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Transcript

Comme j’en parlais avec Sancerre, M. d’Anville arriva dans la salle et me dit tout bas que le roi était dans une affliction et dans une colère qui faisaient pitié ; qu’en un raccommodement, qui s’était fait entre lui et Mme de Valentinois, il y avait quelques jours, sur des démêlés qu’ils avaient eus pour le maréchal de Brissac, le roi lui avait donné une bague et l’avait priée de la porter ; que, pendant qu’elle s’habillait pour venir à la comédie, il avait remarqué qu’elle n’avait point cette bague, et lui en avait demandé la raison ; qu’elle avait paru étonnée de ne la pas avoir, qu’elle l’avait demandée à ses femmes, lesquelles, par malheur, ou faute d’être bien instruites, avaient répondu qu’il y avait quatre ou cinq jours qu’elles ne l’avaient vue.

“Ce temps est précisément. celui du départ du maréchal de Brissac, continua M. d’Anville ; le roi n’a point douté qu’elle ne lui ait donné la bague en lui disant adieu. Cette pensée a réveillé si vivement toute cette jalousie, qui n’était pas encore bien éteinte, qu’il s’est emporté contre son ordinaire et lui a fait mille reprochés. Il vient de rentrer chez lui très affligé

Le lendemain matin, j’allai d’assez bonne heure chez ma belle-sœur ; je trouvai Mme de Tournon au chevet de son lit. Elle n’aimait pas Mme de Valentinois, et elle savait bien que ma belle-sœur n’avait pas sujet de s’en louer.

Sancerre avait été chez elle au sortir de la comédie. Il lui avait appris la brouillerie du roi avec cette duchesse, et Mme de Tournon était venue la conter à ma belle-sœur, sans savoir ou sans faire réflexion que c’était moi qui l’avais apprise à son amant.

“Sitôt que je m’approchai de ma belle-sœur, elle dit à Mme de Tournon que l’on pouvait me confier ce qu’elle venait de lui dire et, sans attendre la permission de Mme de Tournon, elle me conta mot pour mot tout ce que j’avais dit à Sancerre le soir précédent. vous pouvez juger comme j’en fus étonné.

Je regardai Mme de Tournon, elle me parut embarrassée. Son embarras me donna du soupçon ; je n’avais dit la chose qu’à Sancerre, il m’avait quitté au sortir de la comédie sans m’en dire la raison ; je me souvins de lui avoir ouï extrêmement louer Mme de Tournon. Toutes ces choses m’ouvrirent les yeux, et je n’eus pas de peine à démêler qu’il avait une galanterie avec elle et qu’il l’avait vue depuis qu’il m’avait quitté.

Je regardai Mme de Tournon, elle me parut embarrassée. Son embarras me donna du soupçon ; je n’avais dit la chose qu’à Sancerre, il m’avait quitté au sortir de la comédie sans m’en dire la raison ; je me souvins de lui avoir ouï extrêmement louer Mme de Tournon. Toutes ces choses m’ouvrirent les yeux, et je n’eus pas de peine à démêler qu’il avait une galanterie avec elle et qu’il l’avait vue depuis qu’il m’avait quitté.

Il fut contraint de me l’avouer



Je m’en allai à l’heure même trouver Sancerre, je lui fis des reproches et je lui dis que je savais sa passion pour Mme de Tournon, sans lui dire comment je l’avais découverte

il me dit que, quoiqu’il fût cadet de sa maison, et très éloigné de pouvoir prétendre un aussi bon parti, néanmoins elle était résolue de l’épouser.

.” Sitôt que M. d’Anville eut achevé de me conter cette nouvelle, je me rapprochai de Sancerre pour la lui apprendre ; je la lui dis comme un secret que l’on venait de me confier et dont je lui défendais d’en parler.