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CHEMINS DES TOILES 2022 - 8e édition en Pays de Savoie

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Découvrez les sept films de la sélection principale

Blocus

Ici, je vais pas mourir

Léo

Les délivrés

Silent Voice

Soy Libre

Zinder

BLOCUS

Réalisation : Hakob Melkonyan Leitmotiv production

Chinari, un village arménien. Depuis trente ans, ses habitants tentent de survivre à la guerre à la frontière entre les Azéris et les Arméniens et aux conditions difficiles imposées par une situation de blocus. À travers le quotidien d'une famille arménienne, ce film nous plonge au cœur de ce conflit oublié.

(Leitmotiv Production) Film sous-titré

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Présentation de Hakob Melkonyan

Chemins des Toiles 2022

Hakob Melkonyan est réalisateur, metteur en scène et scénariste, né en 1984 en Arménie il quitte son pays en 2009 pour vivre entre la France et l’Arménie.

Ses études à l’Université Cinéma et Théâtre d’Erevan (2001-2005) puis à l’Université de Cinéma et Télévision de Munich (2006-2008) lui ont donné une distance nécessaire avec l’histoire de son pays vers laquelle il se sent prêt aujourd’hui de retourner.

En 2010, il a participé avec son projet de court-métrage « Le Mur blanc » à un atelier d’écriture GREC (Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques créé en 1969 par Jean Rouch (cinéaste), Pierre Braunberger et Anatole Dauman (producteurs)) qui aide à produire des premiers courts métrages. Il y a eu pour formateur la directrice de la photographie et réalisatrice française Caroline Champetier (Margarethe Von Trotta, Amos Gitaï, Barbet Schroeder, Jean-Luc Godard, Léos Carax, Chantal Akerman…)

En 2015 il écrit et réalise son premier long-métrage documentaire « L’Arbre », sur le Génocide arménien. Il s’agit d’une coproduction arménienne, française et turque. Le film est projeté dans sept pays et reçoit en 2016 le Grand Prix du Festival Vues Du Monde de Montréal.

En 2020 il écrit et réalise son deuxième long-métrage documentaire « Blocus », sur un village arménien. Depuis trente ans, ses habitants tentent de survivre à la guerre à la frontière entre les Azéris et les Arméniens. Il s’agit d’une coproduction franco-arménienne Leitmotiv Production, Lyon Capitale TV et Hayk Documentary Film Studio. Ce film a été développé lors de la résidence d’écriture Eurasiadoc de Docmonde en 2018 et réalisé dans le cadre de la collection Lumière d’Eurasie de l’association Lumière du monde.



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Le réalisateur habite Limoges


Durée du film 85mn, 2020

Formats de fichier disponible :

DCP

DVD

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Supports disponibles :

DCP

DVD

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Les délivrés

Réalisation : Thomas Grandrémy Tonnerre de l'ouest

« Damien, Clément et les autres sont coursiers à vélo. Ils livrent des repas pour des sociétés comme Uber Eats et Deliveroo. D’abord séduits par la flexibilité de ces nouveaux jobs, ils ont vite déchanté en découvrant les conditions de travail imposées par ces plateformes. Alors, pour tenter d’échapper à l’aliénation des algorithmes, des coursiers décident de faire bloc. La plupart n’ont jamais manifesté, cette lutte sociale les éveille politiquement, les faits grandir et les amène à prendre position dans une société en tension permanente. Entre luttes et alternatives, ils tentent tous à leur façon d’inverser le rapport de force contre ces multinationales à la croissance exponentielle. » (Tonnerre de l'ouest)



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Présentation du réalisateur Thomas Grandrémy
Chemins des Toiles 2022


Né en 1990, Thomas grandit en région nantaise. Après l'obtention d'un BTS Audiovisuel à Rouen en 2010, il s’installe à Paris et travaille comme chef monteur sur différents formats, du court-métrage fiction à la publicité en passant par le documentaire audiovisuel.

En 2012, il rejoint le collectif Sourdoreille Production et entame une transition vers la réalisation en signant plusieurs clips musicaux et quelques courts-métrages documentaires.

En revenant à Nantes en 2018, il se lance dans un premier documentaire audiovisuel en tant que réalisateur autour du combat des livreurs des plateformes. Un sujet brûlant convoquant de nombreuses thématiques sur lesquelles se penche le réalisateur : les luttes sociales, l’engagement politique, la précarité ou encore les expériences alternatives et collectives.


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Le réalisateur habite Nantes


Durée du film 53 mn, 2020

Formats de fichier disponible :

DCP

MP4

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Léo

Réalisation : Sebastiano d'Ayala Valva Kanari films

Comment peut-on, au 21ème siècle, parler de la Shoah ? Peut-elle encore résonner chez les nouvelles générations? Alors que les derniers témoins disparaissent, les lieux de mémoire et les livres d’Histoire finiront-ils par devenir les seuls dépositaires de ce passé ? Le temps d’une année scolaire, le film accompagne des élèves de 3ème qui, avec leur professeur, participent au projet « Convoi 77 » en menant une véritable enquête pour reconstruire la vie d’un déporté du dernier grand convoi parti de Drancy pour Auschwitz.

Caroline, Sarah, Mory, Mauricio, Salomé et Guillaume sont des adolescents partagés entre leur héritage familial et l’émergence de leur propre regard sur le monde. Entre indifférence et prise de conscience, détachement et émotion, l’histoire du génocide des juifs commence à entrer en résonance de manière inattendue lorsque des liens se tissent avec leur propre histoire.


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Présentation de Sébastiano d'Ayala Valva
Chemins des Toiles 2022


Réalisateur de documentaire, Sebastiano d’Ayala Valva est né à Londres en 1978 de père italien et de mère anglaise. Il vit actuellement à Paris où il a obtenu le diplôme de l’Institut d’études politiques en 2003. Il a ensuite pris part à la production de courts métrages et de documentaires. Les travestis pleurent aussi (2006), son premier film documentaire sera suivi de Angel (2012) : Meilleur film contre la discrimination au Festival Divergenti puis Adapté(s) (2012), Taulé la nuit s’efface (2015), Performants Autrements (2016) et le Premier mouvement immobile (2018). (SCAM)

Son objectif principale est de soulever des questions plutôt que de trouver des réponses. A chaque réponse il y a encore plus de questions qui s'ouvrent à lui. L'envie de faire un film arrive de manière très simple quand il est touché par quelque chose, par une rencontre qu'il fait, une réalité qu'il trouve et une réel envie de partager une émotion, un ressenti.

Pour Sébastiano, un film nait de cette sensation d'avoir trouvé quelque chose ou quelqu'un qui le touche profondément.

(texte écrit à partir d'un interview de Sabine Lange à propos de "Le premier mouvement de l'immobile")


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Le réalisateur habite Paris


Durée du film 70 mn, 2020

Formats de fichier disponible :

DVD

MP4

Ici , je vais pas mourir

Réalisation : Cécile Dumas et Edie Laconi Look at Sciences

Une salle de consommation de drogue à moindre risque a ouvert à Paris. Beaucoup ne font qu’y passer, certains s’y arrêtent. Parmi eux il y a Marco, Cilo, Julie, Hervé... qui la fréquentent quotidiennement. Halte hors de la violence de la vie dans la rue, ils viennent ici pour s’injecter loin des regards mais aussi se reposer, soigner leur corps, retrouver un peu de dignité et d’humanité.
(Look at Sciences)

Dossier de presse

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Découvrez les réalisateurs

Présentation de Cécile Dumas

Chemins des Toiles 2022

Présentation de Edie Laconi

Chemins des Toiles 2022

Auteure de documentaires et journaliste à Look at Sciences, après avoir travaillé à Radio France et Sciences et Avenir. "Ici je vais pas mourir" est sa première réalisation.

Filmographie auteure :

- Les cobayes du cosmos, confidences d'astronautes, réalisation Jean-Christophe Ribot, 2018. Sélection Pariscience 2018.

- L'odyssée Rosetta, 900 jours sur une comète, réalisation Jean-Christophe Ribot, 2017. Prix du public, Festival A nous de voir 2018.

- Les nouveaux secrets de notre hérédité, réalisation Laurence Serfaty, 2015. Trophée d'argent, Festival du film de sciences de la Réunion.


Auteur-réalisateur de plusieurs documentaires. Cadreur et assistant réalisateur.

Filmographie :

- Champ de batailles, 2016, Festival Cinéma du réel 2017, Festival du film d'éducation d'Evreux 2017.

- Les nuits de la Préfecture, co-réalisé avec Manuela Frésil, 2011.

- Les petites mains, 2009. Prix de la création, Festival Filmer le Travail 2009.

- L’Esquimaude, portrait de Perrine, une ado trisomique, qui quitte le collège pour entrer dans un IME, 2007.

- Les perdants n'écrivent pas l'Histoire, mémoires de la Guerre d'Espagne, co-réalisé avec Frédéric Fichefet, 2002.

Assistant réalisateur :

-Intimes violences, de Stéphane Mercurio

-A l'ombre de la République, de Stéphane Mercurio --Entrée du personnel, de Manuela Frésil...





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Les réalisateurs habitent Paris


Durée du film 70 mn, 2020

Formats de fichier disponible :

DCP

MP4

SILENT VOICE

Réalisation : Reka Valerik Dublin films

Jeune espoir du MMA, Khavaj a fui la Tchétchénie pour Bruxelles lorsque son frère a découvert son homosexualité et promis de le tuer, sous les persécutions du régime de Kadyrov. Arrivé à Bruxelles, et devenu mutique face au choc de l’exil, le seul lien que Khavaj garde avec la Tchétchénie sont les messages vocaux que lui envoie sa mère. Le film dépeint les premiers mois de Khavaj en Belgique où, en vivant dans l’anonymat le plus total pour échapper à la diaspora tchétchène, il va tenter de construire une nouvelle identité.
(Dublinfilms) Film sous-titré

Découvrez lE RéAlisateur

Le réalisateur est Tchéchène et vit en Europe mais pour des raisons de sécurité nous ne pouvons divulguer son identité.

Le film a été présenté dans de nombreux Festivals en France et à l'international, il a été primé de nombreuses fois.


Silent Voice explore la façon dont Khavaj voit sa vie lui échapper.

Le film est viscéral, filmé de l'intérieur, au plus profond de ce que veut dire être tchétchène. La caméra est peau contre peau avec Khavaj, elle saisit ses souffrances, son intimité et ses peurs - la douleur d'être réduit à l'exil.

(Dublin films)



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Durée du film 51mn, 2020


Formats de fichier disponible :

DCP

DVD

Fichier HD

Blu-ray

Dossier de presse

photos

SOY LIBRE

Réalisation : Laure Portier Les Alchimistes

Arnaud, c'est mon petit frère. Un jour, je me suis rendu compte qu'il était déjà grand. Il est né là où on ne choisit pas, et cherche ce qui aurait dû être. Libre.

(Les Alchimistes)


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Présentation de Laure Portier
Chemins des Toiles 2022

Laure Portier est née en 1983 dans les Deux-Sèvres.
Après une licence en Lettre Moderne à Toulouse et une année à L'ESAV, elle intègre l'INSAS à Bruxelles en section Image.
Diplomée elle devient assistante caméra et accompagne des longs métrages de fiction. En 2019, elle présente son premier court-métrage, "Dans l'oeil du chien", lauréat du Prix court-métrage au festival du Cinéma du Réél.
SOY LIBRE est son premier long-métrage.

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La réalisatrice habite Paris


Durée du film 78mn, 2021

Formats de fichier disponible :

DCP

MP4

Dossier de presse

Photos

ZINDER

Réalisation : Aïcha Macky Andana films

A Kara-Kara, quartier marginalisé de Zinder au Niger, historiquement celui des lépreux, règne une culture de la violence entre gangs. Certains jeunes tentent de s’en sortir, fonder une famille parfois et s’offrir un avenir autre que celui de la prison. Aicha, originaire de Zinder, filme au plus près leur quotidien partagé entre leur gang, la famille, la débrouille et cette volonté de sortir du cycle de violence dans laquelle ils se sont construits.

(AndanaFilms) Film sous-titré

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Présentation Aïcha Macky
Chemins des Toiles 2022


Née dans un quartier populaire de la ville de Zinder en 1982, Aïcha Macky est une cinéaste et activiste. Formée à la sociologie, elle s’est ensuite tournée vers le documentaire. Elle obtient un master en cinéma documentaire à l’université de Gaston Berger/Saint Louis/Sénégal, où elle réalise 2 courts-métrages « Moi et ma maigreur » et « Savoir faire le lit » qui abordent la thématique du corps et de la sexualité. En 2016, elle achève le multi-primé

« l’arbre sans fruits » (coproduction les films du balibari/Maggia Images) qui aborde la délicate question de l’infertilité et diffusé dans le monde entier. En 2017, elle fonde sa propre société de production, basée à Niamey.

En parallèle de sa carrière de cinéaste, Aïcha est une citoyenne engagée. Elle est formatrice des formateurs en cinéma mobile qui est une composante du programme de l’USAID, PDEVII (Paix à travers le Développement) et SFCG
(Search for Common Ground). Elle encadre des jeunes sur des techniques de facilitation des débats autour de courts-métrages réalisés sur des conflits réels ciblés dans des régions du Niger qui ont des frontières avec des pays voisins. Ces films traite de la résilience communautaire et de l’extrémisme violent. Elle a été promus Chevalier des Arts et des Lettres de la République Française et Chevalier des Palmes Académiques du Niger pour la qualité de ses œuvres artistiques. (Andana Films)



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La réalisatrice vient de Paris


Durée du film 82 mn, 2021

Formats de fichier disponible :

DCP

MP4

Apple PRORES

Dossier de presse

Photos


les 10 films de la sélection complementaire

Pour cette édition 2021 de Chemins des toiles, Savoie-biblio vous propose sélection de 10 films à projeter dans vos bibliothèques.

Ces films sont achetés avec des droits de représentation publique, c’est-à-dire qu’ils peuvent être projetés en public, à titre gratuit. Les DVD des films sont acquis par Savoie-biblio auprès du CNC (Centre national du Cinéma et de l’image animée).

Pour chaque film de la sélection complémentaire, vous trouverez la durée de l’œuvre, un résumé, ainsi que les thèmes abordés.


Les films peuvent être visionnés intégralement, pendant une période donnée. Nous contacter si vous souhaitez participer à "Chemins des Toiles"


À vous de faire votre choix parmi ces films pour proposer à votre public un mois du film documentaire riche en émotions !

  • Ahlan wa Sahlan

Ahlan wa Sahlan


Réalisation : Lucas Vernier

Production : L'Atelier documentaire, Kanaldude

Participation : CNC, Région Nouvelle Aquitaine, Procirep, Angoa, Scam


2020, 1h35, sous-titré


Thèmes : histoire, exil, intime, amitié.



Entre 2009 et 2011, Lucas Vernier filme la Syrie sur les traces de son grand-père Bernard, officier méhariste au temps du mandat français. De 1928 à 1931, ce militaire a consigné son lien intime avec la terre syrienne dans un ouvrage intitulé Qédar. Le réalisateur enquête pour retrouver les descendants des bédouins avec qui Bernard s'est lié d'amitié. Télescopé par la guerre civile, le tournage s'interrompt brusquement, pour reprendre quelques années plus tard, cette fois à la recherche des personnes qui l'ont accueilli, à présent dispersées en Turquie, en Jordanie ou en Angleterre.


Composé de bédouins, le peloton d’un officier méhariste sillonnait le désert à dos de dromadaires à la rencontre des chefs tribaux pour assurer la sécurité des puits et des caravanes, cartographier, surveiller, informer. Anticolonialiste, Bernard fut finalement rapatrié en France. Avec en main de nombreuses photographies prises par son aïeul, Lucas Vernier filme au fil de ses rencontres. Dans des paysages arides, invité par des familles de bédouins, il capte souvenirs et témoignages, faisant se juxtaposer la Syrie contemporaine avec celle des années 1930. À Palmyre, il tisse des liens forts avec un jeune guide, puis là encore avec des descendants de méharistes ainsi qu'un photographe dont le studio accumule les archives de la vie locale. Mais la révolution qui s’est transformée en guerre civile par la répression destructrice de Bachar al-Assad balaye ce premier tournage. Le réalisateur a enregistré sans le savoir ce qui va disparaître, ce qui va à son tour devenir des archives, dans la lignée mémorielle de celles du grand-père. Dès lors, l'enquête se mue en recherche tragique de survivants, ceux qui lui avaient ouvert généreusement leur porte et qui ont pu échapper aux massacres par l'exil.


(Robin Miranda das Neves)

(Source : Images de la Culture, CNC)


  • Poireau perpétuel (Le)

Poireau perpétuel (Le)


Réalisation : Zoé Chantre

Production: Les Films de l'Astrophore, Notte tempo Films, Z. Chantre

Participation : CNC, Scam, Région Normandie


2021, 1h22


Thèmes : famille, journal intime, animal



Débutant et se clôturant un 5 mars, jour de l’anniversaire de sa mère, ce journal au long cours filmé entre 2015 et 2019 déplie les réflexions et pensées de sa réalisatrice, Zoé Chantre. L’on y aborde, dans un bricolage aussi inventif que poétique et aussi émouvant que drolatique la peur de la mort, l’omniprésence de la maladie, le désir d’enfant, ou, encore, le choix "d’orienter le destin de [sa] mort".


Il y a des films dont on peine à circonscrire précisément le sujet. Parce que celui-ci s’excède en permanence, se diffracte, se sédimente. C’est le cas du Poireau perpétuel – dont l’intitulé cocasse renvoie à un rêve raconté par la mère de la réalisatrice. À part le fameux légume, l’on y croise aussi des fourmis, des œufs, un poussin, des dessins griffonnés au stylo bille sur un cahier d’écolier, comme une foule d’autres inventions. Avec son recours à de l’animation rudimentaire, avec sa bande sonore singulière, avec sa manière empreinte de délicatesse de regarder l’infiniment petit, ce film aborde avec une gaieté non dénuée de gravité tous les sujets, ceux qui font une vie. Ceux qui la fragilisent, la mettent en péril aussi, comme ici la tumeur et la scoliose de la réalisatrice ainsi que le cancer de sa mère. C’est avec le temps, celui de la vie et du cinéma, que s’élabore donc Le Poireau perpétuel. Dans ces mises en récit agrégeant des questions existentielles et des réflexions philosophiques, la simplicité formelle et l’humour n’oblitèrent pas la profondeur de champ. Si Zoé Chantre avance que, "la vie, il faudrait qu’on lui fasse des enfants pour la perpétuer", c’est par le cinéma que la réalisatrice sublime les grands et petits heurts du quotidien.

(Caroline Châtelet)

(Source : Images de la Culture, CNC)



  • Renault 12

Renault 12


Réalisation : Mohamed El Khatib

Production : Les Films d'Ici, Les Films d'Ici Méditerranée, Arte France, Collectif Zirlib, Dérives, RTBF, Waq Waq Studio, TV2M Maroc

Participation : CNC, Fonds Images de la diversité Centre du cinéma et de l'audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Ciclic-Région Centre-Val de Loire, Scam, Région Occitanie


2018, 1h20, sous-titré


Thèmes : famille, immigration, véhicule, deuil, road movie



Avec 71 000 kilomètres au compteur, la vieille mais rutilante Renault 12 familiale conduite par Mohamed El Khatib va prendre les routes de France et d’Espagne, direction le Maroc. Après le décès de sa mère, dont il doit régler l'héritage dans les montages du Rif, près de Tanger, son oncle lui a demandé expressément de venir avec le véhicule convoité. Essai cinématographique à partir de matériau biographique, le road-movie va dérouler journal intime et rencontres inattendues.


Tout au long de la route, la voiture de 1973 attire les regards, de quoi provoquer quelques discussions avec des passionnés. Tout le voyage est ponctué de courtes vidéos, dans la chambre d’hôpital où le cinéaste a filmé les derniers échanges avec sa mère ou encore de la cérémonie funéraire au Maroc. Mohamed Et Khatib, également dramaturge et metteur en scène, filme ses états d'âme et livre son propre parcours du deuil. Ses envies de cinéma se heurtent aux opinions de sa famille, et notamment à la réaction véhémente de sa grande sœur : "Il faut que tu arrêtes de faire ta carrière sur le dos de la mort de notre mère." Son voyage l’amènera à découvrir ce qui se cache sur le terrain dont il devait hériter et à observer une étrange procession de Renault 12 dans les montagnes marocaines. Pourquoi son oncle Mustafa tenait-il absolument à ce qu’il vienne depuis Orléans avec cette voiture ?


(Romain Hecquet)

(Source : Images de la Culture, CNC)


  • Mon nom est clitoris

Mon nom est clitoris


Réalisation : Daphné Leblond, Lisa Billuart-Monet

Production : Iota Production, Pivonka, VOO-BETV, CBA

Participation : Centre du cinéma et de l'audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Tax Shelter du gouvernement fédéral de Belgique, Casa Kafka Picture

2019, 1h18


Thèmes : société, corps humain, égalité femme homme



Avec son titre un brin humoristique, le film de Daphné Leblond et Lisa Billuart-Monet entremêle les témoignages de douze jeunes femmes de 20 à 25 ans sur leur rapport au sexe, comme à leur sexe. Les deux jeunes réalisatrices invitent à dépasser les tabous et contraintes systémiques entourant une sexualité féminine encore trop sous l'emprise du male gaze, soit du regard masculin.


Filmées pour la plupart dans leurs chambres, les interviewées, seules ou à deux, tentent chacune pour commencer de dessiner un clitoris. Plus éloquent que nombre de discours, leur difficulté à (se) le représenter souligne l'occultation dont l'organe – le seul du corps humain dédié uniquement au plaisir – fait l'objet. Si cette omission volontaire est symptomatique d'une éducation sexuelle, familiale ou scolaire, centrée sur le plaisir et les besoins masculins, c'est bien à cette méconnaissance que s'attaque le film. En évoquant la première expérience sexuelle, la masturbation, l'orgasme, le porno, l'épilation, ou encore les discussions sur le sexe avec les parents, d'autres adultes ou entre amis, Daphné Leblond et Lisa Billuart-Monet entendent se ressaisir d'une parole. Empreint de fraîcheur, de vitalité et d'humour – notamment dans sa manière de revisiter des archives télévisuelles – ce film dans lequel réalisatrices et interviewées sont sur un pied d'égalité se fonde sur la nécessité de faire évoluer les mentalités, par la libération de la parole, comme par la connaissance de son propre corps.


(Caroline Châtelet)

(Source : Images de la Culture, CNC)


  • Formulaire (Le)


Formulaire (Le)


Réalisation : Filip Flatau

Production : Zadig Productions

Participation : CNC, France télévision


2020, 53 min


Thèmes : histoire, pologne



Filip Flatau n'a appris qu'à l'adolescence qu'il était d'une famille juive. Aujourd'hui, vingt ans après, les informations délivrées par sa mère Joanna, peintre à Paris, sont toujours parcellaires, entre oubli et refus d'en parler. Née en Pologne de parents communistes, elle a été évacuée à l'âge de 3 ans du ghetto de Varsovie dans une benne à ordures, pour être cachée dans une famille à la campagne. Tout le reste est tombé dans le néant. Encourageant sa mère à remplir "le formulaire" afin que la famille d'accueil polonaise puisse recevoir un jour la distinction de "Justes parmi les nations", Filip l'entraîne dans une enquête où l'histoire familiale refait enfin surface.

Joanna, septuagénaire vive d’esprit, drôle, pudique et réticente à toute enquête, refuse de remplir ce formulaire qui va l'obliger à fouiller dans son passé, elle qui rechigne même à donner sa date de naissance. Deux ou trois photos d'époque du village de Lublaszow vont changer la donne, surtout quand Filip retrouve sur Internet la maison où Joanna a passé trois ans sous une fausse identité. Hameçonnée par la trouvaille qui donne soudain couleurs et réalité aux vieilles photos noir et blanc, Joanna ne se fait plus prier pour mener l'enquête, et mère et fils partent en Pologne. Au fil d’émouvantes retrouvailles et de nombreuses autres photos noir et blanc, les souvenirs affleurent ; Joanna va reconstruire le récit occulté, remettre des noms sur des visages et même retrouver l'envie de se raconter. Si les parents qui l’ont recueillie sont morts depuis longtemps, leur fils fait aujourd'hui le lien avec entrain ; mais c'est surtout Janeczka, adolescente en 1942, sa grande amie de ces années en parenthèse, qu'elle revoit avec émotion. Les deux vieilles dames s’embrassent. Joanna sourit, enfin paisible : “Tout est clair maintenant.” Le formulaire est en bonne voie.

(Noé Vidal-Giraud)

(Source : Images de la Culture, CNC)


  • A la vie

A la vie

Réalisation : Aude Pépin

Production : Bootstrap Label, Tandem

Participation : CNC, Fonds Images de la diversité (ANCT), Région Ile-de-France, Ciclic-Région Centre-Val de Loire, Scam, Périphérie

2020, 1h21


Thèmes : société, sage-femme



Brossant le portrait de Chantal Birman, figure majeure des combats féministes dès les années 1970 – et l’une des trois sages-femmes à avoir pratiqué des avortements clandestins –

À la vie rappelle le rôle essentiel de ce métier. Dans une société hyper médicalisée où "l’organisation de la santé répond de plus en plus à un but économique et de moins en moins à un but de santé publique", Chantal Birman défend la nécessité d’aider chaque femme à "avancer pour aller vers la liberté".


C’est un film d’apparence simple, en cinéma direct. L’on y suit Chantal Birman au quotidien, dans les derniers mois de sa pratique avant la retraite. L’on entre avec elle dans des appartements de Paris et de sa banlieue pour rencontrer des mères, parfois avec leur conjoint, dans les premiers jours suivant la naissance de leur enfant. Écoutant les inquiétudes et les doutes, prodiguant ses conseils, interrogeant ses interlocuteurs, elle rassure, redonne confiance, aide chacune à prendre les décisions les meilleures. Ponctué de trajets en voiture, entrecoupé d’autres séquences – un dîner avec ses amies et collègues, une intervention auprès de futures sages-femmes, le partage de son expérience avec une jeune stagiaire – l’ensemble excède le seul portrait. À la vie révèle avec puissance le "paysage" de l’accouchement, soit les difficultés et les souffrances liées au post-partum, comme la solitude ressentie face à la trop faible prise en compte de celles-ci dans les dispositifs médicaux. Et l’importance pour les sages-femmes de continuer la lutte pour les femmes.

(Caroline Châtelet)

(Source : Images de la Culture, CNC)


  • Ne pas nous déranger, nous sommes en séance


Ne pas nous déranger, nous sommes en séance


Réalisation : Simon P.R. Bewick

Production : Quilombo Films, Téléssonne

Participation : CNC


2020, 54 min


Thèmes : société, enfance, psychologie



Dans une école primaire en banlieue parisienne, Josiane, enseignante spécialisée, reçoit dans son bureau les gamins pour qui l’école est un casse-tête. En suivant plus particulièrement quatre ou cinq enfants sur une année scolaire, Simon P.R. Bewick rend compte des différentes facettes du travail de Josiane, mais aussi de la finesse dont elle fait preuve au contact des jeunes… et de leurs parents. On découvre ainsi l’émouvante relation de confiance qu'elle noue avec eux, pour se faire leur alliée face à la dureté de l’école.


Son travail tient déjà pour une bonne part de la professeure particulière, qui prend le temps d’expliquer en tête à tête ce qui est allé trop vite en classe. Elle reçoit le petit Dylan, bouille d’ange du haut de ses 6 ans, et ouvre avec lui des livres qui le changent de Batman - pour lequel il avoue sans fard un intérêt très vif. Mais Josiane n’est pas là seulement pour des cours particuliers : psychologue, elle est à l'écoute de ces jeunes gens qui souffrent d’un cruel manque de confiance en eux. Ainsi, la jeune Yasmina refuse d’admettre qu’elle sait lire : “Mais tu ne serais pas passé en CE1 si tu ne savais pas lire !” lui rétorque Josiane, et Yasmina relève doucement le menton, un peu rassurée. À ces enfants qui ont douloureusement conscience d’être classés par leurs notes et jugés par leurs pairs, s'ajoutent les parents que Josiane reçoit aussi, des parents qui se tordent les mains désolés de voir leurs enfants peiner en classe, un peu gênés d’être eux-mêmes remis en question. Et puis il y a Donovan, qui crève l'écran du début à la fin du film. “Tu n’attends que ça, qu’on te comprenne. Tu le hurles partout !” dit Josiane dans un éclat de rire. Alors bien sûr, Donovan s’attache à elle, au point de vouloir garder contact même s’il change d’école...


(Noé Vidal-Giraud)

(Source : Images de la Culture, CNC)




  • Terre du milieu (La)


Terre du milieu (La)


Réalisation : Juliette Guignard

Production : Les Films du Bilboquet

Participation : NC, Région Nouvelle Aquitaine, France Télévisions, ministère de la Culture (DGP), Procirep, Angoa, Périphérie, Scam, Sacem


2020, 56 min


Thèmes : société, animal, rural, famille, agriculture biologique


Camille, jeune cheffe d'exploitation dans la Creuse, élève seule ses trois enfants et fait face avec douceur et lucidité aux dures conditions de l'agriculture alternative. Sur ses trois hectares, avec le cheval Apollon, ses brebis et son chien, elle résiste aux normes agricoles qui contrôlent sa production. Comment continuer à prendre soin de ses plantes, de ses animaux, de ses terres, de ses enfants, quand on vit sur un RSA et que les subventions se raréfient ? Pour Camille, le savoir-faire artisanal est plus important que le rendement imposé par les lois du marché.


"On est dans un monde qui va se finir, dit Camille assise dans sa serre en déplorant l'usage malgré tout du plastique, et c'est important de montrer à nos enfants qu'ils ne vivront pas comme nous." Arthur, qui va rentrer au collège et couper ses longs cheveux blonds, et sa grande soeur Maïwen sont déjà bien sensibilisés au dérèglement climatique dans le sillage d'une Greta Thunberg qu'ils citent. Même si Camille fait tout pour que ses enfants soient épargnés par certaines normes imposées par l’école, elle sait que la technologie va s’inviter à la maison. Quant aux bêtes, il va falloir les pucer si elle souhaite bénéficier d’aides de l’Etat. Mais Camille ne cèdera pas. Malgré les injonctions aux nouvelles technologies, malgré la précarité, Camille maintient son choix : celui de la nature, dont elle fait sa priorité. Avec La Terre du milieu, Juliette Guignard nous livre bien plus qu’un portrait : l'environnement solaire d’une femme aux convictions fortes, qui se déplie dans une succession de plans où la nature est reine.


(Mélanie Simon-Franza)

(Source : Images de la Culture, CNC)

  • Tilo Koto

Tilo Koto


Réalisation : Sophie Bachelier, Valérie Malek

Production : Damu et d'eau fraîche Production, 3B Productions

Participation : CNC, région Normandie, Pôle Image Haute-Normandie, Procirep, Angoa


2020, 66 min, sous-titré


Thèmes : racisme, Sénégal, peinture, violence, jeunesse, émigration



En Tunisie, au Centre d'accueil des migrants vulnérables de Médenine, puis au Sénégal de retour chez lui, on suit Yancouba, artiste peintre, qui a tenté plusieurs fois de rejoindre l'Europe par la mer. Ses expériences dramatiques à travers l'Afrique, et surtout en Lybie, et les témoignages similaires d'autres jeunes hommes l'incitent à s'engager pour alerter la jeunesse africaine du danger de ces voyages clandestins, dans lesquels beaucoup trop trouvent la mort.


Tout au long de la route en provenance des pays subsahariens, les jeunes hommes et femmes tenté.e.s par l'émigration subissent racket et brimades mais ce n'est rien en comparaison de ce qui les attend en Lybie : prison, torture, viol et prostitution, rançon à la famille, exécution sommaire ; "les femmes sont particulièrement fragilisées" ajoute Yancouba. Ses traumatismes, alimentés par la violence racontée par les jeunes hommes qu'il croise, il les transpose dans ses peintures qui ponctuent le film. De retour en Casamance, il tente de se reconstruire, consacre son temps à des ateliers peinture pour les enfants et des projections en plein air le soir, pour que la population du village soit informée de ce que les jeunes poussés à l'émigration clandestine en Europe subissent dans cette épreuve. “Les Mandingues disent que si tu prends un chemin qui ne mène nulle part, tu dois retourner d’où tu viens,” dit-il encore. En contre-point de ces voies sans issues, Valérie Malek et Sophie Bachelier ouvrent le film et l'horizon sur des paysages lumineux, en Tunisie comme au Sénégal.


(Noé Vidal-Giraud)

(Source : Images de la Culture, CNC)



  • Waiting for Gaza


Waiting for Gaza


Réalisation : Guillaume Kozakiewiez

Production : Les 48e Rugissants, Ana Films, Vià Vosges

Participation : CNC, Région Bretagne, Département des Côtes d'Armor, Région Grand Est, Strasbourg Métropole, TV 2M Maroc, Procirep, Angoa


2020, 1h13


Thèmes : histoire du cinéma, famille, palestine, cinéaste



Venu faire un making of sur le tournage du premier long métrage des frères jumeaux Tarzan et Arab Nasser, "Dégradé" (Semaine de la Critique, Cannnes 2015), Guillaume Kozakiewiez les a finalement suivis pendant plus de quatre ans. Du tournage en Jordanie à Paris, en passant par le festival de Cannes, le film repose moins sur les entretiens et la voix off, utilisés avec parcimonie, que sur des moments de discussion filmés dans la durée. C’est une plongée dans une vie toute entière dédiée au cinéma.


D’abord, le chaos : une première partie nous immerge au cœur du tournage de Dégradé où les images du feu, d’animaux, d’une jeune femme en robe de mariée, nous font perdre toute notion d’espace. Les deux frères veulent filmer Gaza d'où ils sont originaires - ici reconstituée en Jordanie - au-delà des clichés d’une région toujours en guerre : treize femmes dans un salon de coiffure, qui représentent la vie. Filmé comme une hydre à deux têtes par Kozakiewiez, le duo (né en 1988), barbes et cheveux longs, cigarette aux lèvres, s’exile à Paris - où ils ont obtenu le statut de réfugiés politiques - pour écrire Gaza mon amour (Mostra de Venise 2021). L'histoire d’une statue d’Apollon trouvée par un pêcheur, une histoire d’amour surtout, avec Hiam Abbas qui était déjà à l'affiche de "Dégradé". Leur appartement devient un espace mental, recouvert d’affiches, de bouts de pellicules, envahi par les scénarios et les notes. Les discussions animées sur les personnages ou le découpage alternent avec des appels mettant en évidence leur isolement. Le sentiment d’exil est contrebalancé par une énergie à toute épreuve : les frères Nasser ne cessent de vouloir raconter un Gaza qui n’existe plus, celui de leur enfance.

(Martin Drouot)

(Source : Images de la Culture, CNC)



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