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présentation pour T HGGSP

Transcript

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La guerre en Ukraine

Comprendre ce qu'il se passe : travail en salle informatique

HGGSP

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Sommaire

Les tensions ravivées

L'offensive russe

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Un retour à la paix ?

Les conséquences

Analyser le conflit

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Les origines du conflit

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Tout au long de cette présentation, des questions vous sont posées : répondez-y sur une feuille avant de compléter le tableau distribué (dernière diapo) et les deux paragraphes de synthèse

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Les origines du conflit

* Write a introduction here *

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Chronologie de tous les événements

Retour sur les révolutions


Orange





et de Maïdan

Question 1: Quelle était la situation territoriale et politique de l'Ukraine avant 1991 ?

Question 2: Expliquez les causes des manifestations de la Révolution Orange de 2004 et de la révolution de Maïdan

24 août 1991: Avec l’effondrement de l’Union soviétique, l’Ukraine redevient officiellement indépendante


27 mai 1997: signature de l’Acte fondateur Otan-Russie, accord de coopération et de partenariat visant à construire une paix durable en Europe et une sécurité mutuelle entre l’Alliance atlantique et la Fédération de Russie.


29 mars 2004: Estonie, Lituanie, Lettonie, Roumanie, Slovaquie, Bulgarie, anciens pays du bloc de l'Est pendant la guerre froide, rejoignent l'OTAN.


Novembre 2004: une partie du peuple ukrainien se révolte pour contester la réélection truquée du président pro-russe Viktor Ianoukovytch et demander un rapprochement avec l’Union européenne. C’est la Révolution Orange, qui porte au pouvoir l’un de ses meneurs, l’opposant Viktor Iouchtchenko, après un troisième tour organisé en décembre. Si l’Ouest du pays vote majoritairement pour M. Iouchtchenko, l’Est majoritairement russophone se prononce largement en faveur de M. Ianoukovytch (pro-russe)


2010: Principal opposant au président Viktor Iouchtchenko, Viktor Ianoukovytch est élu à son tour. Ouvertement pro-russe, il tourne brusquement le dos à l’Union européenne en novembre 2013, avec laquelle l’Ukraine prévoyait de signer un accord d’association.

Souhaitant relancer les relations avec Moscou, il obtient la levée des barrières douanières avec la Russie, la promesse d’une baisse du prix du gaz russe ainsi qu’un prêt de plusieurs milliards de dollars. Cette volte-face suscite de vives protestations en Ukraine et provoque l’apparition du mouvement “Euromaïdan” de novembre 2013 à février 2014. Celui-ci débouche sur la “révolution de février” (ou “révolution de Maïdan), la démission du président Viktor Ianoukovytch et sa fuite en Russie. Ces contestations sont marquées par une extrême violence.



A la suite des manifestations “Euromaïdan”, un gouvernement de nouveau favorable au rapprochement avec l’Union européenne prend la relève en Ukraine à partir du 23 février. A compter de la fin du mois de février 2014, cette séquence débouche sur des contestations “Antimaïdan” dans de nombreuses villes de l’est de l’Ukraine ainsi qu’en Crimée. Les soulèvements pro-russes s’amplifient en avril 2014 lorsque des séparatistes occupent les bâtiments gouvernementaux des villes de Donetsk, Louhansk et Kharkiv. A la suite de référendums locaux, deux entités indépendantes aux noms de “République populaire de Donetsk” et “République populaire de Louhansk” sont auto-proclamées.

Kiev considère ces territoires séparatistes comme tenus par des organisations terroristes.

Pendant ce temps, des séparatistes pro-russes, avec le soutien du président Vladimir Poutine, s’emparent de la ville ukrainienne de Sébastopol, capitale de la péninsule de Crimée.


11 mars 2014, le parlement de Crimée déclare l’indépendance du territoire. Le rattachement de la Crimée à la Russie a officiellement lieu cinq jours plus tard, après un référendum. L’Ukraine n’a d’autre choix que de retirer ses troupes et d’abandonner le contrôle de la région.


17 mars 2014, l’Union européenne soumet la Russie à ses premières sanctions pour l’annexion de la Crimée. Ces mesures (principalement économiques) seront reconduites tous les six mois sans interruption.


25 mai 2014 : élection du pro-européen Petro Porochenko à la présidentielle ukrainienne

Il interdit toute coopération avec la Russie et s’oppose à un rétablissement des liens diplomatiques (quasiment rompus dès son arrivée au pouvoir) avec Vladimir Poutine sans retour de la Crimée sous l’autorité de l’Ukraine.


août 2014 - un accord de cessez-le-feu immédiat est conclu entre les représentants de l’Ukraine, de la Russie, de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Louhansk : c’est le protocole de Minsk. Mais celui-ci est violé au bout de quelques jours, les combats reprenant sans trêve. De 2014 à 2015, le conflit fait plus de 10 000 morts des dizaines de milliers de blessés et près de deux millions de personnes déplacées.


11 février 2015 : accord de paix “Minsk II”

Les dirigeants de l’Ukraine, de la Russie, de l’Allemagne et de la France se réunissent de nouveau afin d’imposer un nouveau cessez-le-feu, mais celui ci est régulièrement violé

21 avril 2019 : élection de Volodymyr Zelensky à la présidence ukrainienne. Il a fait campagne contre la corruption, tout en affichant une ligne moins virulente vis-à-vis de la Russie. Il prône un cessez-le-feu dans le Donbass mais aussi l’organisation d’un référendum sur l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan.

Mais trois jours après seulement, Vladimir Poutine autorise la délivrance de passeports russes à des habitants des régions de Donetsk et de Louhansk, une décision qui va à l’encontre des accords de Minsk.

1er octobre, les représentants ukrainiens et russes s’accordent sur l’organisation d’élections dans les régions séparatistes d’Ukraine et l’octroi d’un statut spécial aux territoires du Donbass.

6 octobre, des manifestations importantes ont lieu à Kiev et dans d’autres grandes villes pour dénoncer ce qui est perçu comme un abandon face à la Russie.

9 décembre 2019: première rencontre officielle entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, aux côtés d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel, vise de nouveau à relancer la mise en œuvre des accords de paix.

31 décembre 2019: Moscou et Kiev concluent un accord pour le transit du gaz russe à travers l’Ukraine, qui garantit l’approvisionnement de l’Europe en gaz pour cinq années supplémentaires. La construction du gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie et l’Allemagne à travers la mer Baltique doit permettre l’exportation du gaz russe vers l’Europe, qui en est particulièrement dépendante, par d’autres voies.

Le 1er avril 2021, le président Zelensky accuse la Russie de masser des troupes aux frontières de l’Ukraine, alors que les violations du cessez-le-feu se multiplient dans le Donbass. Les Occidentaux dénombrent 100 000 soldats russes, des manœuvres que la Russie considère comme une réponse à l’Otan et aux “provocations” ukrainiennes (cela fait notamment référence au fait que l’Ukraine affiche sa volonté d’adhérer à l’Otan).

Le 6 avril, Volodymyr Zelensky change de ton vis-à-vis de la Russie - alors qu’il a un temps prôné le dialogue avec elle - et déclare que l’adhésion de son pays à l’Otan est la seule façon de mettre un terme à la guerre du Donbass. Il se déclare également favorable à une entrée de son pays dans l’Union européenne.

Le 17 décembre, Moscou publie deux projets de traités en vue d’être signés avec les Etats-Unis et l’Otan, dont les revendications sont les suivantes : les pays membres de l’Otan avant son élargissement en 1997 doivent s’engager à ne pas déployer d’armes sur d’autres territoires européens à l’est ; l’Otan doit s’engager à n’intégrer ni l’Ukraine, ni la Géorgie. Refus de l'OTAN et des Etats-Unis.

Début février 2022 : la France et l’Allemagne tentent d’apaiser les tensions

21 février 2022 : la Russie reconnaît l’indépendance des Républiques de Donetsk et de Louhansk et entre les territoires séparatistes

24 février 2022 : la Russie attaque l’Ukraine, l’UE réplique par de lourdes sanction

source : https://www.touteleurope.eu/l-ue-dans-le-monde/guerre-en-ukraine-chronologie-des-evenements/



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Pourquoi les tensions se sont-elles ravivées ?

Question 3 (Vidéo) :

Quelle conséquence l'annexion de la Crimée par la Russie a-t-elle eu en Ukraine ?

Question 4: Tous les pays de l'OTAN seraient-il favorables à une entrée de l'Ukraine dans l'OTAN et pourquoi ?

Pourquoi le contexte international actuel paraît-il favorable à une action militaire russe ?

Des motivations plus complexes

Qu'est ce que l'OTAN ?

-Maîtriser son espace proche

- Avoir accès à la mer

e



Le vrai problème pour la Russie n’est pas l’attirance de l’Ukraine pour l’OTAN, qui restait limitée jusque dans les années récentes. C’est surtout l’Europe. Ce ne sont pas des drapeaux américains ou otaniens qui étaient agités sur la place Maidan en 2013, mais des drapeaux européens. Et l’entrée dans l’Union est un objectif lui aussi inscrit dans la Constitution du pays. Bref, c’est l’éloignement vers l’Ouest de l’Ukraine qui angoisse le Kremlin, d’autant plus qu’une Ukraine qui « réussirait » pourrait être un exemple pour la Russie.

Kiev faisait près de 40 % de ses échanges avec la Communauté des États indépendants il y a dix ans, mais seulement 10 % en 2020. L’émigration de travail se dirige désormais plutôt vers les pays de l’Union européenne comme la Pologne. Le temps a fait son effet : 30 % de la population n’a pas connu l’Union soviétique. Et la politique russe des dix dernières années a renforcé l’identité nationale. Elle a été contreproductive pour le Kremlin. Les partis « prorusses » ne représentent plus qu’un cinquième de l’électorat et l’opinion est désormais majoritairement favorable à l’adhésion aux institutions occidentales. Seules 41 % des personnes interrogées estiment que « les Russes et les Ukrainiens sont un seul peuple qui appartient au même espace historique et spirituel ». (...)

source : https://legrandcontinent.eu/fr/2022/02/22/le-viol-de-lukraine/?s=08

Question 5 : Expliquez le tweet à gauche (quelle références ? que veut-il dire ?)

Carte : quelle politique mène la Russie vis à vis des territoires qui lui sont proches ?

Les propos de Vladimir Poutine

« Les extrémistes se sont emparés du pouvoir et ont organisé la violence et la terreur. Il y a eu des vagues de pogroms dans les villes ukrainiennes, des séries de meurtres atroces et restées impunies. »

« le génocide russe » dans l’Est ukrainien

« Pour cela, nous nous efforcerons d’arriver à […] une dénazification de l’Ukraine »

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L’anticommunisme des Ukrainiens prend sa source dans les années 1930: la collectivisation des terres, les réquisitions de l'Etat y avaient entrainé une grande famine en 1932-1933. Staline est accusé d'avoir orchestré cette famine pour rompre la résistance ukrainienne des koulaks, paysans opposés à la collectivisation forcée des terres.

Il existe un parti néo-nazi ukrainien (Svoboda) qui connait une certaine popularité. Entre 2010 et 2014, il est favorisé par le président pro-russe Viktor Ianoukovitch afin que celui-ci apparaisse comme le seul rempart à cette nouvelle menace aux élections présidentielles de 2014.

C'est donc cette même "menace", toute relative, que Vladimir Poutine agite aujourd'hui. Pourtant, en Russie des partis d'extrême - droite regroupant des néo-nazis existent aussi et célèbrent chaque année la naissance d'Hitler le 20 avril. Ils ne se sont cependant pas élus au Parlement russe. Donc l'Ukraine n'est pas plus "nazie" que la Russie. Ici Vladimir Poutine instrumentalise l'histoire en rappelant que des Ukrainiens ont participé au génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale alors qu'ils étaient occupés par l'Allemagne nazie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les forces ukrainiennes ont participé au génocide des juifs du pays, dans un contexte particulier : vigoureusement anticommunistes, ils ont baigné dans la propagande nazie qui "diabolisait " l'ennemi judéo-bolchévique". C'était une guerre absolue.


Le 24 février 2022, les forces armées de la Fédération de Russie sont engagées dans une agression militaire de l’Ukraine que rien ne justifiait. Cette attaque s’inscrit dans le prolongement de l’annexion de la péninsule de Crimée par la Russie en 2014 et de sa forte implication dans le conflit armé dans la région du Donbass.

L’attaque russe fait suite aux accusations formulées par le président russe Vladimir Poutine de crimes contre l’humanité et de génocidequi auraient été commis par le gouvernement ukrainien dans le Donbass. La propagande russe présente régulièrement les dirigeants élus de l’Ukraine comme des nazis et des fascistes qui opprimeraient la population locale d’origine russe, qui devrait donc être libérée. Le président Poutine a déclaré que l’un des objectifs de son « opération militaire spéciale »contre l’Ukraine est la « dénazification »du pays.

Nous sommes des spécialistes des processus génocidaires, de la Shoah et de la Seconde Guerre mondiale. Nos vies professionnelles sont dédiées à l’étude du fascisme et du nazisme, et à la commémoration de leurs victimes. Nombre d’entre nous sont activement engagés dans la lutte contre les héritiers actuels de ces régimes maléfiques et contre tous ceux qui tentent de nier ou de dissimuler leurs crimes.

Nous rejetons fermement l’utilisation cynique par le gouvernement russe du terme génocide, de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, ainsi que l’assimilation de l’État ukrainien au régime nazi pour justifier son agression unilatérale. Cette rhétorique est erronée sur le plan des faits, moralement répugnante et profondément offensante pour la mémoire des millions de victimes du nazisme et de ceux qui l’ont courageusement combattu, notamment les soldats russes et ukrainiens de l’Armée rouge.

Nous n’idéalisons pas la société et l’État ukrainiens. Comme tout autre pays, il compte des groupuscules d’extrême-droite extrémistes et des groupes xénophobes violents. L’Ukraine doit aussi mieux faire face aux chapitres les plus sombres de son histoire douloureuse et compliquée. Pourtant, rien de tout cela ne justifie l’agression russe et cette manière écœurante de qualifier l’Ukraine. En ce moment crucial, nous nous unissons à l’Ukraine libre, indépendante et démocratique et rejetons fermement l’utilisation abusive par le gouvernement russe de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale comme légitimation de sa propre violence.

Ce texte a été publié en anglais et en russe avec la liste des signataires le 27 février 2022 dans le Jewish Journal

La rédaction de la RevueAlarmer remercie Evgueni Finkel pour l’autorisation de publier ce texte. Les notes sont de la rédaction.

https://revue.alarmer.org/declaration-de-specialistes-des-processus-genocidaires-du-nazisme-et-de-la-seconde-guerre-mondiale/

Question 6 : Montrez que Vladimir Poutine cherche à réécrire l'Histoire

L'offensive russe et les réactions immédiates

Les images des premières attaques

La stratégie de Vladimir Poutine

La réaction de la France


Les réactions de l'UE

Et la Chine ?

La réaction des Etats-Unis


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Guerre en Ukraine : ce qu’il faut retenir de l’adresse à la Nation d’Emmanuel Macron

Les bombardements et déploiements russes sur le sol ukrainien entamés ce jeudi à l’aube ont mobilisé l’exécutif. Le président de la République a pris la parole à l’issue d’un Conseil de défense.

Par Le Parisien

Le 24 février 2022 à 08h52, modifié le 24 février 2022 à 13h59


L’Europe est en guerre et la communauté internationale s’organise. Tôt ce jeudi, la Russie a annoncé conduire une « opération militaire » en Ukraine, avant de bombarder et de déployer des hommes sur le territoire ukrainien, selon les gardes-frontières du pays. Une déclaration de guerre après des mois de tentatives de négociations diplomatiques, condamnée jeudi matin « fermement » par Emmanuel Macron.

Le président de la République a finalement décidé de s’adresser à la nation française en début d’après-midi. « Cette nuit, la Russie a engagé une attaque militaire massive contre l’Ukraine », a commencé le président de la République, qui dénonce « une violation de la charte des Nations Unies ». « La France se tient aux côtés du peuple ukrainien », ajoute-t-il.

« Nous avons tout fait pour éviter la guerre, elle est là »

Pour Emmanuel Macron, Vladimir Poutine a renié sa parole, portant la plus grave atteinte à la stabilité et la paix dans notre Europe depuis des décennies. « Nous avons tout fait pour éviter la guerre », jure-t-il. « Elle est là », a-t-il ensuite déploré avec gravité. Le chef de l’État a promis que des décisions seront prises dans le cadre du G7, mais aussi celui du sommet de l’OTAN qui doit se tenir dans les prochaines heures. « À cet acte de guerre, nous répondrons sans faiblesse », dit-il. Emmanuel Macron promet des sanctions « à la hauteur de l’agression portée », sur le plan militaire et économique. Nous appuierons l’Ukraine sans hésiter », indique-t-il, posté devant trois drapeaux : celui de la France, de l’Union européenne, et de l’Ukraine. (...)

Sanctions contre la Russie : l’UE hausse le ton, mais sans l’exclure de Swift

L’Union européenne a durci ses sanctions contre la Russie sans toutefois aller jusqu’à l’exclure du système d’échanges bancaires internationaux Swift.

L'Union européenne, réunie en sommet à Bruxelles, a durci vendredi 25 février ses sanctions contre la Russie, après son invasion de l'Ukraine, sans toutefois aller jusqu'à exclure le pays du système d'échanges bancaires internationaux Swift.

« Les dirigeants russes devront faire face à un isolement sans précédent », a promis la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. C'est le train de sanctions le « plus sévère jamais mis en œuvre » par l'UE, a affirmé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. Les Vingt-Sept ont décidé de déclencher « des sanctions massives et douloureuses à l'égard du régime russe », a annoncé le président du Conseil européen Charles Michel à l'issue de la réunion.

L'UE va notamment limiter drastiquement l'accès de la Russie aux marchés de capitaux européens, entravant et renchérissant le financement de sa dette. Elle va également réduire l'accès de la Russie à des « technologies cruciale », en la privant de composants électroniques et de logiciels, de façon à « pénaliser gravement » son économie, a expliqué Ursula von der Leyen.


Les élites russes et la Biélorussie également sanctionnées

La présidente de la Commission européenne a dévoilé différentes mesures lors d'une conférence de presse : interdiction d'exporter vers la Russie des avions, pièces et équipements de l'industrie aéronautique et spatiale, ainsi que des technologies de raffinage pour l'industrie pétrolière. Les restrictions d'exportations toucheront aussi les biens à double usage (civil et militaire).

Les banques de l'UE auront interdiction d'accepter des dépôts de citoyens russes de plus de 100 000 euros et plusieurs entreprises étatiques russes se verront bloquer l'accès aux financements européens.

De nouvelles sanctions frapperont des individus dans les cercles du pouvoir (gel des avoirs, interdiction du territoire européen…). Elles s'ajouteront à celles déjà entrées en vigueur mercredi soir, notamment contre des personnalités proches de Poutine. « L'impact sera maximum sur les élites russes », assure Ursula von der Leyen. La Biélorussie, accusée d'être impliquée dans les opérations russes, sera par ailleurs frappée de sanctions supplémentaires. (...)

Le Point 25/02/2022



Guerre en Ukraine : la Chine ne condamne pas la Russie et appelle «à faire preuve de retenue»

«La question ukrainienne a un contexte historique très complexe», a avancé la Chine pour justifier son refus de prendre position.

Par Le Parisien avec AFP

Le 24 février 2022 à 10h16, modifié le 24 février 2022 à 13h51


C’est une réaction qui dénote, mais qui ne surprend pas. La Chine n’a pas condamné, ce jeudi, la guerre lancée par la Russie de Vladimir Poutine à l’Ukraine. « La Chine suit de près les derniers développements », a toutefois indiqué Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « Nous exhortons toutes les parties à faire preuve de retenue pour éviter que la situation ne devienne hors de contrôle », a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse régulière.

La Chine est depuis le début sur une ligne de crête diplomatique sur le dossier ukrainien. Elle ne souhaite pas s’opposer frontalement à la Russie, pays ami avec lequel elle partage certaines vues, comme une opposition à un élargissement de l’Otan. Mais Pékin ne souhaite pas non plus apparaître comme soutenant une invasion de l’Ukraine. (...)


Question 7: Immédiatement après l'invasion russe, quelle est la réaction politique dominante ?

Comment Vladimir Poutine justifie-t-il cet acte de guerre ?

Les cartes et vidéos de l'offensive

Résumé d'une semaine de conflit

hUn mois de conflit

Une guerre qui est aussi maritime et spatiale

Guerre en Ukraine : qui voit quoi depuis l'espace ?



Une colonne de blindés sur 60 km, un pont détruit ou encore des milliers de réfugiés massés à la frontière. Autant de scènes désormais facilement identifiables depuis l'espace. Le renseignement militaire ne saurait se passer des images satellitaires.

Les États-Unis, l'Union européenne ou encore le Royaume-Uni disposent de leurs engins dédiés (une dizaine de satellites militaires) mais aussi des nombreux satellites d'observation de la Terre civils, qu'ils soient commerciaux (Planet, Maxar) ou publics comme le service Copernicus de l'UE ou Landsat des USA. Les images qu'on a pu voir dans la presse de ce très long convoi convergeant vers Kiev proviennent de Maxar, cette société américaine qui possède quelques satellites à haute résolution.(...)

France Inter.fr 2 mars 2022

Les hackers contre la Russie

Les cyber attaques russes

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VS

+info

Une cyber guerre ?

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La guerre "est un caméléon"

Les sites des ministères de la défense et de l’intérieur ukrainiens, ou encore les services de certaines banques ukrainiennes, étaient difficilement accessibles, jeudi 24 février, et ce depuis vingt-quatre heures, en raison d’une attaque informatique de type « déni de service ». Ces sites officiels sont bloqués par un afflux de trafic généré spécifiquement pour les rendre inaccessibles ; l’origine de ces attaques ne fait que peu de doute : ces derniers mois, des actions similaires avaient déjà touché des services publics ukrainiens et avaient été attribuées, par l’Ukraine comme par la quasi-totalité des experts, à la Russie. (...)


L’Ukraine et ses entreprises sont très régulièrement la cible d’attaques informatiques, dont une large part est attribuée à des acteurs, étatiques ou criminels, russes. En 2017, le pays avait été le premier touché par le wiper NotPetya, qui avait paralysé des milliers d’entreprises et de services publics, dont des banques, des supermarchés, des stations-service, et même les capteurs automatiques de radioactivité de Tchernobyl, à une centaine de kilomètres au nord de Kiev. Le logiciel malveillant s’était ensuite diffusé à de nombreux autres pays, dont la Russie, en provoquant des dégâts majeurs, mais l’Ukraine et la majorité des experts attribuent sa création et son déploiement aux services russes.

En comparaison, les cyberattaques et tentatives d’attaques de ces derniers jours restent d’une ampleur relativement faible. Forte de sa supériorité militaire sur le terrain, la Russie n’a pour l’heure pas eu besoin de perturber les réseaux de communication ukrainiens pour que ses blindés se déploient au Donbass. (...)

Le Monde.fr 24 février 2022

Question 10: Pourquoi avoir placé ici cette citation de Clausewitz ? Comment qualifier la forme de ce conflit au regard des 3 dernières diapositives ?

Les conséquences de l'offensive russe

Les conséquences économiques

Les conséquences humaines

La réaction du président Ukrainien

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L'Escalade ?

L'Europe promet sa protection aux réfugiés ukrainiens

L'Union européenne va activer pour la première fois, dès ce vendredi, son mécanisme de « protection temporaire » des réfugiés. La décision a été unanime et rapide. Plus d'un million de personnes ont déjà fui l'Ukraine, en particulier vers la Pologne.


L'Europe ouvre ses portes en grand aux réfugiés ukrainiens. Jeudi après-midi, les ministres de l'Intérieur des Vingt-Sept, réunis à Bruxelles, ont donné leur feu vert, à l'unanimité, au déclenchement immédiat du dispositif européen de « protection temporaire » visant à faciliter et accélérer leur accueil, qui a déjà débuté dans les faits dans les Etats limitrophes.

Face à l'urgence, et la célérité dont font à nouveau preuve les institutions européennes et leurs équipes, ce dispositif devrait entrer en vigueur dès ce vendredi. « Tous ceux qui fuient les bombes de Poutine sont les bienvenus en Europe. Nous fournirons une protection à ceux qui cherchent un refuge et nous aiderons ceux qui cherchent à rentrer chez eux », avait promis dès mercredi Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.

C'est inédit : cette directive « protection temporaire » existe depuis 2001 mais Bruxelles n'avait jamais été jusqu'à l'utiliser lors des précédentes crises migratoires. Cela témoigne de la solidarité totale que revendique l'Europe avec le peuple ukrainien mais aussi des spécificités de la situation . Selon les règles actuelles, les citoyens ukrainiens peuvent déjà entrer dans l'UE sans visa, grâce à leur passeport biométrique. Mais pour 90 jours maximum et « il faut anticiper au-delà pour être alors prêt si nécessaire », explique un diplomate européen.

Le statut de protection temporaire s'appliquera ainsi pendant un an, reconductible jusqu'à trois ans. La Commission pourra le désactiver en cas de retour à la paix. Les réfugiés devront avoir accès à de larges droits, comme l'éducation, la santé et le travail. Ils obtiendront un visa sans passer par une demande d'asile officielle, le mécanisme européen visant aussi à éviter une saturation des services nationaux en charge.

Les ressortissants qui n'étaient pas résidents en Ukraine de longue durée ne disposeront pas des mêmes faveurs. Ils auront vocation à être rapatriés dans leurs pays d'origine après un accueil d'urgence en Europe. Certains, comme la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie, en première ligne, mais aussi l'Autriche, ont insisté en ce sens. « Cela ne sert à rien d'inclure ces ressortissants de pays tiers, c'est un autre système », a affirmé le ministre autrichien à son arrivée. S'ils veulent rester, il leur faudra donc passer par la procédure classique d'asile.

Jeudi, le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a indiqué que plus d' un million de personnes ont déjà fui l'Ukraine , dont 548.000 ont été accueillies par la Pologne, 133.000 par la Hongrie et 97.000 par la Moldavie. « Nous nous efforçons de faciliter le passage efficace des frontières », a assuré mercredi Margarítis Schinás, vice-président de la Commission européenne.

Pour alléger la pression sur les Etats membres limitrophes de l'Ukraine, la directive prévoit une assistance financière et matérielle des autres Etats. A ce stade, aucun projet de répartition des migrants n'est évoqué. « Aucun pays n'a exprimé de demande en ce sens pour l'heure », a indiqué la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson.

En Hongrie, Viktor Orbán, prompt à ferrailler sur les questions d'immigration, ouvre cette fois-ci les vannes et affiche son « unité » avec Bruxelles. La Pologne, qui abritait déjà environ 1,5 million d'Ukrainiens avant l'invasion russe, joue aussi l'union sacrée avec son voisin et ses partenaires. Comme la Roumanie et la Slovaquie, elles aussi limitrophes de l'Ukraine.

« Les relocalisations ne sont pas le sujet, au moins pour l'instant. Il ne faut pas transposer les précédentes crises migratoires. Les réfugiés sont bienvenus là où ils arrivent et n'en bougent pas ensuite. La priorité immédiate, c'est d'assurer que les flux soient traités le plus efficacement possible, d'aider les pays en première ligne et d'organiser l'aide humanitaire », résume une source européenne. Reste à savoir combien de temps les membres orientaux de l'UE pourront, et voudront, absorber les flux alors que l'exode pourrait s'accélérer.

Derek Perrotte (Bureau de Bruxelles)

Les echos, 3 mars 2022

Les conséquences technologiques

Guerre en Ukraine : fusées, ExoMars, ISS... La fin de la coopération avec la Russie met de nombreuses activités spatiales à l’arrêt (Le Monde 4 mars 2022)

La guerre en Ukraine se déroule sur Terre, mais ricoche dans l’espace et, d’une certaine manière, jusqu’à la planète Mars. Des sanctions prises contre Moscou découle en effet une cascade de répercussions pour le monde spatial, conséquences industrielles, scientifiques et purement opérationnelles, qui touchent au premier chef l’Europe et la France en raison de l’arrêt de nombreuses collaborations avec la Russie.

Roscosmos, l’agence spatiale russe, a ainsi décidé de suspendre ses tirs de fusées Soyouz depuis le centre spatial guyanais de Kourou, des vols commercialisés par Arianespace, et de rapatrier son personnel. Retombée immédiate : les satellites qui devaient compléter la constellation européenne Galileo de géolocalisation ainsi que le satellite militaire français CSO-3 n’ont plus de lanceur. (...)

Il faut par ailleurs préciser que le dernier étage des petits lanceurs européens Vega est fabriqué… en Ukraine. Depuis de nombreuses années, la volonté politique de maintenir une industrie spatiale dans les ex-républiques soviétiques et d’utiliser le savoir-faire des ingénieurs russes et ukrainiens en matière de motorisation a eu pour effet d’intégrer des éléments venus de l’Est à plusieurs fusées de l’Ouest. Ainsi, en plus de Vega, le lanceur Atlas V d’United Launch Alliance, très utilisé aux Etats-Unis, fonctionne-t-il pour l’instant avec des moteurs russes RD-180. Autre exemple avec la fusée Antares, de la société américaine Orbital Sciences Corporation, qui envoie le vaisseau de ravitaillement Cygnus vers la Station spatiale internationale (ISS) : son premier étage est construit en Ukraine… avec des moteurs russes.

Le gel de la collaboration avec Moscou en matière spatiale porte aussi un coup dur à la mission européenne ExoMars qui, après maints reports, devait enfin partir cette année. Le cœur d’ExoMars est le rover européen Rosalind-Franklin, qui aura pour tâche de forer le sol martien jusqu’à 2 mètres de profondeur pour y chercher les traces d’une vie passée. Mais avant cela, ce robot mobile devra décoller à bord d’une fusée Proton russe et atterrir sur Mars embarqué dans un module de descente, russe lui aussi.
A ce jour, ExoMars, mission à 2 milliards d’euros sur laquelle compte une large communauté scientifique, n’a donc plus ni fusée ni atterrisseur. L’ESA a reconnu qu’un lancement en 2022 était « très improbable ». « C’est une bombe atomique qui nous est tombée sur la tête, admet, sous couvert d’anonymat, une des personnes impliquées dans le projet. Jusqu’au vendredi 25 février, nous espérions passer entre les gouttes de toutes les mesures de restriction, mais c’est désormais terminé. » (...)

L’ESA dit étudier des solutions de rechange à proposer à ses Etats membres mais n’a pas souhaité répondre à nos questions sur ce sujet. La fenêtre de tir vers Mars ne s’ouvrant que tous les vingt-six mois pour des raisons d’alignement planétaire avec la Terre, un nouveau report conduirait à un départ, au mieux, fin 2024. Les solutions ne sont guère nombreuses en réalité : attendre deux ans de plus en espérant pouvoir repartir avec les Russes si la situation s’arrange ou bien développer son propre module d’atterrissage et trouver un lanceur européen ou américain, avec probablement un surcoût important.(...)
Et, enfin, il y a cette structure géante qui tourne dans les cieux, la Station spatiale internationale, fruit d’une magnifique coopération internationale entre Américains, Russes, Européens, Japonais et Canadiens. Descendant petit à petit vers la Terre, l’ISS est régulièrement remontée grâce à la poussée des vaisseaux russes qui y sont arrimés. Or, face aux mesures de rétorsion prises contre la Russie, le bouillant patron de Roscosmos, Dmitri Rogozine, a publié un tweet dans lequel il menace de ne plus assurer le maintien sur orbite de l’ISS : « Si vous bloquez la coopération avec nous, qui sauvera l’ISS d’une désorbitation incontrôlée et d’une chute sur le territoire américain ou européen ? » Probable rodomontade, car deux Russes se trouvent dans la station, et ils continuent de travailler avec leurs collègues, quatre Américains et un Allemand, renforçant la vieille idée d’accorder un jour à l’ISS… le Nobel de la paix.


Les réactions internationales jour après jour

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Les manifestations hostiles à la guerre


Les soutiens de Vladimir Poutine


A Berlin, Paris, Varsovie ou Istanbul, des manifestants ont protesté, jeudi 24 février, dans de nombreux pays contre l’invasion de l’Ukraine. En Russie, des centaines de manifestants ont par ailleurs été arrêtés.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, mais aussi la Syrie de Bashar al-Assad ont apporté leur soutien à Vladimir Poutine alors que le reste du monde lui tourne le dos.

VS

A Berlin, Paris, Varsovie ou Istanbul, des manifestants ont protesté, jeudi 24 février, dans de nombreux pays contre l’invasion de l’Ukraine. En Russie, des centaines de manifestants ont par ailleurs été arrêtés.


Près de 1 400 personnes ont été arrêtées jeudi dans plusieurs villes de Russie lors de manifestations contre la guerre en Ukraine, a rapporté l’ONG spécialisée OVD-Info. Selon cette organisation, au moins 1 391 personnes ont été interpellées dans 51 villes, dont 719 à Moscou et 342 à Saint-Pétersbourg.

Plusieurs rassemblements ont eu lieu en Russie jeudi, réunissant environ un millier de personnes à Saint-Pétersbourg et le double à Moscou, pour dénoncer l’invasion militaire de l’Ukraine ordonnée par Vladimir Poutine.

Si l’ampleur de ces manifestations reste bien inférieure à de précédents mouvements de contestation en Russie, le simple fait qu’elles aient eu lieu est notable, tant la société civile russe a été laminée par les répressions ces dernières années.

« Nous sommes russes et contre la guerre »

Partout dans le monde, des rassemblements de soutien à l’Ukraine ont eu lieu. Devant l’ambassade russe à Berlin, un manifestant brandissait une pancarte où il était écrit : « Stoppez cette folie, sauvez la vie, plus de mensonges ». De nombreux autres arboraient les couleurs ukrainiennes. Parmi les manifestants, des Russes fustigeant clairement l’opération militaire lancée par Moscou.

Le Monde, 24 février 2022

Question 9: Comment expliquer la position de soutien à la Russie ?

Comment expliquer celles qui le condamnent (au nom de quels principes et valeurs ?)

La guerre médiatique

La guerre sur les réseaux sociaux

La guerre des images

+info

+info

Vladimir Poutine réagit et abolit toute liberté
d'expression

Guerre en Ukraine : la Russie bloque Facebook et menace les médias de lourdes sanctions pénales

Vladimir Poutine a signé des textes prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison pour les journalistes ainsi que les particuliers, russes ou étrangers, qui propageraient des « informations mensongères sur l’armée ».

Les mesures prises permettent aux autorités de renforcer leur arsenal pour contrôler le récit qu’elles font à la population russe de l’invasion de l’Ukraine, présentée comme une opération limitée visant à protéger les Ukrainiens russophones d’un « génocide ». Les autorités russes ont interdit aux médias d’utiliser des informations autres que les déclarations officielles sur ce sujet. Elles ont banni l’utilisation de mots comme « guerre » et « invasion ».

Anticipant la promulgation de cette loi, la BBC a dénoncé des mesures qui visent à « criminaliser le journalisme indépendant » et annoncé la suspension du travail de tous ses journalistes en Russie. Son directeur général, Tim Davie, a précisé que la BBC continuerait à informer en russe depuis l’extérieur de la Russie. L’audience de son site en russe s’est envolée à 10,7 millions en moyenne hebdomadaire depuis le début de l’invasion, le 24 février.

Le journal russe indépendant Novaïa Gazeta a fait savoir qu’il se voyait « obligé de supprimer nombreux contenus » pour éviter les sanctions, mais qu’il souhaitait « continuer à travailler ».

Le Monde, 4 mars 2022


Question 11: Pourquoi les médias sont ils une cible en temps de guerre ?

Quelle est la nouveauté médiatique du conflit en Ukraine ?

Finalement les garde-côtes ukrainiens ne seraient pas morts mais seraient prisonniers: pourquoi chaque camp entretient-il des "fake news" ?

Le monde du sport réagit

Le CIO demande l’annulation des événements en Russie

La ministre des Sports demande qu’aucun sportif français n’aille en Russie

Question 12: Quel intérêt ces annonces ont-elles ?

Le monde de la culture est touché

la Russie exclue de l’Eurovision en 2022

Le Français Laurent Hilaire, directeur de la troupe de ballet du Théâtre Stanislavski à Moscou et ex-étoile de l'Opéra de Paris, a annoncé dimanche 27 février à l'AFP sa démission de l'institution moscovite "au vu de la situation" géopolitique et s'apprête à quitter Moscou.

"J'ai donné ma démission hier, elle va être annoncée aujourd'hui sur le site (du théâtre), je quitte Moscou demain, au vu de la situation", a-t-il affirmé à l'AFP, disant "regretter" cette décision. "Je pars avec tristesse mais le contexte ne me permet plus de travailler sereinement".

France Info 27/02/2022

Depuis que la Russie a décidé d'envahir l'Ukraine il y a quelques jours, les sanctions économiques que les pays européens infligent à la Russie se multiplient. Exclusion de l'Eurovision, relocalisation de la finale de la Ligue des Champions, autant de mesures de rétorsion culturelles qui peuvent aussi avoir un impact sur l'Europe et la France, notamment dans le monde de l'art. De nombreux musées et expositions s'inquiètent en effet de la circulation des oeuvres russes et du maintien de leurs évènements.

Dans les musées français, quelques expositions pourraient être touchées. La Fondation Louis Vuitton, notamment, concernant l'exposition de la collection Morozov, ouverte depuis le mois de septembre 2021. Après son succès phénoménal, la Fondation avait décidé de prolonger l'exposition, jusqu'au 3 avril 2022. Cette collection, qui contient plus de deux cents chefs-d’œuvre prêtés par trois musées russes, a déjà attiré près d'un million de visiteurs et les créneaux de réservation sont déjà tous remplis. Près de 200 000 billets à annuler si les oeuvres devaient être retirées... "On se conformera aux décisions gouvernementales", indique la Fondation Louis Vuitton...

Au château de Versailles, c'est un autre souci, car c'est la France qui vient de prêter trois tableaux au Musée du Kremlin, pour une exposition sur le duel, qui doit se tenir dès le 4 mars. Aucune consigne n'a été donnée par le gouvernement, mais le rapatriement des oeuvres est quasiment impossible. En cas de relation diplomatique définitivement rompue, ces trésors nationaux pourraient être perdus.

D'autres expositions autour d'œuvres russes étaient en préparation en France, notamment "Picasso et la Russie", qui devait ouvrir en septembre 2023 au Musée du Luxembourg. Les commissaires russes "s’inquiètent d’une situation qui pourrait les couper du monde", déplore Cécile Debray, présidente du Musée Picasso-Paris, auprès du Monde. À Paris, à Londres, comme à Venise, c'est l'espoir qui prédomine, même si les conservateurs se retrouvent dans le brouillard.

site : Sortir à Paris 27/02/2022

Question 13: Et vous ? Iriez-vous voir une exposition consacrée à une collection russe ? Justifiez

Le patrimoine et des lieux de mémoire menacés


Cathédrale Sainte-Sophie et ensemble des bâtiments monastiques et Laure de Kyiv-Petchersklor

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Kyiv : Cathédrale Sainte-Sophie et ensemble des bâtiments monastiques et Laure de Kyiv-Petchersk

Conçue pour rivaliser avec l'église Sainte-Sophie de Constantinople, la cathédrale Sainte-Sophie de Kyiv symbolise la « nouvelle Constantinople », capitale de la principauté chrétienne créée au XIe siècle dans une région évangélisée après le baptême de saint Vladimir en 988. Le rayonnement spirituel et intellectuel de la laure de Kyiv-Petchersk contribua largement à la diffusion de la foi et de la pensée orthodoxes dans le monde russe aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.

Guerre en Ukraine : à Kiev, la « douleur insondable » des juifs poussés à l’exode par l’offensive russe

Ils sont « environ cinq mille à avoir quitté le pays », selon Josef Zissels, le président de l’Association des organisations et communautés juives d’Ukraine. « Chaque génération a connu l’exil », constate Albina Voronko.

Derrière les fenêtres de l’autobus, à ce moment décisif du départ en exil, il y a les visages tristes, les larmes, la douleur. Beaucoup d’autres renvoient au contraire, au moment du grand saut, des regards vides. Comme si la violence de la décision qu’ils viennent de prendre de quitter leur maison, leur ville, leur pays, n’était pas encore intelligible. Comme si la situation – l’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie – était tellement absurde que la décision de l’exil était elle-même stupéfiante, inacceptable.

Les juifs de Kiev s’en vont. C’est l’un des terribles paradoxes d’une guerre que Moscou affirme avoir déclaré au nom d’une « dénazification » de l’Ukraine. Le président russe, Vladimir Poutine, accuse le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, juif lui-même – une identité que celui-ci ne mentionne jamais dans ses discours politiques –, d’être un néonazi qui mènerait un « génocide » des Russes d’Ukraine. Face à un tel degré d’inversion de la réalité et de malhonnêteté intellectuelle, les Ukrainiens sont pétrifiés.

Devant la synagogue Brodsky, quatre autobus affrétés par la communauté juive s’apprêtent à prendre la route. Albina Voronko aide à coordonner l’opération humanitaire. Russe juive, elle se dit « sans voix » face aux accusations de M. Poutine. Cela fait trente ans qu’elle est arrivée de Russie pour étudier et, après être s’être mariée et avoir eu un fils à Kiev, elle n’a « jamais eu aucun problème, ni en tant que Russe ni en tant que juive ». « Je n’ai même jamais appris à parler ukrainien, rit-elle, et nul ne me l’a jamais reproché. »

« La mémoire des souffrances passées »

Albina est effondrée. Le départ des juifs de Kiev est « une douleur insondable », qui fait écho à « la mémoire des souffrances passées ». « Chaque génération de juifs a connu l’exil, constate-t-elle. Ma grand-mère a dû fuir la terreur de Staline pour survivre. Ma mère, enfant, a dû fuir la terreur d’Hitler pour survivre. » Pour sa part, elle reste à Kiev.

Oleg Voronko, le mari d’Albina, dirige l’opération d’évacuation, mercredi 2 mars, à la demande du rabbin de la synagogue Brodsky. Elu au Parlement ukrainien et, depuis quelques jours, engagé dans la défense territoriale, qui rassemble des volontaires et appuie l’armée en temps de guerre, il donne ses ordres, fusil automatique à l’épaule, aux chauffeurs des quatre autobus et à ceux des 35 voitures qui vont prendre la route de la Moldavie.

Un policier, Evgueny, accompagne sa femme, sa fille et son fils en partance pour Tel-Aviv. Au moment de faire ses adieux au chaton qui patiente dans la voiture, sa fille laisse couler une larme. « Ils vont revenir d’ici un mois, veut se convaincre Evgueny. Nous ne voulons pas émigrer en Israël, nous voulons vivre en Ukraine. La défaite, je refuse d’y penser. Nous allons gagner cette guerre. »

Le discret départ des juifs ukrainiens a commencé dès le premier jour de guerre. Ils sont « environ cinq mille à avoir quitté le pays », dit Josef Zissels, le président de l’Association des organisations et communautés juives d’Ukraine. Une goutte d’eau dans l’océan de réfugiés qui a atteint, en une semaine de conflit, selon l’ONU, un million de personnes, mais une goutte d’eau qui fait douloureusement écho à l’histoire.

Rafale de missiles sur un lieu de mémoire de la Shoah

L’opération d’évacuation organisée à la synagogue Brodsky est d’ailleurs intervenue au lendemain d’un autre épisode symbolique : une rafale de missiles Smersh de l’armée russe, qui a visé mardi le relais de communication de la télévision ukrainienne, a touché le parc voisin de Babi Yar, lieu de tuerie de la seconde guerre mondiale et de la mémoire de la Shoah.

Les Smersh ont raté leur cible. L’antenne, dont le sommet se perd dans le brouillard, est toujours debout. L’un des missiles a tué cinq civils qui faisaient des courses dans une boutique, peu avant l’heure du couvre-feu. Tandis que des morceaux des roquettes jonchent, le lendemain matin, la rue parsemée de débris calcinés et recouverts d’une fine couche de neige, des corps atrocement brûlés, enveloppés dans des bâches, sont emmenés dans une fourgonnette mortuaire.

Le parc mémoriel de Babi Yar n’était pas la cible des tirs, les monuments et sculptures du parc sont intacts et seuls quelques branches d’arbres ont été fauchées, mais une vague d’émotion a saisi Kiev. Lieu d’exécution de 33 000 juifs ukrainiens par les nazis en 1941, Babi Yar fut l’une des pires tueries, en une seule fois, de la campagne allemande en Union soviétique et de la Shoah.

Une caméra de la chaîne britannique Channel 4 a capté le moment où le président Zelensky apprend la nouvelle. Alors qu’il est en train de parler de la guerre, de la séparation d’avec sa famille, un conseiller s’approche.

« Nous voulons vous informer qu’il y a un bombardement sur Babi Yar.

– Babi Yar, maintenant ? demande le président, incrédule.

– Babi Yar, maintenant, répond le conseiller.

– Babi Yar ? ! demande à nouveau le président.

– Oui, le mémorial, répond le conseiller.

Volodymyr Zelensky est interloqué.

– C’est la Russie… Mes félicitations », conclut le président en s’éloignant.

« Le nazisme est né dans le silence »

Dans un message vidéo diffusé un peu plus tard, Volodymyr Zelensky accuse Moscou de vouloir « effacer » l’Ukraine. « Ils ont l’ordre d’effacer notre histoire, d’effacer notre pays, de nous effacer tous », prévient-il. Petit-fils d’un survivant de la Shoah qui a perdu un père et trois frères dans le génocide, le président ne mentionne à aucun moment son origine juive, mais il appelle « les millions de juifs à travers le monde » à « ne pas rester silencieux » sur l’attaque de l’Ukraine par la Russie. « Le nazisme est né dans le silence. Criez que des civils sont tués. Criez que des Ukrainiens sont assassinés », exhorte-t-il.

Les réactions se sont multipliées. En Ukraine, le grand rabbin Moshe Asman a affirmé « ne pas croire ce qu’[il] voit », et le chef de l’administration présidentielle, Andrii Iermak, a déclaré que « des barbares sont en train de massacrer les victimes de la Shoah pour la deuxième fois ».

A l’étranger, le président du Babyn Yar Holocaust Memorial Center, Natan Sharansky, a condamné les tirs contre Kiev et affirmé, en référence à l’objectif russe d’une « dénazification » de l’Ukraine, que « Poutine cherche à distordre et manipuler l’Holocauste afin de justifier son invasion illégale d’un pays souverain démocratique. C’est absolument odieux. Nous ne pouvons pas tolérer que la vérité soit, une fois de plus, une victime de guerre ». Le ministre des affaires étrangères israélien, Yair Lapid, a dénoncé l’attaque et appeler à « respecter la sanctuarisation » de Babi Yar.

L’artiste serbe new-yorkaise Marina Abramovic, qui a exposé l’an dernier à Babi Yar, pour la commémoration des 80 ans de la tuerie, son œuvre The Crystal Wall of Crying, a pour sa part publié une vidéo où elle déclare qu’« il y a 80 ans, les forces nazies d’Adolf Hitler ont tué des innocents à Babi Yar. Aujourd’hui, les forces russes de Vladimir Poutine bombardent Babi Yar et tuent des innocents. (…) De même que nous nous sommes unifiés pour vaincre le démentiel régime nazi, le monde doit être ensemble pour soutenir les courageux hommes et femmes d’Ukraine. C’est notre combat à tous. »

Dans son bureau du Centre juif, Josef Zissels dit « craindre une guerre très longue, très dure ». « Je n’ai jamais eu aucune illusion sur Poutine. Je suis un ancien dissident et prisonnier politique soviétique, et lui est un ancien agent du KGB. J’ai toujours su qu’il était un dangereux criminel, raconte M. Zissels, et je savais qu’il ferait un jour la guerre à l’Ukraine. » L’activiste et responsable juif murmure en détachant chaque mot, comme si le monde ne pouvait pas le comprendre, que « pour nous les Ukrainiens et nous les juifs, Poutine est un nouvel Hitler ».

« Il faut que l’histoire cesse de se répéter »

Malgré la menace, Josef Zissels ne partira pas d’Ukraine, ou pas tout de suite. Lui dont l’association veille sur « plus de 300 000 Ukrainiens ayant des racines juives » et qui par ailleurs « adore vivre à Kiev, une ville magnifique, tolérante », estime devoir « prendre soin des autres ». « Je préside la communauté. Tel le capitaine d’un navire, je partirai le dernier. »

Alexander Dukhovny, l’un des rabbins les plus influents du pays à la tête des communautés juives progressistes d’Ukraine, est revenu précipitamment de Londres pour aider ses concitoyens. Maintenant que Kiev craint un dévastateur assaut russe, il pense évacuer la ville. « Après m’être occupé des autres une semaine, je vais moi-même tenter de survivre. » Il espère revenir après une victoire ukrainienne. « Si en revanche Poutine gagne cette guerre, je ne reviendrai jamais à Kiev, affirme-t-il. Il ne peut y avoir de paix, ni de confiance, avec Poutine. »

Le convoi s’apprête à quitter la synagogue Brodsky. Oleg Voronko promet à ceux qui fuient que « tout sera fini dans dix jours », qu’ils pourront alors revenir. « J’y crois », confie-t-il. Son épouse Albina pense aussi qu’« ils vont revenir, même si peut-être pas tous ». « Je veux y croire », ajoute-t-elle d’une voix douce. Car « il faut que l’histoire cesse de se répéter. Il ne faut pas être condamné à toujours fuir devant le fascisme ».

Le Monde, jeudi 2 mars

Question 14- Recherches : combien de biens ukrainiens sont inscrits sur la liste de patrimoine mondial de l'Unesco. Combien sont menacés directement par les combats pour le moment ?

Pourquoi Babi Yar est-il un lieu de mémoire ?

Les impacts environnementaux

Les menaces sur l'environnement


Question 15: Quelles sont les menaces environnementales de l'offensive russe ? Comment l'auteur de l'article nomme-t-il cette nouvelle "ère" ? Est-elle si différente de celle que vous avez étudiée ?

Bombardements russes, incendies, eau contaminée, fuites radioactives... La guerre contre l’Ukraine pollue. Les dommages pourraient être irréversibles. Le sol, lui, durablement contaminé. Mais les retombées ne sont que très peu étudiées.


La guerre en Ukraine est partie pour durer, avec ses lots de drames, de morts et de destructions. Parmi les victimes, l’environnement pourrait se retrouver en première ligne, tant les bombardements russes et les affrontements ont déjà causé de graves pollutions et des dégradations non négligeables. Avec ses eaux contaminées, ses incendies et ses fuites radioactives, l’Ukraine risque de devenir un cas emblématique de ce que les historiens appellent le « Thanatocène » : « cette ère de la guerre » marquée par la folie et l’écocide.

Depuis le 24 février, des panaches de fumée s’échappent des sites militaires attaqués par l’aviation russe. Des stocks de munitions, des usines d’armement et des réservoirs de carburants brûlent à ciel ouvert. Des chars labourent les tourbières au nord du pays, des incendies ravagent des forêts, tandis que des combats ont lieu au seuil de centrales nucléaires.

« La guerre pollue. C’est une évidence, mais cette pollution est très peu étudiée et documentée. C’est un angle mort », souligne Bastien Alex, coauteur du livre La Guerre chaude (Presses de Sciences Po) et spécialiste des questions climatiques. Pour l’instant, les données manquent pour évaluer précisément les dommages causés aux écosystèmes, mais des informations parcellaires remontent via les médias locaux et les réseaux sociaux.(...)

Le 25 février, au lendemain seulement de l’invasion russe, l’Observatoire des conflits et de l’environnement (CEOBS) dressait déjà un premier bilan, non exhaustif, des dégâts. Dans des dizaines de villes — Kalynivka, Krasnopillia, Krivoy Rog, Dnipro, Zhitomir, Hostomel, Chuhuyev, Chernobaevka, etc. —, des incendies sur des infrastructures militaires et des aérodromes ont libéré « une pollution atmosphérique nocive » composée de gaz toxiques, de particules fines et de métaux lourds qui se sont répandus ensuite dans des zones où résident des civils. Sur le long terme, les dommages pourraient être conséquents et les sols durablement contaminés. (...)

Reporterre.net 3 mars 2022

Et la France ?

La France n’est pas attaquée directement et n’est pas liée par un traité de défense à l’Ukraine : le déploiement de soldats français en Ukraine n’est donc pas une option. M. Macron a cependant annoncé vendredi à Bruxelles que la France allait accélérer le déploiement de soldats en Roumanie dans le cadre de l’OTAN. Par ailleurs, « nous sommes prêts à continuer à livrer des matériels militaires et de soutien à la population, comme j’ai pu le dire au président [ukrainien, Volodymyr] Zelensky », a ajouté le chef de l’Etat.

En Estonie, la France participe, avec quelque 300 soldats mobilisés depuis un an, à la mission permanente de « présence renforcée avancée » (Enhanced Forward Presence), qui a été déployée après l’annexion de la Crimée par la Russie, en 2014. « La France continuera à jouer pleinement son rôle de réassurance des alliés de l’OTAN, en envoyant en Estonie un nouveau contingent au sein de la présence avancée renforcée », a aussi annoncé M. Macron vendredi.

Le Monde.fr 26/02/2022

La France recommande « fortement » à ses ressortissants dont la présence n’est pas essentielle en Russie de s’organiser pour partir

Le Quai d’Orsay a mis à jour, jeudi, ses conseils aux voyageurs. « Il est fortement recommandé aux ressortissants français, dont la présence et celle de leur famille n’est pas essentielle en Russie, de prendre leurs dispositions pour quitter le pays par les liaisons encore existantes », écrit ainsi le ministère des affaires étrangères.

Une liste non exhaustive des liaisons indirectes permettant de regagner la France peut être consultée sur le site de l’ambassade de France à Moscou. « Il convient, par ailleurs, de différer tout déplacement vers la Russie », souligne le ministère.

Le Monde, jeudi 2 mars 2022

Question 16: Où et pourquoi les forces françaises sont-elles engagées en Europe ?

Pourquoi le président s'adresse-t-il solennellement aux Armées ?

Quels moyens pour un retour à la paix ?

L'ONU ?

L’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) a adopté, mercredi 2 mars, à une écrasante majorité, une résolution qui « exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine ». Un vote salué comme « historique » et accueilli par une salve d’applaudissements.

Sur les 193 membres de l’ONU, 141 pays ont approuvé le texte, cinq – Russie, Biélorussie, Corée du Nord, Erythrée et Syrie – s’y sont opposés et trente-cinq se sont abstenus, dont la Chine.


Après plus de deux jours d’interventions à la tribune de l’ONU, la résolution réclame à Moscou qu’il « retire immédiatement, complètement et sans conditions toutes ses forces militaires » d’Ukraine et « condamne la décision de la Russie d’accentuer la mise en alerte de ses forces nucléaires ».


Des négociations bilatérales ?

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Un mouvement populaire ?

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La justice ?

Isoler la russie pour l'amener à négocier ?


  • Les délégations russe et ukrainienne seraient arrivées à leur point de rencontre pour les pourparlers, mais n’ont fait état d’aucun échange pour le moment. Malgré une certaine absence d’optimisme, la présidence de l’Ukraine avait fait savoir qu’elle avait accepté de participer à des pourparlers avec la Russie et qu’ils se dérouleront à la frontière avec la Biélorussie, « dans la région de la rivière Pripiat », près de Tchernobyl.
  • Le 27/02/2022 21h30

Guerre en Ukraine : qu’est-ce qu’un crime de guerre ? Qui peut être jugé, et qui peut juger ? Le Monde 8 mars 2022


Karim Khan, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé, le 2 mars, « l’ouverture immédiate » d’une enquête sur la situation en Ukraine. La veille, le procureur avait été saisi par 39 des 123 Etats membres de la Cour.

« Je suis convaincu qu’il existe une base raisonnable pour croire que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés ont été commis » dans ce pays, avait déclaré M. Khan le 28 février. L’enquête recouvrira tous les actes commis en Ukraine depuis « novembre 2013 », soit le début de conflit russo-ukrainien, a-t-il ajouté.

Qu’est-ce qu’un crime de guerre ? Quelle est la différence avec un crime contre l’humanité ? Qui peut être jugé pour crime de guerre ? Quelles peuvent être les conséquences judiciaires pour les auteurs de ces crimes ? Le Monde fait le point.

De quand date la notion de crime de guerre ?

Le concept de crime de guerre est aussi ancien que le droit de la guerre – qui existe depuis l’Antiquité – et qui désigne les lois, en général coutumières, sur lesquelles s’entendent les parties ennemies lorsqu’elles sont en guerre. En 1945, le tribunal de Nuremberg, chargé de juger des hauts responsables nazis, définit aussi les crimes de guerre comme « les violations des lois et coutumes de la guerre » et précise :

« Assassinat, mauvais traitements ou déportation pour des travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés, assassinat ou mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, exécution des otages, pillages de biens publics ou privés, destruction sans motif des villes et des villages, ou dévastation que ne justifient pas les exigences militaires. »

Quelle est la définition actuelle d’un crime de guerre ?

Aucun texte de droit international ne codifie à lui seul tous les crimes de guerre. La définition de ces crimes découle essentiellement de deux traités internationaux :

  1. Les conventions de La Haye de 1899 et de 1907, qui se focalisent, notamment, sur l’interdiction d’utiliser certains moyens de combat (par exemple, se servir de balles expansives, qui se morcellent dans le corps humain).
  2. Les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels de 1977, qui protègent les personnes qui ne participent pas ou plus aux hostilités : les civils, les membres du personnel sanitaire ou d’organisations humanitaires, les soldats blessés, malades, naufragés ou faits prisonniers.

La définition la plus récente de ce qui constitue un crime de guerre est donnée dans l’article 8 du statut de Rome. Ce traité international, entré en vigueur en 2002, est celui qui a permis de créer la CPI. Les actes prohibés en temps de guerre sont nombreux : homicide intentionnel ; torture ; causer intentionnellement de grandes souffrances ou por­ter gravement atteinte à l’intégrité physique ou à la santé ; destruction et appropriation de biens non justifiées par des néces­si­tés militaires ; déportation ; prise d’otages ; diriger intentionnellement des attaques contre la population ci­vile ou des biens de ca­ractère civil ; tuer ou blesser un combattant ayant déposé les armes ; pillage, etc.

Il est également interdit d’employer des armes empoisonnées ; des gaz asphyxiants ou toxiques ; des méthodes de guerre de nature à causer des maux superflus ou des souffrances inuti­les ; ou encore de commettre des violences sexuelles.

Plus généralement, deux éléments servent à qualifier un crime de guerre, souligne l’Organisation des Nations unies (ONU). D’une part, le comportement incriminé doit avoir eu lieu dans le cadre d’un conflit armé – c’est l’élément contextuel. D’autre part, il faut prendre en compte l’intention et la connaissance de la personne incriminée par rapport à son acte et au contexte – c’est l’élément psychologique.

Quelle est la différence avec un génocide ? Avec un crime contre l’humanité ?

Le mot « génocide » a été utilisé pour la première fois en 1944 par l’avocat juif polonais Raphaël Lemkin dans son livre Le règne de l’Axe en Europe occupée. Il se compose du préfixe grec genos (« race » ou « tribu ») et du suffixe latin cide (« tuer »). La définition d’un génocide est précisée par l’article 6 du statut de Rome. Il s’agit d’un acte « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ».

Selon l’article 7 du statut de Rome, un crime contre l’humanité est un acte « commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile ». Contrairement aux crimes de guerre, un crime contre l’humanité peut être perpétré hors conflit armé. Par exemple, l’esclavage, la prostitution forcée, la stérilisation for­cée ou l’apartheid sont des crimes contre l’humanité.

Quelle est la nature des crimes reprochés à la Russie ?

Le procureur de la CPI, Karim Khan, n’a pas précisé la nature exacte des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés commis par la Russie en Ukraine.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a accusé mercredi 2 mars le président russe, Vladimir Poutine, d’être « coupable d’un crime de guerre » après des bombardements touchant des civils en Ukraine, faisant écho à une accusation antérieure du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. M. Johnson a également comparé M. Poutine à l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic, mort en cellule avant la fin de son procès devant la justice internationale pour génocide et crimes de guerre.

De son côté, la diplomatie américaine a estimé, après la frappe d’une centrale nucléaire ukrainienne par la Russie, que « cibler intentionnellement des civils ou des infrastructures civiles, comme des centrales nucléaires, est un crime de guerre ». « Des centaines sinon des milliers de civils ont été tués et blessés », a déploré le 3 mars le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, évoquant le pilonnage meurtrier des villes ukrainiennes.

Autre fait reproché à la Russie : l’usage de bombes à sous-munitions, qui pourrait constituer un crime de guerre, selon l’organisation Human Rights Watch (HRW). Ces armes sont interdites par la convention d’Oslo de 2008, mais Moscou ne l’a pas signée. Elles sont composées d’un conteneur, tel un obus, regroupant des projectiles explosifs, de taille plus réduite. Très imprécises, ces armes frappent une immense proportion de civils. Certaines restent non explosées et peuvent tuer des années après, comme peuvent le faire les mines.

Vont désormais s’engager des recherches visant à débusquer les preuves pour dénoncer et prévenir les crimes, et pour alimenter les dossiers à venir de la CPI.

Qui juge les crimes de guerre ?

En vertu du statut de Rome, la CPI, située à La Haye, aux Pays-Bas, est compétente pour juger les personnes accusées de crime de guerre, de génocide, de crime contre l’humanité, et aussi de crime d’agression (l’emploi par un Etat de la force armée contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance d’un autre Etat).

Formellement, il faut que le crime ait été commis sur le territoire d’un des 123 Etats ayant ratifié le statut de Rome, ou que le crime ait été commis par un ressortissant d’un Etat l’ayant ratifié, ou qu’un Etat non signataire du statut accepte ad hoc la compétence de la CPI.

Vladimir Poutine a décidé, en 2016, de retirer la signature de la Russie du statut de Rome (qu’elle n’avait, du reste, jamais ratifié). De son côté, l’Ukraine a signé ce traité international en 2000, mais ne l’a pas ratifié non plus. Toutefois, à partir de 2014, Kiev a reconnu à plusieurs reprises la compétence du tribunal de La Haye pour juger les crimes graves perpétrés sur le territoire. Sans cette reconnaissance de la part de l’Ukraine, l’enquête annoncée le 28 février par la CPI n’aurait pas été possible.

Une enquête de la CPI peut être déclenchée par trois acteurs : le procureur de la Cour ; un Etat ayant ratifié le statut ; le Conseil de sécurité de l’ONU (comme la Russie est un membre permanent de cet organe, il est évident qu’elle aurait utilisé son droit de veto).

Qui peut être jugé pour crime de guerre ?

Les crimes de guerre sont considérés comme des violations graves du droit international humanitaire. Ils engagent la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs (et non des Etats). Toute personne majeure au moment des faits qui lui sont reprochés peut être jugée par la CPI. Aucune loi d’immunité ne peut empêcher la Cour d’intenter des poursuites contre un individu. En outre, les crimes relevant de la compétence de la CPI ne se prescrivent pas.

A supposer que l’enquête de la Cour en Ukraine permette d’identifier des suspects de crimes de guerre, ces derniers ne pourront être arrêtés que sur le territoire d’un Etat qui respecte sa juridiction. La CPI est donc limitée par la discrétion des Etats pour faire arrêter les suspects présents sur leur sol, ainsi que par son absence de force de police.

Une personne souffrant d’une maladie mentale ; qui se trouvait « dans un état d’intoxication qui la privait de la faculté de compren­dre le caractère délictueux » de son comportement ; ou encore qui a commis un de ces crimes sous une menace de mort, peut être exonérée des charges juridiques qui lui sont reprochées.

Quelles peuvent être les conséquences judiciaires pour les auteurs de ces crimes ?

A l’issue d’un procès, le tribunal de La Haye peut décider d’une peine de prison – qui peut aller jusqu’à perpétuité – contre l’auteur d’un crime. Peuvent s’ajouter une amende et la confiscation des biens et profits tirés du crime. Les peines d’emprisonnement sont accomplies dans un Etat désigné par la Cour à partir de la liste des pays qui lui ont fait savoir qu’ils étaient disposés à re­cevoir des condamnés.

Par ailleurs, la CPI peut accorder aux victimes ou à leurs ayants droit des réparations, telles que la restitution, l’indemnisation ou la réhabilitation. Il revient à la Cour d’évaluer l’ampleur du dom­mage, de la perte ou du préjudice causé aux victimes.

Marie Slavicek

En Russie, un mouvement antiguerre inédit

Malgré la répression, l’opposition à l’offensive militaire menée par Moscou en Ukraine atteint des citoyens jusque-là apolitiques. Les signes de profonds déchirements au sein de la société russe se multiplient.

Par Benoît Vitkine(Moscou, correspondant) lundi 28 février 2022, Le Monde.fr


C’est un mouvement souterrain et profond dont il est encore difficile de mesurer l’ampleur. Depuis que leur président Vladimir Poutine a décidé d’envahir l’Ukraine, de nombreux Russes, pour certains parfaitement apolitiques, font part de leur choc ou de leur opposition.

Beaucoup ont compris, dès le déclenchement de la guerre, jeudi 24 février, ce que cette décision contenait d’irrémédiable. Dmitri Mouratov, rédacteur en chef du journal Novaïa Gazeta et Prix Nobel de la paix en 2021, a résumé ce sentiment d’une formule vertigineuse : « Le futur est mort », a-t-il lancé à une journaliste de la télévision indépendante Dojd étouffée par l’émotion.

Depuis, les signes de profonds déchirements au sein de la population se multiplient, entre ceux qui soutiennent l’opération de « dénazification », comme l’appelle Moscou, ceux qui ignorent tout ou presque de ce qui se passe (Dojd, diffusée uniquement sur Internet, est la seule télévision qui montre des images du conflit et qui recueille des témoignages à Kiev ou à Kharkiv) et ceux qui disent « non ».

Les manifestations sont éparses et désorganisées, tant lancer un appel en ce sens est risqué, et ellessont particulièrement guettées par le pouvoir. Depuis quatre jours que l’offensive contre l’Ukraine a débuté, près de 5 700 personnes ont été arrêtées dans des rassemblements à travers la Russie ; ces derniers sont plus nombreux mais moins fournis que ceux qui avaient accompagné le déclenchement de la guerre dans le Donbass, en 2014.

Stratégie de contournement

La dureté est de mise : à Rostov-sur-le-Don, ville russe proche de la frontière avec le Donbass et de la mer d’Azov, une jeune femme a été condamnée à huit jours de prison pour « désobéissance à la police » après s’être plantée, seule, dans la rue, avec une pancarte blanche – un slogan inexistant pour une guerre invisible.

Beaucoup plus nombreux sont ceux qui font comprendre leur opinion d’un simple message sur les réseaux sociaux : fond d’écran noir, drapeau ukrainien, hashtags « Non à la guerre » ou « J’ai honte ». Ceux qui leur répondent « Je n’ai pas honte » et affichent fièrement le drapeau tricolore de la Russie sont au moins aussi nombreux. Des graffitis « Non à la guerre » ont aussi été remarqués dans plusieurs villes russes. Effacés aussi vite que l’étaient, à l’hiver 2021, ceux soutenant l’opposant Alexeï Navalny, ils sont plus nombreux aujourd’hui.

Les fleurs également sont devenues un moyen d’expression, une stratégie de contournement contre laquelle la police ne peut – encore – rien. Des centaines de bouquets ont été déposées ces derniers jours devant le bâtiment de l’ambassade d’Ukraine à Moscou. Dimanche 27 février, c’est le mémorial improvisé à l’opposant assassiné Boris Nemtsov, au pied du Kremlin, que l’on a vu fleurir. Sept ans plus tôt, le 27 février 2015, l’ancien vice-premier ministre avait été abattu, déjà, sur fond de guerre en Ukraine, alors qu’il documentait l’implication de l’armée russe, tenue secrète.

Ceux qui sont venus lui rendre hommage pensent à la guerre, comme Lioudmila V., 31 ans, arborant un masque griffonné « NIET ». « A l’époque, ce meurtre [de Nemtsov] était un message explicite de terreur, dit la jeune femme, en déposant deux œillets. Et moi aussi j’ai peur, aujourd’hui, mais je considère que c’est un devoir de dire que je suis contre cette guerre. » Malgré le durcissement politique à venir et l’isolement du pays, qu’elle juge « certains », elle n’imagine pas, comme nombre de ses amis, quitter la Russie.

Multiplication des textes, tribunes, pétitions

« La répression intérieure et l’agression extérieure sont les deux faces d’une même médaille », explique l’opposant Vladimir Kara-Murza, survivant de deux empoisonnements. Lui se montre optimiste, malgré la relative passivité de ses concitoyens : « Des milliers de gens sortent, malgré la menace de la prison ; c’est déjà beaucoup. Et puis on sait comment, souvent, se terminent les “bonnes petites guerres victorieuses”. »

Le frémissement passe aussi par la multiplication des textes, tribunes et pétitions. La plus importante, lancée par l’opposant Lev Schlossberg, rassemble 700 000 signatures. Des lettres ouvertes, émanant de tous les corps des métiers – juristes, médecins, artistes, scientifiques… – circulent aussi, cantonnées la plupart du temps aux réseaux sociaux.

Les textes sont plus ou moins virulents, plus ou moins prudents aussi – beaucoup ne citent pas même le nom du président. Une grande part, aussi, au-delà des appels à ne pas permettre la mort de soldats et de civils, traduisent un profond désespoir. Comme celui de Leonid Gozman, l’un des vétérans de l’opposition libérale, qui accompagne une photo où il pose dans la rue avec une petite pancarte « Non à la guerre » : « Je ne sais plus si ce genre de manifestations a un sens. Pourquoi prendre des risques ? Je comprends que notre chef est parti très loin dans les étoiles et que ni les sanctions ni encore moins nos protestations ne l’arrêteront. Mais c’est trop répugnant de rester assis sans rien faire. Nous pourrons au moins dire à nos enfants, à nos petits-enfants, et surtout à nous-mêmes, que nous ne sommes pas restés silencieux. »

Des sportifs et des vedettes du show-business ont également dit leur opposition à la guerre. Parmi eux, le comique Ivan Ourgant, qui a vu son spectacle déprogrammé le soir même. Au plus fort des protestations en faveur d’Alexeï Navalny, des dizaines de personnes, dont la carrière dépend de la télévision, du cinéma ou des théâtres publics, avaient ainsi disparu des écrans ou de la scène.

Désarroi des hommes d’affaires

Dans le monde politique, le mouvement est limité. Près de 300 élus locaux – sur des dizaines de milliers – ont signé un texte contre la guerre. Le député communiste de la Douma – la chambre basse du Parlement russe – Mikhaïl Matveev a demandé l’arrêt du conflit, après avoir voté comme l’ensemble de ses pairs, quelques jours plus tôt, la reconnaissance des républiques séparatistes du Donbass. « Le but était d’amener la paix, pas la guerre », a-t-il justifié.

Un diplomate a également fait « défection ». « Je m’excuse au nom de tous les Russes pour le fait que nous n’ayons pas pu empêcher ce conflit », a dit Oleg Anisimov, chef de la délégation russe à la conférence pour le climat des Nations unies.

Particulièrement guettée, la réaction des grands oligarques laisse percevoir un frémissement lui aussi très limité, alors même que, dans ce milieu, le choc initial est important après les sanctions prises par les Occidentaux. Le milliardaire d’origine ukrainienne Mikhaïl Fridman s’est prudemment distancié en écrivant à ses employés que la guerre « ne peut jamais être la réponse ». Le magnat de l’aluminium Oleg Deripaska a publié un bref – et vague – message sur les réseaux sociaux pour appeler à des « négociations ».



Question 17: Que nous montre cette crise sur la régulation actuelle des conflits ?

À VOUS D'ANALYSER CE CONFLIT

Coup de pouce

Guerre en Ukraine : six concepts du théoricien militaire Carl von Clausewitz pour éclairer le conflit

GRAND DÉCRYPTAGE - Près de deux cents ans après sa mort, les écrits de Clausewitz sont toujours aussi actuels. Car en conceptualisant l'idée même de guerre, le stratégiste prussien a rendu son œuvre pérenne.La «trinité clausewitzienne» : la guerre comme conceptla-trinite-clausewitzienne-la-guerre-comme-conceptLe Ziel et le Zweckle-ziel-et-le-zweckLa montée aux extrêmesla-montee-aux-extremesLe point culminantle-point-culminantLe centre de gravitéle-centre-de-graviteLes avantages de la défense sur l'attaqueles-avantages-de-la-defense-sur-l-attaque

C'est un nom qui revient en force depuis le début de l'offensive russe en Ukraine. Inconnu ou oublié pour certains, référence pour d'autres, le Generalmajor Carl von Clausewitz signe un retour fracassant pour éclairer le conflit, près de 200 ans après sa mort. Les concepts de cet officier prussien, publiés post mortem par son épouse en 1832, sous le nom de De la guerre , semblent toujours parfaitement illustrer ce qui se déroule aujourd'hui sur le terrain. Ses prédécesseurs, de Machiavel à Jomini, s'étaient contentés de « prescriptions pour savoir comment bien faire la guerre ». Clausewitz a lui posé dans son œuvre un réel « questionnement philosophique », souligne Édouard Jolly, chercheur à l'Irsem en théorie des conflits armés et philosophie de la guerre.

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L'œuvre du théoricien reste étonnamment d'actualité, alors même que la guerre a considérablement évolué depuis sa mort et qu'il avait été quelque peu oublié avec l'apparition des conflits asymétriques. Car la définition de la guerre chez Clausewitz s'attache avant tout à comprendre la guerre interétatique, celle qui avait lieu à son époque… et qui revient tragiquement aujourd'hui. Surtout, de tout temps, « la guerre reste un objet politique et toute guerre se rattache à cela. Les moyens ont évolué, mais pas les finalités politiques », résume le spécialiste.

Avec son aide, et celle de Martin Motte, directeur d'étude à l'École pratique des hautes études et membre de l'Institut de stratégie comparée, Le Figaro revient sur six concepts de Clausewitz qui permettent aujourd'hui de mieux comprendre le conflit en Ukraine. Car avec De la guerre , l'officier prussien a avant tout cherché à conceptualiser l'idée même de conflit, faisant de son œuvre un outil utilisable après lui.

La «trinité clausewitzienne» : la guerre comme concept

C'est la base du raisonnement clausewitzien. Pour théoriser la guerre, Clausewitz l'a définie en trois grandes étapes conceptuelles : le calcul des probabilités stratégiques, le but politique et la violence aveugle. Une « trinité » valable quelle que soit la guerre, qui a ensuite été traduite plus concrètement, explique Martin Motte. La première étape correspond à la guerre qui « prend la forme d'un duel à grande échelle témoignant d'une violence entre deux parties belligérantes », traduit Édouard Jolly. Autrement dit, « deux volontés qui s'opposent et veulent s'imposer l'une à l'autre ». La deuxième indique que « la guerre est un objet politique ». « C'est là l'originalité de Clausewitz : la politique fixe la finalité, l'aspect militaire et le moyen ». La troisième implique l'élément populaire, « l'hostilité sociale du peuple » étant également une spécificité clausewitzienne.

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Cette trilogie se traduit parfaitement en Ukraine. Le « calcul des probabilités stratégiques » est incarné par Poutine et Zelensky, « qui personnifient leur État respectif et s'opposent par la violence de leur armée ». « Le but politique » se traduit côté ukrainien par la volonté de « préserver un territoire ». Il est plus difficile à identifier côté russe, puisque les objectifs de Poutine sont « mouvants ». Et la « violence aveugle » est représentée par « deux peuples qui s'opposent ». D'un côté la mobilisation de la défense territoriale ukrainienne, de l'autre l'usage des conscrits russes. Mais pour Martin Motte, la trilogie russe est justement « incomplète » à ce niveau. « Les Russes n'ont pas déclaré la guerre à l'Ukraine et n'ont donc pas décrété la mobilisation générale », souligne-t-il. Ce qui « accrédite l'hypothèse que Poutine ne voyait pas cette campagne comme une guerre mais comme un simple renversement de régime ».

Le Ziel et le Zweck

Dans De la guerre , Clausewitz distingue les buts dans la guerre et la finalité de la guerre. Le « Ziel », qui correspond à l'objectif tactique, et le « Zweck », qui traduit l'objectif politique. « Le Zweck est un escalier dont les Ziel sont les marches », illustre Édouard Jolly. Il s'agit de faire en sorte que « les victoires tactiques, l'obtention des buts de guerre, nous permettent d'aboutir à une victoire politique ». En fonction des résultats sur le terrain, le Zweck peut évoluer. Et c'est ce qui semble se dérouler actuellement, avec le redéploiement des forces russes dans le Donbass. « Au départ, les Russes partaient sur un conflit avec pour objectif politique le renversement total du gouvernement. Puisque ce but a échoué, la finalité est devenue plus limitée, une conquête territoriale », analyse le chercheur à l'Irsem.

La montée aux extrêmes

Clausewitz voyait dans la guerre deux dynamiques : une logique d'ascension, « parce que la seule manière d'éviter d'être tué, c'est de frapper toujours plus fort », et une logique de désescalade, « qui vient des limitations à la fois physique (fatigue) et logistique (manque de munitions, de carburant), mais aussi du calcul politique : tous les objectifs ne valent pas tous les sacrifices », expose Martin Motte. La « montée aux extrêmes » se traduit généralement par « une surenchère dans la puissance », complète Édouard Jolly.

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Si l'armée russe a fait preuve d'une relative retenue au début de la guerre, c'est parce que « Poutine semble avoir réellement cru qu'il ne mènerait pas une guerre majeure mais une opération de changement de régime, avec l'appui d'une partie considérable de l'opinion publique ukrainienne », ajoute le spécialiste.

Mais face à la résistance de l'État, de l'armée et de la population, la Russie a choisi la « montée aux extrêmes », en « se censurant moins sur l'utilisation de l'artillerie ». « Sur le plan purement théorique, et c'est ce qui a fait peur à tout le monde, cette montée aux extrêmes aurait pu conduire à l'utilisation russe d'un missile nucléaire tactique », ajoute Édouard Jolly. Le massacre de Boutcha pourrait également illustrer ce concept. Mais « on ne sait pas encore si c'est le fait d'unités qui ont perdu le contrôle parce qu'elles étaient mal encadrées ou s'il y avait une réelle volonté de terroriser », tempère Martin Motte.

Le point culminant

« Clausewitz nous rappelle toujours que la guerre dans sa réalité est faite de frictions, de surprises, de contingences, d'épuisements et d'imprévus », explique Édouard Jolly. Côté russe, ces « imprévus » se sont notamment traduits par une forte faiblesse logistique et une capacité de mobilisation efficace de la défense territoriale ukrainienne. Avec pour conséquences, de lourdes pertes. Le « point culminant » illustre ce moment où une armée est obligée « de passer de l'offensive à la défensive », car attaquer lui « coûte plus cher logistiquement qu'elle ne rapporte militairement », résume Martin Motte.

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Dans son œuvre, Clausewitz insiste d'ailleurs beaucoup sur les sièges comme facteurs aggravants de ce concept. Là encore, cela s'est traduit sur le terrain : en assiégeant Kiev, Kharkiv, Marioupol et Tchernihiv en même temps, les Russes ont usé leurs forces. « Leur volonté de se regrouper dans le Donbass en évacuant la région de Kiev permet de libérer des effectifs » et de faire souffler les troupes, traduit Martin Motte. Pour mieux repartir à l'offensive avant d'atteindre, peut-être, un autre point culminant.

Le centre de gravité

Ce sans quoi un des belligérants ne peut pas continuer la lutte. D'après Clausewitz dans le texte, cité par Martin Motte, le centre de gravité est « la partie du pays où les unités ennemies les plus nombreuses sont concentrées ». Cette description très physique rejoint la définition plus conceptuelle du théoricien : « Un centre de puissance et de mouvement dont tout dépend et contre lequel il faut diriger toute notre énergie ». Pour Clausewitz, il y en avait trois : l'armée, la capitale et l'allié principal. Il paraît évident que lors des premières semaines du conflit, le centre de gravité était Kiev. « Dans l'optique du changement de régime, si les Russes renversaient le pouvoir dans la capitale, l'affaire était plus ou moins réglée », résume Martin Motte.

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Mais avec le basculement des forces vers le Donbass, le centre de gravité a changé. « Ce pourrait désormais être l'armée ukrainienne », indique le chercheur. « Si Poutine veut pouvoir vendre la victoire à son peuple, il faut qu'il remplisse ses objectifs de guerre : la dénazification et la démilitarisation », ajoute-t-il. Pour le premier objectif, il suffira vraisemblablement de prendre Marioupol, où se concentre le régiment Azov. Pour le second, « même si Poutine ne pourra pas empêcher l'Ukraine de se réarmer après la paix, il pourra décemment dire à son opinion publique qu'il a détruit la menace militaire » s'il écrase l'armée ukrainienne, analyse Martin Motte.

Les avantages de la défense sur l'attaque

Les objectifs défensifs sont toujours plus aisés à atteindre que les objectifs offensifs, nous dit Clausewitz. Un principe qui paraît évident sur le papier, mais que le théoricien a également conceptualisé en profondeur dans De la guerre . Dans le cadre de la guerre en Ukraine, les forces locales ont deux objectifs : conserver le territoire et préserver ses forces. Une tâche ardue, mais sans doute plus accessible que les objectifs russes, qui sont « la conquête et la destruction », souligne Édouard Jolly. « La conduite défensive de la guerre est plus facile car elle ne va pas nécessairement chercher à vaincre la puissance de l'adversaire mais simplement chercher à empêcher celui-ci de gagner », résume le chercheur.

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Et Clausewitz décrit dans son œuvre plusieurs manières de défendre efficacement. Le théoricien explique notamment « qu'une manière efficace de se défendre c'est de refuser la bataille décisive aux frontières et de reculer en attirant l'adversaire à l'intérieur du pays », pour ainsi étirer les lignes logistiques de l'ennemi et l'user, détaille Martin Motte. Il s'est ainsi inspiré « de la campagne de Russie de 1812, où le plan de Napoléon était de profiter de sa supériorité manœuvrière et tactique pour écraser l'armée russe à la frontière entre la Russie et la Pologne ». « On peut raisonnablement formuler l'hypothèse que c'était également le souhait des Russes : écraser l'armée ukrainienne devant Kiev », estime le spécialiste. Mais comme les Russes en 1812, les Ukrainiens ont refusé la bataille frontale et « préféré un repli élastique », dans un modèle très clausewitzien.

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Voir aussi :




« Vladimir Poutine et la guerre comme montée aux extrêmes », par Yves Charles Zarka

TRIBUNE

Yves Charles Zarka


Philosophe


TRIBUNE. Le philosophe rappelle que ce qui caractérise la guerre, selon Clausewitz, c’est une conduite aux extrêmes. Le tragique de l’histoire est de retour, avec des conséquences possiblement annihilatrices.

Publié le

« La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté [celle de l’agresseur]. » Telle est la définition de la guerre donnée par Clausewitz au début du XIXe siècle. Elle est toujours valable bien que les conditions de la guerre aient changé. Des guerres du XIXe siècle aux guerres actuelles, ce qui a changé, c’est en particulier : la configuration géopolitique (redistribution des puissances), le statut de certaines frontières (contestations sur de territoires), la question de la défense et de la sécurité (qui ne se limitent plus au territoire d’un État), la multiplication des acteurs de guerre (les États ne sont plus les seuls acteurs, on le voit avec les mercenaires du groupe militaire russe Wagner), l’apparition de nouvelles formes de guerre (guerres hybrides, cyberguerre), l’effacement relatif de la distinction entre les diverses formes de guerres (guerre internationale et guerre civile) et surtout l’existence de l’arme atomique qui vient d’être mise en alerte par Poutine sous forme de menace adressée aux démocraties européennes.

Pour tâcher de comprendre ce qui se passe dans la guerre actuelle que Poutine mène contre l’Ukraine, il convient de revenir à la définition de la guerre chez Clausewitz, laquelle a l’avantage de dégager les déterminations essentielles de la guerre, à partir desquelles il est possible de déterminer ce qu’il y a de spécifique et de tout à fait nouveau dans le cas de la guerre contre l’Ukraine.

Une dynamique qui s’intensifie vers l’extrême

Il est possible de le montrer en considérant les causes de la guerre, son but et ses moyens. Les causes de la guerre consistent moins dans l’objet convoité ou revendiqué que dans le sujet qui mène la guerre : ces causes reviennent en effet à la présence d’un sentiment d’hostilité et d’une intention d’hostilité. Cela veut dire, selon Clausewitz, que « même les nations les plus civilisées peuvent être emportées par une haine féroce ». Aujourd’hui, il ne s’agit pas de l’hostilité d’une nation contre une autre, mais de celle du maître du Kremlin, obsédé par un désir de puissance irrationnel, et que l’emprise quasi absolue sur les institutions de son propre pays rend sourd à toute discussion et à tout compromis véritable, contre une nation qui entend s’émanciper de sa sphère d’influence. On ne saurait en effet réduire la guerre à un acte purement rationnel de gouvernement des peuples : la guerre est une violence, elle est donc nécessairement liée à l’affectivité. Si elle n’y trouve pas sa cause, elle peut réagir sur elle. C’est que la violence dans la guerre est portée aux extrêmes. Elle vise la domination de l’ennemi ou sa destruction comme force militaire et, comme cette tendance est réciproque (en raison de la résistance qui est opposée à une attaque ou à une agression), la modération n’appartient pas au concept de guerre.

La violence guerrière est une dynamique qui s’intensifie vers l’extrême. Le but de la guerre est la soumission de l’ennemi. Ce qui implique sa défaite ou sa destruction comme puissance militaire susceptible de poursuivre ou de reprendre la guerre. La soumission de l’ennemi suppose qu’il soit désarmé, c’est pourquoi son désarmement est le but de la guerre. Les moyens de la guerre consistent dans le déploiement de la force armée. Or, la dynamique de la guerre implique que l’usage de la force aille dans le sens d’un usage extrême, vers un usage illimité. Car s’il est vrai, dans un premier temps, qu’il suffirait de proportionner ses moyens à la force de résistance qu’il s’agit de briser, cette limite tombe, elle ne résiste pas à l’action réciproque, c’est-à-dire à la compétition des adversaires, même si les forces en présence sont disproportionnées.

Assiste-t-on à autre chose qu’à une montée aux extrêmes aujourd’hui ? A ceci près que Clausewitz ne pouvait imaginer l’existence d’armes nucléaires, susceptibles non seulement de détruire complètement un adversaire, mais le monde. Nous avons assisté, ces derniers jours, à un véritable tournant : l’évocation des armes nucléaires est passée de la dissuasion, qui vise précisément à ne pas s’en servir, à la menace explicite d’un usage direct par V. Poutine. C’est un véritable tabou qui est tombé. Il convient de prendre cette menace au sérieux, ce qui ne veut pas dire s’y soumettre, précisément parce que l’extrême aujourd’hui serait une destruction absolue.

Je sais bien que certains experts disent que l’usage des armes nucléaires peut être diversifié : aller d’une destruction qui serait locale, dans son emploi par exemple sur le territoire ukrainien, à un usage dévastateur n’importe où dans le monde. Mais, cette distinction ne peut tenir : le premier usage d’une arme nucléaire, quelle qu’elle soit, ne pourrait en aucun cas rester sans réponse du côté des puissances occidentales (en particulier de l’OTAN), en raison des ravages qu’elle causerait. En outre, l’effet destructeur du nucléaire ne saurait être limité localement. Enfin, une non-réponse à l’usage d’une telle arme par V. Poutine serait une abdication pure et simple des nations libres, ce qui est, je l’espère du moins, inenvisageable.
Nous nous trouvons donc aujourd’hui dans une configuration nouvelle où la montée aux extrêmes devient une menace contre laquelle aucun pays, où qu’il se trouve, ne peut se sentir protégé. On comprend donc que la réaction internationale s’étende progressivement à un très grand nombre de pays et que même certains soutiens de la Russie, comme la Chine, comprenant la possibilité du désastre, se mettent en retrait.

Malgré les leçons de l’histoire, nous avons semble-t-il oublié les ravages que peuvent faire les obsessions d’un dirigeant au pouvoir absolu. Les crimes commis par Poutine dans un passé récent (assassinats des opposants politiques commandités, crimes de guerre en Tchétchénie, en Syrie et ailleurs) n’ont pas été suffisants pour alerter les pays européens uniquement préoccupés par leurs intérêts particuliers, jusqu’à cette guerre contre l’Ukraine. Le tragique de l’histoire est de retour, avec des conséquences désormais possiblement annihilatrices.

Question 18: Dans ce diaporama et avec ce conflit, tous les thèmes de notre programme sont abordés : à vous de les retrouver ! (et si possible nommez les axes/jalons).


Question 19 Deux paragraphes rédigés: La guerre qui vient de débuter en Ukraine correspond-elle à la guerre telle qu'elle était définie par Clausewitz ?


Question 20 : complétez le tableau distribué

3

2

1

4

Florence Holstein

Lycée Léonard de Vinci

Levalloi

Et maintenant ? Est-ce plus clair ?...

5

Pour aller plus loin :
4 vidéos de l'APHG