Want to make creations as awesome as this one?

Transcript

Utopiques

Un dossier de

Camille Pinel et Justine Chailleux

Début

LIEUX

INDEX

Utopie : définition

ETYMOLOGIE ET ORIGINE

LE JARDIN D'EDEN

L'AGE D'OR

ARCADIE

  • Pays imaginaire où tout est réglé au mieux, décrit dans un livre de Thomas Morus qui porte ce titre.
  • Système de conceptions idéalistes des rapports entre l'homme et la société, qui s'oppose à la réalité présente et travaille à sa modification.

Définition

utopie

Etymologie, origine

utopie (n.f) : terme venant du grec οὐ, préfixe privatif et τόπος, lieu : c'est-à-dire chose qui n'est d'aucun lieu. Il se peut aussi qu'il soit formé à partir du grec αὐ et τόπος ou lieu bénéfique.


ETYMOLOGIE

ORIGINE

Thomas More publie son Utopie en 1516. L'ouvrage est constitué de deux parties : la première est une description critique de l'Angleterre du début du XVIème, la seconde dépeint le pays d'Utopie (ses vertus correspondent aux vices de l'Angleterre). En se présentant comme l'idée d'une cité conforme à la raison, l'Utopie de Thomas More doit beaucoup à la République de Platon. Il y développe l'une des fonctions essentielles de la pensée utopiste, qui est de concevoir un idéal politique à partir duquel il est possible de juger et de critiquer la politique réelle.


UTOPIE N°1

Le jardin d'Eden

  • Nom du lieu (éden en hébreu) où, selon la Genèse (ii, 8), Dieu installa l'homme après qu'il l'eut créé. En akkadien, edinu signifie plaine, et, en sumérien, edin est un terrain fertile ou irrigable.

  • Le Jardin d'Eden se situe sur les terres de l'Orient sur les deux rives du moyen Euphrate. Il est séparé du reste de la Terre. Il n'a pour autant pas eu une existence terrestre propre, il s'apparente donc à l'image d'un paradis celeste sur Terre.

  • On peut qualifier le Jardin d'Eden de lieu utopique de par l'aspect idyllique d'un lieu de délices et de perfection où tous êtres vivants, animaux terrestres, volatiles, nature et êtres humains vivent en harmonie. L'homme est bon et parfaitement équilibré, sans complexe physique. Dans la Bible, le Jardin d'Eden s'oppose au reste du monde, peu fertile et dangereux. Il prend fin à la suite du "péché originel" causé par Adam et Eve. Ce passage de la Genèse a pour but de faire culpabiliser les Hommes en les tenant responsables de leur condition sur Terre, tout en disculpant Dieu des vices auxquels l'Homme moderne est confronté.

UTOPIE N°1

"Puis Yahweh Dieu planta un jardin en Éden à l’Orient et y mit l’homme qu’il avait formé. Et Yahweh Dieu fit pousser du sol toute espère d’arbres agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin et l’arbre de la science du bien et du mal. Et un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait et devenait quatre sources de fleuve. Le nom du premier est Phison ; c’est lui qui entoure tout le pays de l’Havila où il y a de l’or. Et l’or de ce pays est excellent, là il y a aussi de la résine parfumée et de la pierre schoham. Le nom du second fleuve est Gihon, c’est lui qui entoure toute la Terre de Cousch. Et le nom du troisième fleuve est le Tigre ; c’est lui qui coule à l’Orient d’Assour ; et le quatrième fleuve, c’est l’Euphrate. Et Yahweh Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder. Et Yahweh Dieu donna un précepte à l’homme, disant : De tous les fruits du jardin tu peux manger, mais de l’arbre de la science du bien et du mal tu n’en mangeras pas, car du jour où tu en mangerais tu mourrais."

La Sainte Bible, Genèse 2, traduite par Pirot et Clamer, Paris, 1979

UTOPIE N°2

  • L’Arcadie est une terre spirituelle et élégiaque de la poésie gréco-latine, évoquée en premier lieu par Théocrite dans ses Idylles et Virgile en – 37 avant J.-C. dans son ouvrage Les Bucoliques, qui est significativement séparée de la terre bien réelle de l’Arcadie, située dans la péninsule grecque du Péloponnèse. Ce paradis imaginaire est la patrie du dieu de la nature, des bergers et des troupeaux Pan, de la poésie rustique mais également de la pastorale (une littérature ayant comme héros des bergers et bergères).

  • Ce lieu utopique se caractérise par le lien qu’il effectue entre les divers êtres vivants, qu’il rapproche par exemple les hommes et les animaux ou la végétation, les montagnes à la douleur d’un amant, tout en faisant cohabiter les êtres avec les figures historiques et les divinités. En Arcadie, la paix universelle est de vigueur, et l’esprit de l’homme peut accéder à une « sentimentalité idéale ». Ainsi donc, cette utopie est décrite par la poésie grecque comme un havre de paix, d’harmonie et de cohabitation entre tous les êtres, ayant comme finalité l’élévation spirituelle de ses habitants. Les auteurs des poèmes lyriques qui évoquent l’Arcadie développent également un rapport à la terre magnifié, allant à contre-sens de leur société contemporaine romaine, considérée comme violente et source de mal-être.

L'ARCADIE

utopie n°2

« MÉNALQUE
Tes chants, poète divin, sont pour nous ce qu'est pour le voyageur fatigué le sommeil sur un tendre gazon, ce qu'est, dans les ardeurs de l'été, la source jaillissante où s'étanche notre soif. Égal à ton maître, pour la flûte, tu l'es encore pour le chant, heureux berger ! tu seras un autre Daphnis. Cependant je vais, à mon tour, essayer de mon mieux quelques vers où j'élève jusqu'aux astres ton cher Daphnis […].

MOPSUS
Quel présent nous pourrait être plus agréable qu'un tel souvenir ? Oui, ce jeune berger était bien digne de tes chants ; et depuis longtemps Stimicon m'a fait l'éloge de tes vers.

MÉNALQUE
Daphnis, tout brillant de lumière, contemple avec étonnement le palais de l'Olympe, son nouveau séjour ; il voit sous ses pieds et les astres et les nuages. Aussi la plus vive allégresse anime nos bois et nos campagnes : le dieu Pan, les bergers et les jeunes Dryades, tout en ressent les transports. La brebis ne craint plus les embûches du loup ; le cerf, les toiles du chasseur. Divinité bienfaisante, Daphnis aime la paix. Les montagnes à la cime touffue renvoient jusqu'au ciel mille cris de joie ; les rochers, les buissons eux-mêmes redisent : « C'est un dieu, oui, c'est un dieu, Ménalque ! »

0 Daphnis ! sois propice aux pasteurs, tes anciens amis ; sois leur bienfaiteur ! Voici quatre autels, deux en ton honneur, deux autres en l'honneur d'Apollon. Tous les ans, je t'offrirai deux coupes où brillera l'écume d'un lait nouveau, et deux vases remplis du jus onctueux de l'olive ; puis, par des flots de vin égayant le repas, près du feu l'hiver, l'été sous un berceau, je ferai couler des flacons de Chio une liqueur pareille au nectar. Damète et le Crétois Ægon feront entendre leurs chants ; Alphésibée imitera, par ses bonds, la danse des Satyres. Ces hommages, ô Daphnis ! nous te les rendrons en tous temps, soit aux fêtes solennelles des nymphes, soit lorsque autour de nos champs nous promènerons la victime propitiatoire. Oui, tant que le sanglier se plaira sur les montagnes, le poisson dans les eaux ; tant que l'abeille se nourrira de thym, la cigale de rosée, ton nom, tes vertus et ton culte vivront parmi nous. Comme à Bacchus et à Cérès, les laboureurs, chaque année, t'adresseront des vœux que les forceras d'accomplir, en les exauçant. »

Les Bucoliques : Eglogue V, Virgile (-39 avant J.-C.) – Traduction Charpentier (1859)

UTOPIE N°3

  • L’Age d’or fait partie des mythes fondamentaux de la mythologie grecque puis romaine. C’est l’un des trois âges de l’humanité, suivi de l’âge d’argent, l’âge d’airain puis l’âge de fer ; chaque "âge" est associé à un cycle de révolution des astres qui entraine l'apparition d'une nouvelle "race". La race d'or disparut avec le règne de Cronos. Elle fut suivie d'autres, de moins en moins sages, de moins en moins heureuses : races d'argent, de bronze, de fer. La version qui aura le plus de succès est celle proposée par Ovide dans les Métamorphoses.

  • Cet âge est considéré comme l’âge utopique pour l’Homme, période d’abondance, de fertilité et de paix entre les humains et les animaux. Tous rendent grâce aux Dieux de l’Olympe et sont aimés d'eux, la nature est généreuse et le travail inutile. Il dépeint la nostalgie d'un paradis perdu, où l'homme ne connaissait ni le malheur, ni la maladie, ni les affres de la mort. C'est un mythe d’origine, c’est-à-dire un récit sur les origines de l’humanité. Tout comme le mythe du Jardin d'Eden, l'Age d'Or va de pair avec une vision pessimiste de l’histoire, où l’avancée dans le temps est perçue comme une dégradation, une décadence de l’humanité.

  • Ce moment mythique peut aussi se rapporter dans la littérature à un paradis non pas tourné vers le passé mais qui serait une projection dans "l'après", ouvert sur un avenir linéaire. Sous cet angle, les utopies sont des projets de sociétés où les conditions de la vie permettent l'instauration d'un âge d'or.

L'AGE D'OR

L'Âge d'or, par Lucas Cranach l'Ancien (1472-1553), peinture sur bois, vers 1530 (Munich, Alte Pinakothek)

Merci !