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du projet republicain de 1870 à 1914

la mise en oeuvre

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Anaïs Garaude 102

malgré les oppositions qu'elle rencontre, comment la troisième republique finit-elle par regrouper lamajorité des francais autour d'un projet politique Commun?

axes

1. Pourquoi le projet Républicain ne peut pas être mis en place avant 1879 ?

2. Comment le projet Républicain est mis en place entre 1879 et 1892 ?

3. Comment le projet Républicain, souvent contesté, est consolidé entre 1892 et 1914 ?

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1-Pourquoi le projet Républicain ne peut pas être mis en place avant 1879 ?

Dans cette salle de classe un soldat français, mobilisé en août 1914 lors de la première guerre mondiale (pantalon rouge), montre avec un air grave et un élan patriotique l'Alsace et la Lorraine sur une carte géographique aux élèves alsaciens.

Il semble dispenser une leçon d'histoire et de géographie, une leçon de France. On pourrait l'assimiler à un instituteur, un "hussard noir de la République" qui forme de futurs citoyens dans les valeurs de la République française, avec comme ennemi les allemands.

Cette lithographie est représentative de la mise en oeuvre du projet républicain car ce soldat peut être assimilé à la République française qui a perdu ce territoire à l'issue de la guerre de 1870 contre la Prusse, lors de la signature du traité de Francfort en mai 1871, et a profondément été humiliée. La République trouve ses origines dans cette défaite de 1870 et cette amputation de territoire.

Tableau La proclamation de la République, musée Carnavalet 1870

1- Un contexte de défaite militaire, un pays déchiré et occupé. Confère

En 1870, la France et la Prusse étaient en guerre. Les troupes de Napoléon III subissent une défaite à Sedan le 2 septembre 1870. Il est fait prisonnier et sa déchéance est prononcé par les députés français. C'est la fin du Second Empire. Le 4 septembre 1870 les deputs francais proclame la République qui se dote dun gouvernement provisoire de défense nationale. Le projet republicain ne peut toitefois pas etre mis en place en raison d'un contexte défavorable et des hésitations toujours présentes sur la nature reelle du régime, monarchie ou République.

Photo de Louise Michel (1830-1905) institutrice et communarde

Une barricade pendant la Commune de Paris

Extrait du procès de la communarde Louise Michel. Source la bibliothèque du peuple


1- Un contexte de défaite militaire, un pays déchiré et occupé.

Le Gouvernement de défense nationale de la toute jeune république dirigé par Gambetta tente d’inverser le rapport de force contre la Prusse.

Fin septembre 1870, Paris est encerclé par les Prussiens. Le gouvernement se réfugie à Tours pour mobiliser le pays.

Mais, face aux échecs militaires et aux mouvements révolutionnaires qui agitent les grandes villes, le gouvernement choisi de signer le 28 janvier 1871 un armistice, puis le 18 mai 1871 une paix aux conditions très dures : traité de Francfort où la France perd l’Alsace et une partie de la Lorraine et doit verser une indemnité de guerre de 5 milliards de francs or.

Les premières élections du 8 février 1871 aboutissent à une majorité royaliste et la débâcle des républicains qui sont acccusés d’être liés à la défaite.

Adolphe Thiers est nommé, Chef du gouvernement provisoire de la République.


Durant l'hiver 1870-1871, c’est le siège de Paris : il y règne une tension très forte. Après un hiver très difficile, la capitale, encerclée et bombardée par les prussiens a tenu bon, mais se sent trahie par l’armistice, puis par la majorité royaliste.

Le 18 mars 1871, un mouvement républicain révolutionnaire se met en place ; c’est de début de l’insurrection de la Commune. Adolphe Thiers décide de récupérer des canons financés par les parisiens en vue de la défense de la capitale mais des émeutes éclatent et deux généraux sont tués. Adolphe Thiers renonce finalement à les réprimer et s’enfuit à Versailles avec tous les corps constitués.

Le 28 mars 1871, la Commune de Paris est officiellement élue par la population parisienne.

Elle veut la poursuite de la guerre et la mise en place de profondes réformes sociales et démocratiques. Les communards (nom donné aux révolutionnaires participant à la Commune) s’opposent à l’assemblée nationale, installée à Versailles, et à Adolphe Thiers .

Parmi les communards, Louise Michel, institutrice, s’impose comme une des grandes figures de la révolution.

Début avril, le gouvernement de Thiers, installé à Versailles, envoi plus de 100 000 soldats pour reprendre la capitale où les communards forment de nombreuses barricades pour s’opposer à ces troupes.

Du 21 au 28 mai 1871 a lieu la « Semaine sanglante » qui met fin à la Commune de Paris : les troupes versaillaises de Thiers reprennent Paris aux mains des communards par une répression violente entraînant entre 15 et 25 000 victimes.

Louise Michel est arrêtée et déportée au bagne en Nouvelle Calédonie.


Alfred-Henri Bramtot, Le suffrage universel, huile sur toile, 1891, Mairie des Lilas (Seine-Saint-Denis).

A partir de 1879, les républicains sont installés à la Présidence de la République et sont majoritaires dans les deux chambres (Chambres des députés et Sénat). La République est aux mains des républicains. Ils s’emploient à renforcer les institutions républicaines et à enraciner ses valeurs dans le pays. Une culture républicaine est mise en place.

1- Le régime politique mis en place est une République démocratique, parlementaire et libérale. Confère

Les institutions de la III ème République établies par des lois constitutonnelles votées en 1875


1- Le régime politique mis en place est une République démocratique, parlementaire et libérale.

Une République démocratique :

Il résulte des lois constitutionnelles de 1875 (confère axe 1) que la désignation à la tête des différents pouvoirs reposent sur le suffrage direct (pour les députés) et indirect (pour les sénateurs et le président de la République) des français âgés de plus de 21 ans.

En 1884, une loi instaure le suffrage universel direct (tableau d'Alfred-Henri Bramtot, Le suffrage universel) pour l’élection des conseils municipaux qui désignent les maires.

Le régime mis en place est une démocratie libérale.

C’est la souveraineté du peuple, qui l’exerce par ses représentants.


Une République parlementaire :

Il y a deux Chambres (système bicamériste) : la Chambre des députés et le Sénat. Les deux chambres réunies forment le Parlement.

Les Chambres exercent un contrôle étroit sur les principaux organes du pouvoir exécutif. En effet :

- la Chambre des députés, élue directement par le corps électoral, exerce un contrôle étroit sur le gouvernement. Elle investit le Président du Conseil nommé par le Président de la République ;

- le Parlement peut renverser et contrôle le gouvernement. Le Conseil des ministres est responsable devant lui.

A la suite de la crise politique du 16 mai 1877, le nouveau président de la République, Jules Grévy, précise le 6 février 1879 qu’il ne dissoudra la Chambre des députés sous aucun prétexte. Il amoindri ainsi délibérément la fonction présidentielle.

La crise de 1877 a installé définitivement la République et à donner plus de pouvoir à la Chambre des députés. La IIIème République est devenue un régime parlementaire, c’est-à-dire un régime dans lequel le pouvoir législatif (parlement) contrôle très étroitement le pouvoir exécutif (président et gouvernement).


Une République libérale:

Afin d'accomplir les promesses de la Révolution française, d'importante lois qui étendent les libertés des français dans divers domaines sont adoptées :

30 juin 1881: Loi sur la liberté de réunion

29 juillet 1881: Loi sur la liberté de la presse

21 mars 1884: Loi Waldeck-Rousseau sur la liberté syndicale

5 avril 1884: Loi sur les pouvoirs municipaux

1er juillet 1901: Loi sur les associations


2-Comment le projet Républicain est mis en place entre 1879 et 1892 ?

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Le buste de Marianne

Symbole de la République placé dans tous les bâtiments publics. Sous l’apparence d’une femme coiffée d’un bonnet phrygien, elle représente la République française et ses valeurs contenues dans la devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Ces valeurs sont issues de la Révolution française.

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Le drapeau tricolore

Le drapeau de la France, drapeau tricolore bleu, blanc, rouge est l’emblème et le drapeau national de la République française.

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La représentation de la mise en oeuvre du projet républicain

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Cette lithographie est représentative de la mise en place du projet républicain car elle est remplie des symboles de la République :

Buste de Marianne

Drapeau tricolore

La Marseillaise

L'école, la salle de classe

Devise "Liberté, égalité, fraternité"

La laïcité (cette salle de classe ne comporte aucun signe religieux)


Hymne national: La Marseillaise


La Marseillaise est adoptée comme hymne national en 1879. Une version de référence est établie par le ministère de la guerre et une commission de musiciens professionnels.

Il s’agissait à l’origine d’un chant militaire appelé « La Marseillaise » chanté par les fédérés marseillais, qui sont venus défendre Paris durant l’été 1792.


Cette salle de classe est un lieu emblématique de l'identité de la France républicaine.

L'école sert à la jeune République pour inculquer les symboles de la République et laïciser la société, c'est-à-dire la détacher de l'influence catholique que soutient notamment la Monarchie. Le Ministre de l'instruction publique, Jules Ferry, fait voter en 1881-1882 une série de lois qui rendent l'école primaire publique obligatoire, gratuite pour les enfants de 6 à 13 ans, désormais égaux devant l'instruction. En 1886, la loi Goblet, établie la laïcité du personnel de l'école publique.

L'école de la République sert aussi à former les citoyens français.

Les divisions entre monarchistes. Illustration anonyme, vers 1871

2- La nature réelle du régime est au coeur du débat parlementaire : Monarchie ou République. Confère

Max Mahon (1808-1893)
Président de la III ème République de 24 mai 1873 au 30 janvier 1879.

Jules Grévy (1807-1879)
Président de la IIIème République du 30 janvier 1879 au 2 décembre 1887.

2- La nature réelle du régime est au coeur du débat parlementaire : Monarchie ou République.

Par la loi Rivet du 30 août 1871, Adolphe Thiers obtient le titre de Président de la République. Mais, les institutions restent provisoires et l’Assemblée se réserve le pouvoir constituant.


Thiers considère alors que la République est la seule solution possible, à condition qu’elle soit conservatrice, et s’en explique plusieurs fois à l’assemblée nationale : « La République existe, déclare t-il le 13 novembre 1872, elle est le gouvernement légal du pays ; vouloir autre chose serait une nouvelle révolution et la plus redoutable de toutes ».


Les monarchistes étant majoritaires à l’Assemblée nationale, ils renversent le républicain Thiers en 1873 et placent à la présidence de la République Mac-Mahon, en vue d’une restauration monarchique.


L’assemblée est contrôlée par les monarchsites mais ceux-ci sont profondément divisés entre eux et ne parviennent finalement pas à s’entendre sur les conditions du rétablissement monarchique :

• les légitimistes (partisans de la dynastie des Bourbons, du Comte de Chambord successeur de Charles X renversé en 1830) plus conservateurs, hostiles aux droits et libertés hérités de la révolution ;

• les orléanistes (partisans de la Dynastie des Orléans, du Comte de Paris successeur de Louis Philippe renversé en 1848) plus modérés, pour le maintien des droits et libertés accordés sous la Révolution ;

• les bonapartistes.


Le 20 novembre 1873 est adoptée une loi sur le septennat : en attendant que les partisans des deux branches royales se mettent d’accord sur l’accession au trône de l’un des deux héritiers, elle organise le provisoire, en prévoyant une présidence personnelle au profit de Mac-Mahon pour une durée de sept ans, délai jugé suffisant pour régler la question.


Mais, les Républicains parviennent progressivement à reprendre la main sur l’Assemblée nationale :

A l’Assemblée nationale, les républicains se rapprochent des orléanistes (plus modérés), pour donner à la IIIème République des institutions.

Quatre lois constitutionnelles sont votées en 1875 et donnent naissance à la IIIème République.

- À une voix de majorité, le 30 janvier 1875, l’Assemblée adopte un amendement déposé par le député républicain Henri Wallon : « Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible ».

Cet amandement transforme le septennat personnel de Mac-Mahon en septennat impersonnel et le mot « République » entre ainsi incidemment dans la loi constitutionnelle. La forme républicaine du régime et l’élection du président de la République sont ainsi établis.

2°- Le 25 févier 1875, l’ensemble du texte relatif à l’organisation des pouvoirs publics, dans lequel s’insère cet amendement à l'article 2, est adopté.

3°- Le 24 février 1875, la loi relative à l’organisation du Sénat est adoptée.

4°- La 16 juillet 1875, la loi sur les rapports entre les pouvoirs publics est adoptée.

Ces lois établissent les pouvoirs ainsi que les modes d’élection du président de la république et des deux chambres. Il y a séparation du pouvoir exécutif (présidences de la République et du Conseil) et du pouvoir législatif (Chambre des Députés et du Sénat).


En mars 1876, les républicains gagnent les élections législatives obligeant Mac-Mahon a nommé un Président du Conseil républicain, Jules Simon, et débute un bras de fer entre le Président Mac-Mahon et les républicains.


Entre mai 1877 et octobre 1877, il y a une crise politique : Mac-Mahon pousse Jules Simon à la démission le 16 mai 1877 et dissout la Chambre des députés le 25 juin 1877. Mais les républicains remportent, à nouveau, largement les éléctions législatives d’octobre 1877.


Le 30 janvier 1879, le Président Mac-Mahon démissionne et est remplacé par Jules Grévy.

Celui-ci précise le 6 février 1879 qu’il ne dissoudra la Chambre des députés sous aucun prétexte. Il amoindri ainsi délibérément la fonction présidentielle.

La crise de 1877 a installé définitivement la République et à donner plus de pouvoir à la Chambre des députés. La IIIème République est devenue un régime parlementaire, C’est-à-dire, un régime dans lequel le pouvoir législatif (parlement) contrôle très étroitement le pouvoir exécutif (président et gouvernement).


Le 21 janvier 1879, Paris est désigné, et non plus Versailles, comme le siège des pouvoirs publics.

En début d'année 1879, toutes les conditions sont enfin remplies pour la mise en oeuvre du projet républicain.


2- Le régime Républicain met en place une culture républicaine. Confère

Film des funérailles de Vicor Hugo, France culture

Jules Ferry

2- Le régime Républicain met en place une culture républicaine

La culture républicaine est basée sur les symboles de la Révolution française car les Républicains veulent rassembler les français derriere les meme valeurs issues de la Révolution française.

Cette culture se diffuse de plusieurs façons :

Villes et villages comportent désormais une place de la République comme celle inaugurée à Paris en 1879.

Marianne, allégorie de la république, est présente sur les places, les timbres. Son buste figure dans les bâtiments officiels.

La Marseillaise devient l'hymne national en 1879.

Le 14 juillet est jour de fête national depuis 1880.

Il y a généralisation du drapeau tricolore.

La devise "Liberté, Egalité, Fraternité" s'impose sous la III ème République.


L'école est utilisée pour inculquer cette culture républicaine. Elle est mise au service de la République par les lois Ferry votées en 1881 et 1882 qui rendent l'école laïque, gratuite et obligatoire :

16 juin 1881 : Loi Ferry sur la gratuité de l'enseignement primaire public (pour les enfants de 6 à 13 ans).

28 mars 1882 : Loi Ferry sur l'obligation scolaire dans les écoles primaires et la laïcité des programmes.

27 novembre 1883 : Circulaire de Jules Ferry aux instituteurs.

30 novembre 1886 : Loi Goblet confiant l'enseignement pubic exclusivement à un personnel laïc.


Les programmes scolaires transmettent les valeurs de la République et encouragent le patriotisme. Entres autres, on dispense aux élèves des cours de morale qui ont pour objectif de leur faire assimiler les principes républicains. Les programmes scolaires sont centrés sur les sciences, la géographie de la France, sa langue devient la seule autorisée, son histoire. Les instituteurs sont "les hussards noirs de la République": ils doivent former de futurs citoyens dans les valeurs de la République française avec deux ennemis : la religion et les allemands.

Par la loi de 1889, le service militaire de deux ans devient obligatoire pour tous les jeunes hommes et va permettre un brassage social au sein des regiments avec un esprit de revanche sur l'ennemi allemand.


Les grands hommes de la partie et de la République font l'objet d'obsèques nationales et sont inhumés au Panthéon, qui devient un Temple de la République. Ainsi, pour Victor Hugo, grand écrivain et figure républicaine, la Chambre des députés vote l'organisation de funérailles nationales et son inhumation au Panthéon en 1885.



Jules Ferry (5 avril 1832 - 17 mars 1893)

Hommes politique français, auteur des lois de la III ème République instaurant l'école publique gratuite et obligatoire..


3- Comment le projet Républicain, souvent contesté, est consolidé entre 1892 et 1914 ?

Les limites de cette lithographie

Cette lithographie, qui est représentative de la mise en place du projet républicain par les différents symboles qu’elle comporte, ne dit pas tout. Elle comporte des limites.

En effet, cette scène est en réalité, une scène de propagande pour mobiliser les troupes (« le sergent évoque les bataillons qui montent par-delà les Vosges ») et apparaît imaginaire :

. Tous les enfants sont représentés bouche bée, avec beaucoup d’émotion. Et, il est indiqué que « Les portes de la classe se sont ouvertes ; les têtes paraissent aux fenêtres : toute l’Alsace est là, frémissante de fierté, de reconnaissance et d’amour ! ».

Or, en réalité, tous les alsaciens ne souhaitaient pas redevenir français, notamment ceux qui étaient nés allemands et étaient engagés dans l’armée allemande en 1914. Si certains alsaciens, incorporables dans l’armée allemande en 1914, ont fui vers la France pour s’engager dans l’armée française, d’autres plus nombreux se sont portés volontaires dans l’armée allemande.

Les enfants alsaciens ne connaissaient d’ailleurs pas le français puisqu’ils étaient nés après 1971 et ils avaient l’obligation de parler allemand. Ils ne pouvaient donc pas comprendre ce que leur dit le soldat français qui s’adresse directement à eux : « Mes enfants ».

De plus, on aperçoit à la fenêtre un homme, qui semble être en âge de combattre. Il ne devrait donc pas être là mais avec l’armée allemande.

Par ailleurs, la lithographie a été réalisée en août 1914. Or, à cette date, c’était le tout début de la première guerre mondiale (la mobilisation générale a eu lieu en France le 2 août 1914). Or, si le dès le début de la guerre, l’armée française (plan militaire XVIII) et l’armée allemande s’affronte le long des frontières, en Belgique et en Alsace-Lorraine, l’Alsace n’était pas pour autant reconquise par l’armée française. Il n’est donc pas établi qu’un soldat français ait ainsi pu être dans une école alsacienne remplie de symboles de la République française. La France a officiellement récupéré l’Alsace-Lorraine lors de la signature du Traité de Versailles le 28 juin 1919.

. Cette lithographie représente une école de la France, qui donne une leçon de France et qui a pour objet de former les citoyens français dans les valeurs de la République française.

Cependant, elle ne dit pas tout aux petites filles alsaciennes qui y sont représentées. Elles n’auront pas le droit de vote puisqu’en 1914 le droit de vote n’était toujours pas accordé aux femmes. Seuls les hommes âgés d’au moins 21 ans avaient la pleine citoyenneté qui leur permettait l’usage des droits politiques.

De plus, à travers cette lithographie, remplie des symboles républicains, on ne voit les difficultés qu’à rencontrées la France pour mettre en œuvre son projet républicain. En 1914, les oppositions au système républicain restent nombreuses (antisémitisme, nationalisme).


Cette lithographie représente une école de la France, qui donne une leçon de France et qui a pour objet de former les citoyens français dans les valeurs de la République française.

Cependant, elle ne dit pas tout aux petites filles alsaciennes qui y sont représentées. Elles n’auront pas le droit de vote puisqu’en 1914 le droit de vote n’était toujours pas accordé aux femmes. Seuls les hommes âgés d’au moins 21 ans avaient la pleine citoyenneté qui leur permettait l’usage des droits politiques.

Tableau du procès de Dreyfus, 1894.

Emile Zola denonce l'erreur judiciaire commise à l'encontre de Dreyfus dans son article "J'accuse" paru en janvier 1898.

Entre 1892 et 1914, la République rencontre de nombreux opposants mais elle finit toujours par triompher en réagissant. Elle se consolide aussi en réformant. Cependant, la République est contestée, les femmes n'ayant toujours pas le droit de vote.

1- La République rencontre de nombreux opposants et ennemis dont elle finit par triompher en réagissant. Confère

Alfred Dreyfus

Scandale de Panama

Attentat anarchiste

1- La République rencontre de nombreux opposants et ennemis dont elle finit par triompher en réagissant.

a- La crise boulangiste qui se déroule entre 1887 et 1889 :

Alors que la France rencontre une crise économique importante, le mouvement boulangiste rassemble des mécontents de tous les milieus opposés à la République parlementaire (de l’extrème gauche républicaine, des bonapartistes et légitimistes, de la droite républicaine nationaliste). Les boulangistes proposent la candidature du Général Georges Boulanger, qui a été un moment ministre de la guerre. Ils remportent quelques, aux élections législatives partielles en 1888 et 1889. En janvier 1889, le Général Georges Boulanger est élu triomphalement à Paris.

Le programme des boulangistes est de réduire le parlementarisme et affirmer le pouvoir exécutif. Ils veulent un pouvoir exécutif fort ainsi que la guerre contre l’Allemagne.

Face à la crainte d’un coup d’État, la République réagit : les républicains font bloc et pousse le Général Boulanger à l’exil en avril 1889, où il se suicide en 1891. Le mouvement boulangiste est sévèrement battu aux élections législatives d’octobre 1889.

b- En 1892, éclate le scandale de Panama et la menace anarchiste se développe :

Ce scandale met en cause de nombreux députés républicains dans la faillite de la Compagnie chargée de construire le Canal de Panama. Ils sont accusés de corruption : encaissement d’argent en échange de leur soutien à la Compagnie. Ce scandale est révélé par le polémiste antisémite Edouard Drumont. Il entraîne un antiparlementarisme et la défaite de nombreux candidats sortant aux élections législatives de 1893.

Face à la misère et aux inégalités sociales, et excédés par le scandale de Panama, l’extrème gauche anarchiste se lance dans des actions violentes. Les anarchistes, qui rejettent toute formes de domination (patron, Etat, Eglise), décident de s’attaquer directement au pouvoir :

- en 1893, Auguste Vaillant lance une bombe dans la Chambre des députés en plein séance. Il est arrêté et excuté ;

- en 1894, l’italien Caseirio assassine le Président de la République Sadi Carnot à Lyon pour avoir fait exécuter Vaillant.

Ces attentats entraînent une répression féroce du pouvoir avec des arrestations, le vote de lois qui répriment les anarchistes et restreignent leur liberté d’expression. La liberté de la presse est limitée.

c- L’opposition antisémite et nationaliste :

Cette opposition éclate lors de l’affaire Dreyfus (1894-1906).

. En 1894, le Capitaine Dreyfus, un juif d’origine alsacienne, est accusé d’avoir livré des renseignements militaires à l’Allemagne. Il est condamné pour trahison et condamné au bagne à vie par les autorités militaires. Dès 1896, certains membres du service de contre espionnage (le lieutenant- colonel Picquart) découvrent pourtant qu’il n’est pas coupable (mais Esterhazy).

. En janvier 1898, alors que la presse antisémite et xénophobe se déchaîne contre ce juif d’origine alsacienne, Emile Zola dénonce l’erreur judiciaire dans son article « J’accuse » paru dans le journal l’Aurore de Georges Clémenceau. Zola est jugé pour ses propos mais utilise son procès pour dénoncer les erreurs et fausses preuves fabriquées pour condamner Dreyfus.

. Deux camps se déchirent autour de la culpabilité de Dreyfus et s’organisent au sein de ligues :

- le camp des dreyfusards, qui regroupe des hommes politiques venus de la gauche socialiste et républicaine mais aussi des intellectuels comme Emile Zola et Charles Péguy. Ils sont partisans de l’innocence de Dreyfus. Ils demandent la révision du procès et souhaitent une République où règne la vérité et la justice.

En 1898 est ainsi créée la ligue des Droits de l’Homme pour la défense de Dreyfus.

- le camp des antidreyfusards, qui regroupe des opposants à la République, des antisémites, des nationalistes et des catholiques. Ils sont les adversaires de l’innocence de Dreyfus. Ils refusent la révision du procès et veulent souvent mettrent fin à la République.

En 1898 est créée la ligue antidreyfusarde d’Action française autour de Charles Maurras avec un programme de nationalisme intégral.

En 1899 est créée la ligue des Patriotes autour de Paul Deroulède, antidreyfusarde et antisémite, qui s’appuie sur le journal antisémite d’Edouard Drumont « La Libre Parole ».

Les Dreyfusards finissent par l’emporter : en 1899, Dreyfus est, à nouveau, condamné mais avec des circonstances atténuantes. Un Cabinet gouvernement de défense républicaine est mis en place contre l’extrème droite. Dreyfus est finalement gracié par le Président de la République Emile Loubet. En 1906, il est réhabilité et réintègre l’armée. Il y a une large victoire des républicains aux élections législatives.

Alfred Dreyfus (9 octobre 1859 - 12 juillet 1935)

Le texte de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat

2- La République se consolide aussi en réformant et en poursuivant l'oeuvre libérale. Confère

Il s'agit d'une caricature anticlericale. Le papa est attaché à Marianne (La République), pendant qu'un moine ivre boit en bas à droite. Guidé par Voltaire, Emile Combes, alors président du conseil et anticlericale, s'apprete à trancher le lien qui unit le Pape à la République.

Le contenu de la loi de 1905

2- La République se consolide aussi en réformant et en poursuivant l’oeuvre libérale.

. Le 1er juillet 1901 est voté la loi sur les associations. Grâce à cette loi, les anciens Dreyfusards forment le parti radical (aile gauche du mouvement républicain), qui est créé pour consolider les valeurs républicaines. Les radicaux remportent ainsi les élections législatives de 1902 et 1906.

Au final, l’affaire Dreyfus a abouti au renforcement des valeurs républicaines au détriment de la droite nationaliste.

. La séparation des Églises et de l’État est mise en œuvre. Celle-ci entraine des tensions que la République réussie à surmonter :

L’affaire Dreyfus et la large victoire des républicains aux élections législatives de 1902 entraînent une nouvelle étape dans la politique de laïcisation (son détachement vis-à-vis de la sphère religieuse) dèjà engagée avec l’école.

La laïcité de la République se met en place progressivement, l’espace public doit être neutre pour garantir la coexistence de tous les croyants et non-croyants.

Les républicains radicaux et les socialistes veulent mettre fin au Concordat qui réglait les relations entre l’Église catholique et l’État depuis 1801. Lors de la crise politique du 16 mai 1877, sous le boulangisme et à chaque vote de loi sur les libertés, la République a vu le clergé se dresser en ennemi contre elle.

Parmi les républicains radicaux fortement anticléricaux figurent Émile Combes et Georges Clémenceau.

En 1903, la préparation de cette loi est confiée au député socialiste Aristide Briand.

En juillet 1904, est votée le texte de loi « Combes » interdisant aux congrégations religieuses d’enseigner, ce qui entraine la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican.

En 1905, après des débats, est votée en juillet la loi de séparation des Églises et de l’État. Elle est promulguée le 9 décembre 1905. Cette loi concerne notamment l’Église catholique, principale force religieuse du pays.

Les conséquences de la séparation des Églises et de l’État sont les suivantes :

Le gouvernement garantit toujours la liberté de conscience et le libre exercive du culte mais désormais :

- le clergé ne reçoit plus de traitement de l’État (avant, les évêques et les curés recevaient un salaire de l’État) ;

- le Pape nomme et investit les évêques (avant, l’État nommait les évêques que le Pape investissait ensuite) ;

- les biens ecclésiastiques deviennent la propriété de l’État et doivent faire l’objet d’un inventaire ; l’entretien des édifices du culte passe à la charge de l’Église ; des associations cultuelles peuvent être créées (association régie par la loi de 1901, composée de fidèles laïcs et d’ecclésiastiques) pour opérer la gestion des édifices religieux et le traitement du clergé (avant, l’entretien des biens d’Église était à la charge de l’État, des départements et des communes).

Les protestants et les juifs ne s’opposent pas à cette loi.

En 1906, cette loi est, en revanche, condamnée par le Pape et lorsque les autorités civiles entreprennent l’inventaire des biens de l’Église, des catholiques s’y opposent : c’est la crise des inventaires. Georges Clémenceau, Ministre de l’Intérieur, puis Président du Conseil finit toutefois par obtenir l’apaisement.

Georges Clemenceau (28-09-1841 / 24-11-1929)


Républicain radical et anticlérical. A notamment été Ministre de l'Intérieur, puis Président du Conseil en 1906-1909 et s'est chargé de faire appliquer la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905.

Emile Combes (06-09-1835 / 25-15-1921)

Républicain radical et anticlérical. A notamment été Président du Conseil et Ministre de l'Intérieur en 1902-1905. Rédacteur de la loi de 1904 interdisant aux Congrégations d'enseigner.

Aristide Briand (28-03-1862 / 07-01-1932)


Socialiste, anticlérical. Rédacteur de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905.

3- Cependant, la République reste critiquée, le droit de vote n’est toujours pas accordé aux femmes en 1914. Confère

3- Cependant, la République reste critiquée, le droit de vote n’est toujours pas accordé aux femmes en 1914.

Des préjugés tiennent les françaises écartées du droit de vote (elles considérées comme étant destinées à la maternité et à la vie de famille, aux devoirs de mère et d’épouse). Seuls les hommes âgés d’au moins 21 ans ont la pleine citoyenneté qui leur pemet l’usage des droits politiques.

Des féministes (personnes militantes pour l’égalité entre les femmes et les hommes) se mobilisent. On les appelle les suffragettes car elles militent pour obtenir le droit de vote. Elle utilisent les libertés d’expression, de réunion et d’association pour fonder des mouvements :

- en 1876, Hubertine Auclert fonde l’association « Le droit des Femmes » ;

- en 1882, Le ligue française pour le droit des femmes est créé, dont Victor Hugo est le Président ;

- en 1909 est créé l’Union française pour le suffrage des femmes. Elle regroupe 12 000 adhérentes en 1914 derrière Cécile Brunschvicg ;

- les journaux, « La Fronde » ou « La Française », portent leurs revendications ;

- elles présentent leur candidature lors d’élections municipales ou législatives ;

- certaines, comme Hubertine Auclert en 1908, détruisent des urnes le jour des élections.

Mais, en 1914, elles n’ont toujours pas obtenu gain de cause.