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Mauvezin en marchant


Les Amis de l'archéologie et de l'histoire
Mauvezin

INDEX

1. Le château

2. L'église

3. La bastide

4. La place et la halle

5. Tour de ville

1. Le château

Mauvezin, gravure du XVIe siècle

C’est l’origine de la ville, une tour de défense qui commande une petite seigneurie, la vicomté du Fezensaguet, après 920. Il y a plus de onze siècles !
D’abord en bois, puis en pierre, cette tour devient château, avec des bâtiments accolés en U, un peu comme à Avezan. A l’entrée, venant de la place, un pont-levis, au-dessus une porte-tour, sûrement, comme à Sarrant. Puis une première cour, où se trouve aujourd’hui le monument aux morts de la guerre de 1914-18, puis une deuxième cour, avec au fond la grosse tour carrée d’origine. C’est le « Castellum », château en latin, entouré de fortes murailles, surplombant un abrupt rocheux sur trois côtés formant glacis, vers l’église en contrebas, vers l’Arrats, où se trouvent aujourd’hui les terrasses du bicentenaire de la Révolution de 1789, et vers les « petites garennes », du côté nord.
Le Castellum n’existe plus, sinon sa plateforme arasée, l’esplanade, où il y a une grande citerne enterrée. On ne construisait pas de forteresse sans moyen d’avoir de l’eau. L’ensemble est détruit en plusieurs fois, du XVIIe au XIXe siècle, pour désarmer surtout les Protestants qui tenaient la ville depuis les « Guerres de religion » 1560-1598. Le château était donc, dès l’origine, séparé du premier village, lui aussi emmuraillé, le « Castrum » ou Castelnau.

2. L'église

Celle que vous voyez en contrebas est en fait la troisième, sur le même site. Elle a été construite après 1828, accolée au vieux clocher d’origine. L’église d’origine, du XIIIe siècle, occupait la même superficie que l’actuelle. Elle fut détruite par les Protestants pendant les Guerres de religion, qui gardèrent le clocher comme tour de guet et arsenal. Les Protestants construisent alors leur premier Temple tout à côté, à l’emplacement actuel de la fontaine du curé. En 1624, une deuxième église est reconstruite, plus petite, séparée du clocher par une placette, d’après le premier plan de la ville dont nous disposons. La troisième église, l’actuelle, est reconstruite en même temps que le troisème Temple, au XIXe siècle.




Photographie de l'église de Mauvezin, Georges-Louis Arlaud, vers 1925
© Ministère de la Culture (France)

3. La bastide

Les portes d’Uzac, vers le nord, celle de Toulouse, vers l’est, la porte d’en Houssa vers le « chemin de ronde », et celle de Saint Georges, vers l’ouest, près de l’Arrats, ouvraient sur la campagne, avant leur destruction au XVIIIe siècle, lorsque la ville s’est développée, vers le « moulin haut », vers La Pécoure, le long de la route royale, vers Montauban…

C’est le vieux quartier de la basse-ville, aux rues étroites mais au plan en damier. Le comte Géraud V y attire, en 1275, de nouveaux habitants par une « Charte », un contrat qui les protège. Ce sont plutôt de petites maisons, avec des jardins à l’arrière. Au sud, l’ancien couvent des Dominicains, hôpital actuel, était un bâtiment imposant, avec un grand jardin fermé.
La Bastide était entourée de murs, accolée au Castelnau qui est situé plus sur la hauteur. Les murailles du XIVe siècle comportaient plusieurs portes, bastions, ouvrages défensifs s’avançant du mur, et échauguette, tour de défense qui surplombe la muraille.

Vue aérienne et plan de Mauvezin, IGN, Remonter le temps

4. La place et la halle


C’est depuis toujours le cœur marchand de la ville, même si à l’origine, c’est une place d’armes, on y tient le marché depuis le XIIe siècle, le lundi ! La halle date du XIVe siècle, reconstruite et agrandie de cinq piliers et d’une travée au sud en 1804. Au centre de la place, un puits avec une pompe que nos grands-parents ont pu voir. Tout autour, de belles maisons sur des arcades du XVIe au XVIIIe siècle, les « couverts » ou « embans » étaient très utiles pour les foires et marchés, aux XVIIIe et XIXe siècles. Parmi ces maisons, la tour Jeanne d’Albret, carrée, très ancienne, comme la « maison Henri IV », la poste. Elles datent du XVIe-XVIIe siècles. Jeanne d’Albret était la mère d’Henri IV, la dernière vicomtesse autonome du Fezensaguet.
La mairie actuelle est construite sous la Troisième République, elle était auparavant, jusqu’au XVIIIe siècle sous la halle. C’était la « Maison commune », sur l’emplacement du nouveau restaurant. Attenants à elle, l’« arsenal », où on stockait poids, mesures, planches… pour les marchés, ainsi que la boucherie communale.





Vue aérienne de la place et de la halle de Mauvezin, Alain Robert, 2005.

Partir du coin de la place, face à la boulangerie, aller vers la Maison de santé. On observe les vestiges restaurés des murs anciens de la ville, puis place du 8 mai 1945, à côté du monument aux morts de la guerre de 1870-71, érigé en 1912, l’emplacement de la porte de Toulouse. En face, emprunter le boulevard Carnot, passer par la rue de l’échauguette, la rue des remparts. On arrive face au Temple protestant. C’est lui aussi le 3ème ! Le premier était à côté de l’église, ce qui avait provoqué sa destruction forcée en 1684. Le deuxième était dans la petite rue du Temple, entre le foirail et la place centrale. Ce troisième temple monumental, sobre, est construit en 1832. La place du foirail était au XIXe siècle le lieu du marché aux bestiaux, alors nombreux dans la région, il suffit d’observer le blason de la ville. Il reste la bascule. Sur le Plan, deux lignes de maisons ont été construites vers 1840. Le Foyer rural et la piscine, deux monuments des années 1960-70, en occupent le fond. Revenir à la place en passant par les escaliers qui relient l’église à l’esplanade du château, on voit bien ainsi que la rue Victor Hugo a été gagnée sur l’ancien glacis pour permettre un accès moderne à la place depuis l’ouest, car il n’y avait auparavant que de petites rues pour cela. On passe par la rue du docteur Fauqué, maire de Mauvezin de 1884 à 1919, suivi par le sénateur Jean Philip de 1919 à 1951, mais le record de longévité municipale sera battu par Yvon Montané, maire de 1977 à 2014.

5. Tour de ville

Photographie du musée associatif des Amis de l'archéologie et de l'histoire, Mauvezin, 2022.

On passe ensuite par la rue du docteur Fauqué, maire de Mauvezin de 1884 à 1919, suivi par le sénateur Jean Philip de 1919 à 1951, mais le record de longévité municipale sera battu par Yvon Montané, maire de 1977 à 2014. Dans cette rue droite qui relie la place et l’église, quelques belles maisons avec des « mirandes », étage supérieur ouvert sous les toits. Il y en a aussi plusieurs sur la place centrale, appelée autrefois « le Trépadé », le lieu où on circule.

Dans cette rue autrefois axe principal, notre Musée, à visiter.

La petite capitale de la vicomté du Fezensaguet a gardé quelques beautés de son passé. La visite de son église, de son musée, la promenade jusqu’à son lac en passant par les petites rues de la bastide, jeter un œil à ses fontaines et son lavoir, valent vraiment la peine !


D. Marcadet

Mauvezin
Les Amis de l'archéologie et de l'histoire