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Ce genially a pour but de répondre à la problématique : Jean Valjean, coupable ounon-coupable ?

Transcript

Jean Valjean, coupable ou

non-coupable ?

A la lecture du roman de Victor Hugo "Les Misérables", une question se pose : Jean Valjean est-il coupable ou non-coupable ? Au vu de ses actes, Jean Valjean peut être considéré comme coupable aux yeux de la Justice, cependant, un point de vue plus humaniste permet de démontrer le contraire.


De prime abord, il semblerait que Jean Valjean soit coupable : il est coupable de vols, de tentatives d'évasion du bagne… "[…] la première chose qui lui apparut fut le panier d'argenterie; il le prit, traversa la chambre à grands pas sans précaution et sans s'occuper du bruit, gagna la porte, rentra dans l'oratoire, ouvrit la fenêtre, saisit son bâton, enjamba l'appui du rez-de-chaussée, mit l'argenterie dans son sac, franchit le jardin, sauta par-dessus le mur comme un tigre, et s'enfuit." (cf. extrait l. 10 p.23).

De surcroît, il se reconnaît d'ailleurs lui-même comme coupable : "Il reconnut qu'il n'était pas un innocent injustement puni" (cf. extrait l. 2 p.20).

Jean Valjean fuit : il fuit le bagne, il fuit la vérité, il fuit la justice : "Jean Valjean recula, ce qu'il avait vu remuer dans l'ombre, c'était sans doute Javert." (cf. l. 24 p.103).


A ces arguments accablants, nous pourrions répondre par une simple question : peut-on reprocher à un homme d'avoir voulu fuir un enfer qu'il n'avait peut être pas mérité ?


Ces arguments sont ceux que défendrait la Justice représentée par Javert dans les Misérables. La Justice au XIXème siècle ne peut pas avoir un avis nuancé car, une preuve lui suffit pour condamner. Et, c'est à nous, lecteur, qu'il appartient de nuancer ce raisonnement.

En effet, Jean Valjean n'a jamais été hors-la-loi pour lui-même, mais toujours au bénéfice des autres, notamment pour ses proches (sa sœur et ses neveux, puis Cosette) : "Jean n'eut pas d'ouvrage. La famille n'eut pas de pain. Pas de pain. A la lettre. Sept enfants. […] C'était Jean Valjean" (cf. p17) et "[…] puis, ce penchant dans ce demi-jour sur Marius toujours sans connaissance et presque sans souffle, il le regarda avec une inexprimable haine " (cf. l. 7-8-9 p.273). Malgré son aversion pour celui-ci, Jean Valjean sauve donc Marius pour Cosette.

De plus, c'est la pauvreté et le rejet de la société qui ont toujours conduit Jean Valjean au crime. Ceci explique aussi son ingratitude, notamment envers l'évêque de Digne. Jean Valjean n'avait aucun endroit où dormir ni manger, tout le monde le rejetait… Après 19 ans de bagne, le malheur continuait ! N'avait-il pas déjà purgé sa peine ? Etait-ce juste ? Jean Valjean n'a fait que rendre ce qu'on lui avait donné : des injustices. " Puis il se demanda :[…] Si cette peine compliquée des aggravations successives pour les tentatives d'évasion, ne finissait pas par être une sorte d'attentat du plus fort sur le plus faible, un crime de la société sur l'individu […]" (cf. p. 20).


En conclusion, si Jean Valjean s'est rendu coupable de crime (vols, évasions …), c'est à la "société" qu'il faut s'en prendre, la société qui l'a rejetée et poussée au crime, puis condamnée pour des fautes qu'il n'exécutait pas pour lui-même, mais pour les autres, par bonté. Jean Valjean reste fidèle à lui-même au fil de l'histoire. Il retrouve l'humanité dont il faisait preuve auparavant et que le bagne avait tenté d'éteindre en vain. Cosette, quant à elle, fait naître un espoir dans le cœur de Jean Valjean : elle lui prouve que toute la société ne l'a pas rejetée, et qu'il reste des gens bons et de l'amour. Pour toutes ces raisons je pense que Jean Valjean est non coupable.

"Je pense que M. Madeleine est un homme bon au fond, mais qui a été frappé de malheur. Seulement, il a été généreux avec moi, il m'a sauvé de la misère pendant quelques temps mais il m'a rejeté quand il a su que j'avais une fille sans être mariée. Je ne lui ai jamais pardonné... . Il m'a aussi promis de s'occuper de Cosette : j'espère qu'il tiendra sa parole..."


J'ai choisi Fantine car contrairement à Javert (ou Fauchelevent...) elle est plus apte à concevoir Jean Valjean dans sa globalité et sa complexité.

Voici un extrait du début du film "Les Misérables". Je l'ai choisi car il résume bien le début de l'histoire : la misère du bagne et de Fantine (abandon de Tholomyès) et la bonté de Mgr Bienvenu et de Jean Valjean qui sauve son camarade.




Paris, 7 rue de l'Homme armé, le jeudi 8 juin 1833


Chère Cosette,


Je mourrais ce soir, je le sens, tout mon corps me le signifie. Je me confesse, et vous verrez que vous m'aimerez beaucoup moins. Mais, je vous prie, ne me jugez pas trop sévèrement.


Tout à commencé en 1815. J'avais passé dix-neuf ans au bagne de Toulon. Je venais de sortir, malheureusement. Je marchais en direction de Pontarlier. La nuit qui suivait mon départ, j'ai voulu trouver un endroit où dormir : une auberge… qu'importe. Mais j’avais été rejeté de toute part... C'est alors qu'une sainte femme m'a dit de frapper à la porte d'une maison immense ; l’évêché. L'évêque Mgr Bienvenu m'a accueilli avec une grande bonté… et je l'ai remercié en le volant.


Et puis, j'ai refais ma vie, avant de rencontrer votre mère : Fantine. Elle a bien souffert… et pour vous. Et puis, je lui ai juré de vous sauvé des griffes des Ténardier. Mais, on m'a rattrapé, et je suis retourné à ces galères infectes. Mais j'avais juré…

Alors je me suis enfuit du vaisseau l’Orion, où je me trouvais, comme un vaurien et vous ai emporté. Et c'est alors que j'ai découvert quelque chose de nouveau : l'amour de ma "fille". Vous m'avez transformé, j'étais galérien, je suis devenu père. J'étais le mal, je suis devenu le bien. J'étais la misère, je suis devenu l'amour.


Enfin, plus vieux ou plutôt quand vous vous êtes marié, j'ai décidé de me confesser à Marius. J'ai bien senti qu'il était choqué, et il était évident qu'il le serait. Mais cela m'a fait du bien. C’était moi qui l’avait sauvé, mais il ne le savait manifestement pas. Et cela est mieux ainsi.


Je ne m'appelle pas Fauchelevent, je m'appelle Jean Valjean et suis un ancien forçat. Je dois avouer que je me suis senti un peu seul ces derniers temps, mais cela ne fait rien.


Soyez heureuse avec Marius, Jean Valjean qui vous aime fort…


Jean Valjean