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Transcript

Quai de Ouistreham

un reportage de
Florence AUBENAS

reportage paru le 25 février 2010, après avoir été publié dans le journal Libération.

extrait 1 - L'abattage

extrait 1



extrait 2 - la "Bête"

extrait 2

extrait 3 - L'annonce

extrait 3


extrait 4 - Le cheval blanc

extrait 4


-> questions

questions sur l'extrait 1

DOC.1

la naissance du grand reportage

Corrections

Questions et corrections


1 - Quelles informations Florence Aubenas nous livre-t-elle sur le quotidien d’une agence Pôle Emploi ?


Les informations sur le fonctionnement de l'agence sont minimales : on comprend que les employés sont affectés à différents services étanches et que les clients de l'agence y font la queue. Le quotidien semble donc avant tout marqué par les destins humains qui s'y jouent au sein même de la vie ordinaire.


2 - Identifiez les choix d’écriture de la journaliste :


--> graphie de certains mots


Les paroles sont rapportées directement - et sans déformation -, ce que montre l'emploi constant des guillemets ( on appelle cela le discours direct).


Ligne 24 , la graphie imite la manière dont la femme détache ses syllabes pour lui donner du poids et d'autorité : cela permet d'imiter son ton, de mimer la parole orale et de lui donner plus de présence, une présence théâtrale.


--> emploi des temps verbaux


le systèmes des temps est celui du présent.

Le présent est le temps principal, et nous permet de nous placer au même niveau que les autres témoins de la scène dans l'agence. face à cette "scène" quasi théâtrale ou cinématographique : le lecteur ou la lectrice a l'impression de faire partie du public (ou de l'auditoire).


--> recours à des images (comparaisons ou métaphores)


la métaphore initiale du titre, "L'abattage", crée dans notre esprit un imaginaire menaçant, digne des pires thrillers.


Ligne 15, la femme est décrite comme "possédée par son histoire". C'est là encore une métaphore. L'idée de possession renvoie à celle de la folie, mais aussi aux héros et héroïnes tragiques des tragédies antiques, possédées par les Dieux qui les manipulent comme des jouets et font peser sur eux la fatalité.


Lors de l'explosion finale, dans le dernier paragraphe, les photocopieuse qui lancent des éclairs blancs, les téléphones qui émettent des trilles, les écrans qui continuent imperturbablement d'avertir les clients de Pôle Emploi , ainsi que le sac qui fait des moulinets, paraissent les seuls éléments doués de mouvement et presque de vie, alors que ce sont, justement, des objets ou des machines inanimés.


Interprétation : cette animation singulière souligne combien ces objets et ces machines sont dénués de toute émotion humaine... et font par contraste ressortir l'absurdité de cette mécanique sociale et la situation tragique de cette femme sans emploi, dont témoigne le silence des humains autour qui ont compris son désespoir.


3 - Quelle atmosphère le titre du passage et la progression du texte créent-ils ?


Le titre du passage est "l'abattage", ce qui évoque une image de violence, de destruction, de mise à mort aveugle des animaux dans l'esprit du lecteur ou de la lectrice. Le thème de l'inhumanité se dessine nettement ici.


L'atmosphère du passage est en effet de plus en plus pesante, à mesure que la tension dramatique s'accroit, par une description détaillée et soutenue des moindres gestes et paroles de la femme au chômage : cela crée une amplification, une sorte de grandissement du personnage, et lui donne un rôle central , un rôle d'héroïne tragique, alors qu'elle crie sa colère et son désespoir.

-> questions

questions sur l'extrait 2

-> questions

questions sur l'extrait 3

-> questions

questions sur l'extrait 4

Albert LONDRES

Pour entrer dans l'oeuvre

Pour entrer dans l’œuvre

A. Qu’est-ce qu’un reportage en journalisme ?

= > Doc. 1

B. Recherchez où se trouve Ouistreham – Riva Bella.

=> LIEN

C. Ecoutez l’interview de Florence Aubenas par Elise Lucet au 13 heures de France 2, et la présentation de l’oeuvre par l’auteur.

=> LIEN

D. Quelle est la démarche de Florence Aubenas ? Exposez-la.

Vous pourrez observer comme la journaliste devient un personnage de son récit.


E - le film tiré du reportage - scénario écrit par Emmanuel CARRERE

==> LIEN bande-annonce



=> LIEN : présentation Babelio



ouverture - Un roman jeunesse réaliste contemporain,
No et moi, par Delphine de VIGAN

Corrections

1/ Pourquoi Florence Aubenas a-t-elle choisi de rédiger son récit au présent ?


Le récit au présent nous donne l'impression d'être nous-mêmes témoins de la scène, qui se déroule sous nos yeux.

Cela nous rend proches de ce qui se passe, donne de l' actualité aux événements racontés.


2/ Comment la monobrosse est-elle décrite ? Dans quelle intention ?

La machine est décrite de manière subjective et imagée, comme un animal sauvage, ou comme un monstre presque légendaire.

[figure de style : la personnification - et plus précisément l'animalisation]

Par exemple, au deuxième paragraphe, on la compare à "un fauve sous le fouet d'un dompteur" , et, aux lignes 1-2, "on l'appelle la Bête parce qu'elle fait peur à tout le monde".

Les citations servent à prouver que l'interprétation que l'on donne est bien appuyée sur le texte.


Cela laisse planer une aura de mystère autour de cette machine et entretient une sorte de peur , comme devant les créatures fantastiques ou mythologiques.

L'intention de l'auteur est de susciter notre imaginaire.


3/ Observez les types et les formes de phrases. Identifiez le temps verbal principal. Quels effets ces procédés produisent-ils à la lecture du texte ?

Les paroles sont rapportées au style direct, d'où la variété des types et formes de phrases (phrases injonctives, interrogatives... de forme négative, exclamative). On note même des interjections qui animent cet épisode de manière tout à fait théâtrale.


Dans quelle position le lecteur se trouve-t-il ainsi placé ?


Le lecteur ou la lectrice se trouve placé en situation de témoin.


4/ À votre avis, pourquoi et dans quel but la journaliste a-t-elle choisi de rapporter cette anecdote ?


La journaliste a choisi de rapporter cette anecdote, à mon avis, afin de nous permettre d'assister à un épisode jamais montré de la vie courante, la formation d'agents d'entretien. Cet événement à priori peu marquant du quotidien , et même tout à fait prosaïque, a cependant quelque chose d' inédit : jamais personne n' a encore décrit cela. Ce reportage en immersion nous permet d'entrer dans les coulisses du monde des travailleurs précaires.


Mais il ne s'agit pas seulement de nous permettre d'être témoin de cela. Elle nous rend sensible aux émotions des participants, et notamment leur peur.

Elle nous montre également cette scène sous un jour comique, car des parallèles avec l'univers scolaire sont évidents : le lecteur ou la lectrice s'identifie ainsi, avec un peu de tendresse, peut-être, aux héros involontaires de ce combat improbable contre la "Bête".

Malgré le prosaïsme de la situation, nous sommes captés par la tension dramatique et un certain suspense. Florence AUBENAS s'est attachée à provoquer notre empathie envers les acteurs de cette scène.


LIEN : définition de l’héroï-comique


ouverture : l'odyssée tragique du MC-Ruby, un autre reportage

Document 1 : l'acte de naissance du grand reportage