ 500

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Les jeunes de 18-24 ans qui se considèrent engagés

Les plus de 65 ans qui se considèrent engagés

The Conversation : « Une jeunesse, des jeunesses » : Comment lesjeunes réinventent-ils l’engagement politique ?

Les jeunes se mobilisent mais par des canaux parallèles aux canaux traditionnels de la démocratie représentative puisqu’avant c’était le vote la principale expression des citoyens. Et comme aujourd’hui, les jeunes sont méfiants, ils préfèrent intervenir sous d'autres formes comme le boycott, les manifestations, les pétitions en ligne etc. Lors des manifestations, la jeunesse s'organise de façon différente car elle passe par les médias et tente de réfléchir sur le fond des choses et de comment s’organiser correctement. Ainsi, les différents groupes de différentes villes arrivent à rester en lien grâce aux réseaux sociaux. Les jeunes ont inventé de nouveaux outils.

Ensuite, leur participation au niveau local en Europe est assez forte car nous avons remarqué que beaucoup d’entre eux s’engagent en proposant des actions concrètes. On peut également voir que les niveaux de soutien en générale dans la démocratie sont tous aussi élevés chez les nouvelles générations que les anciennes. Nous pouvons parler d’une certaine confiance dans le système démocratique. La jeunesse élargit en plus le champ de la politique avec l’écologie par exemple lorsqu’il s’agit d’acheter des produits en vrac, de faire colocation, de consommer peu d’eau, de faire de la récupération de vêtements, de meubles. Elle façonne son quotidien afin de montrer ses engagements politiques.

Présentation de l’ouvrage par une vidéo de l’éditeur (Mollat)

Les jeunes réinventent leur engagement qui est plutôt un engagement sociétal. Ils se dédient pour une cause et 84% des jeunes de moins de 30 ans se disent personnellement engagés en matière de lutte pour le climat. Nous remarquons que le réchauffement climatique est un sujet qui semble extrêmement important pour cette génération. Puis, la jeunesse croit en l’action individuelle et à la capacité de faire avancer soi-même sa cause. Ceci est lié à leur sentiment que la politique ne fait pas avancer les choses et c’est pour cette raison qu’il croit en leur capacité personnelle.