Want to make creations as awesome as this one?

Transcript

Quelles mutations du travail et de l’emploi ?

Chapitre VI

Les raboteurs de parquet (1875) de Gustave Caillebotte (1848 - 1894).

QUEL SENS DONNER AU TRAVAIL, AUJOURD'HUI ?

"On n’attend pas seulement du travail qu’il apporte des revenus et qu’il insère dans des liens sociaux, on attend de lui qu’il permette à chacun de se réaliser, de s’épanouir, de ne pas perdre sa vie à la gagner"

François Dubet (dir.), Les Mutations du travail,

La Découverte, 2019.

Objectifs d'apprentissage :

- Savoir distinguer les notions de travail, activité, statut d’emploi (salarié, non-salarié), chômage.
- Comprendre que les évolutions des formes d’emploi rendent plus incertaines les frontières entre emploi, chômage et inactivité.
- Connaître les principaux descripteurs de la qualité des emplois (conditions de travail, niveau de salaire, sécurité, horizon de carrière, formation, tâches).
- Comprendre les principales caractéristiques des différents modèles d’organisation du travail (Taylorisme, Fordisme, Management participatif...)
- Comprendre les effets positifs et négatifs de l’évolution des formes de l’organisation du travail sur les conditions de travail.
- Comprendre comment le numérique brouille les frontières du travail (télétravail, travail / hors travail), transforme les relations d’emploi et accroît les risques de polarisation des emplois.
- Comprendre que le travail est source d’intégration sociale et que certaines évolutions de l’emploi (précarisation, taux persistant de chômage élevé, polarisation de la qualité des emplois) peuvent affaiblir ce pouvoir intégrateur.

Index

Comment caractériser l'emploi ?

I

Comment a évolué l’emploi ?

Le travail est-il encore source d’intégration sociale ?

III

II

A – Du taylorisme au post-taylorisme, quel est l’impact des modifications de l’organisation du travail ?

B – Comment le numérique brouille-t-il les frontières du travail ?

1°) Les effets ambigus du télétravail.

2°) L'uberisation de l'économie, la fin du salariat ?

3°) Les effets de la numérisation sur l’emploi : cinq tendances principales.

Quatre manières de vivre l'autonomie au travail.

Stress au travail et risque de burn-out.

POUR ALLER PLUS LOIN

A - Le travail, une instance d’intégration fondamentale.

B – L’affaiblissement du pouvoir intégrateur du travail.

Le revenu universel, salaire du bonheur ?

Faut-il forcément être heureux au travail ?

POUR ALLER PLUS LOIN

L’intégralité du cours en PDF voir dernière page, en cliquant ici.

Les 5 mutations majeures de l'emploi depuis 30 ans.

I - Comment caractériser l'emploi ?

Comment caractériser l’emploi ?

Du travail à l'emploi

LesEditionsHatier

Durée 2 : 59

Le cours

Mercedes-Benz a inauguré en septembre 2020 une usine automobile qui dispose de son propre réseau 5G.

LE TRAVAIL A LA CHAINE

Une chaîne de montage Ford aux Etats-Unis dans les années 50.

II – Comment a évolué l’emploi ?

A – Du taylorisme au post-taylorisme, quel est l’impact des modifications de l’organisation du travail ?

OST et Fordisme

Gwen PROF

L'amélioration continue ( Kaizen ),

le secret de la productivité japonaise

Le 13 mars 2018

Durée 4 : 50

Le 5 juin 2020 - Durée 4 : 16

Le cours

B – Comment le numérique brouille-t-il les frontières du travail ?

Les technologies numériques bouleversent les principes d’unité de temps et de lieu sur lesquels reposait le travail salarié typique. Le numérique vient brouiller la frontière entre temps consacré à la vie privée et à l’activité professionnelle. Il transforme les relations d’emploi et accroît les risques de polarisation des emplois.

1°) Les effets ambigus du télétravail


Sommes-nous

plus efficaces en télétravail ?

Sommes-nous plus heureux ?

+ info

Quels sont les vantages et problèmes généralement associés au télétravail pour les salariés et les entreprises ?

Par Fanny Zarifi, Elisa Bellanger et Olivier Escher - Le Monde,

le 17 octobre 2021 - Durée 8 : 23

2°) L'uberisation de l'économie, la fin du salariat ?


Pour reprendre des termes marxistes, notre modèle économique est confronté à de graves contradictions internes. L’effondrement de notre industrie a entraîné la fin du fordisme, qui versait des salaires permettant aux ouvriers d’acheter les produits qu’ils fabriquaient. Dans notre économie de services, avec de nombreux emplois peu qualifiés et peu rémunérés, une part croissante de la population ne peut plus suivre. Autre contradiction, notre modèle économique a fait de chacun de nous un client-roi. Satisfaire nos moindres besoins suppose l’existence d’une armée de subalternes bipés par des algorithmes, comme les clochettes appelaient les domestiques dans les demeures bourgeoises du XIXe siècle. Dans notre société « orientée client », la question sociale se pose désormais en ces termes : qui sert qui ? et le « larbinat des applis », qui est exclu de la grande fête de la consommation, constitue le nouveau prolétariat.


Jérôme Fourquet : « Une civilisation périurbaine a émergé, avec ses lotissements, ses ronds-points, ses zones commerciales et ses entrepôts Amazon ». Propos recueillis par Philippe Escande - Le Monde - Publié le 17 décembre 2021.

L'uberisation de l'économie, la fin du salariat ?


L'uberisation de l'économie, la fin du salariat ?

Up2School - Juillet 2019

Durée 5 : 15

Faut-il avoir peur de l’ubérisation de l’économie ?

Alternatives Economiques

Durée 2 : 32

« Le travailleur du clic à plein temps (...), celui dont c’est l’unique activité est totalement dépendant de la plateforme qui lui fournit un travail rémunéré, de très faible intérêt, haché et consistant à réaliser des micro-tâches très simples. Il est quasiment enchaîné à sa machine pendant de longues heures. Parfois, il mange en cliquant, car il a un temps limité pour effectuer son travail, ou programme une alarme sur son ordinateur afin d’être informé des tâches qui sont proposées au milieu de la nuit. Sa rémunération est faible »

Flichy Patrice, Les nouvelles frontières du travail à l’ère numérique, Seuil, 2017, p. 349.

L’ubérisation des emplois : la fin du salariat ?

Synthèse

3°) Les effets de la numérisation sur l’emploi : cinq tendances principales.

La numérisation provoque un processus de « destruction créatrice » (cf. chapitre I). En effet, l’automatisation et la robotisation détruisent des emplois dans l’industrie et de façon générale la numérisation détruit les emplois routiniers. Mais dans le même temps l’économie numérique se traduit par l’essor de nouveaux secteurs (commerce en ligne, plateformes musicales, etc) et la création de nouveaux biens et services. L’économie numérique créée de nombreux emplois. Par exemple, Amazon emploie aujourd'hui 1,2 million de salariés (dont près de 10.000 en France), ce qui en fait la troisième plus grosse entreprise de la planète par la taille de ses effectifs. Et c'est sans compter les emplois induits, intérimaires et chauffeurs auprès desquels la compagnie sous-traite ses livraisons.

La numérisation transforme l’emploi d’un point de vue qualitatif. Tout d’abord, elle entraine une transformation des emplois en donnant naissance à de nouvelles formes d’organisation du travail et de management. En effet l’organisation du travail est plus flexible (télétravail, externalisation) plus autonome, plus individualisée… (voir les points précédents). Par ailleurs, l’économie numérique entraine une mutation de la structure de l’emploi. Comme nous l’avons vu lors du chapitre I, le progrès technique induit une polarisation de l’emploi qui se traduit par un creusement des inégalités de revenus (exemple Data analystes bien payés vs livreurs Deliveroo sous-payés). Enfin, le développement des plateformes numériques, induit un déplacement des emplois et une mutation des relations d’emploi. Voir plus haut la problématique de l’Ubérisation des emplois u Les plateformes pourraient essayer d’imposer un « tiers statut », c’est-à-dire un type d’emploi hybride, entre le salariat et le statut d’indépendant.

Quatre manières de vivre l'autonomie au travail

N° 345 - Mars 2022

VERSION COMPLETE

Insee Première, n° 18,
18 novembre 2021.

Stress au travail et risque de burn-out

III – Le travail est-il encore source d’intégration sociale ?

Depuis les années 80 il y a un processus de fragilisation de la société salariale (ou d’émiettement de la société salariale, selon l’expression de Robert Castel). Certains actifs sont victimes du chômage et les travailleurs précaires sont de plus en plus nombreux. Le précariat devient la nouvelle figure du salariat.

CELA RÉDUIT LA CAPACITÉ INTÉGRATRICE DU TRAVAIL

Émile Durkheim (1858 – 1917)

« Pour Durkheim, l'intégration des individus au système social passe par leur intégration – directe ou indirecte – au monde du travail, ce qui leur assure une fonction précise, interdépendante des autres fonctions, et par conséquent une utilité sociale. Cette conception repose sur la notion de la solidarité organique caractéristique des sociétés modernes à forte différenciation sociale. »

(Serge Paugam).

A – Le travail, une instance d’intégration fondamentale.

B – L’affaiblissement du pouvoir intégrateur du travail.

1°) Chômage et risque d’exclusion.

2°) Le développement de la précarité multiplie les risques de désaffiliation.

Le chômage durable finit par cristalliser chez les personnes concernées un sentiment d’« inutiles au monde ». Si les individus « ne sont plus au sens propre du mot des acteurs parce qu’ils ne font rien de socialement utile, comment pourraient-ils exister socialement ? » (R. Castel)

Source : à partir de Serge Paugam, Le salarié de la précarité. Les nouvelles formes de l’intégration professionnelle, PUF, 2000.

3°) La typologie des formes d’intégration professionnelle de Serge Paugam.

La précarisation se développe et la qualité du travail se dégrade. Résultat, il y a de nos jours quatre formes d’intégrations professionnelles.

Pour prendre la mesure des transformations du travail et de l’emploi et de leurs conséquences, le sociologue Serge PAUGAM a conduit une enquête quantitative et qualitative portant sur un échan­tillon de plus de 1 000 salariés répartis sur cinq bassins d’emplois. L’étude révèle que la force intégratrice du travail est mise à mal par les mutations que connait l’em­ploi depuis plus de quatre décennies. Que se passe-t-il lorsque la précarisation se répand et la qualité du travail se dégrade ? Réponse. Il y a quatre types d’intégration profes­sionnelle. L’intégration assurée. Elle concerne des actifs qui cumulent emploi stable et satisfaction au travail (42% des actifs, en France, en 1995). L’intégration laborieuse. Il s’agit de personnes occupant un emploi stable, mais qui ne sont pas satisfaites de la qualité de leur emploi (20% des actifs). L’intégration incertaine. Elle concerne des actifs en emploi précaire, mais satisfaits par la qualité de leur emploi (18%). Enfin, l’intégration disqualifiante. Il s’agit là d’emplois précaires et de très mauvaise qualité (20%).

Les 5 mutations majeures de l'emploi depuis 30 ans

Féminisation, tertiarisation, rupture de la progression du salariat, précarisation, élévation du niveau de qualification forment les 5 grandes mutations du marché du travail des 30 dernières années.

Lire la suite ici.

Les 5 mutations majeures de l'emploi depuis 30 ans

Il faut minimum 30 ans de recul pour se rendre compte des profondes mutations du marché du travail.

Féminisation

Premier constat : l'emploi s'est d'abord beaucoup féminisé. Le nombre de femmes en emploi (qu'il soit salarié ou non) a progressé d'environ 3,6 millions sur la période, pour seulement une hausse de 991 000 pour les hommes. Le gap est énorme avec un rapport de 1 à près de 4, si bien qu'aujourd'hui plus de 48% des emplois sont occupés par des femmes. La parité n'est donc plus très loin et deux courbes se rapprochent : celles des taux d'emplois (taux qui rapporte le nombre de personnes en emplois sur la population en âge de travailler, les 15 à 64 ans par convention). La courbe des femmes monte et à près de 64% : jamais elle n'a été aussi haute. Pour les hommes, elle se situe à 70% : ce n'est pas son niveau plancher, mais c'est très loin des standards (proche de 90%) du début des années 70. L'écart hommes/femmes est ainsi passé de plus de 39 points à 6,1 sur l'ensemble de la période. C'est une transformation sociale majeure. C'est le résultat de la nécessité d'un double salaire à l'ère de la consommation de masse, de la marchandisation des tâches domestiques qui a été la clé de l'accès aux femmes à des postes plus élevés mais aussi de la volonté d'une plus forte reconnaissance sociale des femmes et de leur plus forte autonomie financière.

Tertiarisation

La féminisation va de pair avec un deuxième bouleversement : la montée de la tertiarisation des emplois. Sur les 30 dernières années, l'industrie a détruit plus d'1,4 million d'emplois : c'est la marque de la désindustrialisation de la France mais aussi du recours croissant à l'externalisation. L'agriculture en perd près de 700 000 (1 emploi agricole sur deux a disparu depuis 1987). La construction est restée quasiment stable. Et le tertiaire en a gagné près de 7 millions. L'industrie, l'agriculture, le BTP sont très masculinisés : près de 8 emplois sur 10 sont occupés par des hommes alors que les femmes sont majoritaires dans le tertiaire. Il y a donc aussi un effet sectoriel dans la féminisation de l'emploi, les postes se créant massivement dans les secteurs les plus riches en emplois féminin.

Stagnation et précarisation du salariat

Une autre transformation majeure concerne le statut de l'emploi avec une grande rupture : celle de la montée du salariat. Il y a 30 ans, la salarisation complète de la société était une thèse largement admise. Et pour cause, la part de l'emploi salarié ne cessait de s'élever jusqu'à représenter un peu plus de 91% de l'emploi total au début des années 2000, soit 12 points de plus par rapport au début des années 70. Changement de tendance à partir de 2003 : la part du salariat stagne puis se réduit légèrement. C'est la conséquence de l'épuisement de la baisse de l'emploi indépendant traditionnel (agriculteurs, artisans, commerçants) mais aussi des nouvelles modalités de travail indépendant ultra-flexible (avec notamment la création du statut d'autoentrepreneur en 2009) le plus souvent en sous-traitance des entreprises.

La précarisation du salariat est une autre tendance forte. C'est d'abord la montée du temps partiel : qui concerne aujourd'hui près d'un salarié sur 5, contre à peine plus de 6% au milieu des années 70. Un temps partiel qui dans bien des cas est plus subi que choisi. Autre signe : l'intérim, les CDD, prennent une place croissance dans l'emploi. Leur part dans l'emploi salarié est passée de 7,2 en 1987 à 13,5% en 2018. Mais l'évolution la plus saillante est l'augmentation du turnover et de la précarité des CDD dont témoigne la progression de la part des CDD dans les flux d'embauche, passant de 76% en 1993 à 87%, et la part prépondérante des CDD de moins d'un mois (83%).

Élévation du niveau moyen de qualification

Autre transformation, l'élévation du niveau général de formation de la population. C'est bien entendu la conséquence de l'effort appuyé dans le système éducatif, notamment le supérieur. Si bien qu'aujourd'hui la proportion de personnes en emploi dotées d'un diplôme du supérieur est passée de moins de 13% à quasiment 36% en 30 ans... Quand la part des sans diplôme ou titulaire du brevet des collèges est tombé de 53% environ à 21,4%... Attention, le niveau des emplois n'a pas suivi. Des personnes hautement qualifiées (bien souvent des jeunes) sont contraintes d'accepter des emplois en-dessous de leurs compétences, chassant par là-même les employés qui les occupaient traditionnellement et dont le point de chute est bien souvent Pôle Emploi.

Féminisation, tertiarisation, rupture de la progression du salariat, précarisation, élévation du niveau de qualification forment les 5 grandes mutations du marché du travail des 30 dernières années.

Alexandre Mirlicourtois, Xerfi, le 08 juillet 2019.


Xerfi 08 Juillet 2019

Durée 4 : 52

Video

Le revenu universel, salaire du bonheur ?

Video

Faut-il forcément être heureux au travail ?

C’est le nouveau phénomène à la mode au sein des entreprises : s’occuper du bonheur de ses employés. Cette technique de management, qu’on appelle happiness management (management du bonheur, en français), s’est concrétisée par l’arrivée médiatisée de chief happiness officers (responsables du bonheur), l’installation d’espaces de travail ludiques, voire de baby-foot, toboggans ou salles de sport privées.

Le Monde, le 7 janvier 2019 - Durée 6 : 12

Simon Gomis

Lycée BUFFON, Paris 15°
Année scolaire 2021-2022.

"Les déchargeurs de charbon" , 1875. Peinture de Claude Monet (1840-1926), huile sur toile, 54 x 66 cm, Musée d'Orsay

Cours