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Cliquez sur les photos pour découvrir ces portraits de femmes et sur l'icone pour découvrir le programme.

Programme

Cloture de la journée
Annonce des résultats
Allocutions de clôture

Ouverture de la journée
Accueil par le chef d'établissement
Allocution de la marraine, Maître Marceline

7h-8h30, Amphithéatre
Maître C. Marceline échange
avec des élèves de terminale.

9h50-10h05, Récréation, tout le lycée

Jeu "Martiniquaises"

11h-12h
Amphithéatre
Plaidoyer d'Aurélie Rétory
Conférence M. UDINO, sociologue
Echanges avec les élèves

Salles 601-602
Mme RANSAY, lieutenant-colonel
chez les pompiers échange
avec les élèves de seconde


13h -14h Bas du batiment 3
« Les femmes en chanson ».
Live de Mme Coquille avec ses élèves.

14h30-16h, Amphithéatre
Conférence : « La place des femmes
dans l’espace public » N. Chonville.

6h45

16h30

Le CDI met les femmes à l’honneur en cette journée du 8 mars autour de la thématique du matrimoine Afro-Caribéen. Venez découvrir avec vos élèves des femmes de la Caraïbe (artistes, auteures…) grâce à la réalité virtuelle et augmentée ! Ils pourront visiter l’exposition à travers deux ateliers, l’un utilisant des tablettes, l’autre les fameux casques oculus.

Attention l’inscription est obligatoire pour faciliter l’organisation. Elle est limitée à des groupes de 10 élèves à chaque fois afin de laisser à chacun.e le temps de maitriser l’outil et de parcourir l’exposition. N’hésitez pas !

11 interventions sur la journée vous permettront d'écouter des citations de femmes célèbres ou des hommages rédigés par des élèves et des collègues.

Nadia Chonville est une autrice martiniquaise, connue particulièrement pour ses romans de fantasy. Docteure en sociologie et professeure d'histoire géographie au Lycée Victor Schoelcher, elle est spécialiste des questions de genre dans les sociétés caribéennes afro-descendantes.

Pour en savoir plus, une interview en ligne :

https://matrimoine.art/artist/nadia-chonville/interview/32/

A la récréation des bulletins de jeu seront remis aux élèves qui souhaitent prendre part à un petit quiz sur les Femmes ayant marqué l'histoire de la Martinique d'hier à aujourd'hui. Des indices leur seront proposés en ligne et dans le lycée.

A la fin de la récréation, une urne recevra les questionnaires qui seront dépouillés avant la remise des prix.

Aurélie Retory est une jeune lycéenne, ancienne élève du lycée de Bellevue. C'est une passionnée de l'art oratoire et elle se décrit comme une féministe convaincue. Elle a ainsi décidé de se présenter à un concours d'éloquence organisé chaque année afin de permettre aux élèves de s'exprimer sur l'actualité. Dans ce cadre, elle a rédigé et présenté un plaidoyer sur la femme autour d'une réflexion sur l'image du poto mitan.

Aurélie anime également tous les mercredi avec sa petite équipe une émission en ligne sur instagram : cogito virus. Emission pour laquelle elle a été nominée aux Lumina TV. A découvrir !

Catherine Marceline en 1969 dans un monde en mutation. Avec une mère avocate reconnue en Martinique, on aurait pu croire que sa voie serait toute tracée vers le droit. Pourtant, elle s’oriente vers la gestion voulant diriger une grande entreprise tournée vers l’international. A l’université Paris-Dauphine, elle passe ainsi une maîtrise de gestion, toutefois avec une spécialité en droit du commerce international.

Après avoir travaillé dans un cabinet parisien d’affaires international spécialisé en litiges relatifs aux exportations d’œuvres d’art. Elle choisit de revenir s’installer en Martinique où elle s’associe avec sa mère. Aujourd’hui, Catherine Marceline met ses talents au service des Martiniquaises et Martiniquais. Avocate elle promeut le règlement amiable des conflits au sein de la CMAM (chambre de médiation et d’arbitrage de la Martinique).

Mais, Maître Marceline a plusieurs cordes à son arc. Parallèlement à ses études, elle a été auditrice à l’Ecole du Louvre. Elle s’est passionnée pour l’histoire et l’archéologie africaines. La jeune femme a ainsi pu rencontrer des professeurs tels que François Raison ou Elikia M’Bolkolo. Forte de cet intérêt pour l’art et l’histoire, Catherine Marceline se lance dans un travail de recherches et de diffusion sur les personnages de la diaspora noire et caribéenne, particulièrement les femmes trop souvent occultées. Elle se passionne ainsi pour les femmes de la famille Nardal. Pour Paulette, elle se bat pour la reconnaissance de son œuvre, son rôle dans l’émergence du mouvement de la Négritude. Le site palettenardalaupantheon.com qu’elle crée vise à ce que cette femme illustre soit accueillie au Panthéon. Mme Marceline rédige une biographaphie de la nièce de Mme Nardal, Christine Eda-Pierre.

C’est là que nait sa passion pour le droit. Elle poursuit donc son cursus avec un DESS de droit du commerce international en préparant parallèlement le CAPA afin de devenir avocate. Elle prête ainsi serment en 1997.

MAITRE CATHERINE MARCELINE


Née à Fort-de-France en 1921, Amélie Plongeur s’éteint en 2016 à 95 ans. Elle débuta sa carrière comme répétitrice en 1940, au Pensionnat Colonial puis fut nommée comme professeure de Mathématiques au lycée de Jeunes filles de la Pointe des Nègres (actuel lycée de Bellevue) dont elle devient la proviseure jusqu’en 1984. Mme Plongeur marqua ainsi de nombreuses générations de Martiniquais - et surtout de Martiniquaises - pour lesquels elle a toujours eu beaucoup d’ambition. Pour cette femme de poigne, brillante, fierté et dignité étaient les maîtres mots.

Si Amélie Plongeur fut réservée sur sa vie intime, elle n’a eu de cesse de témoigner du rôle des Antillais dans la seconde guerre mondiale. Lors d’un séjour à Alger, en 1941, elle rencontra son compagnon le foyalais Gérard Pierre Ros qui devait devenir le chef du réseau de résistance « Fort-de-France », dans les Alpes de Haute-Provence, sous le pseudonyme de Manfred. A ses côtés, Amélie fut témoin de la seconde guerre mondiale, de la mise en place de FFI. Avec lui, elle vécut les horreurs de la guerre quand il fut fusillé en juillet 1944 alors que la France se libérait du joug nazi. Interrogée notamment par la réalisatrice Euzhan Palcy qui réalise alors son film sur la dissidence, elle témoigna de cette expérience.

Très active, elle s’engagea dans le monde associatif toujours à œuvrer pour le rayonnement de la Martinique, transmettant des valeurs de travail, le respect de l’autre ; dénonçant l’assistanat. Forte de ce parcours, elle fut promue chevalier dans l’ordre des Palmes académiques, en 1962, puis officier, en 1971.

AMELIE PLONGEUR

Née en 1958, en Martinique, très jeune Euzhan Palcy rêve de faire du cinéma ; non pas en devenant comédienne mais comme réalisatrice. A 17 ans, elle réalise son premier film, La Messagère. Puis, conseillée et soutenue par ses parents, elle s’envole pour Paris où elle s’inscrit à la Sorbonne tout en suivant les cours de l’école de cinéma Louis-Lumière. En 1983, alors qu’elle a 26 ans, elle crée la surprise et entre dans l’histoire du cinéma. Son film Rue Cases-Nègres, adapté du roman éponyme de J. Zobel est primé 17 fois. En France, elle est la première réalisatrice a remporter un César, puis à Venise elle est la première femme noire à obtenir un Lion d’Argent.

Forte de ce succès, elle peut lancer sa carrière aux Etats-Unis. La CGM produit son deuxième film Une saison blanche et sèche, en 1989 où elle dirige des stars comme Donald Sutherland, Susan Sarandon et surtout Marlon Brando. Dans cette réalisation où elle dénonce l’Apartheid en Afrique du Sud, comme dans d’autres titres de sa filmographie, elle s’engage en faveur des minorités et des droits civiques.

« Aujourd’hui les femmes parlent, dénoncent, ce qu’elles ne faisaient pas avant parce qu’elles avaient honte et n’osaient pas, de peur d’être sanctionnées. Il faut que les femmes dans leurs métiers soient très bien formées pour leur donner de l’assurance. Il faut qu’il y ait davantage de femmes, partout, à tous les postes et surtout à des postes à responsabilités. Ça peut contribuer énormément à changer la donne. »

EUZHAN PALCY

En 2021 Forbes classe Wendie Renard parmi les 40 femmes les plus influentes. En effet, la footballeuse martiniquaise a pratiquement tout gagné à l’exception de la Coupe du Monde. Née en Martinique, en 1990, alors que sa mère travaille dans une école maternelle et que son père est maire de Bellefontaine et décède quand elle a 8 ans, la jeune Wendie se passionne pour le football. Pourtant, dans la famille on joue plutôt au hand. Elle est obligée de jouer dans une équipe mixte, à l’Essor Préchotin, aux côtés et contre des garçons, le sport n’étant pas très pratiqué alors par les filles. A 15 ans, elle intègre le pôle sport étude football du lycée du de la Jetée, au François. Elle y prépare un Bac pro vente.

C’est en 2006 que son rêve se réalise quand elle est recrutée au centre de formation de l’Olympique lyonnais. Il lui faut quitter sa famille, ses amis mais elle s’accroche à son objectif : devenir la meilleure. Avec son 1,87m, formée avec des garçons, elle a de quoi impressionner. L’année suivante, Wendie Renard fait partie du groupe professionnel et dispute ses premières rencontres officielles. Depuis elle accumule les titres de championne de France et compte de nombreuses victoires dans la Ligue des champions. En 2018, elle est nominée pour le premier Ballon d’or féminin, qualifiée de « meilleure défenseuse du monde » par la presse footballistique. Elle raconte sa carrière dans son autobiographie, Mon étoile.

Wendie Renard est en dehors des terrains une jeune femme assez discrète, consciente cependant d’être prise comme modèle par certaines jeunes filles. Si elle s’exprime peu sur ses engagements, il en est un où ses interventions ont été remarquées. Victime d’attaques racistes sur les réseaux sociaux après avoir marqué contre son camp, elle dénonce le racisme ambiant dans le monde du sport. Elle a affiché sa solidarité avec le mouvement Black Lives Matter. Lors d’une finale de Ligue des Champions, elle s’est agenouillée, poing levé vers le ciel pour défendre la cause noire.

WENDY RENARD


"J’ai l’impression que dans le sport féminin en général, tout passe encore par les résultats : on doit toujours toujours toujours prouver, il n’y en a jamais assez. Il faut garder la ligne de conduite, rester concentré, et avoir toujours des résultats, car dès que tu relâches un peu, ça retombe rapidement. Etre reconnue sur ce qu’on fait, je pense qu’on le mérite autant que les autres ! Après, on a de la chance quand même de faire un sport mondialement reconnu, si je prends l’exemple des handballeuses, elles sont encore plus en difficultés que nous."

https://www.elle.fr/Societe/Interviews/Wendie-Renard-capitaine-des-Bleues-Dans-le-sport-feminin-tout-passe-encore-par-les-resultats-3510902

«Il faut dire que l’on n’est pas content mais en utilisant les bonnes manières. Le risque est qu’on se monte les uns contre les autres. Imaginons que je me braque contre les blancs après avoir reçu des critiques racistes ou des cris de singes, c’est moi qui vais être raciste et faire des généralités. Il faut surtout éviter ça et faire en sorte que l’on avance tous ensemble. »

https://www.womensports.fr/le-fabuleux-destin-de-wendie-renard/

Loriane Zacharie voit le jour en 1980 et la petite graine de la musique va vite germer en elle. Dès l’âge de 9 ans, elle s’inscrit dans des concours de chants : en 1989, elle remporte celui de la Chanson créole, à Fort-de-France. Avec son groupe de live « Panch » elle sillonne la Martinique et reprend les tubes de l’époque et quelques standards. Elle évolue ainsi aux côtés de Guy-Marc Vadeleux et d’autres grands noms de la scène locale. Plus tard, alors que la mode est au télé crochet qui font émerger de jeunes talents, elle s’essaie, en Martinique, à Zoukamine Futurstar puis, dans l’hexagone, à la 3e saison de Popstar qui a médiatisé Pokora. Ele y atteint les quarts de finale. Mais les Martiniquais vont vraiment la découvrir quand elle choisit d’écrire ses propres textes et de se lancer en solo. Son premier album explose avec le titre Lumina rendant hommage à cette rebelle de l’insurrection du Sud de 1870 peu connue alors. En 2008, elle obtient le prix SACEM de la révélation de l’année. Depuis, après plusieurs collaborations musicales et un dernier album, Loriane Zacharie s’est imposée sur la scène musicale antillaise par son timbre de voix bien à elle et sa personnalité.

Mais Mme Zacharie est aussi une fervente passionnée de l’histoire, l’histoire notamment de son île la Martinique. Après avoir obtenu un baccalauréat littéraire, elle s’inscrit en classe préparatoire au lycée de Bellevue où elle suit les cours de l’historienne Elisabeth Landi et du géographe Bruno Magallon-Graineau. Ces derniers l’influencent dans ses choix lui insufflant son désir d’enseigner. Après des études à Montpellier puis à Paris, sa maîtrise d’histoire en poche, elle revient en Martinique où elle passe les concours d’enseignement, le CAPES d’histoire géographie et le CAPLP Lettre-Histoire. Elle choisit le premier et enseigne aujourd’hui au collège de Terreville. Loriane Zacharie navigue entre ces deux univers qui s’enrichissent l’un, l’autre y trouvant son épanouissement. Missionnée à la DAAC, elle a également œuvré avec l’association Oliwon Lakarayib à la vulgarisation et la diffusion de l’histoire et de la géographie.

LORIANE ZACHARIE

"En dépit des énormes progrès opérés, nous sommes encore nombreuses à perdre de vue nos réelles ambitions et à les sacrifier sur l’autel des convenances sociales, religieuses ou culturelles. La vie de beaucoup de femmes est encore faite de renoncements successifs qui leurs interdisent de s’épanouir."

https://u-art.fr/2017/03/08/interview-de-loriane-zacharie/

Après avoir obtenu, un baccalauréat scientifique option SVT en 2008, la Martiniquaise s’engage dans des études de médecine puis se réoriente vers une licence de biologie de l’Environnement à l’université des Antilles, en Guadeloupe. Son diplôme en poche, elle s’envole pour Paris où elle s’inscrit à l’université Pierre et Marie Curie. La petite histoire raconte, qu’en raccompagnant sa mère à l’aéroport, pour la rassurer et la convaincre de sa détermination, elle lui assure qu’elle serait un jour lauréate du prix l’Oréal. Chaque année, en effet, la Fondation l’Oréal et l’Unesco pour « les Femmes et la Science récompense de jeunes chercheuses pour leurs travaux. Après avoir obtenue en 2018 une bourse nationale Soroptimist (destinée aux femmes pour le leadership et l’autonomisation des femmes) qui lui a permis de financer l’étude préliminaire sur un type de microalgues (les dinoflagellés) en Guadeloupe, Aurélie réalise sa promesse en devenant l’une des lauréates du prix Jeunes Talents 2020.

Aurélie Boisnoir, en post-doctorat à l’Ifremer, continue son études des microalgues présentes en mer des Caraïbes. Certaines provoquent des intoxications alimentaires (ciguaretta) pouvant développer également des symptômes neurologiques et cardiovasculaires. Elles impactent l’économie des îles de la région (pêche, tourisme, etc). Ces dernières années, avec le réchauffement climatique ces problèmes émergent dans les zones tempérées, en Espagne, par exemple. Son travail a ainsi une portée internationale. Il lui a permis de développer une collaboration avec la NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration) aux Etats-Unis. Pour la jeune femme le succès de la réussite décide en deux mots : croire en soi et travailler.

AURELIE BOISNOIR

Gerty Archimède nait à Morne à l’Eau en Guadeloupe en 1909. Avec son père maire, elle prend rapidement conscience des difficultés de la population guadeloupéenne. Elève brillante, elle s’oriente vers des études de droit même si les contraintes de la vie ne lui facilite pas son parcours. Elle devient ainsi la première femme avocate de Guadeloupe et prend part à des procès phares de l’époque comme celui des 16 de Basse-Pointe. Angéla Davis a qui elle est venu en aide lui rend hommage dans son roman autobiographique.

Surtout Gerty Archimède est la première femme députée guadeloupéenne en 1946 alors que les femmes exercent à peine leur droit de vote. Elle fut également maire de Basse-Terre. Son engagement professionnel et politique auprès des plus défavorisés l’amène dans le monde associatif. Féministe, elle fonde, en 1948, la Fédération Française des Femmes Guadeloupéennes qui devient Union des Femmes Guadeloupéennes en 1958 et collabore avec l’union des femmes de Martinique fondée par Jane Lero.

Gerty Archimède décède en 180 laissant un héritage aux Guadeloupéennes et aux Guadeloupéens pour qui elle s’est battue toute sa vie. N’hésitez pas à regarder la petite vidéo qui résume sa vie.

GERTY ARCHIMEDE

AURELIE NELLA

Aurélie Nella nait en 1985 sans savoir qu’elle serait un jour de 2020 la 4e femme maire de l’histoire politique de la Martinique, et la plus jeune à 35 ans. Inconnue avant les élections territoriales de 2015, Mme Nella a connu depuis une ascension fulgurante. Ainée d’une fratrie de trois enfants, elle est engagée dès son plus jeune âge. Elle aime à dire que ne supportant pas les injustices, elle a choisi de militer pour une société meilleure et pour une autre façon de faire la politique. Ses études de droit, domaine dans lequel elle a préparé une thèse, la prépare peut-être à savoir tracer son chemin dans un monde politique aux tonalités plutôt masculines en Martinique.

Aurélie Nella était 4e sur la liste « Gran sanblé pou ba péyi-a an chans », menée par Alfred Marie-Jeanne. La victoire de ce dernier lui permet d’obtenir un siège à la nouvelle assemblée territoriale en 2015 et d’y faire ses preuves. Elue membre du conseil exécutif de la CTM, elle est chargée de l'enseignement supérieur et de la recherche, ainsi que des affaires juridiques. Puis, proche du député Jean-Philippe Nilor dont elle est l’attachée parlementaire, Aurélie Nella quitte le MIM et devient la vice-présidente du parti Péyi’a. C’est sous cette étiquette qu’elle remporte la victoire lors du second tour des élections municipales de Ducos en 2020.

La Mulâtresse Solitude est un personnage emblématique de l’histoire de la Guadeloupe. Elle aurait participé au soulèvement de mai 1802 contre le rétablissement de l’autorité de Lacrosse, capitaine-général de la Guadeloupe nommé par Napoléon Bonaparte, qui avait été expulsé en octobre 1801 à la suite d’un putsch des officiers de couleur de l’armée. Solitude est faite prisonnière vers le 23 mai 1802, lors de la prise du camp de Palerme à Dolé.

Elle est condamnée à mort et suppliciée le 29 novembre de la même année, le lendemain de son accouchement.

Le peu que l’on sait de la Mulâtresse Solitude provient de quelques lignes de l’ouvrage Histoire de la Guadeloupe, rédigé par Auguste Lacour au milieu du 19e siècle. Son histoire a été reprise et racontée dans le roman La Mulâtresse Solitude d’André Schwarz-Bart.

Solitude est souvent mise en parallèle avec la Martiniquaise Lumina Sophie, elle aussi femme rebelle, arrêtée et condamnée au bagne alors qu’elle était enceinte. Cependant les deux époques sont différentes. Solitude s’inscrit dans la lutte contre le rétablissement de l’esclavage après la 1ere abolition alors que Lumina est née libre, après 1848. Elle s’inscrit dans l’histoire de l’Insurrection du Sud dans une Martinique post-abolition où la misère et les inégalités sont très présentes.

(dessin ©Yann Degruel/ Bd Unesco https://urlz.fr/htRf)

LA MULATRESSE SOLITUDE

Née en 1896 en Martinique, Paulette Nardal était l'aînée d'une famille de sept sœurs qui ont ouvert la voie au mouvement littéraire et politique la Négritude. Fille de Paul Nardal, petit-fils d'esclave affranchi, premier ingénieur noir de l'île et de Louise Achille, une institutrice, elle est avec sa sœur Jane l’une des premières femmes noires inscrites à la Sorbonne. Elle y réalise une recherche sur Harriet Beecher et la Case de l’Oncle Tom.

Si pendant longtemps le rôle de Paulette Nardal et l’importance de ses écrits ont été occultés par la notoriété d’hommes tels que Césaire ou Senghor, aujourd’hui elle est reconnue comme une des actrices de l’émergence d’une « conscience noire » dans l’entre-deux-guerre. Dans son salon de Clamart elle a réuni plusieurs intellectuels noirs comme Marcus Garvey, le couple Césaire ou Senghor. En 1931, la Revue du Monde noir diffuse les idées et analyses de ces militants noirs. Paulette y écrit des articles fondateurs.

Paulette Nardal peut-être aussi comme l’une des premières féministes intersectionnelles en France présentant la situation différenciée entre les hommes et les femmes noirs en France ; les premiers étant mieux insérés socialement car homme par rapport aux deuxièmes. Aussi plus que tout, elle revendiquait la nécessité d’une solidarité raciale. De retour en Martinique, elle fonde le rassemblement féminin afin à la fois d’inciter les Martiniquaises à voter mais aussi pour les aider dans leurs difficultés quotidiennes. Deux rues portent son nom, à Paris et à Clamart. A Fort-de-France, elle est la seule femme dont une place porte le nom.

PAULETTE NARDAL

« Les femmes de couleur vivant seules dans la métropole moins favorisées jusqu’à l’Exposition coloniale que leurs congénères masculins aux faciles succès, ont ressenti bien avant eux le besoin d’une solidarité raciale […] : c’est ainsi qu’elles se sont éveillées à la conscience de race. […] Après s’être docilement mises à l’école de leurs modèles blancs, peut-être sont-elles passées, comme leurs frères noirs américains, par une période de révolte. […] Au cours de leur évolution, leur curiosité intellectuelle s’est tournée vers l’histoire de leur race et de leurs pays respectifs. C’est ainsi qu’elles ont été amenées à déplorer l’absence de cette intéressante matière dans les programmes d’enseignement appliqués aux Antilles [et] elles se sont mises à l’étude. »

Paulette Nardal, « Éveil de la Conscience de Race », in La Revue du monde noir. 1931-1932

Malgré sa courte vie – elle nait en 1915 et meurt prématurément à l’âge de 50 ans-, Suzanne Roussi Césaire aura su se montrer engagée et laisser un héritage qui émerge depuis quelques années. Fille d'un pharmacien et d'une institutrice, elle intègre l'École Normale Supérieure à Paris, en 1936. Pendant ses études, elle rencontre Aimé Césaire qu’elle épouse. Habituée des rencontres du salon de Clamart des sœurs Nardal, elle se nourrit des échanges avec les intellectuels noirs.

Professeure, Suzanne Roussi Césaire, longtemps occultée par son époux, fut l’une des pionnières de l’écriture féminine aux Antilles, comme son amie Paulette Nardal. Elle participe ainsi à la rédaction de la revue de l’Etudiant Noir créée en 1935. Puis, de retour en Martinique, en 1941, Suzanne fonde avec Aimé Césaire, Lucie Thésée, René Ménil, et d’autres, la revue Tropiques. Elle y rédigea sept articles qui exprimèrent sa prise de conscience du processus d’aliénation culturelle dont elle avait été victime et plus largement les Martiniquais. Dans un contexte, où la Martinique était soumise au Régime pétainiste sous la houlette de l’Amiral Robert, elle a tenté de dénoncer le colonialisme malgré la censure. On connait moins ses pièces de théâtre – Youma ou l’aurore de la liberté – dont on n’a pas gardé traces. Si ses six enfants freinèrent peut-être la densité de son œuvre, elle sut concilier ses rôles d’épouse, de mère, d’enseignante et d’intellectuelle. Jusqu’en 1963 quand Suzanne se sépare d’Aimé Césaire avant de mourir trois ans plus tard.

SUZANNE ROUSSI CESAIRE

« le Martiniquais a échoué parce que, méconnaissant sa nature profonde, il essaie de vivre d’une vie qui ne lui est pas propre. » « […] ne SAIT pas véritablement qu’il imite. Il ignore sa véritable nature, qui n’en existe pas moins. » Suzanne Césaire, « Malaise d’une civilisation », Tropiques n°5, avril 1942, in Le Grand camouflage