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UN VOYAGE DANS LE TEMPS

La ville allemande de Dresde détruite par des bombardements alliés en février 1945.

vOUS ALLEZ VOUS TÉLÉPORTER D'ANNÉES EN ANNÉES AU LONG DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE
(1939 - 1945)

grâcE à cet incroyable progrès technique dont vous seul avez le secret, vous pourrez appuyer sur votre appareil pour voyager dans le temps.
votre but ? COMPRENDRE CE QUI S'EST PASSÉ PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE.

Remplissez LA FICHE d'EXO TOUT AU LONG DE VOTRE ENQUÊTE

vOUS pourrez à tout moment revenir à cette page centrale
si vous avez raté des informations importantes

Commencez votre enquête ici :

Si vous ne savez pas où cliquer pour continuer, utilisez ce bouton en haut à droite du site :

PARIS - SEPTEMBRE 1938

moscou - 4 SEPTEMBRE 1939

est de la france - DÉc. 1939

LONDRES - Juillet 1940

MINSK (RÉGION DE BIÉLORUSSIE, URSS), juillet 1941

PRès de leningrad, urss, dec. 1941

Pearl harbor, hawaï, 7 dec. 1941

ALEXANDRIE, Égypte, novembre 1942

TÉHÉRAN, Iran, septembre 1943

plages de normandie, 6 juin 1944

berlin, 30 avril 1945

Potsdam, All., 10 août 1945

SOMMAIRE

PARIS - SEPTEMBRE 1938

Vous interpelez ce monsieur :

"Bonjour !"


Il vous ignore.

Le propriétaire du kiosque pique du nez. Vous en profitez pour lire le journal :


"Guerre en Chine : le Japon en marche vers une victoire totale ?


Peu de choses entravent encore les projets de l’empereur Hirohito et de son ministre nationaliste Fumimaro Konoe, en poste depuis l’an dernier. Depuis quelques semaines, les divisions entre les communistes et les nationalistes chinois se font de plus en plus vives, ce qui permet à l’armée japonaise, techniquement supérieure, de progresser sur tous les théâtres d’opérations. Depuis 1931, les Japonais ont largement pris pied sur le continent asiatique en mettant sous leur coupe la Mandchourie, à travers l’État fantoche du Mandchoukouo. Cependant, c’est depuis l’an dernier, après l’incident du pont de Marco Polo, que l’Armée impériale japonaise a envahi la Chine avec une violence inouïe, massacrant des centaines de milliers de civils à Nankin. Un exemple de plus que la technique, mise entre les mains de barbares, produit les pires maux de la Terre."

Le propriétaire du kiosque dort encore. Vous lisez un deuxième article :


Le roi d’Abyssinie tient toujours tête aux fascistes


Contrairement à Victor-Emmanuel III d’Italie, qui a tout cédé à Benito Mussolini en lui donnant le pouvoir en 1922, Haïlé Sélassié, roi d’Abyssinie, ne laisse pas de résister aux ténèbres fascistes venues s’étendre sur ses terres. Depuis son arrivée au pouvoir après la marche sur Rome, porté par ses 30 000 fascistes qui n’ont pas d’autres idées que la haine de la démocratie et l’amour des vestiges de la gloire de l’empire romain, le « Duce » Mussolini ne semblait pas rencontrer d’obstacles à sa domination. Les Italiens ont embrassé sa dictature et le vénèrent comme le Messie. Il s’est uni à Hitler en octobre 1936. L’antique royaume d’Abyssinie, jamais conquis jusqu’alors, a été pour bonne part absorbé par cette nouvelle Afrique Orientale italienne dont Mussolini n’a cessé de s’enorgueillir depuis deux ans. Mais alors qu’il se targue d’être allé plus loin que l’empire des anciens Romains, il oublie bien vite tous ces Africains qui croient encore en leur liberté et qui ont encore du sang dans les veines. Espérons ceux-ci lui rappellent que le droit des peuples n’est pas qu’une façon de parler.


Mince, il se réveille. Vous vous éclipsez.

Vous avez pris le métro et vous vous mêlez à ce groupe d'hommes discutant actualité et lisant le journal.

Au bout de deux stations, vous osez leur demander si la situation asiatique et africaine les préoccupe eux aussi.


" - Euh… Non. Par contre, Hitler qui réarme l’Allemagne depuis 1934 – il a même réinstauré le service militaire obligatoire en 1935 ! – ça, ça m’inquiète. Mais ça fait 3 ans que personne ne dit rien. Et puis en mars, la Wehrmacht est entrée en Autriche et a annexé le pays. La France n’a rien fait. Même les Autrichiens ont voté pour donner leur accord ! Ils appellent ça l’Anschluss…


- Mais, cette annexion, c’était en mars… Votre journal titre encore là-dessus aujourd’hui ?


- Non, mais je lisais que la France vient de donner son accord à Munich pour que les Allemands s’emparent aussi des Sudètes. Ces régions allemandes de la Tchécoslovaquie vont rejoindre le Reich. Où Hitler va-t-il s’arrêter ?"


Deux autres hommes interviennent dans votre discussion :

"- Tous les pacifistes sont contents. La France ne déclare pas une nouvelle guerre à l’Allemagne.


- Tant mieux ! Et si les Autrichiens et les Tchécoslovaques sont d’accord, moi je ne vois pas de problème. Chacun chez soi, chacun ses soucis."

Poursuivez votre voyage.

Vous descendez au terminus et vous avez marché jusqu’au bois de Boulogne.

Ces Français se promènent paisiblement dans le parc. Ils ne semblent pas affectés par l’expansionnisme fasciste et nationaliste dans le monde. Vous comprenez que ce n’est pas là que vous trouverez vos réponses.

MOSCOU - 4 SEPTEMBRE 1939

C’est toujours l’automne, mais votre téléporteur vous informe qu’un an a passé depuis Paris.

L'Europe entre en guerre


"Après avoir conquis l’Autriche, la Bohême et la Moravie avec le consentement des populations germanophones de ces territoires, le régime hitlérien a voulu poursuivre la conquête de son « espace vital » (Lebensraum). Il s’est tourné vers un territoire slave, la Pologne, qu’il veut soumettre à l’est. Le 1er septembre 1939, la Wehrmacht (l’armée de terre du Reich) a franchi la frontière. Elle mène une guerre-éclair (= Blitzkrieg) qui lui permet d’avancer rapidement en Pologne grâce à ses Panzerdivisions (divisions de chars mobiles et très sophistiqués).

La France et l’Angleterre, alliés de la Pologne, ne sont pas restés inactifs face à l’expansionnisme nazi : le 3 septembre, ils ont déclaré la guerre à l’Allemagne."


Уходи ! Я опаздываю в школу.

Après la lecture du journal, vous demandez au Moscovite à côté de vous :


" - Mais alors, l’URSS aussi entre en guerre contre les Allemands ?

- Niet."


Il vous regarde, méfiant, et s’en va précipitamment.

Vous reconnaissez le ministère des affaires étrangères. Vous y entrez pour espérer mieux comprendre l’absence de réaction soviétique.

Vous osez entrer dans ce bureau et vous vous faites passer pour un journaliste de la Правдa (Pravda, le journal officiel).

" - Bonjour. Je suis journaliste pour la Pravda. Excusez-moi mais, puisque les fascistes allemands et les italiens s’opposent aux idéaux communistes, mes camarades et moi, nous nous demandons si nous devons réagir à leur politique expansionniste.


- Notre camarade Staline, le Père des peuples soviétiques, se bat déjà contre les nationalistes japonais à l’est. En mai, ils ont voulu passer la frontière au nord : depuis mai, nous nous battons pour les en empêcher autour de Khalkhin Gol.

Et nous sommes en train de gagner ! On a bien arrêté leur extension au nord."

En aparté, il vous donne tout de même une feuille annotée :


« Notre ministre des affaires étrangères, Molotov, a signé avec l’Allemagne nazie un pacte de non-agression le 23 août dernier. Nous étions d’accord : même si Hitler attaquait la Pologne, nous ne l’empêcherions pas. Au contraire, à terme, nous nous partagerons le pays. »


Vous a-t-il pris pour un espion pour vous confier une information si importante ?


La signature du pacte en présence de Staline.


Dans le regard apeuré du deuxième homme, vous comprenez qu’il ne faut pas critiquer la politique de Staline. Le souvenir des Grandes Purges est vivace.

Vous partez rapidement.

Lorsque vous sortez du ministère, il vous semble que vous êtes suivi… Vous marchez quelques centaines de mètres, puis, pour éviter que le NKVD (la police secrète) ne vous attrape, vous préférez changer d’époque.

EST DE LA FRANCE - DEC 1939

« Euh… Bonjour. Je suis journaliste pour l’Excelsior. Je fais un reportage d’actualité. Puis-je vous demander ce que vous faites ?


- Le sergent et le colonel sont d’accord avec votre venue ? Bah, de toute façon, ce n’est pas un secret. On attend les Boches… Depuis septembre ! Bref, on s’ennuie. Hier, on a même joué aux cartes avec les Britanniques.

La partie de jeu de cartes avec les Britanniques. Les deux nations sont alliées depuis la Première Guerre mondiale.


Vous ne comprenez pas :


« - Mais ne sommes-nous pas sur le front ? Les Allemands ne sont pas loin d’ici, non ?


- Non, ils sont de l’autre côté de la frontière à l’est. Mais personne n’attaque l’autre. On attend depuis septembre. C’est une drôle de guerre, hein ?

- Et pourquoi pensez-vous que le gouvernement de la IIIe République ne réagit pas ?


- Daladier, les députés et l’état-major ne veulent pas prendre l’initiative de l’attaque. On a construit des forts tout au long de la frontière depuis 15 ans, et elle est belle notre ligne Maginot. Regardez, l’Anglais d’hier m’a montré ça.



Du coup, les Boches n’attaquent pas. Pourtant, ils ont déjà conquis toute la Pologne. Ça leur a pris un mois. Puis en octobre, ils se sont partagés le pays en deux avec les Soviétiques. Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre qu’ils viennent nous voir ! »



Vous attendez quelques jours avec les soldats français et anglais, mais vous vous ennuyez vite.

Vous décidez d’accélérer votre enquête.

LONDRES
JUILLET 1940

Quelle architecture… et quelle antenne. Vous vous approchez et comprenez que ce sont les studios de la BBC à Londres. Vous entrez.

C'est la cantine de la BBC. On ne vous a pas permis d'entrer dans les studios car on enregistre encore des émissions.

À la cantine, des clowns, invités d’une émission, font l’animation.

La femme, hilare, vous dit :

« - Il fait bon de rire en ce moment ! Ils pourraient presque nous faire oublier tous nos soucis !

- Vous parlez de la guerre ?


- Bien sûr, de quoi d’autre ? Vu votre accent, vous devez être Français. Êtes-vous au courant que les Allemands ont envahi la France ? »


Vous allez chercher des informations plus précises ailleurs.

Dans un studio où on enregistre une émission d’information, le journaliste a fini son travail. Vous l’interrogez et il vous répond gentiment :


« Le 10 mai 1940, Hitler a mis fin à la longue attente française. Il a fait pénétrer ses troupes en Belgique et aux Pays-Bas, violant la neutralité de ces deux états, pour attaquer les Français par le point le plus faible de sa défense, à travers les Ardennes. Il a pris la ligne Maginot à revers, puis est remonté vers la Picardie et le Nord : 200 000 soldats britanniques et 130 000 soldats français se sont réfugiés en Angleterre en embarquant à Dunkerque sous les tirs allemands.

Devant l’avancée allemande, le gouvernement français s’est d’abord réfugié à Tours, puis à Bordeaux. Cependant, le 22 juin, la défaite française a été officialisée par le maréchal Pétain, qui a pris le pouvoir quelques jours avant. Il a signé l’armistice à Rethondes.

Les Allemands occupent depuis le nord de la France. Ils ont laissé le sud à Pétain, qui dirige depuis Vichy… Mais vous ne vous faites pas avoir, ce n’est pas une France ‘’libre’’, les Allemands menacent et influencent la politique de Pétain. »



Dépité, vous vous promenez dans la BBC. Il vous semble que des Français ont résisté, mais le journaliste n’en a pas parlé.


Puis, dans le hall, deux hommes vous interpellent. Ils ont entendu dire qu’un curieux Français rode dans les couloirs.


" - Vous êtes avec le général français ?


- Euh, non, je suis un civil.


- Je vois ça. Mais, puisqu’il souhaite organiser une résistance depuis l’étranger, je pensais que vous étiez avec lui.


- Avec qui ?"


Il vous donne un papier en vous expliquant que De Gaulle est venu enregistrer ici-même son appel le 18 juin.



"Oui, Madame. Prenez l'escalier sur la gauche, 3ème étage."

Vous restez à l'hôtel quelques semaines.

Vous souhaitez entrer en contact avec ces résistants de la première heure, mais ils sont encore peu nombreux. Vous restez à l’hôtel, écoutant chaque jour les nouvelles de la bataille maritime qui fait rage entre Royaume-Uni et Allemagne en mer du Nord.

Le 24 août, alors que vous vous promenez comme chaque jour dans les rues, vous entendez les premiers bombardements.

Un bombardier allemand de la Luftwaffe.

Londres est en feu...

Pendant un mois, vous restez à Londres, aidant les pompiers et les sauveteurs comme vous pouvez. Mais le Blitz est de plus en plus intense.

Vous confiez votre peur au pompier avec qui vous travaillez dans les décombres, après une longue nuit de bombardement.


« Ah, tu trouves ça inquiétant ? J’ai entendu que c’était de pire en pire : les Nazis se renforcent. Le 27, ils ont signé une alliance tripartite avec les Japonais et les Italiens. Ils détestent tous les trois la démocratie. Mais cet Axe peut faire ce qu’il veut, le roi et le gouvernement vont nous faire gagner. Depuis que Churchill a remplacé Chamberlain en mai, j’en suis sûr : Londres va tenir. »

Vous risquez cependant de mourir le midi-même dans l’effondrement d’un immeuble. Vous quittez les pompiers et reprenez votre enquête.

MINSK, RÉGION BIÉLORUSSE DE L'urss, juillet 1941

Les alentours sont dévastés par les combats. Vous sentez l’odeur du soufre. Vous entendez des bombardements et le bruit des chars de la Panzerdivision tout près.

Vous adoptez votre meilleur allemand et vous vous faites passer pour un reporter du Stürmer. Les officiers sont méfiants, vous préférez fuir.

Après plusieurs heures de marche, vous arrivez à Minsk. Il y a des soldats nazis partout.


Vous vous faufilez dans la foule et, fort de votre expérience londonienne, vous aidez efficacement à déblayer les décombres.

Une Biolérusse accepte finalement de vous racontez ce qu’il se passe :


« - Oui, oui, vous êtes au courant pour le pacte de 1939 entre l’URSS et l’Allemagne nazie. Oh, il a permis à Hitler d’affronter l’Angleterre et la France sans ouvrir un second front à l’est. Mais son idéologie irrationnelle d’« espace vital » et d’infériorité slave, mêlée à son aversion pour le communisme, l’a poussé à briser le pacte germano-soviétique.

Le 22 juin 1941, il a lancé l’opération Barbarossa et a envahi notre territoire. Notre armée soviétique a été prise de court par les quatre millions de soldats allemands, leurs 3300 chars et leurs 5000 avions. Si Staline n’avait pas purgé l’armée … Enfin, ça reste entre nous.

Ils ont réussi à prendre Minsk dès le 26 juin. La Wehrmacht est déjà à Leningrad au nord et à Kiev au sud. »


Un enfant apeuré vous implore de l’aider : sa famille a été massacrée. La femme avec qui vous parlez lui répond sèchement :


« - Qu’est-ce que tu veux qu’il fasse pour toi ? Les Nazis nous détestent. » Elle reprend avec vous : « On raconte des histoires atroces sur ce qu’ils font aux communistes, aux juifs, aux soldats prisonniers… à presque n’importe quel slave en fait. Si vous avez les moyens de partir, fuyez ! »

Vous recherchez le petit garçon pour l’emmener et le protéger, mais vous ne le retrouvez pas et une patrouille allemande vous oblige à fuir. Mais vous vous inquiétez pour le sort des populations russes.

SUR LE FRONT, Près de leningrad, URSS, DEC. 1941

Le froid est glacial. Vous tentez de vous protégez contre le vent, mais même vos cheveux se mettent à geler. Votre téléporteur vous indique qu’il fait – 30 °.

Des soldats soviétiques harassés passent près de vous. Vous leur proposez des biscuits et de la vodka. Ils acceptent et finalement, vous commencez à discuter un peu.

Ils vous racontent qu’ils viennent de l’est de l’URSS : Staline a stoppé le conflit avec le Japon pour rapatrier les troupes à l’Ouest. Les Nazis ne s’y attendaient pas. Puis ils se moquent des soldats allemands, incapables d’après eux de résister au petit coup de froid.

Pour une fois, vous comprenez les Allemands. Vous ne sentez plus vos mains et vos pieds.

Le soldat rajoute : « Hitler voulait nous écraser : voilà que 80 % de son armée est immobilisée par notre armée rouge. Je te le dis l’étranger, ces faibles fascistes ne tiendront pas dans cette guerre d’usure ! »


Vous cherchez désespérément à vous réchauffer et quittez donc vos nouveaux camarades.

pearl harbor, hAwaï, 7 DECembre 1941

Il fait beaucoup plus chaud ici ! En décembre, dans les îles Hawaï, il fait 25° en moyenne.

La température a endommagé votre appareil : il s’est téléporté dans l’espace, mais pas dans le temps. Vous êtes toujours en décembre 1941.

Vous êtes épuisé. Vous irez bien vous trouver un hôtel.

Vous entendez des avions, puis à nouveau, des bombardements. Après des mois de voyage dans le temps, vous avez appris à reconnaître les différents appareils. Vous en êtes sûr, ce sont des avions japonais. Depuis l’invasion de la Chine, il ne fait plus aucun doute que le gouvernement nationaliste japonais se constitue un empire en Asie du Sud-Est. Mais que font-ils ici ?


Les avions visent des navires et des bâtiments militaires.

Ce drapeau vous le confirme, vous êtes aux États-Unis. Or, depuis le début de la guerre, le président Roosevelt n’a réagi ni à l’expansion nazie en Europe, ni à celle du Japon en Asie et dans le Pacifique. Il s’est contenté d’une aide financière et matérielle vers le théâtre européen, et il a préservé la paix chérie par l’opinion publique américaine. Vous êtes d’autant plus intrigué : les Japonais ont attaqué par surprise un pays neutre.


D’ailleurs, le jeune soldat, hébété, vous explique qu’une grande partie de la flotte américaine mouille ici. Il s’inquiète du désastre.


Au café, vous avez entendu que les États-Unis entrent officiellement en guerre aux côtés des Alliés. Mais vous constatez qu’il va falloir des semaines à la Marine pour réparer les dégâts.


Il vous semblait que les Alliés gagnaient la guerre. Mais vous comprenez de moins en moins comment ils ont pu faire…

ALEXANDRIE, Égypte, NOVEMBRE 1942

Enfin autre chose que des bombardements et des zones dévastées par la guerre !


Vous vous asseyez sur la plage et tendez l’oreille. Ces familles vous semblent d’abord loin des soucis de la guerre, mais leurs conversations ne tournent qu’autour de ça.

Ce mari dit à sa femme de ne pas s’inquiéter des Italiens. Malgré l’aide nazie, ils auraient été repoussés.


Ces femmes parlent des Nazis débarqués en Afrique du Nord en 1940. Elles semblent en avoir peur.

Ce groupe de commerçants se plaint des taxes de plus en plus élevées à cause du conflit.


Vous commencez à discuter avec deux jeunes Égyptiens sympathiques. Ils comprennent que vous êtes Français et disent connaître une bonne adresse pour aller se rafraichir.

En passant par l’avenue Fouad, vous achetez un journal britannique :


QUE DE VICTOIRES DÉCISIVES POUR L’ALLIANCE


Au début de l’année, l’Empire britannique s’est réjoui de l’entrée en guerre des États-Unis. Mais pendant six mois, ses alliés ne gagnaient aucune victoire d’envergure dans le Pacifique. La bataille de Midway a cependant marqué un tournant.


Les Japonais avaient lancé, le 4 juin 1942, sur l’îlot américain de Midway une armada de 200 navires et 700 avions. Les services de renseignement de l’amiral américain Spruance ont cependant déchiffré les messages ennemis et se sont déployés en secret au nord-est de l’île. L’effet de surprise et leur supériorité dans les airs leur ont permis de prendre le dessus et de remporter la victoire le 7 juin. Les Américains ont stoppé pour la première fois l’avancée nippone.


Et nous apprenons avec joie que les Américains continuent leur reconquête du Pacifique. Ils viennent de défaire les Nippons sur l’île de Guadalcanal et reprennent progressivement tout l’archipel des Salomon.

Le Royaume-Uni et son empire soutiennent ses Alliés !


Au café, les deux jeunes égyptiens vous expliquent que seul leur pays n’est pas tombé aux mains de l’Axe. La Libye italienne a vite été rejointe par le Maghreb, colonies françaises sous le gouvernement de Pétain depuis 1940.

Ils ont longtemps craint de se faire envahir, mais ils se réjouissent désormais de la récente victoire d’El-Alamein (octobre-novembre 1942), à la frontière entre la Libye et l’Égypte. L’Empire britannique a définitivement repoussé l’Axe !

Le serveur français reconnait votre accent et vous annonce qu’il vous offre le verre ! Il déborde d’enthousiasme : les Américains et les Britanniques ont débarqué au Maroc et en Algérie et ont libéré ces peuples !


Vous reprenez espoir pour les Alliés ! Ils semblent avoir renversé le cours de la guerre.


Des soldats britanniques près d'Alger, novembre 1942.



Un café français en Égypte ; voilà donc où vos nouveaux amis vous menaient.

Téhéran, iran, sept 1943

Vous vous infiltrez en douce à l’intérieur de l’ambassade par la fenêtre laissée ouverte. Vous trouvez des rapports sur la souffrance des civils pendant la guerre.

Le rapport est alarmiste : famines, violences, destructions des villes, des terres agricoles… Il y a beaucoup de chiffres. Celui des victimes à Leningrad pendant le siège mené par les Nazis vous marque : 1 million de civils ont trouvé la mort depuis septembre 1941. À Stalingrad, plus au sud, 300 000 civils sont morts…

Vous trouvez aussi une photographie de la ville allemande d’Hambourg, pilonnée par les Alliés entre le 25 juillet et le 3 août 1943.


L’aviation alliée a quasiment détruit la ville, tué 45 000 civils et fait 1 million de sans-abris. L’opération Gomorrhe visait Hambourg pour démoraliser les Allemands et pour détruire ce port stratégique pour la Kriegsmarine du régime nazi.


Blême, vous reposez ce document.

Ces deux hommes sont Sir John Dill et Sir Andrew Cunningham, des diplomates britanniques. Ils semblent très occupés et ne remarquent pas votre présence.


Le garde vous explique qu’à l’ambassade soviétique, les Alliés organisent une grande conférence, mais il n’en sait pas beaucoup plus.

C’est l’ambassade britannique à Téhéran. Le territoire est contrôlé par les Britanniques depuis le début de la guerre pour sécuriser les sources d’hydrocarbures, nécessaires au ravitaillement des armées et de l’économie.


Vous entrez dans l’ambassade soviétique où se tient, entre le 28 novembre et le 1er décembre, une conférence pour préparer la fin de la guerre. Vous vous faites à nouveau passer pour un journaliste.


Staline en personne ! Il exulte. Il parle de la puissance soviétique et de la gloire des sacrifiés de Stalingrad.

Les proches de Staline racontent à qui veut l’entendre le récit de la bataille de Stalingrad. Vous tendez l’oreille :


En septembre 1942, empêtré dans une guerre d’usure immobile depuis l’hiver 1941, le général allemand Friedrich Paulus avait décidé de reprendre la Blitzkrieg pour poursuivre la conquête de l’URSS. Il avait forcé la ligne ennemie par le sud, pour atteindre les gisements pétroliers du Caucase, où il voulait s’approvisionner et préparer une attaque en revers sur Moscou.

Au bord de la Volga, la ville de Stalingrad était donc apparue comme un verrou stratégique. Les troupes allemandes s’y étaient battues pendant deux mois pour essayer d’en prendre le contrôle. Dans ce conflit urbain meurtrier contre l’Armée rouge, à la grenade et à la baïonnette, les troupes s’affrontaient pour chaque rue, chaque maison.

Pour débloquer la situation, les Soviétiques se sont divisés en deux colonnes. Le 22 novembre 1942, ils ont contourné par le nord et par le sud la ville et ils ont encerclé les 330 000 soldats de l’Axe.

Le 2 février 1943, l’armée allemande assiégée a capitulé. Hitler a perdu un demi-million d’hommes et le soutien inconditionnel de l’opinion publique allemande. Il enchaîne depuis défaite sur défaite sur le front Est. La bataille de Stalingrad est un tournant majeur de la Seconde Guerre mondiale.


Le 2 février 1943, au milieu des ruines, ces deux snipers soviétiques lèvent leurs fusils pour célébrer la victoire de Staline. Stalingrad a tenu.


Les voilà assis tous les trois : Staline, Roosevelt et Churchill. Vous sentez que cette séance photo va être historique…


Puisque vous êtes journaliste, on ne vous raconte pas trop ce qui s’est décidé ici. On se contente de vous dire que depuis que les Alliés reprennent du terrain sur tous les fronts, on pense à la sortie de guerre.

Vous entendez cependant au détour d’un couloir que des débarquements sont prévus en France.

plages de normandie,
6 juin 1944

C’est chez vous, en Normandie ! Vous reconnaissez ces plages de sable très vastes, les dunes au fond…

Vous êtes dans une barge de débarquement avec des troupes américaines. Les soldats semblent nerveux – certains prient, certains sont très jeunes.


Vous ne les embêtez pas avec vos questions. Vous avez compris la situation : ils viennent de traverser la Manche depuis l’Angleterre. En face, ce sont les 105 000 hommes de l’armée d’occupation allemande, stationnés sur le Mur de l’Atlantique.

Les Allemands ont une position de hauteur, stratégique. Seule la surprise est à l'avantage des Alliés.

Vous ne débarquez pas avec ces 156 000 soldats ; vous êtes moins courageux. Vous restez caché pendant le combat. 10 300 hommes vont mourir sous vos yeux et sur les quatre plages alentours.

Vous contemplez l’ampleur de l’opération Overlord. Six divisions, dirigée par le général américain Eisenhower, appuyées par 10 000 avions et trois divisions aéroportées ont débarqué en France. Ces Américains, Canadiens, Britanniques et Français vont continuer à se battre pendant plusieurs semaines pour prendre le contrôle de la Bretagne et de la Normandie.

Ils ne reprendront tout le territoire français qu’à la fin de l’été 1944.


Vous savez que votre voyage touche à sa fin. Vous décidez d’aller voir les vaincus.

Le jour touche à sa fin.

Berlin,
30 avril 1945

Vous vous y attendiez : la ville est détruite par les bombardements. La porte de Brandebourg n’est plus ce qu’elle était.

Ici, comme à Dresde ou à Hambourg, les bombardements ont été très violents.

Ces soldats allemands vous paraissent très jeunes : face à l’arrivée des Américains à l’ouest et des Russes à l’est, Hitler a enrôlé tous les Allemands à partir de 15 ans. Avec ces renforts et les nouveaux missiles V1 et V2, il comptait renverser le cours de la campagne d’Allemagne – en vain.

Les Allemands survivent comme ils peuvent, au milieu des décombres, touchés par la famine et les restrictions depuis 1944.


Le cadavre de ce soldat allemand vous choque. Il n’est pourtant pas la seule victime d’une campagne qui tue 30 000 personnes chaque jour depuis le début du mois.


Où courent ces soldats soviétiques victorieux ? Ils n’ont plus besoin de se presser : depuis le déclenchement de l’opération Bagration le 22 juin 1944, ces quatre soldats et leurs 1 250 000 camarades ont fait subir aux 400 000 soldats allemands défaites sur défaites. Les Nazis se sont entêtés à tenir les villes, mais cette stratégie a été désastreuse car les Soviétiques se sont contentés de les contourner et de les encercler, tout en poursuivant leur progression vers Berlin.



Le drapeau rouge des Soviétiques flotte sur le Reichtag, le Parlement allemand : tout un symbole. Cette photo est une mise en scène : le soldat a brandi à nouveau son drapeau pour que le moment soit immortalisé.

Puisque ces hommes ne semblent pas beaucoup considérer les Nazis, vous leur demandez où est Hitler :


" - Il s’est suicidé dans son bunker le 30 avril !

- Houra ! crie l'homme à côté.

- Ah, il n’a même pas osé venir signer la capitulation sans condition à Reims le 7 mai devant les Américains, ni le 8 mai ici à Berlin devant nous ! "


Ils jubilent, la guerre est finie en Europe.


Vous restez quelques mois dans le Berlin détruit, attendant des nouvelles de la fin de la guerre en Asie.

La Chancellerie. L’aigle du Reich est démis par ces soldats soviétiques et quelques civils.

POTSDAM,
10 AOÛT 1945

Cette ville princière de la banlieue sud de Berlin a elle aussi été ravagée. C’est pourtant ici que les Alliés se rassemblent à nouveau pour décider du sort du monde.

Sur le mur, vous trouvez accroché une carte postale du parc de Sanssouci avant la guerre : aujourd’hui, le parc est vide. Le bilan humain pèse sur la démographie européenne et mondiale. On compte entre 60 et 75 millions de mort, dont 60 % de civils. Les Allemands ont perdu 6 millions d’hommes et de femmes, mais l’URSS est le pays le plus endeuillé avec 28 millions de victimes.


Des bâtiments détruits… Comme 60 % des villes européennes, Potsdam a été bombardée pendant la guerre. Les bombes ont tout ravagé : 50 % des terres agricoles sont sinistrées, 50 % des installations industrielles, 40 % des maisons en Allemagne…


Vous vous arrêtez dans une petite boutique de Potsdam pour achetez des journaux.


Celui-ci vous a tapé dans l’œil : « Atombomben auf Japan » ?


L’article vous fait un bon résumé de la situation dans le Pacifique :

« À partir de l’été 1943, les forces américaines reconquièrent une à une les îles du Pacifique. Au printemps 1945, ils débarquent à Okinawa, au sud de l’archipel nippon. Les Japonais ont perdu l’essentiel de leur flotte. L’armée encourage cependant ses soldats à ne jamais accepter le déshonneur de la reddition et des kamikazes (avions suicides) sont envoyés sur des navires américains.

Pour en finir avec ce conflit qui risque de se prolonger, le nouveau président américain, Harry Truman, décide d’envoyer la bombe atomique, récemment mise au point et testée dans le désert américain, sur la ville de Hiroshima le 6 août 1945. Le 9 août, une seconde bombe est envoyée sur la ville de Nagasaki. Ces deux engins provoquent la mort directe et indirecte de milliers de civils et la destruction de ces deux villes. »

Le nuage radioactif de Fat Man, la bombe larguée le 9 août sur Nakasaki. À elle seule et de façon directe, la bombe a tué 38 000 personnes. Il faut ajouter à ce bilan les décès dus à des cancers développés a posteriori.



Vous revoilà pour la dernière fois infiltré en tant que journaliste. Vous reconnaissez Staline et Churchill, que vous avez déjà aperçus à Téhéran. Roosevelt est mort il y a quelques mois – les États-Unis sont représentés par Truman.

Cette fois-ci, ils annoncent haut et fort le sort de l’Allemagne : elle est divisée et occupée par quatre armées étrangères, mais ils ne veulent pas l’humilier comme en 1919. L’objectif affiché est la paix : personne n’a envie d’une revanche dans vingt ans.


Les Américains menaçant de poursuivre les bombardement et l’URSS ayant battu son armée en Chine et en Corée, le Japon capitule le 2 septembre 1945.

vOus revenez à notre Époque au terme de ce voyage à travers la page la plus meurtrière de l'histoire.

pour finir vos exercices, vous pouvez retourner au menu si besoin.