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LA COURSIVE : UN LIEU AU SERVICE DE LA VILLE AU FIL DES SIÈCLES ?

1. LE marché aux poissons

2. La scène nationale

3. CONCLUSION

Nous vous proposons durant ce trimestre de vous présenter une Étude sociologique sur deux des périodes les plus importantes de ce lieu : le marché aux poissons et la scène nationale.


par l'intermédiaire de ce dossier interactif, le but est de pouvoir vous présenter ce lieu d'une manière sortant du commun.

Tout le long de votre lecture, grâce au texte et aux petites icônes qui seront à votre disposition, nous essaierons de mettre en évidence l'évolution de la coursive de son utilisation en tant que marché aux poissons à celle en tant que scène nationale et de montrer que ce lieu est ainsi étroitement lié à son environnement qu'il vous sera donc aussi possible de découvrir par la même occasion. VOTRE découverte, après une courte présentation de la coursive, se fera en trois temps :

chèr.e.s VISITEUR.RICE.S, Bienvenue à la coursive !

Nous vous souhaitons d'ores et déjà une agréable lecture.

1665

1803

1950

1842

1982

brève histoire de la coursive

COUVENT DES CARMES

MANUFACTURE DE TABACS

ENTREPÔT DES DOUANES

MARCHÉ AUX POISSONS

SALLE DE SPORT

MAISON DE LA CULTURE

SCÈNE NATIONALE

1800

1990

Le lieu étant réquisitionné comme propriété nationale en 1791, les Pères Carmes durent laisser leur couvent au siège de la Société des Amis de la Constitution qui donnait ses séances dans la chapelle. Après la Révolution, le lieu est acheté par monsieur Meschinet de Richemond qui l’aménagea en manufacture des tabacs. (Bonnet, 2020)

Monsieur Meschinet de Richemond loua une partie du bâtiment de sa manufacture à la Chambre du Commerce qui s'en servit pour y mettre l’entrepôt des Douanes. (Bonnet, 2020)

Un petit aperçu

Le bâtiment est ensuite racheté par la ville en 1842. Lorsque l'entrepôt des douanes fut transféré dans l'ancienne église Saint-Nicolas, on y installa l'entrepôt d'octroi. Mais, faisant double emploi avec celui du Gabut, on mit le cloître à la disposition des marchands pour l'emballage de la marée. (Site internet de la Coursive)

Étant mal adapté à l'industrialisation de la pêche, le marché aux poissons se voit transféré du côté du Bassin des Chalutiers, derrière l'Aquarium actuel. Après ce transfert, le bâtiment devient salle de sport où sont pratiqués notamment le basket, l'escrime, le judo et la boxe. (Site internet de la Coursive)

En 1979, les bâtiments de la salle de sport sont démolis à la suite d'un concours d'architecture remporté par Boutet, Guinut, Gonfreville, Goujon et Hilbert visant à la conception de la Maison de la Culture. Celle-ci est inaugurée en 1983 par François Mitterrand, président de la République à cette époque. (Site internet de la Coursive)

Un petit aperçu



L’histoire de ce lieu commence avec les pères Carmes. Installés depuis 1293 à La Rochelle, ces derniers établissent leur communauté dans le quartier de Saint-Jean du Pérot où prend place leur couvent. La construction de celui-ci fut terminée en 1677 sur l’emplacement de l’actuelle scène nationale. (Augeron, Mahé, 2012) (Béraud, 1994)


Pour la petite anecdote, la coquille Saint-Jacques que l’on peut toujours admirer à l'entrée de La Coursive marquait déjà l’entrée de la chapelle des Carmes.

Après la Maison de la Culture, c'est donc La Coursive, dans laquelle vous vous situez aujourd'hui, qui reprend les activités de spectacles et de cinéma.(Site internet de la Coursive)

Pour la petite anecdote, le lieu subit en 2014 des travaux pour le Grand Théâtre et la verrière du grand hall. En rentrant par des petites portes étroites, celle-ci donne alors un sentiment impressionnant et grandiose lorsque l'on se retrouve dans le hall.

LA COURSIVE,
MARCHÉ AUX POISSONS DE 1842 À 1950

1.

Le marché, qui était jusqu’alors installé rue du Port pour être à proximité du havre où échouaient les bateaux, dégageait une odeur nauséabonde. (Béraud, 1994)

Une préoccupation de salubrité publique

Une préoccupation sociale

Une préoccupation économique

1.

2.

3.

Tout d'abord, par Quelles initiatives le marché aux poissons a-t-il vu le jour en ce lieu ?

Les pêcheurs étaient de plus en plus nombreux à demander un marché adapté pour la vente du poisson en gros, par lots et à la criée car à la différence des villes maritimes du Nord, La Rochelle ne possédait pas de halle. (Augeron et Mahé, 2012)

La ville de La Rochelle voulait stimuler une activité économique globalement délaissée au stade d’activité de subsistance au profit du négoce du sel et du vin. Le but était donc aussi d’attirer les pêcheurs afin qu’ils puissent y vendre leur poisson dans les meilleures conditions. (Augeron et Mahé, 2012)

L’ancien couvent des Carmes semblait être le lieu idéal car il se trouvait juste à côté du port et notamment de la tour de la Chaîne où les bateaux débarquaient le produit de leur pêche.


La poissonnerie de la rue du Port telle que l'imagine Émile Couneau dans La Rochelle disparue (1904)

Par manque de place, de nouveaux magasins sont crées dès 1894 pour l’emballage du poisson notamment. Mais, l’afflux est tel qu’en 1896, la ville décide de démolir l’ancienne église des Carmes et d’acheter plusieurs maisons de la rue Saint Jean à savoir celles de Bodin, Allard, Charruyer et Danglade pour agrandir le marché. Ainsi, un grand hall, éclairé grâce à de hautes verrières après le projet de reconstruction de l’architecte Pierre Corbineau, fut inauguré en 1896 pour recevoir le Grand Encan tandis que le petit, qui avait été créé en 1862 au pied de la tour de la Chaîne, fut disposé dans l’ancienne église.
(Meyen, 2007)

Pour commencer, seuls les anciens jardins du couvent et le cloître furent aménagés en halle aux poissons. Celle-ci accueilla un grand nombre de pêcheurs Bretons qui descendaient progressivement le long des côtes à cause d'une crise de la sardine. Ils allaient alors jusqu’à atteindre les quartiers Saint-Nicolas et Saint-Jean du Pérot à La Rochelle. (Schwartz, dossier sur les quartiers de pêcheurs)

Ouverture de la halle, le 2 août 1847

Agrandissements en 1894-1896

ensuite, comment le marché s’est-il ORGANISÉ ?

L'inauguration de la gare de La Rochelle dix ans plus tard contribua aussi à dynamiser le marché de l’Encan. (Schwartz, dossier sur les quartiers de pêcheurs)

Plan de la première gare de voyageurs de La Rochelle, inaugurée en 1857





Le petit encan comprenait une centaine de places pour vendre les petits lots. Autour du Grand Encan, on retrouvait une soixantaine de magasins dont vingt-huit aménagés pour les mareyeurs. Dans ce dernier, on trouvait plusieurs tables de pierre que réservaient les pêcheurs pour vendre leur poisson ; la vente en gros devait s’y faire impérativement car elle était interdite sur la voie publique.

Le crieur, monté sur la table, vendait ainsi aux enchères le poisson. (Schwartz, dossier sur les quartiers de pêcheurs)



Dès décembre 1894, Le Courrier de La Rochelle nous informe que « La vente toujours croissante du poisson demande, en effet, que l’espace affecté à cette vente soit augmenté et qu’une disposition de tables plus commode pour la circulation soit établie », le but étant réalisé en 1896 puisqu'il explique que la ville a mis au point « un ensemble de bâtiment répondant à tous les besoins d’une industrie maritime digne du plus grand intérêt ».

Extrait de la Une du Courrier de La Rochelle



La criée au Petit Encan



La criée au Grand Encan


Dans ce règlement, on retrouve des mesures fixées par le conseil municipal de la ville. Ce règlement est qualifié par Le Courrier de la Rochelle comme « juste et pratique ».

Un marché aux poissons soumis à un règlement

1.

2.

Mais, quels indices nous permettent de penser que le marché aux poissons avait une place importante au sein de la ville ?

On peut donc en déduire que si un règlement a été mis en place, il s'agit peut-être du souci d'un certain maintien de l'ordre dans un lieu très fréquenté.

Le souci du maintien de l'ordre met aussi en avant l'intérêt économique car celui-ci nécessite un bon fonctionnement du lieu. D'ailleurs, cet intérêt économique est mis en évidence par les journaux de la ville puisque Le Courrier de La Rochelle publiait chaque semaine le montant total des ventes du marché aux poissons.

Un intérêt économique

Une union des marins et pêcheurs

Cette "Union Syndicale des Marins et Pêcheurs de La Rochelle" qui siègeait au sein même du marché réunissait tous les marins de la ville. (Le Courrier de La Rochelle, 1906). On constate donc que les pêcheurs constituaient un groupe social à part entière qui avait désormais conscience de lui-même.

3.

On retrouve entre autres parmi ces mesures un tarif fixé pour les droits de plaçage et de criée car certains pêcheurs, pour faire plus de profits, n’hésitaient pas à frauder pour s’accorder la meilleure place. (Le Courrier de La Rochelle, 1896)


Extrait du Courrier de La Rochelle (1926) rapportant le montant des ventes de la criée

Le Courrier de la Rochelle parle d'ailleurs d'une "activité [qui] constitue l’un des principaux éléments de prospérité de [la] ville ». (Le Courrier de La Rochelle, 1897)



Le 8 novembre 1849, un papier sur les marchés de la ville de La Rochelle produit par la mairie, rendait compte de l’importance de celui-ci en ces termes « très important, mais le mode de concession n’a pas encore permis de se fixer sur un chiffre de rendement »

(archives départementales, série de documents 13 M5 art.7)

Le Courrier de La Rochelle parle même d'une véritable "corporation". Une "corporation" qui, fait des pétitions, et réussit à obtenir de véritables avancées sociales comme le repos hebdomadaire marquant une fermeture de la criée chaque dimanche. (Le Courrier de La Rochelle, 1906)



Extrait des archives municipales


LA COURSIVE,
SCÈNE NATIONALE DE 1990 À NOS JOURS

2.

La Coursive, qui est l’une des trois principales scènes nationales de France, fédère à ce jour 12.300 adhérents qui peuvent assister aux 150-170 représentations, aux 60 spectacles différents et 120 films présentés par saison. (Les Échos, 2008)

Un lieu où se rencontrent les différentes disciplines artistiques

1.

comment la Coursive s'organise-t-elle et comment interagit t-elle avec son environnement ?

L'agencement du lieu prouve très bien l'envie de diversifier l'offre puisque La Coursive se compose de trois salles :
- le Grand Théâtre pour les spectacles vivants (théâtre, danse, etc.) avec 1.000 places et une proposition de plus de 60 productions différentes par saison

- la Salle bleue avec 280 places pour le cinéma d’« art et d’essai » ce qui explique que l’on y trouve des films qui ne passent pas ailleurs

- le théâtre Verdière pour les créations artistiques pluridisciplinaires avec 385 sièges.
(Les Échos, 2008)

En 2008, le journal Les Echos qualifiait la Coursive d’« épicentre de l’activité culturelle ».

Lorsque le bâtiment était toujours la Maison de la Culture, elle enregistrait pour la saison 88/89 ( du 27 septembre au 19 novembre) 4575 adhésions, et 128 abonnements.

Pour sa dernière saison (89/90), et plus précisément du 5 septembre au 22 septembre, elle enregistrait déjà 871 adhésions, et 70 abonnements.

Le nombre d'adhérent a donc fortement augmenté depuis son installation comme scène nationale.


Ces informations sont disponibles dans les archives départementales. On y retrouve des papiers appartenant à l’administration de l‘ancienne maison de la culture, où l'on voit le décompte des abonnements, les adhésions pour la saison, etc. Il est aussi possible de voir les différentes propositions et idées que le personnel de ce centre culturel pouvait avoir afin de booster sa fréquentation.


Ici, nous pouvons voir les tableaux qui recensent la fréquentation des différentes saisons :



Il est aussi possible de trouver parmi tous ces documents, des propositions de choses à faire pour développer et augmenter son public : « suivi des publics acquis, recherche de nouveaux publics, nouvelles collectivités », ou encore « développer un public plus âgé, voir plus d'associations de quartiers et centres sociaux… » et plus…




1:02 à 1:33

EXTRAIT DE VISIONNAGE INTÉRESSANT

Tout d’abord, PAR quelle(s) initiatives la scène nationale a t-elle vu le jour en ce lieu ?

Après des recherches plus approfondies, on se rend compte que la Maison de la Culture, qui ouvre en 1982, amorce le rôle de la scène nationale par la présentation de spectacles.

Ainsi, on comprend très vite qu’il s’agit d’une initiative nationale. En effet, dès 1959, André Malraux, qui est à la tête du Ministère des Affaires Culturelles sous le général de Gaulle, lance une politique de démocratisation de la culture sur tout le territoire. (Lumni)

1.

Une initiative nationale

Le but est donc que chaque département ait sa propre Maison de la Culture afin que la culture ne soit pas réservée à Paris. (Ministère de la Culture)



Cet établissement doit être éclectique car toutes les représentations artistiques doivent y être représentées (cinéma, théâtre, art, danse, etc.). Ce n'est seulement que lorsque l’appellation Scène nationale voit le jour en 1990, que la Maison de la Culture de La Rochelle devient la Coursive, scène nationale. (Damien Roger, 2021)

Malraux entend « rendre accessible les œuvres capitales de l’humanité (…) au plus grand nombre possible de Français ». (Damien Roger, 2021)


Ces ambitions à plusieurs échelles sont visibles dans certains documents des archives départementales, par exemple celui-ci :


Les poissonniers qui affluaient dans le quartier étaient Rochelais, Rétais, Sablais mais surtout Bretons dans les années 1920/1925 à La Rochelle.


Il y avait une grande solidarité dans ce quartier, et le marché aux poissons y jouait un grand rôle car il contribuait à ce que les marins se connaissent tous.

Changement de l'environnement social

1.

Alors, si la place du marché aux poissons était si importante pour la ville, Quels furent les impacts de ce marché aux poissons sur son environnement ?

Changement de l'environnement urbain

2.

Le quartier était constitué de vieilles maisons aux loyers modestes où logeaient les marins et leurs familles. Le quartier possèdaient aussi six à sept cafés ainsi qu’un abri du marin qui constituaient un véritable lieu de convivialité pour les marins.

Ces lieux de convivialité donnaient parfois lieu à des incidents dans le quartier. La bourgeoisie rochelaise tendait alors à déserter le quartier.


Là encore, on voit que l’impact social du marché et des lieux qu’il implique est très important.

3.

À noter

D’ailleurs, c’était une majorité de groisillons (originaires de l’île de Groix) qui s’établissaient dans le quartier Saint-Jean-du-Pérot. Les Rochelais donnèrent alors au quartier le nom de “quartier des Greks” en raison de la consommation importante de café (= cafetière appelée la grecque) par les femmes des marins. (Schwartz, dossier sur les quartiers de pêcheurs)

Grâce au témoignage d’Yves Joncourt, un marin né dans le quartier en 1929, on sait que les marins portaient parfois le même nom et qu’ils avaient souvent chacun un surnom donné à la suite d’une histoire. Pour la petite anecdote, un marin s’appelait « l’Ours » car il avait l’habitude à la fête foraine de porter un ours.

D’ailleurs, la langue bretonne était utilisée plus couramment que la langue française ce qui renforçait la cohésion dans le quartier. En outre, le métier de marin étant parfois difficile économiquement, leur femmes pouvaient s’adonner à un travail complémentaire dont la vente dans les rues de la sans-sel car la vente de la sardine était exclue de la criée et continuait d’être vendue sur la voie publique et les quais. Ainsi, le quartier était aussi peuplé de « petites marchandes » dont l’une des plus connues était Mitraillette (photo ci-dessous).


En rouge, un de ses établissements accueillant les marins


Le rez-de-chaussée de l'abri de marin servait à la restauration et aussi comme bar tandis que le premier étage servait à la formation de futurs marins, patrons de pêche et mécaniciens. On y trouvait aussi un coiffeur, une menuiserie, une glacière, une vespasienne et une épicerie qui était constituée d’un étage pour la restauration des équipages. En outre, le marché était aussi entouré de locaux et magasins que possédaient les mareyeurs qui achetaient à la criée municipale, pour emballer et expédier le poisson dans toute la France. En clair, tous les commerçants du quartier participaient à la vie maritime et ce n’est donc pas un hasard s’ils étaient placés en face de la criée. (Témoignage d'Yves Joncourt)




Mais, les retraités se mêlaient aussi à la vie active en se retrouvant sur les bancs du cours des Dames, des quais et de la cale Caillon au pied de la tour de la Chaîne.

Bien plus que sur le quartier, le marché aux poissons a eu un impact réel sur la ville de La Rochelle tout entière.


En effet, si l’on en croit Le Courrier de La Rochelle en 1913, “La Rochelle possèd(aient) un marché aux poissons très fréquenté, dont le hall p(ouvait) rivaliser avec le mieux installé (des) ports français. La pêche y (était) tellement en honneur que, par gros temps, quand les bateaux ne p(ouvaient) tenir la mer, l’arrière-port de La Rochelle (était) littéralement plein de très nombreuses barques de pêche”. D’ailleurs, le nombre de places occupées aux marché n'a cessé de croître en passant de 504.274 en 1895 à 896.118 en 1910, ce qui contribuait à peupler la ville et à dynamiser son économie.

Ainsi, au début du XXème siècle, la ville de La Rochelle est devenue le deuxième port de pêche de France, dont le premier d’Atlantique. Alors qu’au début du XIXème siècle, la pêche était une activité de subsistance, un siècle plus tard, elle est un élément structurant de la ville au point que celle-ci devient aussi l’un des six grands ports de la pêche industrielle en France, parfois même au détriment de la pêche “artisanale”. D’ailleurs, Le Courrier et La Rochelle en 1917, ne manque pas de dire que « les chalutiers à vapeur ont encore intensifié la production de la pêche, au grand profit de tous les intérêts locaux, hormis, ceux directs du budget municipal en ce qui touche l’exploitation de l’encan de la ville dont le chemin devient de plus en plus oublié des armateurs de chalutiers à vapeur. Ceux-ci en arrivent à se passer de cet intermédiaire, et les recettes du marché aux poissons s’en ressentent évidemment ».


On est alors en droit de se demander pourquoi le marché aux poissons s’est éteint alors qu’il occupait une place si structurante dans la ville.

Sa place était tellement importante que malgré la baisse de l’activité pendant la seconde guerre mondiale (5.285 tonnes de poissons vendus en 1940 à 527 tonnes de poissons vendus en 1943) à cause de la réquisition de bon nombre de chalutiers, l’activité du marché a repris de plus belle au point que l’espace de ce dernier est devenu à terme trop étroit, tout comme les magasins de mareyeurs, trop petits en nombre et en surface.

Ainsi, pour éviter toutes ces manutentions longues et coûteuses, la ville décida de transférer l’encan derrière l’Aquarium actuel.

La Coursive, qui est l’une des trois principales scènes nationales de France, fédère à ce jour 12.300 adhérents qui peuvent assister aux 150-170 représentations, aux 60 spectacles différents et 120 films présentés par saison.

Un lieu qui porte l’art vers les gens

2.

comment la Coursive s'organise-t-elle et comment interagit t-elle avec son environnement ?

Tout d’abord, en tissant des partenariats avec le Festival International du Film de La Rochelle, les Francofolies et le Festival Ré Majeure, la Coursive contribue à donner à un nombre plus importants de personne un accès à certaines de ses programmations, ce qui peut aussi contribuer à attirer progressivement des abonnés.

La Coursive organise des expositions et des rencontres avec des artistes mais aussi des stages et des ateliers artistiques. (Site de La Coursive) Pour autant, on remarque que ces dernières années La Coursive cherche à aller à la rencontre d’un nouveau public en proposant de nouvelles choses sans pour autant dépayser ses abonnés.


La Coursive continue donc la mission initiée par la Maison de la Culture à savoir démocratiser l’accès à la culture tout en favorisant aussi le rassemblement d’une population adepte de l’art et d’une autre qui ne se sent pas légitime à y avoir accès.

Franck Becker, le directeur actuel de la Coursive, a expliqué que le lieu pouvait « parfois (être) intimidant pour les personnes qui sont familialement, culturellement éloignées de ces pratiques ». C’est pourquoi, la Coursive essaie d’aller dans les lieux en périphérie de La Rochelle comme Villeneuve les Salines, La Jarne et Périgny. Elle s’efforce aussi de proposer des spectacles au Stade Deflandre, ou des concerts au chocolat par exemple.

Mais attention, le but est aussi de ne pas délaisser les abonnés de la Scène nationale en leur donnant toujours accès aux représentations habituelles de jazz, danse, théâtre, musique classique ou encore nouveau cirque. (Dalle, 2018)

Il est à noter aussi durant ces dernières années un rapprochement entre La Coupe d’Or, scène conventionnée de Rochefort, et La Coursive. Ces deux établissements ont voulu, tout en gardant chacun leur identité dans leur projet artistique, mettre en place trois bus chaque saison entre Rochefort et La Rochelle (et vice-versa), afin de faire découvrir les artistes et spectacles d'une scène à l'autre. Ils ont aussi pour projet de partager six spectacles en commun. D'ailleurs, la carte d'adhérent de l'un ou de l'autre établissement est valable dans les deux salles. (Becker, 2020)

Il y a donc aussi une envie de la part de la Coursive d'avoir un rayonnement à l'échelle départementale, toujours dans l'objectif de démocratiser certain pans de la culture.


D'ailleurs, La Coursive propose certaines programmations qui ne sont visibles dans aucun une autre salle de la ville de La Rochelle. Et pour cause, elle a notamment intégré le statut de salle Art et Essai. (Programmation de La Coursive)

Ces salles proposent ainsi des films recommandés Art et Essai. Ces films sont souvent des œuvres de qualités n'ayant pas obtenu l'audience qu'elle méritait, des œuvres présentant un intérêt artistique ou historique, etc. (AFCAE et CNC)

C'est ainsi que La Coursive se démarque et qu'elle donne accès à certains spectacles qui ont un rayonnement assez limité malgré leur qualité culturelle et artistique. C'est aussi dans cet esprit que s'inscrit leur soutien et parfois leur lien privilégié avec certains artistes pour davantage les faire connaître.

Il s’agit d’un lieu où les manifestations s’expriment. C’est notamment ce qui s’est passé durant la période de la Covid-19 qui a fortement impacté le fonctionnement de La Coursive.

La Coursive devient alors un lieu de revendication, non seulement pour le monde culturel, mais aussi pour des sujets sociétaux de la vie de tous les jours.

Un impact social

1.

Enfin, quels sont réellement les impacts de la Coursive sur son environnement ?


Un changement urbain

2.

Mais, il s’agit aussi d’un lieu où venait se réfugier les sans-abri la nuit, posant alors des problèmes d’hygiène à La Coursive mais aussi au bar de l’Avant-Scène.

La Coursive est donc également impacté par l'environnement du quartier.

Les commerces du quartier ne sont plus que bar ou restaurant. D’ailleurs, l’établissement qui était alors l’abri du marin au temps du marché aux poissons, est devenu un restaurant.


Ainsi, La Coursive et son quartier mettent en exergue le caractère touristique de La Rochelle qui prédomine sur le caractère portuaire dans cette zone de la ville, même si la population locale y occupe une place particulière afin d’accéder à la culture.

Ainsi, en 2021, « des centaines de personnes ont formé une chaîne humaine devant le théâtre de La Coursive (…) pour soutenir la culture alors que des artistes occup(aient) la Scène nationale de La Rochelle (…) pour s’opposer à la réforme de l’assurance chômage ». (Prétot, 2021)


De nombreux manifestants sont venir soutenir la culture devant La Coursive à La Rochelle. © France Télévisions


De nombreux manifestants ont formé une chaîne humaine devant La Coursive à La Rochelle. © France Télévisions


Pour sécuriser le site la nuit, les grilles historiques de La Coursive, portant la date de 1897 qui renvoie à l'ancien marché aux poissons, ont donc été remises à l'entrée.

C’est pourquoi dans son témoignage, Yves Joncourt explique que maintenant, « sur les quais, (on) ne trouv(e) plus que loisirs et farniente ».


En rouge, quelques restaurants et bars autour de La Coursive


Il est à noter également que La Coursive n'est pas seulement impacté par son environnement proche mais aussi par les contextes beaucoup plus nationaux voire même mondiaux puisque celle-ci, avec la pandémie de la Covid-19, a vu son nombre d'abonnés chuter de près d'un tiers en 2021 sur ses 8.000 adhérents.


Remarquez que le nombre d'adhérents (12.300) a augmenté après la pandémie... Retour à la vie normale ou effet post-covid ? Cela pourrait être une réflexion intéressante à se poser...

CONCLUSION
L’ÉVOLUTION AU FIL DES ANNÉES - COMPARAISONS

3.

Toujours une ville portuaire, mais avec un centre ville pleinement touristique

Le tourisme

Un centre ville au caractère portuaire et une ville de pêcheurs

La pêche

quELLES ÉVOLUTIONS RÉELLES ?

Comme nous avons pu le mettre en évidence tout au long de ce dossier interactif, le lieu de La Coursive s'est transformé au fil des années en suivant l’évolution de la ville. Ce site occupa toujours une place importante au sein de la ville : son impact économique et social a toujours étaient étroitement liés à son environnement.

Une des principales scènes nationales du pays, avec plusieurs activités artistiques

Un centre culturel

À proximité du port, dans une ville de pêcheurs en plein essor

Un marché

quELLES ÉVOLUTIONS RÉELLES ?

Comme nous avons pu le mettre en évidence tout au long de ce dossier interactif, le lieu de La Coursive s'est transformé au fil des années en suivant l’évolution de la ville. Ce site occupa toujours une place importante au sein de la ville : son impact économique et social a toujours étaient étroitement liés à son environnement.

Même avec un public cible déterminé, La Coursive essaie de s’ouvrir ; elle est un lieu de manifestations, mais aussi de réfuge pour les sans-abri

Touristes et habitants

En plus de l'important du poids économique, le marché était un lieu de convivialité

Pêcheurs et habitants

quELLES ÉVOLUTIONS RÉELLES ?

Comme nous avons pu le mettre en évidence tout au long de ce dossier interactif, le lieu de La Coursive s'est transformé au fil des années en suivant l’évolution de la ville. Ce site occupa toujours une place importante au sein de la ville : son impact économique et social a toujours étaient étroitement liés à son environnement.

En suivant le Vieux Port, le quartier est rempli de restaurants, cafés et hôtels ; un soutien pour le centre culturel

Le Vieux Port

Le quartier est devenu pleinement celui des poissonniers, avec leurs habitations et des commerces basiques

Un quartier de service

quELLES ÉVOLUTIONS RÉELLES ?

Comme nous avons pu le mettre en évidence tout au long de ce dossier interactif, le lieu de La Coursive s'est transformé au fil des années en suivant l’évolution de la ville. Ce site occupa toujours une place importante au sein de la ville : son impact économique et social a toujours étaient étroitement liés à son environnement.

La célèbre coquille Saint-Jacques

Premier régard

1.

2.

3.

4.

Rue St Jean du Pérot

Regardez le mur

L'entrée St Jean du Pérot

Attention ! C'est étroit...

Les arcs de passage

La passage

VOIR ICI

VOIR ICI

VOIR ICI

VOIR ICI

Quels vestiges POuvons-nous trouver encore de l’ancien marché ?

5.

Les arcs supérieurs

Levez les yeux

VOIR ICI

si vous êtes arrivé jusqu'ici, vous méritez un bonus

(ALVES, 2022)

(archives municipales, fonds iconographiques)

(ALVES, 2022)

(ALVES, 2022)

(archives municipales, fonds iconographiques)


(ALVES, 2022)

(archives municipales, fonds iconographiques)

(ALVES, 2022)

(archives municipales, fonds iconographiques)

BIBLIOGRAPHIE et SITOGRAPHIE

(Cliquez sur le livre pour la voir apparaître)


BIBLIOGRAPHIE :


  • AUGERON, Mickaël, MAHÉ, Jean-Louis et MAHÉ, Thomas. Histoire de La Rochelle. La Crèche : Geste éd, 2012. ISBN 9782367460086 9791035310882. 944.64


  • BÉRAUD, Rémi. Petite encylopédie monumentale et historique de La Rochelle. La Rochelle : Éditions Rupella, 1994. ISBN 9782864740148


  • BONNET, Laurent. La Rochelle. La Crèche : la Geste, 2020. D’hier à aujourd’hui. ISBN 9791035306090. 944.640 0222


  • BROSSET, Thomas. Le grand dictionnaire de La Rochelle. La Crèche : la Geste, 2018. ISBN 9791035302016. 914.464 2003


  • DELAFOSSE, Marcel. Histoire de La Rochelle. Toulouse : Privat, 2002. ISBN 9782708983304


  • ÉMOND, Stéphane, FLÉNOIR, Jacky, MAHÉ, Jean-Louis et LÉOTY, Xavier. La Rochelle. La Crèche : la Geste, 2017. ISBN 9782367466859. 914.464 04


  • GAUBERT, Yves, MAHÉ, Jean-Louis et MOULINIER, Henri. La halle à marée d’hier à aujourd’hui. La Crèche : la Geste, 2018. ISBN 9791035302337. 387.109 44609


  • MAHÉ, Jean-Louis et WERDEFROY, Yann. Trésors d’architecture de La Rochelle. La Crèche : La Geste, 2019. ISBN 9791035302542. MLCM 2021/41010 (N)


  • MEYNEN, Nicolas. La Rochelle au XIXe siècle: de la place forte au port de commerce. Poitiers : CPPPC, 2007. ISBN 9782905764232


  • VAUX DE FOLETIER, François de et CHAPLAIN, Éric. La Rochelle d’autrefois et d’à présent. Réédition. Cressé : Éditions des Régionalismes, 2020. ARR, 210. ISBN 9782824009544. 944.64




SITOGRAPHIE
















  • MAILLES, Dominique. Couvent de carmes, puis entrepôt public de douane, puis marché au poisson, actuellement centre culturel. Ministère de la Culture (pop : la plateforme ouverte du patrimoine). (En ligne - consulté le 6 avril 2022). Adresse : https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA17000122








Processus de recherche

Processus de recherche ET contextualisation des sources

(Cliquez sur "Dossier final - sciences sociales" pour accéder aux fichiers)

merci de votre attention

LAURENTINO Larissa, PERETTI Élise, RABILLÉ-L'HERME Célina