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Un enjeu de société

L'orientation Genrée

Le genre et les stéréotypes

Le genre est une catégorie qui permet de saisir la manière dont les sociétés pensent, organisent

et hiérarchisent la différenciation des sexes et normalisent les comportements sexuels. Il exprime les

rapports sociaux de sexe, la construction sociale des caractéristiques, valeurs et normes attachées

au féminin et au masculin par la culture, l’éducation, les institutions, etc. Ces rapports sociaux

entre femmes et hommes, qui se transforment et évoluent en permanence selon les époques et

les contextes, sont marqués par une différenciation et une hiérarchisation qui créent des inégalités

au détriment des femmes. Source : Centre Hubertine Auclert, Memento à l’usage des chefs

d’établissement, 2012.


Les STÉRÉOTYPES DE GENRE sont des représentations schématiques et globalisantes qui attribuent

des caractéristiques supposées « naturelles » aux filles/femmes, aux garçons/hommes, sur ce que sont

et ne sont pas les filles et les garçons, les femmes et les hommes, sous-entendu « par nature ».

Les stéréotypes de sexe font passer pour naturels et normaux des rôles de genre différents et

hiérarchisés, assignés aux femmes et aux hommes. Les rôles de genre sont les traits psychologiques,

les comportements, les rôles sociaux ou les activités assignées plutôt aux femmes ou plutôt aux

hommes, dans une culture donnée, à une époque donnée. Source : Haut Conseil à l’égalité femmeshommes,

Guide pratique pour une communication sans stéréotype de sexe, 2016.

Les métiers de l'aviation

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  • L'histoire des femmes

LES CHOIX DE FILIERE POST BAC:
Un choix toujours marqué par le genre

52,6%

28,3%

19,4%

62,5%

MATHS

LLCER

Humanités

Phys-Chimie

Part des garçons ayant choisi les spécialités

60°,7%

39,8%

13,3%

62,1%

HGGSP

Maths

SI

SES

Part des filles ayant choisi la spécialité

92,3%

7,7%

Part des filles et des garçons dans la filière STI2D (Niveau national, rentrée 2018)

12,9%

87,1%

Part des filles et des garçons dans la filière ST2S (Niveau national, rentrée 2018)

Inégalités accès postes de cadre

-22%

Inégalités salariales

-24%

Inégalités parcours scolaires

-10%

De nombreuses conséquences

Rappel réglementaire

Le code de l'éducation

Article L. 121-1

Les écoles, les collèges, les lycées, les établissements d’enseignement supérieur (...) contribuent à

favoriser la mixité et l’égalité entre les hommes et les femmes, notamment en matière d’orientation.

L. 311-4

L’école, notamment grâce à un enseignement moral et civique, fait acquérir aux élèves le respect de la

personne, de ses origines et de ses différences, de l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que de

la laïcité.

L. 312-16

Une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les

lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et par groupes d’âge homogène. Ces séances

présentent une vision égalitaire des relations entre les femmes et les hommes. Elles contribuent à

l’apprentissage du respect dû au corps humain.

L. 312-17-1

Une information consacrée à l’égalité entre les hommes et les femmes, à la lutte contre les préjugés

sexistes et à la lutte contre les violences faites aux femmes et les violences commises au sein du couple

est dispensée à tous les stades de la scolarité.

L. 312-17-1-1

Une information sur les réalités de la prostitution et les dangers de la marchandisation du corps est

dispensée dans les établissements secondaires, par groupes d’âge homogène.

La charte de laïcité


Article 9 ‐ La laïcité implique le rejet de toutes les violences et de toutes les discriminations, garantit l’égalité entre les filles et les garçons et repose sur une culture du respect et de la compréhension de l’autre.


La laïcité n’est pas seulement un principe qui impose des règles, mais une valeur à cultiver dans les conduites au quotidien. Elle « repose sur une culture du respect et de la compréhension de l’autre », et peut se comprendre comme la clef de voûte d’une éthique démocratique, c’est‐à‐dire d’une attitude morale constituée de petites et de grandes vertus : la civilité, la politesse, la décence des propos, des tenues et des attitudes, la cordialité, mais aussi le respect, la tolérance, la bienveillance, l’attention à autrui, la compréhension, la solidarité, la générosité, le sens de l’écoute. Ce sont autant d’aspects de ce qu’on appelle se conduire avec humanité. Parmi ces vertus, il y a « le rejet de toutes les violences et de toutes les discriminations ». Personne à l’Ecole ne doit être victime de violence morale ou physique à cause de ses origines ou de ses convictions, ou de violences commises au prétexte de telle ou telle religion. Parce que la laïcité est indissociable de l’égalité (égalité en droit, égale dignité de tous) l’école veille particulièrement aux relations entre les filles et les garçons : la mixité scolaire doit être l’opportunité entre les individus des deux sexes de développer une relation fondée sur le respect mutuel, la considération et l’estime réciproques.

Mise en oeuvre de la politique éducative en faveur de l'égalité (circulaire du 20/01/2015)

Un ensemble d'actions est précisé dans la circulaire :

  • - généraliser la formation initiale et continue de l'ensemble des personnels à l'égalité entre les filles et les garçons à l'École
  • - mobiliser de nouvelles ressources, pour fédérer l'ensemble de la communauté éducative autour d'une ambition partagée et - - - permettre aux enseignants de mettre en œuvre des séquences en classes
  • - renforcer le pilotage académique de la politique en faveur de l'égalité
  • - assurer le suivi et l'évaluation de la politique d'égalité dans la durée

Circulaire:

https://www.education.gouv.fr/bo/15/Hebdo4/MENE1500237C.htm?cid_bo=85395



Les conventions interministérielles

Convention interministérielle (2019-2024), il s'agit de "favoriser la découverte, par les filles et les garçons, de tous les métiers et à faire évoluer les représentations afin que les élèves, les étudiants et étudiantes ne censurent plus leurs aspirations en raison de stéréotypes de sexe qui sont encore attachés à de nombreuses filières professionnelles" (p14)


Il est attendu des différents acteurs de l'éducation nationale qu'ils s'emparent de ces thématiques afin de produire "des effets immédiats sur l'épanouissement et la réussite des élèves et sur le climat scolaire et, bien sûr, des effets de long terme sur le marché de l'emploi, notamment en mat!ère d'égalité professionnelle" (p14).


https://eduscol.education.fr/document/1618/download?attachment


Circulaire sur les référentes et réferents égalité du 3 octobre 2018

Le président Emmanuel Macron a déclaré l'Égalité entre les femmes et les hommes "grande cause nationale" du quinquennat.

Le comité interministériel du 8 mars 2018 a défini les mesures clés pour transmettre et diffuser la culture de l'égalité :

  • Agir auprès de la communauté éducative :
    • Un "référent Égalité" dans chaque établissement scolaire.
    • Formation de l’ensemble de la communauté éducative à la déconstruction des préjugés et à la prévention du harcèlement et des violences sexistes et sexuelles.
  • Agir auprès des parents :
    • Mise à disposition d'outils relatifs à l’égalité filles-garçons, les usages d’Internet et du numérique et la lutte contre le cyber-harcèlement dans la Mallette des parents.
  • Agir auprès des élèves :
    • Instaurer la parité dans les instances représentatives des élèves.
    • Promouvoir la mixité des filières et des métiers, en se fixant des objectifs chiffrés par filière et en utilisant le stage d’orientation de 3e pour faire découvrir des filières peu mixtes.

En novembre 2019, le Grenelle contre les violences conjugales a donné une nouvelle impulsion à cette politique d’égalité, conduisant à la mise en œuvre de mesures fortes :

  • La publication d’un cahier des charges rendant obligatoire l’instauration d’un module "égalité" dans la formation de tous les enseignants et personnels d’éducation. L’instruction a été envoyée aux recteurs, rectrices, directeurs et directrices d’INSPE en janvier 2021, pour une prise en compte de ce référentiel dans les maquettes de formation initiale et continue.
  • Le ministère a élaboré et diffusé un outil favorisant l’engagement des élèves élus des conseils de vie collégienne (CVC) et conseils de vie lycéenne (CVL) sur les questions liées au genre et à l’égalité. Ce guide "Pour l'égalité, mon CVC/CVL s'engage" permet d’animer une séance du CVC/CVL dédiée aux questions d'égalité et de prévention des violences et des discriminations fondées sur le genre.
  • Le MENJS travaille à l’élaboration d’un document unique qui permettra à l’ensemble des personnels de mieux repérer et de signaler des violences intrafamiliales dont les élèves sont victimes.
  • Enfin l’égalité filles-garçons devient un fil rouge de la continuité éducative à l’échelle des territoires et sur des temps clefs de l’éducation à la citoyenneté : SNU, plan mercredi, cités éducatives.

Les référents égalité filles/garçons ont été institués par un courrier du directeur général de l’enseignement scolaire en date du 3 octobre 2018. Le rôle du référent égalité filles/garçons est de « diffuser au quotidien une culture de l’égalité entre les hommes et les femmes, les filles et les garçons, en s’appuyant sur toutes les situations éducatives et pédagogiques ».

La mission principale est de « développer à l’échelle de l’établissement des actions de prévention et d’éducation à l’égalité en direction des élèves ».

Le référentiel de compétences du métier du professorat et de l'éducation

Se mobiliser et mobiliser les élèves contre les stéréotypes et les discriminations de tout ordre, promouvoir l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes


BO:

https://www.education.gouv.fr/bo/13/Hebdo30/MENE1315928A.htm?cid_bo=73066


Une volonté politique

Loi pour l'égalité entre les femmes et les hommes (4 août 2014)

"Parce que les inégalités que connaissent les femmes sont innombrables, cette première loi-cadre pour les droits des femmes était indispensable. Ses mesures constituent un levier formidable pour améliorer le quotidien des femmes. Mais il ne suffit pas de faire voter des lois. Il faut aussi que chaque citoyenne, chaque citoyen, connaisse ses droits et puisse en bénéficier dans la vie de tous les jours."

Une mise en oeuvre inefficiente

Des actions essentiellement concentrées sur l'information

Les actions sont essentiellement concentrées sur l’information comme si « l’absence de filles dans les filières visées provenait essentiellement de leur manque d’informations objectives sur ces secteurs » (Vouillot, 2007, p 98). Les rapports sociaux et de sexe sont complètement occultés et le travail d’information conduit auprès des élèves ne pourra pas contribuer à faire évoluer les problématiques rencontrées au niveau des choix d’orientation des élèves.

« [Des actions présentation STI2D (lycée voisin)]: Ils savent qu'elles existent [les filières]. J’y pense pas forcément. Je me concentre beaucoup sur les filières du lycée. »

Seules les filles sont visées à travers diverses campagnes de promotion de certains métiers et celles-ci « ne font qu’accentuer la saillance des différences de sexe tout en mettant d’emblée de côté les garçons qui, bien évidemment n’ont pas à se sentir concernés par ce problème de filles » (Marro cité par Vouillot.F, 2007). Un rapport du Commissariat général à la stratégie et à la prospective (Naves&Wisnia-Weill, cité par CNESCO, 2018) préconise que « pour monter en mixité, il faudrait obtenir un déplacement des garçons et des filles des métiers traditionnellement occupés par l’autre sexe et non pas seulement une orientation des filles vers de nouveaux métiers ou secteurs ».

Marie Duru-Bellat (Citée par Stevanovic, 2008) explique que les filles choisissent des filières ou spécialités où la possibilité de « concilier » la vie familiale et la vie professionnelle peut paraitre plus facile.

A propos « des métiers de la petite enfance », C.Fontani (2018) constate qu’à la sortie de la classe de 3ème si les filles (85,62%) connaissent les métiers de la petite enfance ils ne sont que 48,25% chez les garçons.


  • Faire vivre aux élèves des expériences: parallaxe 2050, escape games, mini-stages pour faire découvrir les différentes filières (partenariats), ambassadeurs...
  • Ne pas mobiliser que les élèves volontaires sur les différents dispositifs



Manque de confiance des filles vis à vis des mathématiques

Culture familiale

Les travaux de Dumora (citée par Thiault, 2017) nous donnent, aussi, l’occasion de comprendre que les choix effectués par les élèves en termes d’orientation, de choix de lycée ou d’étude post-bac peuvent être influencés par d’autres critères que ceux de la sphère scolaire. Les réseaux sociaux, l’identification à des personnalités de l’entourage sont autant de sources d’inspiration pour les adolescents. Les entretiens ont permis de constater que la très large majorité des acteurs locaux étaient en phase avec ces éléments de réflexion et pensaient bien que les camarades jouaient un rôle important dans les choix d’orientation.

« Oui. Oui, et.. et le choix de lycée surtout, c’est même au-delà de la filière. C’est tu vas dans ce lycée alors j'y vais aussi, peu importe ce que je vais faire mais au moins je serais avec toi. Ça c'est un problème. » (Témoignage)


  • Communication auprès des familles: varier les modalités mais surtout le type d'information: pas que les modalités administratives, faire découvrir de nouveaux métiers, le monde de l'entreprise, partager des vidéos...
  • Témoignage ingénieure




Des politiques d'orientation organisées autour des temps forts "administratifs"

De nombreuses contraintes administratives et une politique de l'orientation centralisée autour d'Affelnet et de Parcoursup

Pour de nombreux acteurs académiques, le côté technique Parcoursup et Affelnet prend énormément de temps, à la fois dans les réponses aux établissements, les réponses aux familles, le suivi

Difficulté pour eux pour trouver le temps d’accompagner les établissements scolaires

La question de l’égalité filles-garçons est rarement détaillée dans les lettres de mission


« Y’ a des jalons qui se posent d’eux-mêmes, c’est les conseils de classe où de toute façon tout le monde s’assoit autour d’une table et on fait un point »

« Au 1er trimestre, c’était de leur laisser le temps justement de s’approprier le lycée simplement, deuxième trimestre […] ils vont être centrés sur leurs choix parce qu’il va falloir remplir les fiches dialogues »

« [Temps accordé à l’orientation genrée] Non, le côté technique Parcoursup et Affelnet prend énormément de temps, à la fois dans les réponses aux établissements, les réponses aux familles, le suivi. »


  • Elaborer un continuum d'actions, activités de la 4ème au post-bac
  • Renforcer la liaison avec les lycées
  • Intégrer une cordée de réussite
  • Construire un tableau de bord avec des données générées

De nombreuses priorités et des niveaux d'interprétation différents

Crozier (cité par Friedberg, 2011, p16) « les individus au travail ne disposent pas seulement d’une main ou d’un cœur, ils sont aussi et surtout une tête, un projet, une liberté ». C’est ainsi que naît la notion de discrétion : « espace d’action où l’acteur peut choisir entre des alternatives, mais dans un milieu de dépendance » (De Terssac, 2012).

Des professeurs principaux, soucieux de garder leur marge de liberté et accaparés par de nombreuses missions

Nouveaux programmes

Présentation du nouveau bac et des nouvelles spécialités

Aspect administratif des procédures d’orientation

L’aspect financier n’est pas un frein à l’engagement des professeurs principaux

Des filles peu sensibilisées au monde de l’entrepreneuriat

Des filles peu sensibilisées aux filières scientifiques (base du volontariat dans de nombreuses actions)

La filière STI2D rarement présentée aux filles des autres lycées


On peut envisager l’action publique du point de vue de ses destinataires et s’attacher en priorité au sens que les acteurs concernés (bénéficiaires et metteurs en œuvre) donnent à leur implication. Ce sont alors les normes secondaires d’application, celles que les acteurs produisent dans leurs interactions, qui retiennent l’attention. Les travaux de Lascoumes et Le Galès (2007) mettent en évidence une multiplicité des normes au sein des organisations contribuant, dans certaines circonstances, à un « éclatement du cadre légal » (Lascoumes, 1990). Ces normes d’application secondaire ou plus précisément ces normes de décision (Lascoumes, 1990) vont jouer un rôle essentiel dans l’interprétation qu’ont les différents acteurs de cette politique autour de l’orientation genrée.


« On a demandé aux établissements de nommer des référents, ça ne parlait pas à grand monde alors certains ont été nommés contre leur gré, d’autres au contraire sont vraiment d’une grande motivation et ont du mal il me semble à impulser quelque chose chez leurs pairs finalement »

« J'empiète sur mon cours et après tout le reste du travail se fait à la maison avec des coups de téléphone, avec des entretiens avec des parents, avec des rencontres avec les élèves. Voilà après c'est en dehors, c’est forcément un suivi qui est en dehors puisque on est obligé d'avancer dans les apprentissages » (Témoignage)

« J'ai deux nouveaux programmes. C'est sûr que si je dois mettre une priorité ce sera sur mes cours et après l'orientation il faut être honnête » (Témoignage)


  • Intégrer le travail d'orientation dans les cours
  • Veiller à dépasser les stéréotypes lors de la présentation des métiers
  • Articuler les différents dispositifs, les missions des référents


Des filles peu sensibilisées au monde de l'entreprise

En lien avec le GRETA, les lycées:

  • Organiser des visites d'entreprises,
  • Témoignages de cheffes d'entreprises, d'ingénieures....

Des ressources