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Transcript

1960/1961 - le tournant

1830

Le traitement politique de la décolonisation par la IVème République : le refus et l'escalade de la violence


De Gaulle : du "Je vous ai compris!" à l'indépendance

De 1962 à ajourd'hui - une indépendance et des mémoires douloureuses

1830 - début de la colonisation

Fin de la SGm et les premières mesures

1930's - Naissance du mouvement nationaliste

1954 - création du FLN et début d'une guerre sans nom

1956 - Déclaration de Guy Mollet, président du Conseil, à propos de l’Algérie

1958 - L'attente du plus illustre des français

Le coup d'état permanent - Mitterand

"Je vous ai compris"

1959- L'autodétermination

18 mars 1962 - Les accords d'Evian

Quels sont les enjeux mémoriels qui pèsent sur la guerre d'Algérie ?


En quoi le rapport de l'Etat français à la mémoire de cette guerre est-il compliqué ? En quoi cela explique-t-il un "cheminement de la mémoire" du conflit ?


Quel est le rôle de l'historien dans le champ mémoriel ?


Massacres de mai et juin 1945

1957 - La bataille d'Alger

Conquise à partir de 1830, l’Algérie est une ancienne colonie de l’Empire français qui a la particularité d’être une colonie de peuplement intégrée à la France sous la forme de trois départements. Les nombreux colons d’origine européenne qui s’y installent ne vivent pas sous le même régime que les indigènes. Tandis que les premiers sont des citoyens français, les seconds sont des sujets soumis au « code de l’indigénat » dont les peines sont extrêmement sévères.


https://www.nouvelobs.com/monde/afrique/20190221.OBS0653/code-de-l-indigenat-dans-les-colonies-un-siecle-de-repression.html

Messali Hadj

Ahmed Messali Hadj est né en 1898 à Tlemcen. Il est considéré comme le père du nationalisme algérien.

La voix du peuple, numéro du 11 mars 1959, jour du 22e anniversaire du mouvement. © Collection particulière.


Après avoir effectué son service militaire en 1917 à Bordeaux, il émigre à Paris après la Première Guerre mondiale, en 1923. Il est alors embauché comme manœuvre dans une usine et rencontre Émilie Busquant qui l’épousera en même temps que la cause nationale algérienne.

Messali Hadj adhère au PCF deux ans après et sous l’influence des idées communistes, fonde en 1926 le premier mouvement nationaliste : l’Étoile nord-africaine. Il dénonce l’ordre colonial et revendique l’indépendance de l’Algérie et de l’ensemble des pays du Maghreb. L’Étoile nord-africaine est une première fois dissoute le 26 janvier 1937 par un décret émanant du Front populaire. Elle réapparaît le 11 mars suivant sous le nom de Parti du peuple algérien (PPA) qui est à son tour dissous le 26 septembre 1939. Après une période de clandestinité, et sa libération de prison, Messali Hadj fait renaître le courant nationaliste algérien sous le nom de Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) en novembre 1946. Hésitant sur les formes d’action à mener, il ne parvient pas à empêcher l’éclatement de son parti qui mène à la création du FLN.

La guerre d’indépendance sera le théâtre d’affrontements sans merci entre les deux partis nationalistes rivaux, dont des attentats visant Messali. Durant le conflit, Messali Hadj est placé en résidence surveillée en métropole, notamment en Charente. Messali Hadj obtient la nationalité algérienne en 1965. Mais son rôle est occulté dans la mémoire nationale algérienne.

Il meurt en France, à Gouvieux (Oise) en juin 1974. Son corps est rapatrié et inhumé dans sa ville natale de Tlemcen.

Peggy Derder

http://www.histoire-immigration.fr/caracteristiques-migratoires-selon-les-pays-d-origine/l-immigration-algerienne-en-france/messali

En 1943, le leader nationaliste algérien Fehrat Abbas lance son « Manifeste du Peuple Algérien », revendiquant l’indépendance pour l’Algérie. De Gaulle, chef de la France libre (organisation de résistance extérieure depuis Londres puis Alger), réaffirme la souveraineté de la France sur l’empire mais concède qu’il faut octroyer la citoyenneté à « plusieurs milliers de musulmans ». L’ordonnance du 7 mars 1944 abolit le Code de l’indigénat mais n’accorde des droits civiques qu’aux élites algériennes (65 000 sur 1,5 millions de musulmans). Ces mesures, rejetées par la plupart des Français d’Algérie, sont jugées insuffisantes et dépassées par les musulmans qui veulent désormais plus.


L’intensification de la répression française se poursuit : l’armée française lance la « bataille d’Alger » (janvier-juillet 1957) en procédant à des contrôles, à des arrestations et en ayant recours à la torture).


https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000001081/la-bataille-d-alger.html





En métropole, une allocution de Guy Mollet devant les députés en mars 1956 résume bien l’état d’esprit de la majorité de la classe politique française de l’époque (à l’exception des communistes, farouchement anticolonialistes depuis le début du XX siècle). Pour la première fois, un dirigeant français reconnaît que les musulmans algériens sont des citoyens de « seconde zone » (qui ne disposent pas de droits politiques identiques à ceux des « Français de souche »). Mais il refuse catégoriquement l’idée d’une indépendance de l’Algérie (car l’Algérie est française depuis 1830 et parce qu’un million de Français, ou « pieds noirs » y sont établis).



Le FLN pour Front de libération nationale est créé en 1954 et est un mouvement politique et paramilitaire algérien luttant, à partir de 1954, pour l’indépendance de l’Algérie. Les revendications du FLN :

- « Restauration » de l’Etat algérien (souveraineté).

- Respect des libertés fondamentales, sans distinction de races, de confessions.

- Liquidation du système colonial.

- Une unité africaine dans un cadre arabo-musulman.


https://www.lumni.fr/video/decolonisations-algerie-la-guerre-sans-nom



Le 1 novembre 1954, le FLN déclenche 30 attentats contre les intérêts français en Algérie : c’est la « Toussaint rouge » (7 morts).

https://www.youtube.com/watch?v=XonOLS-weaY

La France répond par la répression, refusant le principe d’une indépendance. Des renforts de police sont envoyés pour des « opérations de maintien de la paix ». Le conflit s’intensifie en août 1955 avec une nouvelle série d’attentats, qui accroît encore la répression. En février 1956, le nouveau président du conseil (Guy Mollet) vient à Alger pour lancer sa nouvelle politique fondée sur la paix : l’accueil que lui réservent les colons est houleux et il change d’avis : en mars 1956, le contingent est envoyé en Algérie (les effectifs militaires passent de 54 000 hommes à 350 000 hommes entre 1954 et 1956) et il obtient du parlement des « pouvoirs spéciaux » pour 6 mois afin de régler la question algérienne ;



En septembre 1959, il fait une intervention télé où il propose l’autodétermination de la situation par le peuple algérien, qui devra choisir entre trois solutions : la sécession, la francisation ou l’association. En montrant que lui-même est favorable à l’association. Cela marque un tournant dans la politique de gestion de la guerre d’Algérie, car pour la première fois on envisage l’indépendance. Tournant aussi pour de Gaulle qui voit pleuvoir les critiques à la suite de ces deux événements, notamment celles des partisans de l’Algérie française.

En 1960, il accepte de négocier avec le FLN. En septembre il évoque la possibilité d’une « République Algérienne. L’évolution de l’Algérie vers l’indépendance par la négociation est toutefois retardée par l’opposition farouche des pieds-noirs (révolte des barricades en janvier 1960 à Alger), de l’armée qui, en avril 1961, tente un coup d'état : le putsch des généraux (Salan, Challe, Jouhaud, Zeller) de l'O.A.S. ensuite (Organisation de l’Armée Secrète) qui tente à plusieurs reprises d’assassiner De Gaulle (attentat du Petit Clamart...) et mène sur place une politique de terreur.


https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000073/la-semaine-des-barricades.html


En janvier 1961, il soumet un référendum aux français, souhaitent-ils l’autodétermination de l’Algérie ? 75% de oui.

Des négociations sont menées avec le GPRA, gouvernement provisoire de la République d’Algérie. Les négociations se font dans un climat de violence, en Algérie comme en France. (manifestations à Paris en octobre 1961, d’algériens contre couvre-feu, 100 morts police tire, // manifs de gauche contre l’OAS, fait 8 morts sur Paris, morts étouffés contre les grilles du métro.).

https://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/17/17-octobre-1961-ce-massacre-a-ete-occulte-de-la-memoire-collective_1586418_3224.html





Les historiens analysent l’Histoire de la mémoire et mettent en évidence trois cycles mémoriels :

amnistie et amnésie dans l’espace public (1962-1968) : de l’amnistie croisée des crimes de guerre (décidée dans les accords d’Évian) et des porteurs de valise (dès 1962) jusqu’à celle des membres de l’OAS et des participants du putsch des généraux (1968) ;

anamnèse dans les années 1980-1990 (en 1980 est lancé un débat public sur le choix d’une date du souvenir pour commémorer la fin de la guerre : le 19 mars 1962 ou une autre ?) ; c'est-à-dire une prise de conscience, un retour progressif sur le passé qu'on avait refoulé, une sorte de retour de mémoire, intervenant une quarantaine d'années après les événements concernés.

hypermnésie et obsession mémorielle depuis le début du XXIème siècle (découverte ou redécouverte du passé sous le signe de la culpabilité et de la victimisation ; les pouvoirs publics multiplient alors les gestes symboliques).


Les historiens participent à une expertise politique du processus d’ouverture de la mémoire, comme le prouve le rapport remis par Benjamin Stora au Président Emmanuel Macron le 20 janvier 2021.

Selon les historiens, il n’y a pas de mémoire commune de la guerre d’Algérie car ce passé n’a pas « été reconnu par l’État pendant près d’un demi-siècle ». Lentement les pouvoirs publics reconnaissent les différentes mémoires mais de manière souvent concurrente En Algérie, le FLN au pouvoir produit un récit fondateur héroïque montrant que toute la nation algérienne a résisté à l’oppression coloniale. Les autres mémoires algériennes sont occultées (partisans d’une décolonisation plus réformiste autour de Messali Hadj, mémoires des harkis, mémoire des pieds-noirs…).

En France, les pouvoirs publics agissent en fonction de leurs orientations politiques et de leur degré d’implication dans le temps du conflit (François Mitterrand, « ministre de l’Intérieur en 1954 « L’Algérie, c’est la France »). Cette dispersion reflète bien la division mémorielle en France autour d’un « passé qui ne passe pas ».

Emmanuel Macron est aussi intervenu dans l’arène mémorielle en attaquant dans un premier temps l’œuvre coloniale (« la colonisation est un crime contre l’humanité », voyage en Algérie en février 2017), puis en ajustant sa pensée (« Il y a eu des combats, il y a eu des fautes et des crimes, il y a eu des grandes choses et des histoires heureuses. Mais j’ai une conviction profonde. Notre responsabilité n’est pas de nous y enferrer », discours de Ouagadougou du 28 novembre 2017), en proposant un discours irénique au chef de l’État algérien Bouteflika (discours d’Alger du 6 décembre 2017 « c’est une histoire nouvelle qui s’écrit ») et en reconnaissant le crime d’État commis au cours de la bataille d’Alger par les parachutistes à l’encontre du communiste français Maurice Audin et des autres torturés et disparus de ce sombre épisode.


Certaines mémoires sont encore en quête de reconnaissance. Les harkis semblent parmi les plus oubliés. Ils obtiennent lentement et difficilement la reconnaissance officielle en France de leurs mémoires blessées : 1970 (obtention du statut d’ancien combattant en 1974), en 2001 reconnaissance de la trahison de l’État, le 25 septembre devient une journée d’hommage). Enfin des mesures sont annoncées par le président Emmanuel Macron en 2018 pour tenter de répondre aux « préjudices matériels et moraux subis ».

Ces catégories de personnes qui ont vécu cette guerre en une mémoire différente. Ainsi des « mémoires sélectives » et concurrentes ont émergé, qu’il s’agisse de celles des pieds-noirs, des harkis, des musulmans soutenant le FLN. Pour les plus d’1 million d’appelés français, la guerre leur apparaît inutile, non reconnue officiellement. Il n’y a pas de héros français de la guerre, pas de statut d’ancien combattant équivalent à celui des soldats des guerres mondiales.


Dans chaque camp, on essaye de minimiser ou de justifier les horreurs de la guerre.


Notion de « guerre sale » : Les massacres de civils européens et algériens, la guérilla contre l'armée française, la « guerre à outrance » menée dès 1956 par la France, les ratissages et les regroupements de population, les « ratonnades » et les tortures, les actes terroristes de l'OAS caractérisent cette guerre de 8 ans.


Plus de plus de 600 000 morts, / exode de 800 000 pieds-noirs / entre 10 000 et 150 000

harkis tués après le cessez-le-feu, victimes de représailles, 15 000 ou 20 000 familles de harkis, soit environ 90 000 personnes, purent s’établir en France de 1962 à 1968 (regroupé dans des baraquements de camps militaires dans le Larzac, le Puy de Dôme, à Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales…).

Les accords d’Evian sont signés le 18 mars 1962. Approuvés à 90% par référendum un mois plus tard. OAS multiplie les attentats, les pieds-noirs se sentent délaissés et menacés, rapatriement 1 million de pieds-noirs et 500 000 harkis.



https://www.lumni.fr/video/les-accords-d-evian



La IVème république est dépassée par les événements. Minée par des coalitions sans force, pointée du doigt par les oppositions gaullistes (RPF) et communistes (PCF), elle voit les gouvernements se succédés : 24 gouvernements entre 1946 et 1958. Alors qu’un énième Président du Conseil plutôt favorable à la négociation, Pierre Pfimlin, est nommé pour mettre fin à cette « guerre sans nom », une insurrection éclate le 13 mai 1958 à Alger (putsch des généraux). Le général De Gaulle voit dans cette situation une opportunité pour négocier un retour au pouvoir. Le président Coty lui demande de former un gouvernement le 29 mai, ce qui est fait le 1er juin 1958.



Le 4 juin 1958, il prononce un discours à l’adresse des pieds-noirs dans lequel il dit : « Je vous ai compris ».

Octobre 1958 : Il prononce un discours dans lequel il dit « Vive l’Algérie française » et il propose au FLN la « paix des Braves ». Le FLN refuse.