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Me présenter ?

Quand un chercheur fait un essai d'autobiographie langagière

Une biographie langagière en plusieurs langues

Vivre avec ces langues ?

Comment j'utilise mes langues ?

Donner des exemples / Bilinguisme passif

Ressources pour l'entraînement au mini défi

Parler de mon apprentissage des langues

Me présenter ?

Ressources pour l'entraînement au mini défi

Se présenter simplement ou...?

1. Je suis né à Ibadan dans le sud-ouest du Nigeria, dans une région où tout le monde parle la langue yoruba. Chez moi, toute ma famille parlait le yoruba et c'est ma langue maternelle. La première chanson que j'ai entendue quand j'étais petit, c'est :
"omo mi ma sun kun moo, abi o la seju lo wo, se bi mo ti be e le kan, abi o la seju lowo ni."



2. "The language of my heart in which I think, dream, laugh, cry and love is the Styrian dialect. I grew up at the countryside, at home we never communicated in Standard German."

Se présenter simplement ou...?


1. Je suis né à Ibadan dans le sud-ouest du Nigeria, dans une région où tout le monde parle la langue

yoruba. Chez moi, toute ma famille parlait le yoruba et c'est ma langue maternelle. La première
chanson que j'ai entendue quand j'étais petit, c'est :
"omo mi ma sun kun moo, abi o la seju lo wo, se bi mo ti be e le kan, abi o la seju lowo ni."
2. "The language of my heart in which I think, dream, laugh, cry and love is the Styrian dialect. I grew up at the countryside, at home we never communicated in Standard German."

Ressources pour l'entraînement au mini défi

Parler de mon apprentissage des langues

Parler de mon apprentissage des langues :

"J'ai entendu l'anglais pour la première fois à l'école primaire car il n'y avait pas de jardin d'enfant quand j'étais petit. Il fallait aller à l'école quand on arrivait à toucher son oreille gauche avec sa main droite en passant le bras par-dessus sa tête. Aujourd'hui, les choses ont changé.

Les parents essaient de parler l'anglais à leurs enfants dès leur plus jeune âge et les enfants vont déjà à l'école maternelle quand ils arrêtent de boire le lait de leur mère, avant l'âge de deux ans.

Et ils entendent l'anglais beaucoup plus tôt."

Parler de mon apprentissage des langues :


"J'ai entendu l'anglais pour la première fois à l'école primaire car il n'y avait pas de jardin d'enfant quand j'étais petit. Il fallait aller à l'école quand on arrivait à toucher son oreille gauche avec sa main droite en passant le bras par-dessus sa tête. Aujourd'hui, les choses ont changé.

Les parents essaient de parler l'anglais à leurs enfants dès leur plus jeune âge et les enfants vont déjà à l'école maternelle quand ils arrêtent de boire le lait de leur mère, avant l'âge de deux ans.

Et ils entendent l'anglais beaucoup plus tôt."

Quand un chercheur fait un essai d'autobiographie langagière

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Essai d'autobiographie langagière

2018 (sous presse) Essai d'autobiographie langagière, rédigé à la demande de N. Auger et et G. Prasad pour le volume qu'ils dirigent.

Quand un chercheur fait un essai d'autobiographie langagière...

https://www.academia.edu/37574418/Essai_dautobiographie_langagi%C3%A8re

Quand un chercheur fait un essai d'autobiographie langagière...


https://www.academia.edu/37574418/Essai_dautobiographie_langagi%C3%A8re?auto=download


Une biographie langagière en plusieurs langues

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Une biographie langagière en plusieurs langues :

"C‘era una volta eine language che mi fascinated sehr: Den first contact mit einer foreign language hatte ich at the age of 4. Mein dad hatte kein Englisch at school und versuchte sich durch language courses „very British“ im holiday zu verständigen. "

Une biographie langagière en plusieurs langues :


"C‘era una volta eine language che mi fascinated sehr: Den first contact mit einer foreign language hatte ich at the age of 4. Mein dad hatte kein Englisch at school und versuchte sich durch language courses „very British“ im holiday zu verständigen. "


Vivre avec ces langues ?

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Vivre avec ces langues ?

En Equateur, en général, tout le monde parle en espagnol. Mais je pense que la plus grande influence d'une langue étrangère dans mon pays est l'anglais. De telle manière qu'il y a des mots qui sont utilisés dans notre vie quotidienne, mais bien sur ces phrases sont considérés comme des vulgarismes.Par exemple : S’il y a d'amis qui se rencontrent. En particulier chez les hommes et ils ont beaucoup de confiance entre eux ils diront :

« Hola Brow » C ́est à dire Bonjour mon frère

Pour exprimer quelque chose de beaucoup, nous utilisons le mot « full ». En particulier l'expression de dire que « je suis très occupé » est :

« Estoy a full » C ́est à dire que vous avez beaucoup de travail et que vous ne pouvez rien faire d'autre

Mais nous avons également d'autres expressions qui sont très bien comprises en utilisant l'un des mots quechua tels que :

Chulla : vient du mot quechua ch'ulla, qui signifie « seul, étrange, unique ». Pour cette raison

Par exemple :

«chulla vida» lorsqu'il s'agit de profiter de la seule vie dont on dispose.

Chaucha: Il provient de Quechua chaucha 'immature' et est une pomme de terre précoce ou petite qui est généralement utilisée comme graine

« Te tengo una chaucha » Tout travail indépendant ou informel, sera effectué́ afin de gagner de l'argent supplémentaire

Toutes les phrases citées sont bien comprises par un Équatorien, et bien qu'elles soient vulgaires ou idiomatiques, c'est ce qui nous différencie des autres pays. Ainsi, bien que quelques mots en quechua soient connus par d'autres pays, le sens qu'un équatorien lui donne est totalement différent du reste. Donc je crois que cela contribue également à la richesse d'un pays et à voir les choses sous différents angles.

En conclusion, quand je voyage à l'étranger et quand je parle aux Latinos, nous aimons comparer les expressions et nous savons donc que même si nous parlons la même langue, il y a toujours quelque chose qui nous différencie, et nous aimons savoir que nous n'arrêtons jamais d'apprendre.

Vivre avec ces langues ?


En Equateur, en général, tout le monde parle en espagnol. Mais je pense que la plus grande influence d'une langue étrangère dans mon pays est l'anglais. De telle manière qu'il y a des mots qui sont utilisés dans notre vie quotidienne, mais bien sur ces phrases sont considérés comme des vulgarismes.Par exemple : S’il y a d'amis qui se rencontrent. En particulier chez les hommes et ils ont beaucoup de confiance entre eux ils diront :

« Hola Brow » C ́est à dire Bonjour mon frère

Pour exprimer quelque chose de beaucoup, nous utilisons le mot « full ». En particulier l'expression de dire que « je suis très occupé » est :

« Estoy a full » C ́est à dire que vous avez beaucoup de travail et que vous ne pouvez rien faire d'autre

Mais nous avons également d'autres expressions qui sont très bien comprises en utilisant l'un des mots quechua tels que :

Chulla : vient du mot quechua ch'ulla, qui signifie « seul, étrange, unique ». Pour cette raison

Par exemple :

«chulla vida» lorsqu'il s'agit de profiter de la seule vie dont on dispose.

Chaucha: Il provient de Quechua chaucha 'immature' et est une pomme de terre précoce ou petite qui est généralement utilisée comme graine

« Te tengo una chaucha » Tout travail indépendant ou informel, sera effectué́ afin de gagner de l'argent supplémentaire

Toutes les phrases citées sont bien comprises par un Équatorien, et bien qu'elles soient vulgaires ou idiomatiques, c'est ce qui nous différencie des autres pays. Ainsi, bien que quelques mots en quechua soient connus par d'autres pays, le sens qu'un équatorien lui donne est totalement différent du reste. Donc je crois que cela contribue également à la richesse d'un pays et à voir les choses sous différents angles.

En conclusion, quand je voyage à l'étranger et quand je parle aux Latinos, nous aimons comparer les expressions et nous savons donc que même si nous parlons la même langue, il y a toujours quelque chose qui nous différencie, et nous aimons savoir que nous n'arrêtons jamais d'apprendre.

Comment j'utilise mes langues ?

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Comment j'utilise mes langues ?

Je suis née en Allemagne. Mes parents sont Allemands, et mes grand-parents, tantes, oncles, cousins et cousines habitent en Allemagne. Quand j’avais trois ans, mes parents, mes frères et moi avons déménagé en Norvège. Mes parents a commencé de travailler en Norvège, et j’ai commencé dans l’école maternelle en Norvège sans parler un seul mot norvégien. Par conséquent, j’ai appris la langue norvégienne très rapidement et sans accent, comme tous les autres enfants norvégiens. Avec mes parents et ma famille en Allemagne je parle allemand, et avec mes amis je parle norvégien.

Mes grands-parents ont une maison en Bretagne. Pour cette raison nous avons visité la Bretagne souvent aux vacances d’été. À l’école en Norvège j’ai décidé d’apprendre le français. J’ai appris le français pendant cinq ans. Quand j’ai terminé à l’école, je voulais habiter en France pendant quelques mois afin de mieux apprendre la langue.

Ce sont les raisons pourquoi j’ai commencé d’apprendre ces trois langues. J’écrirai trois paragraphes pour en dire un peu plus sur chauqe langue. La paraghraphe sur la langue française, j’écrirai en francais. La paraghraphe sur la langue allemande, j’écrirai en allemand. Et la paraghraphe sur la langue norvégienne, j’écrirai en norvégien. Les trois phrases soulignées sont la même phrase, écrite dans trois langues différentes.

Chaque langue a son propre son !

Le français était la quatrième langue qui j’ai commencé d’apprendre. Ma famille a des amis français qui habitent à Legé.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, mon arrière-grand-mère a fait la connaissance de August, un homme français qui était en Allemagne pendant la guerre. Beaucoup des années après la guerre, August a retourné en Allemagne pour visiter ma famille. Depuis lors, ma famille et la famille de August sommes restées en contact.

Quand le confinement a commencé, le petit-fils de August a contacté moi. Il a demandé si je voulais déménager à Legé. Il croyait qu’il serait mieux pour mot d`habiter à Légé pendant le confinement, c’est mieux quand j’habite à la campagne à Lége, et pas dans mon petit appartement à Nantes. J’ai déménagé à Legé et j’ai habité à Legé pendant deux mois. J’ai dû parler français tout le temps. J’ai appris de parler le français quotidien, et j’ai eu l'expérience d'être confronté chaque jour à une langue étrangère.

Jede Sprache hat ihren eigenen Klang!

Deutsch war die erste Sprache die ich gelernt habe. Ich habe nie deutsch in der Schule gelernt, sondern habe die Sprache automatisch gelernt. Das kommt daher, dass wir Zuhause immer deutsch reden, und auch immer deutsch geredet haben. Ausserdem reden wir mit unserer Familie in Deutschland ja auch immer deutsch. Ich finde es super, dass ich zweisprachig aufgewachsen bin und dass ich deutsch automatisch gelernt habe. Deutsch spricht man ja nicht nur in Deutschland, sondern auch in Österreich, Liechtenstein, Belgien, Luxembourg und in der Schweiz. Somit kann ich in viele verschiedene Länder reisen und trotzdem alles verstehen! Ausserdem möchte ich vielleicht in Deutschland studieren oder später in Deutschland wohnen.

Hvert språk har sin egen klang!

Norsk var det andre språket jeg lærte. Jeg lærte det da jeg begynte i barnehagen, og dermed lærte jeg det flytende. Jeg snakker norsk med vennene mine, og ofte også med brødrene mine. Norsk likner litt på svensk og dansk, og derfor kan jeg forstå både svensk og dansk. Det danske skriftspråket er lettere å forstå enn det svenske skriftspråket, men svensk er lettere å forstå muntlig enn dansk. I og med at jeg snakker tysk flytende, norsk flytende, engelsk flytende og lærer fransk, har jeg muligheten til å reise i mange ulike land der jeg kan forstå alt!

Comment j'utilise mes langues ?


Je suis née en Allemagne. Mes parents sont Allemands, et mes grand-parents, tantes, oncles, cousins et cousines habitent en Allemagne. Quand j’avais trois ans, mes parents, mes frères et moi avons déménagé en Norvège. Mes parents a commencé de travailler en Norvège, et j’ai commencé dans l’école maternelle en Norvège sans parler un seul mot norvégien. Par conséquent, j’ai appris la langue norvégienne très rapidement et sans accent, comme tous les autres enfants norvégiens. Avec mes parents et ma famille en Allemagne je parle allemand, et avec mes amis je parle norvégien

Mes grands-parents ont une maison en Bretagne. Pour cette raison nous avons visité la Bretagne souvent aux vacances d’été. À l’école en Norvège j’ai décidé d’apprendre le français. J’ai appris le français pendant cinq ans. Quand j’ai terminé à l’école, je voulais habiter en France pendant quelques mois afin de mieux apprendre la langue

Ce sont les raisons pourquoi j’ai commencé d’apprendre ces trois langues. J’écrirai trois paragraphes pour en dire un peu plus sur chauqe langue. La paraghraphe sur la langue française, j’écrirai en francais. La paraghraphe sur la langue allemande, j’écrirai en allemand. Et la paraghraphe sur la langue norvégienne, j’écrirai en norvégien. Les trois phrases soulignées sont la même phrase, écrite dans trois langues différentes


Chaque langue a son propre son !


Le français était la quatrième langue qui j’ai commencé d’apprendre. Ma famille a des amis français qui habitent à Legé.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, mon arrière-grand-mère a fait la connaissance de August, un homme français qui était en Allemagne pendant la guerre. Beaucoup des années après la guerre, August a retourné en Allemagne pour visiter ma famille. Depuis lors, ma famille et la famille de August sommes restées en contact.

Quand le confinement a commencé, le petit-fils de August a contacté moi. Il a demandé si je voulais déménager à Legé. Il croyait qu’il serait mieux pour mot d`habiter à Légé pendant le confinement, c’est mieux quand j’habite à la campagne à Lége, et pas dans mon petit appartement à Nantes. J’ai déménagé à Legé et j’ai habité à Legé pendant deux mois. J’ai dû parler français tout le temps. J’ai appris de parler le français quotidien, et j’ai eu l'expérience d'être confronté chaque jour à une langue étrangère


Jede Sprache hat ihren eigenen Klang!


Deutsch war die erste Sprache die ich gelernt habe. Ich habe nie deutsch in der Schule gelernt, sondern habe die Sprache automatisch gelernt. Das kommt daher, dass wir Zuhause immer deutsch reden, und auch immer deutsch geredet haben. Ausserdem reden wir mit unserer Familie in Deutschland ja auch immer deutsch. Ich finde es super, dass ich zweisprachig aufgewachsen bin und dass ich deutsch automatisch gelernt habe. Deutsch spricht man ja nicht nur in Deutschland, sondern auch in Österreich, Liechtenstein, Belgien, Luxembourg und in der Schweiz. Somit kann ich in viele verschiedene Länder reisen und trotzdem alles verstehen! Ausserdem möchte ich vielleicht in Deutschland studieren oder später in Deutschland wohnen



Hvert språk har sin egen klang!

Norsk var det andre språket jeg lærte. Jeg lærte det da jeg begynte i barnehagen, og dermed lærte jeg det flytende. Jeg snakker norsk med vennene mine, og ofte også med brødrene mine. Norsk likner litt på svensk og dansk, og derfor kan jeg forstå både svensk og dansk. Det danske skriftspråket er lettere å forstå enn det svenske skriftspråket, men svensk er lettere å forstå muntlig enn dansk. I og med at jeg snakker tysk flytende, norsk flytende, engelsk flytende og lærer fransk, har jeg muligheten til å reise i mange ulike land der jeg kan forstå alt!


Donner des exemples / Bilinguisme passif

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Donner des exemples

"Je viens d'une ville colombienne appelée Barranquilla, située sur la côte nord du pays. Le climat dans cette ville est tropical sec et il fait assez chaud toute l'année. Il n'y a pas de saisons ici. En Colombie, on nous appelle "Costeños". Cette ville appartient à la région des Caraïbes et le comportement et la façon de parler l'espagnol sont très similaires à ceux des côtes du Venezuela, de Cuba, de Porto Rico et d'autres pays situés sur la mer des Caraïbes. Le dialecte côtier de la Colombie est très particulier. Ils parlent un espagnol rapide et assez fort dans leur vocalisation et utilisent des expressions très typiques de la région et qui sont difficiles à définir comme par exemple :

Aguacatao : personne ennuyeuse.

“El es muy aguacatao y no quiere salir a divertirse”

“Il est très (aguacatao) et ne veut pas sortir et s'amuser”

Bilinguisme passif : « des langues non nommées, sans légitimité » extrait d’un article de D. Moore (2019, p. 46)

Poser un regard réflexif sur nos trajectoires vécues et pensées participe d’une démarche d’engagement dont on ne peut faire l’économie. Pour ma part, mon histoire et celle de ma famille s’inscrit dans les Alpes françaises, aux frontières de la Suisse et de l’Italie. Ma mère, née en 1920, et mon frère, né en 1940, ne parlaient pas français quand ils sont arrivés à l’école à l’âge de 7 ans. Ils étaient savoyards, locuteurs du franco-provençal. Ma mère n’a pourtant jamais su qu’elle parlait le franco-provençal, et mon frère l’a appris au détour d’une conversation il n’y a pas si longtemps. On leur a toujours dit, et ils ont toujours cru, qu’ils parlaient « le patois ». Langues non nommées, sans légitimité, minorisées.

Mon père, lui, était locuteur de l’italien, langue de l’immigration alors dévalorisée en France, et je ne l’ai découvert qu’à 12 ans lors d’un voyage au Val d’Aoste pour rencontrer cette branche de la famille. Je n’avais jamais entendu mon père parler italien auparavant. Pourtant, ce n’est pas une langue que mes parents ont souhaité que j’apprenne à l’école. J’ai appris d’abord l’anglais à partir de 12 ans, puis l’allemand en deuxième langue (alors même que tous deux, résistants pendant la Deuxième Guerre mondiale, et ma mère, fille de poilu blessé à Verdun pendant la Première, détestaient cette langue qui portait pour eux trop de blessures). On se déplace ainsi avec et à travers des imaginaires, qu’on traine parfois avec nous, des valises d’histoires avec lesquelles on voyage dans une Histoire qui nous dépasse le plus souvent. Et puis, ces valises ne sont parfois pas ouvertes, des petites choses y sont rangées que parfois nous n’avons pas laissé échapper, ou qu’on ne connait pas nécessairement.

Donner des exemples


"Je viens d'une ville colombienne appelée Barranquilla, située sur la côte nord du pays. Le climat dans cette ville est tropical sec et il fait assez chaud toute l'année. Il n'y a pas de saisons ici. En Colombie, on nous appelle "Costeños". Cette ville appartient à la région des Caraïbes et le comportement et la façon de parler l'espagnol sont très similaires à ceux des côtes du Venezuela, de Cuba, de Porto Rico et d'autres pays situés sur la mer des Caraïbes. Le dialecte côtier de la Colombie est très particulier. Ils parlent un espagnol rapide et assez fort dans leur vocalisation et utilisent des expressions très typiques de la région et qui sont difficiles à définir comme par exemple :


Aguacatao : personne ennuyeuse.

“El es muy aguacatao y no quiere salir a divertirse”

“Il est très (aguacatao) et ne veut pas sortir et s'amuser”


Bilinguisme passif : « des langues non nommées, sans légitimité » extrait d’un article de D. Moore (2019, p. 46)


Poser un regard réflexif sur nos trajectoires vécues et pensées participe d’une démarche d’engagement dont on ne peut faire l’économie. Pour ma part, mon histoire et celle de ma famille s’inscrit dans les Alpes françaises, aux frontières de la Suisse et de l’Italie. Ma mère, née en 1920, et mon frère, né en 1940, ne parlaient pas français quand ils sont arrivés à l’école à l’âge de 7 ans. Ils étaient savoyards, locuteurs du franco-provençal. Ma mère n’a pourtant jamais su qu’elle parlait le franco-provençal, et mon frère l’a appris au détour d’une conversation il n’y a pas si longtemps. On leur a toujours dit, et ils ont toujours cru, qu’ils parlaient « le patois ». Langues non nommées, sans légitimité, minorisées.

Mon père, lui, était locuteur de l’italien, langue de l’immigration alors dévalorisée en France, et je ne l’ai découvert qu’à 12 ans lors d’un voyage au Val d’Aoste pour rencontrer cette branche de la famille. Je n’avais jamais entendu mon père parler italien auparavant. Pourtant, ce n’est pas une langue que mes parents ont souhaité que j’apprenne à l’école. J’ai appris d’abord l’anglais à partir de 12 ans, puis l’allemand en deuxième langue (alors même que tous deux, résistants pendant la Deuxième Guerre mondiale, et ma mère, fille de poilu blessé à Verdun pendant la Première, détestaient cette langue qui portait pour eux trop de blessures). On se déplace ainsi avec et à travers des imaginaires, qu’on traine parfois avec nous, des valises d’histoires avec lesquelles on voyage dans une Histoire qui nous dépasse le plus souvent. Et puis, ces valises ne sont parfois pas ouvertes, des petites choses y sont rangées que parfois nous n’avons pas laissé échapper, ou qu’on ne connait pas nécessairement.