Want to make creations as awesome as this one?

Transcript



La Russie, un pays dans la mondialisation : inégale intégration des territoires, tensions et coopérations





Quelles formes d’intégration à la mondialisation retrouve-t-on dans le cas de la Russie ?

01

Un territoire inégalement développé et intégré à la mondialisation

Un territoire immense inégalement intégré

La Russie, palme d'or des inégalités extrêmes


Les inégalités augmentent partout dans le monde mais dans ce domaine, la Russie, ancienne patrie du socialisme, pourrait bien remporter la palme d'or. Selon un récent rapport de Credit Suisse, 1% de la population russe concentre 74,5% des richesses nationales - et 10% détiennent 89% des biens. Ces chiffres sont considérablement plus élevés que dans n'importe quelle autre puissance étudiée (38 au total), loin devant les Etats-Unis ou la Chine. «Nulle part ailleurs la richesse n'est à ce point inégalement répartie, et cela a des implications dangereuses pour l'avenir politique de la Russie», relevait, le 3 janvier, le journaliste économique Boris Grozovski dans The Moscow Times. [...]
Plus saisissant encore : le revenu médian par adulte est inférieur à 1000 dollars par an... Bien que la richesse globale de la Russie rivalise avec celle de la Norvège, de Hong-kong, de Singapour ou de la Turquie, l'écart se creuse nettement quand elle est rapportée à sa population, plus nombreuse. Le Norvégien est ainsi trente fois plus riche que le Russe. «Le niveau actuel de la richesse des ménages russes par adulte est à peine supérieur à celui d'il y a dix ans», note l'institut de recherche de Credit Suisse. «La baisse des revenus des ménages est sans précédent», renchérit l'économiste Andreï Movtchan dans une longue analyse économique publiée le 10 janvier par le centre Carnegie Russie. En deux ans, le nombre de pauvres a augmenté de 14,4%. «Seules l'Ukraine et l'Argentine ont connu un plus fort déclin», affirme Boris Grozovski.
Source : Isabelle Mandraud, "La Russie, palme d'or des inégalités extrêmes", Le Monde, 14 janvier 2017

Les métropoles russes

Moscou et Saint-Petersbourg sont les deux incontournables "portes d'entrées" de la Russie, principaux nœuds aériens, ferroviaires ou routiers, ces villes constituent les interfaces privilégiées du pays avec l'étranger. Toutes deux sont marquées par le phénomène de métropolisation.
Moscou est le centre politique, administratif, économique et financier du pays. Son centre-ville a fait l'objet d'une immense entreprise de rénovation, et une nouvelle ligne circulaire supplémentaire de métro a été inaugurée en 2016.
Conséquence de l'accroissement des inégalités économiques en Russie et de l'émergence des ultra-riches (Moscou est la troisième ville comptant le plus de milliardaires en dollars dans le monde), on assiste depuis une quinzaine d'années à la multiplication d'espaces réservés aux populations les plus aisées, sortes de gated communities qui cumulent appartements luxueux et infrastructures sportives, récréatives et commerciales.
Source : K.Limonier, V Pawlotsky, La Russie, une puissance en renouveau ?, Documentation photographique, n°8126, novembre-decembre 2018

+

Nulla arcu nisi, blandit eget magna ut, fermentum tristique felis. Cras fermentum urna nec ipsum tempor, eu lacinia metus vehicula. Aliquam vel suscipit dui, vitae faucibus lacus. Fusce id suscipit lacus.

+

Nulla arcu nisi, blandit eget magna ut, fermentum tristique felis. Cras fermentum urna nec ipsum tempor, eu lacinia metus vehicula. Aliquam vel suscipit dui, vitae faucibus lacus. Fusce id suscipit lacus.

Une rue de Torzhok, dans la région de Tver (Russie), entre Moscou et Saint-Pétersbourg
Source : la Russie, une puissance en renouveau, Documentation photographique, n°8126, nov.-déc. 2018
(crédit photographique : Vladimir Pawlostsky –
tous droits réservés)

Moscou, vue du ciel du centre d'affaires

Un territoire de l'innovation : Le Skolkovo

Un territoire de l'innovation : Le Skolkovo

Avec des bâtiments au nom d’Hypercube ou de Matrix, le cluster technologique russe impressionne.
Mais les soupçons de corruption, le climat politique international dégradé et la méfiance de Vladimir Poutine ont rendu les affaires difficiles. […] Skolkovo héberge désormais 1100 start-ups, de l’internet aux biotechnologies, de l’énergie verte à la robotique, des télécommunications aux
nanotechnologies. Si la plupart n’ont pas encore commercialisé leur innovation à grande échelle,
leur revenu total atteignit 1 milliard de dollar à la fin de 2014. De grandes firmes comme Microsoft,
Samsung, Cisco, Nokia et Boeing firent parties des premiers présents. Un partenariat fut signé avec
le MIT. Et pourtant…, les investisseurs sont quelques dizaines, non des milliers. Les fonds investis
en 2014 s’élevèrent à 60 millions de dollars, ce qui reste très modeste.

Mark Rice-Oxley, « Inside Skolkovo, Moscow’s self-styled Silicon Valley », The Guardian, 21 juin 2015
(Crédit photographique : miksoladi -pixabay.com, )

Moskva City

Moskva-City est le centre d’affaires international de Moscou. Le projet a débuté en 1992 et les travaux sont encore en cours. Le complexe de la Fédération est le plus haut gratte-ciel d’Europe (373 mètres). Il s’agit d’un des plus grands quartiers d’affaires d’Europe.

02

Echanges mondiaux et hydrocarbures

Les échanges russes

Le montant total des échanges de biens en 2017 de la Russie, exprimé en dollars, a nettement
augmenté (+26% en 2017 après -11% en 2016), dégageant encore un excédent de 131 milliards
d’USD. La structure des échanges a peu évolué : en 2017, les exportations russes étaient dominées
par les matières premières (hydrocarbures et métaux) qui ont subi un effet valeur important, tandis que les importations étaient surtout constituées de biens d’équipements et de biens intermédiaires.
La Russie est un acteur mondial important dans certaines industries – énergies et matières
premières, sidérurgie, chimie et nucléaire civil, espace, industries militaires, grandes cultures
agricoles – mais absent où très faibles dans de nombreux autres secteurs.
Si l’Union européenne est restée le premier client de la Russie, ses parts de marché fournisseur ont
diminué au détriment des pays d’Asie-Pacifique : le poids croissant de la Chine, devenue premier
fournisseur de la Russie devant l’UE en 2017, a renforcé le tropisme asiatique. L’Union économique
eurasiatique, entrée en vigueur au 1er janvier 2015 avec pour objectif de permettre une plus grande intégration économique régionale, a encore un effet limité.

Sources : Service Economique de l’ambassade de France en Russie, 27 décembre 2018 ; Questions internationales, n°101, janvier-février 2020

Carte des hydrocarbures en russie

Cartes des ports russes

Les échanges russes

Entre la fin de 2019 et mi-2020, l’entrée en fonction de trois nouveaux grands gazoducs vers
l’étranger doit renforcer la position dominante de la Russie sur le marché mondial du gaz. En
augmentant ses capacités d’exportation vers l’Europe et en les diversifiant en direction de la Chine,
Gazprom, le premier producteur et exportateur mondial de gaz naturel, défend ses intérêts
économiques mais promeut aussi les intérêts stratégiques du Kremlin. Le pays est plus que jamais
dépendant des énergies fossiles, qui représentent 65 % de ses exportations, tandis que près de la
moitié des recettes du budget de l’Etat proviennent du gaz et du pétrole. La Chine est le premier
importateur mondial de gaz. Selon l’Agence internationale de l’énergie, en 2024, le pays devrait
engloutir 40 % de la demande mondiale. D’ici à 2040, sa consommation augmentera de 150 %,
selon les projections de la China National Petroleum Corporation (CNPC).

Source : Le Monde, Courrier international

En réaction à la crise en Ukraine, les puissances occidentales se sont déclarées prêtes à imposer des sanctions économiques massives à la Russie en cas d'escalade militaire. La proximité géographique allant de pair avec les liens économiques, ces sanctions pourraient coûter cher à l'Europe qui s'expose beaucoup plus que les États-Unis dans ce dossier. En effet, malgré l'imposition de sanctions suite à l'annexion de la Crimée en 2014, la Russie demeure le cinquième partenaire économique de l'Union européenne (devant la Turquie et le Japon).

Mais bien que l'on parle souvent de la dépendance de l'Europe à l'égard de la Russie, notamment pour son gaz naturel, l'inverse existe également. Vladimir Poutine a aussi beaucoup à perdre sur le plan économique en cas d'escalade du conflit. Comme le détaille notre graphique, l'Union européenne est de loin le premier partenaire commercial de Moscou. Les 27 pays européens ont représenté 38 % des exportations et 34 % des importations de la Russie sur la période 2019-2020, contre respectivement 23 % et 14 % pour la Chine, son deuxième partenaire.
Outre les pertes financières qu'engendrerait un arrêt des échanges avec l'UE, dont elle est le premier fournisseur d'hydrocarbures, la Russie dépend aussi de l'Europe pour importer certains produits stratégiques. C'est le cas par exemple des biens d'équipements industriels, notamment achetés en Allemagne, en Italie et en France, et essentiels à la productivité de l'économie russe. D'autres catégories, comme l'aéronautique, l'automobile, la chimie et la pharmacie, sont aussi des domaines dans lesquels la Russie s'approvisionne en grande partie auprès de l'UE.

https://fr.statista.com/infographie/26743/principaux-partenaires-commerciaux-russie-valeur-importations-et-exportations/

03

Tensions, frontières, cooprérations

Quels problèmes pour l'insertion de la Russie dans l'espace mondial ?

L’annexion de la Crimée, son intervention dans le Donbass, ses initiatives au Moyen Orient, en particulier en Syrie, les soupçons d’ingérence dans les campagnes électorales aux Etats Unis et dans plusieurs pays européens, l’affaire Skripal, etc. l’ont propulsée sur le devant de la scène : la Russie est aujourd’hui largement considérée comme un acteur incontournable. Paradoxalement, elle est aussi un pays en déclin. Au fil du temps, elle a subi dans la vie internationale de sérieux revers, en particulier dans l’ex-URSS, elle a ruiné sa relation à l’Ukraine et fragmenté l’espace postsoviétique, elle s’est aliéné une bonne partie des pays occidentaux, elle s’est de plus engagée dans un incertain virage vers l’Asie, etc. Et en interne, elle peine à relever les immenses défis auxquels elle est confrontée. Elle reste une économie de rente faiblement productive. Et comme le montre Julien Vercueil dans le chapitre consacré à sa place dans l’économie mondiale, elle est impuissante à se protéger des chocs extérieurs. Ce que révèle l’analyse que fait Olga Belova de son insertion dans l’espace culturel mondial, c’est sa grande difficulté à se renouveler. La culture est pourtant un domaine dans lequel elle a d’immenses atouts.

Source : Anne de Tinguy, Laurent Chamontin, La Russie dans le monde, quelles singularités ? , Diploweb, 30 mai 2019.

L'OCS : une concurrence au G7 ?

Lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui s'est tenu pendant deux jours dans la ville portuaire de Qingdao (est de la Chine), Xi Jinping a souhaité la «bienvenue» à deux nouveaux venus, l'Inde et le Pakistan, au sein du bloc créé en 2001. L'OCS vise à accroître la coopération économique et sécuritaire entre ses membres et comprend également les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale du Kazakhstan, du Kirghizstan, du Tadjikistan et d'Ouzbékistan. […] Avec Moscou, Pékin entend également proposer un Partenariat économique eurasien aux autres membres, alors que le commerce et les investissements entre eux augmentent. Source : AFP, 10 juin 2018

Une "cyber-guerre" russe ?

Guerre avevc l'Ukraine : changement de situation pour la russie

Sanctions contre la Russie

Le 28 février, le Conseil a approuvé:

une interdiction des transactions avec la Banque centrale russe
un ensemble de mesures de soutien à hauteur de 500 millions d'euros pour financer des équipements et des fournitures destinés aux forces armées ukrainiennes
une interdiction du survol de l'espace aérien de l'UE et de l'accès aux aéroports de l'UE pour tous les types de transporteurs russes
de nouvelles sanctions à l'encontre de personnes et d'entités

Source: https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/sanctions/restrictive-measures-ukraine-crisis/

Sanctions contre la Russie


Depuis mars 2014, l'UE a progressivement imposé des mesures restrictives en réponse à:
l'annexion illégale de la Crimée, en 2014
la décision de reconnaître comme des entités indépendantes les zones des oblasts de Donetsk et de Louhansk non contrôlées par le gouvernement, en 2022
l'agression militaire non provoquée et injustifiée contre l'Ukraine en 2022
L'UE a institué différents types de mesures restrictives:
des mesures diplomatiques
des mesures restrictives individuelles (gels des avoirs et restrictions à l'entrée sur le territoire de l'UE)
des restrictions en matière de relations économiques avec la Crimée et Sébastopol et avec les régions de Donetsk et de Louhansk non contrôlées par le gouvernement
des sanctions économiques
des sanctions contre des médias
des restrictions en matière de coopération économique

Source : https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/sanctions/restrictive-measures-ukraine-crisis/

réaction aux sanctions


" [...] La crise de 2014 a alors plongé le régime russe dans une fuite en avant dangereuse. Les sanctions qui ont suivi l’invasion de la Crimée et le soutien aux séparatistes de Louhansk et Donetsk ont conduit Moscou à construire la « forteresse Russie », une économie jugée moins dépendante de l’extérieur et plus autonome. Cette politique a cependant encore aggravé les contradictions internes au régime.
Certes, la Banque centrale russe a réduit la dépendance au dollar et s’est appuyée sur l’excédent commercial du pays pour construire d’impressionnantes réserves en devises et en or. De son côté, pour ne plus faire appel au financement étranger, le gouvernement russe a réduit son déficit budgétaire pour dégager un excédent à partir de 2018.
Cette politique « autarcique » est aussi classique pour un pays qui se considère comme « isolé » économiquement tout en ayant des ambitions impériales. C’est celle menée par l’Italie fasciste, par exemple. "

Source : Romaric Godin, "Les fondements de la guerre économique en ukraine", Médiapart, 10 mars 2022

La Guerre en Ukraine, une guerre aux motifs économiques ?

" [...] La Banque centrale de Russie a augmenté ses taux de 9,5 % à 20 % après l’invasion de l’Ukraine, ce qui risque de tuer l’activité du pays. Mais il est important de noter que, déjà, à 9,5 %, le taux d’escompte russe était élevé au regard des grands pays avancés. [...] Globalement depuis 2014, les revenus du travail sont d’ailleurs sous pression, avec un ralentissement continuel de la croissance du salaire réel en tendance. En février 2021, le FMI lui-même soulignait que « le revenu par tête progresse faiblement et ne converge pas vers les niveaux des économies avancées ». [..]
En décembre 2021, la Banque Mondiale confirmait la faiblesse globale de la croissance potentielle russe au regard de sa situation de pays émergent, faute de dynamisme de la productivité, d'industrie et de forte croissance de la demande. Le maintien de la paix sociale devenait d’autant plus complexe que la crise sanitaire est venue creuser le budget russe. [...] Une telle situation ne pouvait donc qu’inciter le régime à relancer la logique impérialiste. [...] Les conditions d’un basculement du régime dans l’agression de l’Ukraine étaient ainsi largement posées : un contrôle du voisin permettrait dans cette logique de ressouder la population (éventuellement de lui faire accepter de nouveaux sacrifices) autour du prestige militaire, mais aussi de disposer de nouvelles ressources, notamment agricoles. Pour un pays construit autour de l’extraction de ressources, la proie pouvait être tentante. Et il pouvait s’agir de résoudre les contradictions propres au capitalisme russe.

Source : Romaric Godin, "Les fondements de la guerre économique en ukraine", Médiapart, 10 mars 2022

Présence Russe en Afrique

"Amorce d’une bascule stratégique qui verrait une nouvelle « Russafrique » appuyer la « Chinafrique » dans une conjuration anti-occidentale ? [...] L’arrivée d’instructeurs russes et de paramilitaires de la société de sécurité privée Wagner, proche de Kremlin, au Mali, fin 2021, avive les interrogations de l’Europe et des Etats-Unis sur les desseins de Moscou en Afrique. A travers la multiplication d’accords de défense et les activités du Groupe Wagner, la Russie a réussi à s’immiscer dans plusieurs pays d’Afrique : Mali, Libye, Soudan, République centrafricaine (RCA), Mozambique… |...]
Cette volonté de retour a été mise en scène, en octobre 2019, à Sotchi, lors du premier sommet Russie-Afrique en présence d’une cinquantaine de représentants des Etats du continent. L’événement s’apparente alors à une véritable opération de charme. Moscou s’affiche en protecteur des souverainetés face au néocolonialisme, comme un rempart contre les déstabilisations, les « révolutions de couleur » et autres « printemps ». Ce discours vise avant tout à se démarquer de l’Occident, et à donner un habillage politique aux coopérations sécuritaires proposées par Moscou. Sa pénétration en Afrique permet à la Russie de retrouver son statut de puissance mondiale, sur fond de montée de la tension avec l’Europe et les Etats-Unis. « Dans le contexte de sanctions euro-atlantiques qui pèsent sur la Russie depuis la crise ukrainienne, l’Afrique constitue un champ propice au déploiement d’activités opérationnelles pour les conglomérats russes du secteur extractif », écrivent les chercheurs Igor Delanoë et Nour Hedjazi dans la dernière livraison de la revue Hérodote (troisième trimestre 2021), consacrée à « La Libye, géopolitique du chaos ».

Source : Frédéric Bobin, Cyril Bensimon, Jean-Philippe Rémy, Elise Vincent, Benoît Vitkine, Eliott Brachet, "Du Soudan au Mali, la Russie place ses pions en Afrique", Le Monde, 30 janvier 2022

Résolution de l'ONU exigeant le retrait des troupes russes d'Ukraine : pourquoi une partie de l'Afrique s'est abstenue

Les échanges économiques de l’Afrique avec la Russie sont limités (environ 20 milliards de dollars en 2019) par rapport aux autres puissances (Chine : 210 milliards ; Europe : 225 milliards). Cependant, ils sont concentrés sur quelques secteurs stratégiques : l’alimentation, les ressources naturelles et les armes.
Premier exportateur mondial, la Russie a mené une diplomatie du blé, notamment en direction des pays d’Afrique du Nord, très dépendants au niveau alimentaire. L'Egypte achète les trois quarts de ses importations à la Russie et, en froid avec Paris, Alger s’est tourné vers le blé russe. Ses autres clients sont principalement le Nigeria, la Tanzanie, le Kenya, l’Afrique du Sud et le Soudan, dont l’un des dirigeants était à Moscou pour finaliser une livraison de blé au moment de l’invasion de l’Ukraine.
Les grandes sociétés publiques russes du secteur extractif (Rosneft, Lukoil, Alrosa, Rusal, Gazprom, Nordgold, etc.) ont investi en Afrique mais elles ne sont ni dominantes ni irremplaçables.

En revanche, la Russie est un acteur important du marché africain de la sécurité. De 2016 à 2020, elle a fourni 30% des armes acquises par les pays d’Afrique subsaharienne ; depuis 2017, elle a signé des accords de coopération militaire avec 20 pays d’Afrique subsaharienne, contre seulement sept de 2010 à 2017 ; et elle a peut-être trouvé avec le Soudan un pays hôte pour une base militaire au bord de la mer Rouge. La présence de Wagner permet à Moscou d’élargir à moindre coût son espace stratégique. Le groupe fournit aux pouvoirs africains affaiblis un package "mercenaires/propagande numérique" et démarche tous azimuts sur le continent. Son patron Evgueni Prigogine a, par exemple, personnellement courtisé les putschistes burkinabé en saluant leur coup d’Etat en janvier et en le comparant à une décolonisation.

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/resolution-de-l-onu-exigeant-le-retrait-des-troupes-russes-d-ukraine-pourquoi-une-partie-de-l-afrique-s-est-abstenue_5017616.html#xtor=CS2-765-[autres]-

Que veut la russie de Poutine ?