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Arts et Sciences

L’art recherche la beauté et parle à l’émotion; la science recherche la vérité et parle à la raison. Cette dichotomie n’a pas raison d’être: artistes et scientifiques s’engagent en réalité dans l’observation et dans l’expérimentation. «C’est par l’expérience que progressent la science et l’art», selon Aristote.


Il n’est pas intéressant que l’art reflète précisément un savoir scientifique, qu’il ait des prétentions dans ce domaine. L’important, c’est l’imaginaire que chaque artiste construit à partir de la science de son époque.

Artistes et scientifiques recherchent des moyens pour (dé)montrer la réalité observée ou ressentie, bien que leur façon de la conceptualiser diffère. Avec leur imagination, ils tendent vers l’innovation.

Parmi les avantages à intégrer l’art à la science, le principal est la créativité. Un scientifique doit user de créativité dès l’élaboration de la question à laquelle ses recherches tenteront de résoudre. Le scientifique doit aussi faire preuve de créativité au moment où il conçoit la démarche à suivre pour répondre à cette question. Or, la créativité peut s’acquérir et se développer dans l’exercice d’une pratique artistique.



L'art peut ainsi aider la science à changer de paradigme. Autrement dit, l’art offre à la science une nouvelle paire de lunettes pour vois différemment le monde qui nous entoure.




Aujourd’hui le monde est confronté à de grands défis, le changement climatique étant l'un des plus urgents. La multiplication des sécheresses, crues, vagues de chaleur et autres phénomènes extrêmes modifie déjà la vie quotidienne sur la planète et met à mal les écosystèmes fragiles.

L'art offre aussi à chacun d'entre nous la possibilité de faire preuve de créativité dans ces conditions difficiles. Il peut aider à imaginer un avenir différent et à avancer tous ensemble vers un monde nouveau, plus juste et plus prospère. En créant des «espaces sûrs» qui incitent à l'échange, en utilisant des supports visuels ou acoustiques et en plaçant le savoir dans un contexte évocateur, il est possible d'explorer diverses voies de changement qui aident à mieux capter et comprendre nos propres représentations du monde et celles des autres.

Jin Choi et Thomas Adam Shine

Olafur Eliasson et le géologue Minik Rosing.

Olafur Eliasson et Ui Phoenix von Kerbl

Lorenzo Quinn

Antony Gormley

Jasmine Targett

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Sélection d'oeuvres

Jin Choi et Thomas Adam Shine (architectes).

C'est à l'occasion du Festival des lumières dans la baie de Singapour, en mars 2017, que les architectes Jin Choi et Thomas Adam Shine ont signé « The Urchins ». Une création poétique où trois grandes sphères légères de dentelle blanche représentant des coquilles d'oursins se balancent dans les airs.


Entièrement réalisés au crochet pendant deux mois et demi par 50 personnes du monde entier symbolisant l'union des différents peuples et cultures, ces oursins sont tendus sur une structure en aluminium et suspendus à l'aide de câbles en acier ultraminces, à peine visibles. Chaque « peau » d'oursin est composée de 20 panneaux, utilisant environ 17 000 m de cordon de polyester, et pesant près de 100 kg .

Parlant du thème de l’écologie, chaque œuvre d’art interactive de 17 mètres de haut symbolise la beauté et la diversité de la nature.


Bien que la nuit, les œuvres soient éclairées par une lumière artificielle, pendant la journée, les Oursins comptent sur la lumière naturelle pour projeter des ombres éphémères et en constante évolution.

De même, chaque sculpture suspendue bouge de manière organique lorsqu’elle est effleurée par le vent ou même par les visiteurs, qui sont invités à toucher les cordons et panneaux en polyester qui la composent.

Olafur Eliasson et le géologue Minik Rosing.

Jeudi 3 décembre 2015, Ice Watch, œuvre éphémère de l’artiste danois Olafur Eliasson, a été installée sur le parvis du Panthéon à Paris.


Douze morceaux d’icebergs pesant 80 tonnes au total, tout droit venus d’un fjord près de Nuuk, dans le Groenland, et disposés en cercle, fondront lentement jusqu’au 11 décembre, date de la clôture de la COP21.

L'objectif de ce cadran polaire «faire prendre physiquement conscience aux gens du réchauffement climatique. Ils pourront toucher [la glace], l’écouter craquer»,a expliqué l’artiste.

Olafur Eliasson rappelle au passage le processus à l’œuvre dans ces blocs de glace à la dérive, alors que le niveau de la mer monte aujourd’hui chaque année de plus de 3 millimètres dans le monde :


« Chaque été, la couche de glace du Groenland perd d’énormes quantités de neige fondue à sa surface, lorsque les glaciers font tomber des millions de tonnes de glace dans la mer, où ils fondent progressivement.

Ce processus ajoute de l’eau aux océans, mais en même temps, de la vapeur d’eau monte de l’océan et se transforme en neige qui retombe sur la couche de glace. Pendant des milliers d’années, la quantité de neige qui tombe et la quantité de glace vêlée par les glaciers ou fondue à la lisière de la couche de glace se sont équilibrées et la quantité de glace terrestre du Groenland est restée stable.

Mais depuis le changement de millénaire, la glace du Groenland fond beaucoup plus rapidement qu’elle ne se régénère. »

« Aujourd’hui, nous avons accès à des données fiables qui nous éclairent sur ce qui va se produire et ce qui peut être fait » a déclaré Olafur Eliasson.


« Apprécions cette chance unique, que nous avons de pouvoir agir maintenant. Transformons cette connaissance du changement climatique en action pour le climat. En tant qu’artiste, j’espère que mon travail touche les gens, qui en retour peuvent rendre quelque chose d’abstrait, en réalité.

L’art a le pouvoir de changer nos perceptions et perspectives sur le monde, et Ice Watch rend les défis climatiques que nous affrontons plus tangibles. J’espère que cette œuvre inspirera l’engagement collectif à agir pour le climat ».

Olafur Eliasson et Ui Phoenix von Kerbl, fondateur de la TalkingWater Foundation, une plateforme d’échanges et de réflexion sur l’eau.

L’œuvre d’art publique et permanente d’Olafur Eliasson a été dévoilée au sommet du mont Grawand dans les Alpes italiennes, le 9 octobre 2020.


Avec Our Glacial Perspective, Olafur Eliasson propose un cheminement le long de la crête sculptée de la montagne italienne : un parcours de 410 mètres, divisé par neuf arches en acier. L’espacement entre ces « portes » correspond aux différentes périodes glaciaires que la Terre a connues dont le propre espacement dans le temps à été converti à l’échelle métrique.

À l’arrivée, un pavillon fait d’anneaux d’acier et de verre offre aux visiteurs une vue panoramique sur le glacier Hochjochferner. Chacun des anneaux du pavillon suit une des trajectoires du soleil dans le ciel à différents moment de l’année – l’anneau supérieur retrace la trajectoire du soleil le jour du solstice d’été, l’anneau inférieur celle du solstice d’hiver et, au centre, celle des équinoxes. Ils sont eux-mêmes divisés grâce à des vitres rectangulaires teintées de différentes nuances de bleu, en référence au cyanomètre – un nuancier destiné à l’évaluation de l’intensité du bleu du ciel. Une vitre équivaut à 15 minutes dans la trajectoire du soleil, les visiteurs peuvent donc lire l’heure depuis le pont du pavillon. La structure soutenant ce dernier indique les axes des quatre points cardinaux.

En habitué des œuvres engagées, Olafur Eliasson entend notamment attirer l’attention du visiteur
« vers une perspective planétaire plus large sur les changements climatiques qui affectent directement le glacier Hochjochferner ». Plus encore, Our Glacial perspective se veut « une loupe pour l’expérience très particulière du temps et de l’espace qu’offre ce lieu – d’une part, vaste et illimité, d’autre part, local et spécifique ».

Lorenzo Quinn

Les villes européennes ne sont pas immunisées face à l’urgence climatique. Loin de là. Lors de la Biennale de Venise en 2017, Lorenzo Quinn a installé Support, une sculpture monumentale qui souligne les risques qu’encourt la ville italienne.


Il rappelle qu’il en est de l’importance et de l’urgence de protéger les sites historiques des ravages du changement climatique.
Et avec les marées montantes qui menacent la structure de la cité des doges en Italie, le changement climatique est une bien réelle préoccupation pour ses habitants.

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Composé de géantes mains sortant du Grand Canal, Support semble maintenir hors de l’eau l’hôtel vénitien historique Ca’ Sagredo. Avec le réchauffement climatique, la fonte des glaces et par conséquent la montée du niveau de l’eau, la lagune de Venise menace sérieusement d’être submergée.


« En tant qu’artiste, j’ai toujours essayé d’être cohérent, et comme je pense qu’il faut contribuer à bâtir un monde durable, mon travail a toujours reflété ce message. Venise, comme de nombreuses villes du monde entier, est menacée et a besoin de notre aide et de notre protection. Donnons-nous la main et unissons nos forces pour des changements durables. »

Antony Gormley

En 2010, Antony Gormley a ancré sur un polder (= étendue artificielle de terre gagnée sur l'eau, le plus souvent dont le niveau est inférieur à celui de la mer, à partir de marais, estuaires, lacs ou des zones littorales), une sculpture gigantesque intitulée Exposure, tout près de la Ville de Lelystad (Pays-Bas).

Au loin, elle ressemble à une silhouette d’homme accroupi, ce qui explique le surnom donné par les Néerlandais « de poepende man » (l’homme qui défèque en français), mais si on se rapproche, elle ressemble davantage à une masse métallique abstraite et chaotique.


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Une métaphore des conséquences désastreuses de l’activité humaine sur la planète ? Peut-être.


Sans socle, ni protection, l’œuvre s’inscrit dans le paysage naturel qui l’entoure et est exposée aux mêmes conditions climatiques que l’environnement dans lequel elle se trouve.

Un souhait de l’artiste : « Au fil du temps, si l’élévation du niveau de la mer signifie qu’il doit y avoir une élévation de la digue, l’œuvre se retrouvera progressivement enfouie », explique Antony Gormley.


Jasmine Targett

L’intérêt de Jasmine Targett pour l'environnement et la nature a commencé lorsqu'elle a lu pour la première fois un article sur les trous de la couche d’ozone ,à l'école primaire.

Cela a déclenché une quête de toute une vie pour essayer de comprendre comment nous, en tant qu'espèce, nous nous sommes permis de profiter de l'environnement et « pourquoi nous ne comprenons pas pleinement comment nous affectons les choses », dit-elle.

En 2018, et elle explore l'influence de notre espèce sur l'atmosphère terrestre. Incapable de trouver une image de l'atmosphère terrestre dans ses premières recherches, l’artiste a fini par collaborer avec la NASA pour utiliser leurs images satellites.« C'est la première image 3D de l'atmosphère que j'ai pu trouver », dit-elle.

Nuages nacrés, Irlande du nord.

Jasmine Targett est avant tout une artiste, mais elle se considère également comme une communicatrice dont la mission est de combler le fossé entre l'art et la science.


Il existe une abondance de recherches sur le climat par des scientifiques, des chercheurs et des organisations disponibles, mais souvent ces découvertes importantes sont inaccessibles au grand public.

L’artiste dit que regarder l'art sur les questions environnementales et le changement climatique est plus susceptible de susciter une réaction plus viscérale que d'étudier des données, des documents de recherche ou même de lire les nouvelles.

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Nuages nacrés ,Norvège


Dans As Above, So Below, une formation nuageuse nacrée traverse un filtre prismatique.
«Je cherchais à saisir les différents signes visuels que nous envoie l'environnement, à faire comprendre que notre présence infléchit sa trajectoire naturelle.» Cette recherche conduit Jasmine aux nuages nacrés, dont la beauté irisée masque une réalité plus sombre et funeste, celle de la destruction de l'ozone stratosphérique.
«Il nous est souvent impossible de voir comment l'environnement change autour de nous, parce que cela survient à un rythme et à une échelle que nous ne pouvons pas vraiment capter; mais là, dans le ciel, apparaît un signal d'alerte; ce nuage nacré est extrêmement beau et évocateur, mais un léger malaise surgit quand on le regarde; je ne sais pas pourquoi tu te trouves dans l'atmosphère, ce n'est pas très logique, tu renvoies à quelque chose que je connais et que je comprends, qui sont les nuages, mais je ressens une légère appréhension à un niveau primitif.»

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