Want to make creations as awesome as this one?

Transcript

OBJECTIFS DE SEANCE: Etudier des documents et produire un paragraphe argumenté construit sur un sujet.


CONSIGNES: A partir des documents ci-dessous, rédigez un paragraphe argumenté construit pour répondre à la question finale de synthèse.

Chapitre 1: L'ouverture atlantique, les conséquences des "grandes découvertes"

Thème 3: XVe-XVIe: un nouveau rapport au monde, un temps de mutation intellectuelle

Activité 2:

La naissance de l'économie sucrière et de l'esclavage

Document 1: La traite atlantique dans l'histoire de l'esclavage



Le climat chaud et humide des îles caribéennes et du Brésil les rend propices au développement de l’agriculture sucrière, à une époque où le sucre est un produit de luxe, donc très rentable. Après l’extermination des Amérindiens, les Européens se tournent dès le début du XVIe siècle vers des esclaves africains. Dans les plantations, les conditions de travail génèrent une forte mortalité, nécessitant un apport constant d’esclaves. La mise en place de cette économie prédatrice entraîne le développement de la traite atlantique : environ 13 millions d’Africains sont conduits de force en Amérique entre le XVIe et le XIXe siècle.


"Cette île […] lorsqu’elle fut découverte n’était qu’une épaisse forêt […], une partie importante a été déboisée […]. Ceux qui naissent dans cette île sont blancs comme nous. Mais il arrive parfois que ces marchands, lorsque leurs femmes blanches meurent, en prennent des noires […]. Ceux qui sont issus de ces négresses sont de couleur basanée et sont appelés mulati.
La ressource principale des habitants est le sucre qu’ils vendent aux navires qui viennent chaque année en prendre livraison […]. Chaque habitant achète en Guinée, au Bénin et au Manicongo des esclaves noirs avec leurs femmes qu’ils amènent ici pour travailler la terre et faire du sucre. Certains sont très riches et possèdent jusqu’à 150 et 200 voire 300 nègres et négresses, qui sont contraints à travailler toute la semaine pour leur patron, à l’exception du samedi où ils travaillent pour se nourrir. […] On a fabriqué 60 moulins environ actionnés par l’eau : on y broie et on y presse la canne. Le suc exprimé est versé dans de très grands chaudrons, puis bouilli, puis versé dans des moules en forme de pain de sucre."

Navigation de Lisbonne à l’île de São Tomé par un pilote portugais anonyme, v. 1545.

Document 2: Esclaves et sucre à Sao Tomé


Document 3: L'arrivée du sucre dans les Caraïbes


"Il n’y en avait pas un qui savait ce que c’était, jusqu’à ce que Gonzalo de Velosa y amenât les maîtres du sucre […]. Avec grand travail, il fit un pressoir et fut le premier à faire du sucre en cette île. […] Certains des [engins nécessaires à la fabrication du sucre] coûtent dix à douze mille ducats d’or et plus avant qu’ils ne soient en état de moudre, parce qu’il faut qu’il y ait continûment quatre-vingts à cent Maures1 […] pour être bien ordonnés et servis, et un troupeau ou deux de deux ou trois mille boeufs et vaches pour les nourrir […]. Outre cela, il faut donner de bons gages aux manoeuvriers et maîtres qui font le sucre et avoir des chariots pour transporter et mener le bois à ceux qui cuisent le pain, qui nettoient et arrosent les cannes, ou font autre chose […]. Cet engin fut donc le premier qui ait jamais été en cette île. Avant qu’il n’y eût des sucres, les navires retournaient en Espagne vides ; mais maintenant ils y retournent plus chargés des dits sucres qu’ils n’étaient à l’arrivée, et avec une cargaison plus profitable."

Gonzalo Fernandez de Oviedo y Valdés, L’Histoire naturelle et générale des Indes, 1535.

1. Le terme désigne des populations originaires du Maghreb ou plus généralement d’Afrique.

Etape 2: A partir de tous les documents, rédigez un paragraphe argumenté construit pour répondre à la question: Comment le développement d'une économie sucrière entraîne-t-il la systémisation de l'esclavage africain?

Document 6: Le fonctionnement des plantations, Théodore de Bry, America, 1594, gravure

Document 5: Les plantations vues par un jésuite


"Dans chacune [des plantations], il y avait généralement six, huit ou plus de foyers de blancs, et au moins soixante esclaves, nécessaires pour le service quotidien, mais la plupart ont cent à deux cents esclaves de Guinée et du pays. […] L’ouvrage est généralement commencé à minuit et se termine le lendemain vers trois ou quatre heures de l’après-midi. […] Le travail est insupportable, les serviteurs toujours à l’ouvrage, et par conséquent de nombreux esclaves en meurent."

Fernão Cardim, Traité sur le pays et les habitants du Brésil, début du XVIIe siècle.

Document 4: Schéma d'une plantation