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L'année 1968

L'année 1968 est une année révolutionnaire partout dans le monde, celles des étudiants de Berlin, de Rome, de Tokyo ou de Mexico ; ces jeunes baby-boomers, issus de la génération née après la Seconde Guerre mondiale et à une époque où le monde se divise en deux camps. Même au cœur de l’Europe des démocraties populaires, le mouvement étudiant polonais ou le Printemps de Prague semblent montrer que l’exigence de liberté est universelle.

Berlin



En Allemagne de l'Ouest, la situation politique nationale accélère les manifestations au sein d'une génération de jeunes allemands nés après la guerre et défiante envers la génération précédente compromise avec le nazisme.

De 1967 jusqu'au printemps 1968, l'effervescence gagne les universités de Göttingen, de Francfort, l'université libre de Berlin : à Berlin-Ouest en effet se trouvent des étudiants venus de l'Est déçus de la RDA.

Les étudiants ont certes des demandes qui concernent leurs conditions d'études (trop peu de moyens, un accès trop fermé à l'enseignement supérieur, par exemple), mais elles vont au-delà. Ils portent une critique radicale de la RFA, tant de sa politique extérieure, que dans son projet de société, mêlant la société de consommation née du miracle économique des années 1950 à des tendances dictatoriales.

Parmi les actions les plus notables, les 16-17 février à l'Université Technique de Berlin-Ouest, se tient le congrès Vietnam, d'abord interdit par les autorités locales puis accompagné par une grande manifestation qui réunit près de 15 000 participants.

Le 11 avril, a lieu une tentative d'assassinat contre le leader étudiant Rudi Dutschke. De grandes manifestations, parfois violentes, répondent à cette tentative d'assassinat dans toutes les grandes villes universitaires de RFA, en particulier à Berlin et Munich ; elles sont rapidement réprimées et même le fils de Willy Brandt, alors ministre des Affaires étrangères, fait partie des étudiant arrêtés par la police. Dès le mois de mai, le mouvement décline.




Photographie d'une manifestation à Berlin

Articles :

A Berlin-Ouest LES " TROIS " OCCIDENTAUX SONGERAIENT A INTERDIRE CERTAINES MANIFESTATIONS POLITIQUES, paru le 5 août 1968 dans le Monde

BERLIN : trois manifestations au lieu de deux*, paru le 3 mai 1968 dans le Monde et écrit par Jean Paul Picaper

BERLIN-EST : des manifestations suivies d'arrestations auraient eu lieu, affirme l'agence ouest-allemande D.P.A., paru le 27 août 1968 dans le Monde

Autre source:

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021

Yougoslavie


En Yougoslavie, les étudiants occupent l’université de Belgrade le 2 juin 1968. En effet, ils aspirent à des réformes économiques autogestionnaires et manifestent contre la guerre du Vietnam. Des slogans comme « contre la bourgeoisie rouge », pour « l’autogestion de bas en haut » et pour une « planification autogestionnaire » apparaissent. Le mouvement ne dure que quelques jours puisque le président Josip Broz Tito tranche en leur faveur contre le Parti et sa bureaucratie. Le mouvement s’éteint donc.

Articles :

LES SOVIÉTIQUES S'EFFORCENT DE METTRE SUR PIED A PRAGUE UNE ÉQUIPE ACCEPTANT DE COLLABORER AVEC EUX La " Pravda " condamne l'" opportunisme droitier " de M. Dubcek Les manifestations de réprobation se multiplient dans le monde, paru le 23 août 1968 dans le Monde

MANIFESTATIONS ANTI-AMÉRICAINES A BELGRADE, paru le 8 avril 1968 dans le Monde

Autres sources:

1968, UNE ANNÉE DE MOBILISATIONS ÉTUDIANTES DANS LE MONDE, SciencesPo Bibliothèque consulté le 20 janvier 2022

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021


Pérou


Le 3 octobre 1968, un putsch porte au pouvoir le général Alvarado. Son programme de réformes a pour but de développer l’économie du pays en diminuant les intérêts des américains. En effet, dès le 9 octobre, l’entreprise américaine International Petroleum Corporation est nationalisée. Puis, il met en place un plan d’élimination de l’habitat précaire, pour éradiquer les bidonvilles de Lima. Cette première mesure sera suivie d’autres dans les années suivantes.


Article :

VIOLENTES MANIFESTATIONS A SANTIAGO-DU-CHILI, paru le 7 octobre 1968 dans le Monde

Autre source:

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021

Offensive du Têt au Sud Vietnam (de janvier à mars 1968) montre la détermination des communistes vietnamiens et retourne l’opinion américaine contre la guerre du Vietnam


En 1968, l’offensive du Têt contribue à retourner l’opinion américaine : dans plus d’une centaine de villes du Sud, le 30 janvier, des attaques menées par le Viet-Cong et l’armée du Nord-Vietnam déstabilisent les forces du Sud. Si la ville de Hué est un temps tenue par la guérilla communiste et que l’ambassade américaine à Saïgon est directement attaquée, c’est un échec militaire pour les forces communistes, qui perdent près de 90 000 soldats Viet-Cong, mais un succès politique qui prouve que la puissance de feu américaine est inutile : la sortie du conflit ne se fera qu’à l’issue de négociations. Ce constat mobilise encore davantage les opposants à l’engagement américain, tant aux Etats-Unis que dans le reste du monde. Le 13 mai s’ouvre la Conférence de Paris qui doit permettre un dialogue direct entre les Etats-Unis et le Nord-Vietnam ; ce n’est qu’en janvier suivant que les deux Etats vietnamiens sont invités à rejoindre la conférence. La résolution du conflit n’aboutira qu’avec les Accords de Paris en 1973.


Nous n'avons pas trouvé d'articles datant de 1968 portant sur ce sujet nous avons donc utilisé d'autres sources

Autres sources :

Il y a cinquante ans, l’offensive du Têt prenait par surprise les Américains au Vietnam, paru le 30 janvier 2018 dans le Monde

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021

L’année 1968 au Brésil : résistance politique contre la dictature


Le 1er avril 1964, le Brésil connait un coup d'Etat, organisé par des civils et des militaires, qui renversent le président João Goulard (1961-1964). C'est le début d'une dictature militaire qui durera 21 ans. Cette même année, le mouvement de protestation de étudiants, alors dans l'illégalité, organise clandestinement le Congrès de l'UNE, et convoque les étudiants dans la rue pour protester contre la politique éducative. L'occupation par les militaires de la Faculté de Médecine de L'Université du Brésil à Rio de Janeiro, entre dans l'histoire comme le "massacre de Praia Vermelha" parce que les étudiants y sont brutalement agressés. C'est ainsi que se configure la conjoncture nationale qui conduit à l'année 1968.

Le premier acte politique important de l'année 1968 a lieu fin mars. Lors d'une manifestation à Rio de Janeiro, pour défendre la permanence du restaurant Calabouco, réservé aux étudiants et que la dictature veut fermer, car elle le considère comme un local de réunion et de mobilisation. Lors de cette manifestation, le lycéen, Edson Luis Souto, est tué par les forces de police. Il devient alors un symbole de la lutte pour la démocratie.

La succession de manifestations et de conflits brutaux du mois de mai et juin aboutit à la grande " Passeata dos Cem mil" ( Manifestation des Cent mille), organisée le 26 juin.

L'année 1968 se termine avec la mise en place de l'Acte Institutionnel n°5, imposé par le régime militaire le 13 décembre. Entre autre, il suspend l'habeas corpus pour les crimes politiques, interdit la tenue de réunions (de quelque type que ce soit) et établit une censure. A partir de là, les revues de gauche sont fermées et de nombreux artistes sont arrêtés et obligés de quitter le pays. De la même manière, des professeurs d'Université sont sanctionnés par une retraite anticipée et beaucoup sont condamnés à l'exil.


Article :

LES DIRIGEANTS ÉTUDIANTS ANNONCENT DE NOUVELLES MANIFESTATIONS " CONTRE LA DICTATURE", paru le 26 octobre 1968 dans le Monde

Autre source:

L’année 1968 au Brésil : résistance politique contre la dictature, écrit par Angélica Müller, Open Edition Journals, consulté le 17 janvier 2022

Angleterre


En 1968, les étudiants anglais contestent l'apartheid en Rhodésie (le futur Zimbabwe) et en Afrique du Sud, la présence des bases américaines de l'OTAN. L'opposition à la guerre du Vietnam est un aspect essentiel de la contestation, d'autant que les universités accueillent aussi des étudiants américains: le 17 mars 1968, ce sont près de 250000 personnes qui manifestent devant l'ambassade américaine à Londres en criant "Ho Ho Ho Chi Minh!". Mais le mouvement étudiant se concentre surtout sur des revendications qui touchent au fonctionnement des universités plutôt que sur des combats politiques. Dès 1966, la London School of Economics devient le centre des contestations étudiantes dans la capitale. Les étudiants protestent à la fois contre les modalités de la nomination de leur nouveau directeur et contre le choix controversé de Walter Adams, ancien Chancelier de l'université de Rhodésie. Mais comparé à ce qu'il se passe en RFA, en Italie ou en France, la situation est calme. L'ouverture de la société et les acquis des années précédentes (abolition de la peine de mort, législation de la contraception et de l'avortement), permettent d'éviter toutes contestations des jeunes britanniques. Les universités n'ont pas ailleurs pas connu la massification vue sur le contient et restent largement réservées à une minorité de la jeunesse, issue notamment des élites de la société. Mais en mars 1967, le renvoi de deux étudiants à la London School, qui avaient exprimé leurs désaccords dans les médias, entraine l'occupation de l'école pendant neuf jours. Le mois de mai 1968 a été particulièrement agité dans les universités de Leeds et d'Essex, occupées à la suite d'incidents sanctionnés par le renvoi d'étudiants, ou encore à Warwick, Sturling ou Bristol et jusque dans les universités de Cambridge et d'Oxford. Le "Mai 1968" anglais s'inscrit dans un mouvement de contestation, marqué par des éclats de protestations alternants avec des moments plus calmes. D’autre part, l’agitation estudiantine n'est pas la seule contestation marquante de l’année 1968 au Royaume-Uni. Le 20 avril, un député conservateur, Enoch Powell, dénonce dans un discours à Birmingham l’immigration issue de l’ancien empire colonial et les dangers qu’elle représenterait pour le Royaume-Uni ( le "Rivers of Blood Speech"). Si les réactions sont très vives dans la presse, et que Edward Heath, le chef du Parti alors dans l’opposition, suspend Powell de son poste, l’opinion britannique semble sensible au discours de Powell.


Article:

Manifestations à la suite du projet de contingentement de l'immigration Une singulière maladresse, paru le 27 février 1968 dans le Monde et écrit par Alain Jacob

Autres sources:

UN « MAI ANGLAIS » ?, SciencesPo Bibliothèque consulté le 21 janvier 2022

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021


Sénégal:


Au Sénégal, débute le 27 mai une grève à l’université de Dakar ainsi que dans l’enseignement secondaire et quelques jours plus tard ce sont les syndicats qui appellent à la grève générale.

La réduction des bourses étudiantes déclenche la contestation à partir de mars. En effet, l’UDES critique la politique gouvernementale et organise une grève qui malgré les menaces du pouvoir, commence le 27 mai, et gagne aussitôt l’enseignement secondaire. L’Université de Dakar devient alors le théâtre d’affrontements avec la police ce qui aboutit à l’expulsion d’un millier d’étudiants étrangers et l’incarcération de dizaines de personnes. Les syndicats professionnels appellent en solidarité à une grève générale le 29 mai, tandis que des violences gagnent la ville de Dakar. Le président Senghor, qui a choisi la plus grande fermeté avec les étudiants dont il dénonce la proximité avec ceux de Paris, veut en revanche calmer la colère sociale et négocie avec les syndicats. Les étudiants et syndicalistes emprisonnés sont libérés. Le 13 juin des mesures sociales accordent des avantages salariaux conséquents. La grève étudiante dure toutefois jusqu’en septembre, mais là aussi s’achève sur la satisfaction des revendications étudiantes sur les bourses et la réintégration des exclus.

Autre source:

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021

Nigeria:


En Afrique, la guerre du Biafra qui a commencé en 1967, a été déclenchée par la sécession de la région orientale du Nigeria, qui s'auto-proclame République du Biafra sous la direction du colonel Ojukwu. En effet, cette région du sud-est du Nigéria, majoritairement peuplée d’Ibos et chrétienne, mais aussi riche en pétrole, a déclaré son indépendance et est entrée en rébellion. Le gouvernement fédéral envoie l’armée réprimer cette tentative sécessionniste : en mai 1968, les rebelles sont pris en étau après la prise d’Onitsha et de Port Harcourt. La France, qui soutient le Biafra, envoie alors des armes à la rébellion. Le blocus terrestre et maritime du Biafra par les troupes gouvernementales provoque, dans la région, une famine qui aurait entraîné la mort d'un à deux millions de personnes. Dès l’été, les images de cette terrible situation émeuvent les téléspectateurs du monde entier. La Croix-Rouge réussit à mettre en place un pont aérien pour en limiter les effets ; certains médecins français, qui veulent faire plus en alertant sur la situation et en réclamant le droit à agir, se détachent de la Croix-Rouge pour fonder un « Comité international contre le génocide au Biafra » et formeront après le conflit l’ONG Médecins Sans Frontières. La guerre du Biafra, elle, s’achèvera en 1970 avec la défaite des rebelles.


Article :

MANIFESTATIONS ANTIFRANÇAISES AU NIGÉRIA DU NORD, paru le 4 septembre 1968 dans le Monde

Autres sources:

La guerre du Biafra, Lumni, consulté le 22/01/2022

L'année 68 dans le monde: Biaffra le premier chaos humanitaire, écrit par Fabienne Sintès le 22 mars 2018 sur France inter

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021

En Italie, en 1968, le monde universitaire est le centre de la contestation.


Tout comme en France, la génération du baby-boom étant nombreuse, les universités ne sont pas prêtes pour accueillir un si grand nombre d’étudiants et les conditions de l’enseignement supérieur se dégradent. Manifestations, rassemblements, occupation de locaux universitaires et heurts avec la police se multiplient. Mais les raisons de ces luttes dépassent rapidement les revendications initiales (opposition au projet de loi Gui, augmentation possible des taxes, carences de l’enseignement, conditions des étudiants travailleurs, etc.) : les étudiants questionnent les fondements de la société capitaliste et des systèmes autoritaires et les femmes posent les bases d’une transformation radicale. A Rome, le 1er mars 1968, la « bataille de la Valle Giulia » fait des centaines de blessés, devant la faculté d’architecture que les étudiants tentent de conquérir. Des heurts entre la police et les étudiants ont lieu dès janvier à Florence, à Padoue, à Venise, puis à Turin, à Pise où la gare est occupée par les étudiants en avril, à Milan en décembre.

Le mouvement universitaire italien s'étend dès le début de cette année 1968 aux ouvriers des grandes villes industrielles comme Turin ou Milan. Le mai 1968 français et ses barricades influencent l'attitude du Parti communiste italien et de la Confédération générale italienne du travail qui s'opposent fortement à ces mouvements afin d'éviter que les conflits et les grèves ne suivent ceux de la France et n'échappent à leur contrôle. Malgré cette volonté, des manifestations et épisodes violents continuent comme celui de la répression policière du mouvement de grève des ouvriers agricoles en Avola en décembre 1968. Il s'avère que les jeunes gens venus du Sud pauvre qui gagnent les usines du Nord appartiennent à la même génération que les étudiants qui manifestent dans les universités. Ils peuvent donc se reconnaitre dans leur combat et les soutenir. Les élections législatives qui se tiennent le 19 mai permettent de canaliser le mouvement mais elles n'y mettent pas fin et l'on nomme "mai rampant" cette période d'agitation qui commence dès 1967 et se finit à l'automne 1969.


Article :

ITALIE : divergences entre syndicalistes et étudiants dans les manifestations de Rome, paru le 7 décembre 1968 dans le Monde et écrit par Jacques Nobécourt

Autre source:

LE LONG 68 ITALIEN, SciencesPo Bibliothèque consulté le 18 janvier 2022








Éclatant brusquement en France au printemps 1968, la crise touche d’abord l’université et finit par menacer le pouvoir. Elle ne peut donc être résumée à la simple révolte étudiante car elle remet en cause la société de consommation florissante depuis 1945.


Dans un premier temps, il s’agit d’une révolte de la jeunesse en France, protestant contre la guerre du Vietnam, les dysfonctionnements de l'enseignement supérieur et la société de consommation. La crise de mai 1968 prend racine dans le mouvement de contestation parti de l'université de Nanterre le 22 mars. En effet, les enfants du babyboom (ceux nés en 1945) ont désormais 21 ans et les locaux universitaires sont peu préparés à recevoir un si grand nombre d’élèves. Les effectifs étudiants ont ainsi plus que doublé entre 1958 et 1968, sans que les moyens matériels soient prévus. Les conditions d’étude se détériorent donc.

Les étudiants s’opposant aux CRS, les occupations d’université et les affrontements dans le quartier latin sont un signe de la radicalisation du mouvement et les slogans qui apparaissent alors dans les universités comme « Il est interdit d’interdire » témoignent d’une volonté révolutionnaire de changer la société.

Après les émeutes étudiantes du 10 mai réprimées dans la violence, la crise s'étend, dans un second temps, à de nombreux secteurs de la société française : près de dix millions de grévistes paralysent le pays en soutient aux étudiants. La gauche réclame alors un nouveau régime et se pose en recours possible. Le 25 mai, George Pompidou, Premier ministre, entame des négociations avec les syndicats (CGT, le syndicat patronal ...) pour mettre un terme à cette agitation sociale. Les accords de Grenelle sont signés le 27 mai mais rejetés par la rue. Les manifestations se poursuivent.

Alors que le pouvoir semble vaciller face à la mobilisation de la gauche et des syndicats qui tentent de canaliser cette mobilisation, le 30 mai, de Gaulle annonce la dissolution de l’Assemblée et demande un soutien civique des Français. Son appel est entendu : des centaines de milliers de manifestants sont favorables au retour à l’ordre. Progressivement en juin, les occupations d’usine et les grèves cessent. Aux élections des 23 et 30 juin, le parti gaulliste, rebaptisé UDR (Union pour la Défense de la République) emporte une large majorité, illustrant la division de la gauche et ses difficultés à exploiter les événements de mai.

La crise de mai 1968 est un symbole représentant une société en quête d'émancipation, d'acquérir valeur de mythe dans les mémoires.

Articles:

Aide au Vietnam

NOMBREUSES MANIFESTATIONS EN FAVEUR DU F.N.L, paru le 18 mars 1968 dans le Monde

LES MANIFESTATIONS A PARIS ET EN PROVINCE EN FAVEUR DE LA PAIX, paru le 22 février 1968 dans le Monde

Crise de mai 1968 :

LES MANIFESTATIONS ET LES GRÈVES EN PROVINCE, paru le 8 mai 1968 dans le Monde

CLERMONT-FERRAND : manifestations d'étudiants à la suite de la grève des cours à l'École des impôts, paru le 16 décembre 1968 dans le Monde

MANIFESTATIONS D'ETUDIANTS ET DE LYCEENS, paru le 18 novembre 1968 dans le Monde

Autres sources:

La crise de mai 1968, consulté le 17 janvier 2022

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021


Manifestations étudiantes et occupations d’universités au Japon contre la guerre du Vietnam et le traité d’alliance avec les USA


Au printemps 68, la révolte étudiante éclate au Japon, sur fond d’opposition à la guerre américaine au Vietnam. Un an de grèves et de combats, très violents, entre forces de l’ordre, l’extrême gauche et l’extrême droite.


Les grèves et manifestations étudiantes de 1968 se déroulent sur fond d’anti-américanisme (les Japonais et les Américains sont liés depuis 1952 par un traité de défense, qui est renouvelé en 1960), de refus d’augmentation des frais d’inscription à l’université et de refus de la guerre du Vietnam. En janvier 1968, des manifestations importantes suivent l’escale du porte-avions américain Enterprise à Sasebo, près de Nagasaki : menées par des étudiants de la Zengakuren (la Fédération japonaise des associations d’autogestion étudiantes, marxiste), ces manifestations auxquelles participe la population locale sont très brutalement réprimées.

Le mouvement est beaucoup plus long qu’en Occident. D’autant que certains le font même remonter à 1965, avec le début des manifestations et des coups de force. Le 26 janvier, les étudiants de la faculté de médecine de l’université publique de Tokyo entament un mouvement de grève qui gagne rapidement toutes les universités du pays. Le 15 juin, l’auditorium Yasuda est occupé : une tentative d’expulsion par les forces de l’ordre le 18 ne fait qu’élargir la contestation aux autres facultés, le mouvement se durcissant dans la contestation de l’arbitraire des professeurs. Au-delà de Tokyo, une trentaine d’universités sont concernées par la contestation. La plus violente et la plus médiatisée, sera celle en janvier 1969 à Tokyo de l’Université Todai. Le bâtiment est vidé, tous ses occupants, des étudiants de bonne famille, arrêtés. L’échec de cette bataille marque la fin du mouvement.


Articles :

Violentes manifestations au Japon contre la venue d'un porte-avions atomique, paru le 18 janvier 1968 dans le Monde

VIOLENTES MANIFESTATIONS ANTI-AMÉRICAINES AU JAPON, paru le 8 juin 1968 dans le Monde

JAPON : manifestations contre la présence d'un sous-marin atomique américain, paru le 20 décembre 1968 dans le Monde

Autres sources:

LES ÉTUDIANTS JAPONAIS EN 1968, écrit par Grégoire Sastre en avril 2018 dans SciencesPo Bibliothèques

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021

Corée du Nord


Cette année 1968 illustre un moment où la Corée du Nord relance les tensions avec le Sud : le 21 janvier, un commando nord-coréen franchit la ligne de démarcation entre les deux pays et tente d'assassiner le président Park Chung-hee, mais ce" Raid de la maison bleue" échoue.


Lors de ce raid, la Corée du Nord met sur place une équipe d'élite spéciale appelée "unité 124". Arrivés à moins de 100 mètres de la Maison Bleue, les Nord-Coréens sont cependant repérés au poste de contrôle de la résidence. Une fusillade éclate alors, lors de laquelle de nombreux civils sont blessés. Devenu le centre d'attention, le commando se disperse alors dans tout le secteur. Tous les membres font l'objet d'une traque et sont finalement tous tués sauf deux.

L'attention américaine est cependant très vite détournée du raid par la capture nord-coréenne deux jours plus tard, le 23 janvier, du navire de recherche USS Pueblo qui se situe au large des côtes nord-coréennes, mais selon les Etats-Unis dans les eaux internationales. Les conditions de détention des 83 marins capturés avec le navire sont particulièrement dures. Si la tension entre les Etats-Unis et la Corée du Nord ne dégénère pas à ce moment-là, c'est en partie parce que les Etats-Unis sont très occupés par le conflit vietnamien puisque l’offensive du Têt débute une semaine plus tard au Vietnam. Les marins sont libérés le 23 décembre, au terme d’une crise qui aura marqué l’année 1968 ; le navire, lui, ne sera jamais rendu aux Etats-Unis. L’incident du Pueblo, quant à lui, ne remet pas en cause la volonté américaine d’en rester aux termes de l’armistice de 1953 ; les Etats-Unis n’ont pas l’intention et les moyens de mener deux guerres en même temps en Asie.

En réponse au raid, la Corée du Sud organise un commando similaire appelé « unité 684 » et destiné à assassiner Kim Il-sung. La mission est cependant annulée en 1971 et la majorité des membres du commando est finalement tuée après s'être mutinée pour des raisons encore mystérieuses.


En raison des conditions politiques (dictature) dans lesquelles la Corée du Nord se trouve, nous n'avons pas pu intégrer de photographie.

Nous n'avons pas trouvé d'article sur Europresse, c'est pour cela que nous vous en proposons un autre.
Article:
Tentative d'assassinat du leader Sud-coréen, paru le 23 janvier 1968 dans le Monde

Autres sources:

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021

L'Histoire de la Corée du Nord, Wikipédia consulté le 17 janvier 2022

Uruguay


Le mouvement étudiant en Uruguay est particulièrement important. Pendant les mois qui s’écoulent entre la marche du 1er mai 1968 et l’arrêt de certaines universités le dimanche 22 septembre, de nombreuses grèves, des occupations de locaux, des manifestations ont lieu… En mai, une dizaine de lycées sont occupés, deux fermés pour cause de grève, trois fermés par le gouvernement de crainte qu’ils soient occupés, et les affrontements avec la police sont récurrents. En juillet, le gouvernement décrète la militarisation des fonctionnaires des secteurs de l’électricité, de l’eau, du pétrole et des télécommunications, touchés par des conflits, et un rapprochement se produit entre ouvriers et étudiants.


Article:

Manifestations d'étudiants et grèves à Montevideo, paru le 20 septembre 1968 dans le Monde

Autres sources:

La révolution de 1968 a transformé l’Amérique latine, écrit par Raùl Zibechi consulté le 20 janvier 2022

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021


Roumanie:


La Roumanie montre un changement sur le plan intérieur depuis que Ceausescu est au pouvoir, en 1965 : son discours au plenum du Comité central du Parti communiste roumain, en mars 1968, confirme une libéralisation qui se traduit par des réhabilitations. Sur le plan diplomatique et depuis l’accentuation du schisme sino-soviétique, la Roumanie prend ses distances avec Moscou en affirmant l’autonomie du pays : c’est ainsi qu’en 1968 Ceausescu reçoit De Gaulle en mai et refuse que son pays participe à la répression du Printemps de Prague en août. En effet, bien que membre du pacte de Varsovie, la Roumanie refuse que ses troupes participent à l'écrasement de cette manifestation. Cet acte spectaculaire d'indépendance garantit à Ceausescu, durant un temps, une certaine popularité auprès de la population roumaine et renforçant à l'étranger son image de dirigeant réformateur. La politique d'industrialisation de la Roumanie est poursuivie, bien que le pays ne parvienne ni à produire des biens de consommation exportables, ni même à satisfaire la demande intérieure.

Article :

LES SOVIÉTIQUES S'EFFORCENT DE METTRE SUR PIED A PRAGUE UNE ÉQUIPE ACCEPTANT DE COLLABORER AVEC EUX La " Pravda " condamne l'" opportunisme droitier " de M. Dubcek Les manifestations de réprobation se multiplient dans le monde, paru le 23 août 1968 dans le Monde

Autres sources:

1968 a été marquée par une contestation générale des valeurs et des pouvoirs établis, écrit par André Fontaine consulté le 16 janvier 2022

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021



Assassinat de Robert Kennedy, candidat démocrate de la présidentielle américaine, le 5 juin par un jeune palestinien lui reprochant son soutien à l’Israël


Robert Kennedy est le frère de John.F.Kennedy. Celui-ci suit le chemin de son frère et est en lice pour la candidature démocrate. Militant des droits civiques dans une période troublée, il s'oppose également à l'engagement de son pays dans la guerre du Vietnam. Le 5 juin 1968, à 00H15 à l'hôtel Ambassador de Los Angeles, le sénateur de New York, tombe sous les balles d'un jeunes américain de 24 ans d'origine jordanienne alors qu'il vient de remporter les primaires de Californie et a de bonnes chances d'être désigné par le parti pour affronter le candidat républicain aux élection de novembre 1968 . Le motif de cet acte, commis par Sirhan Sirhan est le soutient de Kennedy, de l'Amérique à l'Israël. Si l'assassin est un Palestinien qui veut attirer l'attention sur la question palestinienne en s'en prenant à une personnalité médiatisée aux Etats-Unis, cela traumatise l'opinion publique.

Assassinat R.Kennedy

Nous n'avons pas trouvé d'article sur Europresse, c'est pour cela que nous vous en soumettons un autre.

Autre source:

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021

Canada:


En septembre 1967, les premiers collèges d'enseignement général et professionnel ouvrent leurs portes. Ces collèges permettent l'accès à l'éducation post-secondaire pour tous et remplacent des collèges classiques et des instituts techniques élitistes. Il n'existe alors que cinq universités au Québec dont deux qui offrent uniquement un enseignement en anglais. De plus, l’afflux d'étudiants francophones crée un déséquilibre. Le 4 septembre 1968, faute de place, la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec annonce qu'elle doit refuser 4000 étudiants. Le mouvement de grève s'amorce le 8 octobre 1968. Les étudiants demandent la création d'une deuxième université francophone à Montréal, la révision du programme de prêts et bourses et dénoncent le racisme. Entre octobre et novembre plusieurs manifestations ont lieu et de nombreuses universités ferment leurs portes. Les manifestations s’apaisent en décembre avec la création de l’Université du Québec.


Article :

Violentes manifestations séparatistes à Montréal contre M. Trudeau, paru le 26 juin 1968 dans le Monde et écrit par Jean Tainturier

Autres sources:

Grève étudiante québécoise de 1968, Wikipédia consulté le 17 janvier 2022

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021

Assassinat du pasteur Martin Luther King aux États Unis le 4 avril, puis soulèvements des ghettos noirs américains


L'assassinat du pasteur Martin Luther King, l'un des principaux meneurs du mouvement américain des droits civiques aux États-Unis et prix Nobel de la paix, a lieu au Lorraine Motel à Memphis dans le Tennessee, le 4 avril 1968. Martin Luther King est un pasteur qui se bat contre la pauvreté, pour la paix (donc contre la guerre du Vietnam) et principal responsable du mouvement afro-américain des droits civiques. Depuis 1963 il est une figure majeure du mouvement pour les droits civiques, date à laquelle il a prononcé son célèbre discours lors de la marche du 28 août à Washington (« I have a dream »).


Le 3 avril 1968, le pasteur arrive dans l'État du Tennessee pour soutenir la grève de ses compatriotes noirs locaux. Le 4 avril 1968, alors qu'il se trouve sur le balcon de son hôtel, Martin Luther King est assassiné par balle. Entendant les coups de feu, ses amis qui se trouvaient à l'intérieur de la chambre du motel, accourent aussitôt sur le balcon et trouvent Martin Luther King abattu d'une balle. Ce meurtre est suivi d’émeutes dans des dizaines de villes américaines: ce soulèvement de la Semaine Sainte (Holy Week Uprising), très violent, conduisant au déploiement de la Garde nationale, fait près d’une cinquantaine de morts et des centaines de blessés.

James Earl Ray est accusé du meurtre et est condamné à 99 ans de prison. Il meurt en prison en clamant son innocence. Un procès a été réouvert quelques années plus tard innocentant Ray. Les raisons du meurtres sont encore aujourd'hui floues et ont donné naissance à de nombreuses théories notamment une conspiration impliquant la mafia et le gouvernement.

Article :

WASHINGTON : début d'émeute raciale après l'arrestation du pasteur Abernathy, paru le 26 juin 1968 dans le Monde

Autres sources:

Qui a assassiné Martin Luther King ?, écrit par André Kaspi en mars 1998 dans L'Histoire

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021

Révolte étudiante à Varsovie en Pologne pour plus de liberté. L’ordre est rétabli par le dirigeant communiste Gomulka


En mars 1968, trois mois avant qu'éclate la crise de Mai 68 à Paris, les manifestations des étudiants à Varsovie, soutenues par des intellectuels, sont réprimées par la police communiste. Des émeutes ont partout gagné les villes universitaires. Le gouvernement accuse le sionisme de fomenter ces troubles, et une campagne antisémite se développe.

En janvier 1968, le pouvoir censure la pièce Les Aïeux d’Adam Mickiewicz, un grand poète romantique . En réaction à cet acte, la génération étudiante, pleine de volonté et ivre de plus de liberté, se révolte et manifeste le 30 janvier pour que reprennent les représentations. En mars, les étudiants restent mobilisés, organisent une réunion à l'Université de Varsovie et manifestent de nouveau le 8. Cela s'étend rapidement à plusieurs villes mais les manifestations ne dureront pas plus d’un mois. En effet, le gouvernement de Gomulka notamment le ministre de l’Intérieur, le général Mieczyslaw Moczar réprime les étudiants en faisant intervenir la police et même les ouvriers des usines lors des manifestations, tout en développant la nouvelle vision antisémite du Parti. Le pouvoir purge les universités en excluant des milliers d’étudiants et plusieurs professeurs, ferme les départements de sciences humaines de l’Université de Varsovie. Les Juifs de Pologne perdent alors leur nationalité et des milliers de personnes licenciées, ont été poussées à l'émigration. 13 000 Juifs sont poussés à partir, laissant derrière eux un travail, une maison, une culture, et, parfois, une famille. Ils se réfugient en Israël, Europe de l’Ouest, aux Etats-Unis et dans les pays scandinaves.

Articles :

M. Gomulka doit pour la première fois prendre position sur les manifestations d'étudiants, paru le 20 mars 1968 dans le Monde, écrit par Bernard Margueritte

Le gouvernement polonais destitue de hauts fonctionnaires dont les enfants ont participé aux manifestations Des étudiants présentent leurs revendications au recteur, paru le 14 mars 1968 dans le Monde, écrit par Bernard Margueritte

Autres sources:

1968, UNE ANNÉE DE MOBILISATIONS ÉTUDIANTES DANS LE MONDE, SciencesPo Bibliothèque consulté le 19 janvier 2022

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021

  • En Tchécoslovaquie, en avril, Dubcek cherche à créer un “socialisme à visage humain” et supprime la censure, autorise les voyages, avec le soutien des intellectuels et de la jeunesse. C’est le printemps de Prague. En août, sous ordre de l’URSS qui redoute l’effondrement du bloc de l’Est, les blindés du pacte de Varsovie envahissent la Tchécoslovaquie et écrasent le printemps de Prague. Les libertés sont annulées, Dubcek et ses proches écartés, et le dirigeant soviétique Léonid Brejnev impose sa “doctrine de souveraineté limitée”. Cette politique de force fissure le bloc soviétique : des démocraties populaires et des communistes critiquent l’URSS, alors que l’Albanie quitte le pacte de Varsovie et s’allie à la Chine


Le "Printemps de Prague" constitue en 1968 la principale inflexion dans les démocraties populaires : le 5 janvier, l’arrivée d’Alexander Dubček à la tête du Parti communiste tchécoslovaque semble ouvrir la voie à des changements profonds dans ce pays. En fait, la Tchécoslovaquie dirigée par Novotný a entamé depuis 1962-63 une lente et tardive sortie du stalinisme dans un contexte de tensions croissantes. La société attend des améliorations économiques, alors qu’une réflexion existe sur l’introduction du marché au sein même du parti, et souhaite une réhabilitation des victimes du stalinisme. Les Slovaques réclament plus d’autonomie vis-à-vis de Prague, alors que l’Etat est encore très centralisé. Les intellectuels et les artistes exercent une pression grandissante sur le régime pour s’exprimer plus librement, en cette décennie particulièrement féconde ; pensons aux cinéastes Miloš Forman ou Věra Chytilová, ou au romancier Milan Kundera. Pour les voisins de la Tchécoslovaquie et pour Moscou, on en vient cependant peu à peu à la conclusion que Dubček et le PCT sont allés trop loin. En juillet et en août, les discussions avec l’équipe dirigeante et les pressions croissantes ne changent pas la donne en Tchécoslovaquie. Dans la nuit du 20 au 21 août, cinq pays du Pacte de Varsovie (l’URSS surtout, mais aussi la Pologne, la RDA, la Hongrie et la Bulgarie) envoient des troupes et occupent le pays ; la Roumanie ne participe pas à l’opération. Des heurts éclatent principalement à Prague, la population investit les rues et entoure les chars soviétiques, et près d’une centaine de personnes sont tuées. Conséquence de la situation en Tchécoslovaquie, dès le 3 juillet, Brejnev donne une première formulation de ce que l’on appellera la « doctrine Brejnev » ou « doctrine de la souveraineté limitée » : « nous ne pouvons rester indifférents au sort de la construction socialiste dans les autres pays ». En septembre, la Pravda indique que « les partis communistes ont la liberté totale de déterminer les voies de développement de leur pays. Cependant, aucune décision de leur part ne doit causer de tort soit au socialisme dans leur pays, soit aux intérêts fondamentaux des autres pays socialistes […]. Cela signifie que tout parti communiste est responsable devant son peuple mais aussi devant tous les pays socialistes ». Autrement dit, les partis communistes ont une double responsabilité, qui autorise une intervention militaire pour protéger le socialisme chez les voisins s’il est menacé comme il l’a été en Tchécoslovaquie.




Articles :

Réactions et manifestations d'une ville à l'autre, paru le 26 août 1968 dans le Monde

Nombreuses manifestations en Europe occidentale, paru le 23 août 1968 dans le Monde

LES SOVIÉTIQUES S'EFFORCENT DE METTRE SUR PIED A PRAGUE UNE ÉQUIPE ACCEPTANT DE COLLABORER AVEC EUX La " Pravda " condamne l'" opportunisme droitier " de M. Dubcek Les manifestations de réprobation se multiplient dans le monde, paru le 23 août 1968 dans le Monde

Autre source:

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021




  • Le président mexicain Gustavo Diaz Orda fait tirer sur les étudiants qui manifestent à Mexico en octobre faisant près de 300 morts (2 octobre)


A l'approche des 19ème Jeux Olympiques, organisés à Mexico du 12 au 17 octobre 1968, le gouvernement se dit ouvert au dialogue. Mais depuis juillet, la jeunesse mexicaine est mobilisée contre le pouvoir incarné par le Parti Révolutionnaire Institutionnel et contrôlé depuis 1964 par le président Gustavo Diaz Ordaz. De plus en plus autoritaire, celui ci craint une montée en puissance des communistes sous l'influence du régime castriste, et répond aux contestations avec l'armée. Le 13 septembre, une manifestation a lieu à Mexico. Le pouvoir choisit la force en prenant le contrôle de la Cité Universitaire et de plusieurs campus quelques jours plus tard. Pour le pouvoir mexicain et le président, il n'est pas possible que les Jeux Olympiques soient perturbés par les contestations. Les étudiants se rassemblent alors sur la Place des Trois Cultures, dans le centre de la capitale le 2 octobre. Le gouvernement donne l'ordre d'abattre les manifestants pour assurer la sécurité. C'est le massacre de Tlateloco. Ce sont entre 200 et 300 étudiants qui sont tués. Cela a mis fin à plus de trois mois de contestation estudiantine contre le gouvernement du PRI. Des voix s'élèvent pour dénoncer l'autoritarisme présidentiel: le 1er décembre l'ambassadeur du Mexique en Inde démissionne. Pendant les Jeux, d'autres manifestations ont lieu comme les athlètes Tommie Smith et Johm Carlos qui protestent contre les discriminations raciales aux Etats Unis. Le geste de Smith et Carlos les bannit tous les deux du village olympique.



Articles :

" Les Jeux ne doivent pas être un forum pour manifestations " DÉCLARE M. AVERY BRUNDAGE, paru le 9 octobre 1968 dans le Monde

Les manifestations d'athlètes noirs à Mexico ne semblent pas émouvoir les Américains, paru le 21 octobre 1968 dans le Monde

Autres sources:

Protestation aux Jeux Olympiques, écrit par l'équipe de Perspective Monde, consulté le 20 janvier 2022

L'année 1968 dans le monde, écrit par Jean Philippe Namont, Académie de Paris écrit le 2 juin 2021