Want to make creations as awesome as this one?

Transcript

à quoi rêvent les pauvres filles ?

une nouvelle d'Emile ZOLA

-> HISTOIRE LITTERAIRE

le texte

les questions








le tableau


questions sur le tableau

le vocabulaire

la clé des mots

-> La petite danseuse
d'Edgar DEGAS

-> article sur les maisons-cages à Hong-kong

article paru dans Zeleb.es (consulté le 24/01/2022)


Les maisons-cages de Hong Kong

On estime que 200 000 habitants de Hong Kong vivent dans ce qu'on appelle des maisons-cages. Les maisons-cages sont de minuscules appartements dans lesquels habitent les personnes venues des campagnes à la recherche d'un avenir meilleur.


Pourquoi ces « maisons-cages » existent-elles ?

Ces "maisons" minuscules sont le signe que le pays n'a pas été en mesure de traiter les vagues de population se déplaçant vers ses grandes villes. Faute de pouvoir se payer autre chose, ces personnes résident dans des logements improvisés.


La population de Hong Kong ne cesse de croître

La demande croissante d'appartements a amené le pays à faire face à une grave crise. Cela a fait de Hong Kong l'une des villes les plus chères au mètre carré au monde.


Hong Kong : les logements les plus chers d'Asie

La ville asiatique est depuis des années le lieu où les loyers des appartements sont les plus élevés. Le délai moyen pour obtenir une maison à Hong Kong est estimé à quatre ans et huit mois.


Les maisons-cages définissent l'identité urbaine

Avec ses loyers exorbitants, Hong Kong a acquis une renommée douteuse pour ses "maisons-cages". Même si les personnes les plus riches du monde vivent dans certaines parties de Hong Kong, ces logements désolés entachent le prestige général de la ville.


Les habitants des maisons-cages de Hong Kong

Malgré l'apparent luxe ostentatoire, et parfois indécent, de la ville de Hong Kong, environ 200.000 personnes, dont 40.000 enfants, sont obligées de vivre dans ces logements.


Pauvreté à Hong Kong

La pénurie d'appartements destinés aux personnes à faibles revenus est l'un des principaux problèmes auxquels le gouvernement est confronté. Des recherches ont montré qu'un habitant de Hong Kong sur sept vit sous le seuil de pauvreté. Il s'agit du revenu dont une personne a besoin pour subvenir aux besoins les plus élémentaires tels que la nourriture, le logement et l'hygiène.


Les caractéristiques de ces maisons-cages

Les maisons-cages sont de minuscules cabines dans lesquelles les gens doivent vivre avec le strict minimum. Leur surface est comprise entre 1,5 et 9 mètres carrés.


Des toilettes partagées

Certaines bicoques illégales et "maisons-cages" dans les grands immeubles, notamment de bureaux, partagent leurs toilettes entre 20 personnes. Un problème social qui crée des tensions au sein de la population.


Des espaces pour dormir seulement

Certaines maisons-cages sont si petites que leurs habitants ne peuvent même pas étendre complètement leurs jambes. Ils sont obligés de passer la plupart de leurs journées à l'extérieur de chez eux, dans des espaces publics.


Une densité de population problématique

Pour vous donner une idée, dans un espace de 46 mètres carrés il peut y avoir jusqu'à 30 personnes. Chacune d'elle dispose d'une cabine qui peut mesurer aussi peu que 60 centimètres de large et 170 centimètres de long.


Les risques de vivre dans une maison-cage

Des chercheurs et des journalistes ont découvert que vivre dans ces circonstances peut créer des problèmes à la fois mentaux et physiques. Cela a à voir avec le manque d'espace, les fortes odeurs corporelles partout, l'obscurité, les punaises de lit et autres problèmes d'hygiène.


Le rôle des ONG qui tentent d'agir

Diverses ONG ont lancé des campagnes d'hygiène et tentent de désinfecter les espaces. Ainsi, ils essaient de diminuer les risques pour la santé de leurs habitants.


Quel est le loyer d'une maison-cage à Hong Kong ?

Malgré leur apparence peu attrayante et leur manque d'espace, les maisons-cages peuvent finalement être assez chères. Pour certains résidents de Hong Kong, un loyer mensuel de 200 à 500 dollars de Hong Kong (environ 24 à 50 dollars américains) est un prix élevé.


Des logements destinés aux travailleurs et aux personnes marginalisées

Retraités, ouvriers, toxicomanes, ex-détenus... voilà le genre de personnes que vous trouverez dans ces maisons-cages.


Une proximité problématique

Des familles entières avec de jeunes enfants se retrouvent obligées de vivre dans ces espaces minuscules. Les gens sont obligés de partager les moments les plus intimes de leur vie quotidienne avec leurs voisins.


Les maisons-cages de Hong Kong : comment ont-elles commencé ?

Les maisons-cages ont commencé à apparaître dans les années 1950. Leurs premiers occupants étaient des immigrants chinois dont les patrons leur attribuaient ces lieux.


Des cages pour dormir

À l'origine, les maisons-cages étaient fabriquées à partir de tiges de bambou, plus tard remplacées par des barreaux en fer, et façonnées pour former un lit. Elles pouvaient être empilées comme des lits superposés.


Extrême richesse versus extrême pauvreté

L'inégalité des revenus a contribué au mode de vie précaire qu'une grande partie de la population de Hong Kong est désormais obligée d'endurer.


Les maisons-cages de Hong Kong : un problème pas facile à résoudre

Bien que le gouvernement offre des aides au logement, elles se sont avérées insuffisantes et le problème persiste.


Des logements encore trop chers pour certains

Pour une partie de la population, même ces petites cabines sont inabordables. Selon des enquêtes auprès de leurs habitants, beaucoup consacrent plus de la moitié de leur salaire au loyer de ces cages.


Vivre dans une cage... mais avec les derniers gadgets

Dans les maisons-cages, vous pouvez trouver les mêmes types d'appareils électroniques que dans n'importe quel autre logement. Ce n'est pas le smartphone qui est hors de portée d'un habitant de Hong Kong, c'est la chambre à coucher.


Vivre dans la précarité

Une grande partie du problème est que ces appartements extrêmement petits se sont normalisés. La précarité de la vie est considérée comme un fait acquis, alors même que Hong Kong est l'un des endroits les plus riches du monde.





















corrections


LECTURE À quoi rêvent les pauvres filles, manuel p. 44-45 - correction


1. a) Qui est le personnage de cette nouvelle ?

Le personnage principal de cette nouvelle est

une femme, jeune et de condition sociale très modeste.


1. b) Quelle est sa principale caractéristique ?

Sa principale caractéristique est qu’elle est pauvre.


1. c) Par quels mots est-il désigné ?

Le personnage est désigné par le pronom « elle ».

À la ligne 17, elle est désignée par le G.N. "une enfant" .


1. d) Quel est l’effet produit ?

Ce pronom "elle" la rend plus anonyme

et accentue le caractère général de cette description : « elle » n’est qu’une femme.


2. a) Qu’est-ce qui caractérise la construction des phrases dans cette description ?

Les phrases sont réduites au plus simple : sujet, verbe, complément.

Parfois, elles sont nominales (= sans verbe).


2. b) À quoi le lecteur est-il rendu sensible ?

Grâce à elles, le lecteur est rendu sensible à son dénuement (et à sa solitude).


3. a) Relevez dans un tableau à deux colonnes (le positif et le négatif) les mots et expressions

définissant le physique du personnage.


positif

L. 20 : « si elle pouvait sourire, elle serait charmante »

L. 20 : « ses lèvres délicates »

l. 20-21 : « ses yeux d’un gris tendre auraient une douceur exquise »

négatif

l.1 « maigre »

l. 21 « la souffrance a pincé sa bouche »

l.22 « une dureté morne dans son regard »

l. 22 « le masque rigide et menaçant des misérables » (à propos du visage)


3. b) Quel commentaire pouvez-vous faire ?

Telle qu’elle est décrite, la jeune fille présente

comme deux visages en surimpression : le premier, imaginaire,

celui qu’elle aurait si elle ne souffrait pas de sa misère,

et le second marqué par les duretés de sa vie .


Dans le cinquième paragraphe, particulièrement, Emile Zola met en valeur ce contraste

en mettant en opposition ces deux visages : il emploie la tournure « Si… Mais …. » (l.19 et 21)

Les aspects négatifs finissent par l’emporter.


Remarque très juste d’un élève : cette femme fait penser à Mathilde Loisel, qui elle aussi était belle, mais qui en tombant dans la pauvreté a, elle aussi, perdu tout son charme.


4. a) Qu’est-ce qui caractérise le rapport du personnage à la nourriture ?

Expliquez en citant des mots du texte.

1/ Elle mange par besoin vital :

« Elle mange sa charcuterie de cet air glouton et indifférent des affamés »


2/ Elle a un rapport animal à la nourriture.

Elle semble perdre ses caractéristiques humaines en mangeant : « elle regarde devant elle, vaguement, le cerveau vide »

Une comparaison met en évidence son attitude animale : « mangeant comme un animal qui se dépêche »


4. b) Relevez une phrase qui marque une rupture.

La phrase qui marque une rupture est : « Elle lit, elle oublie d’achever son pain »

(l. 27)

4. c) Comment expliquez-vous ce changement d’attitude ?

Selon moi, ce changement d’attitude s’explique

par sa soudaine prise de conscience

de la richesse des autres… et donc de l’injustice de sa condition misérable.


5. a) Expliquez ce qui se produit à partir de la ligne 25 .

À partir de la ligne 25, la jeune femme lit , et

le texte est une transcription de l’article qu’elle lit pour elle-même.


5. b) Relevez des déterminants numéraux.

Les déterminants numéraux sont : « neuf mille » (bouteilles) (l. 29) ,

« trois mille » (gâteaux) (l. 30) ,

« six cents » (kilogrammes de viande) (l. 30) ,

« cent » (familles) (l. 43)


5. c) Quelle répétition repérez-vous dans les lignes 35 à 49 ?

Le mot « diamant » est répété sept fois

( lignes 35 deux fois, 37, 41, 42, 43 deux fois, 49 )


5. d) Que Zola cherche-t-il à montrer ?

1/ Zola cherche à montrer l’effet obsessionnel que produit ce mot dans l’esprit de la jeune fille.

2/ Peut-être veut-il également dénoncer l’excès de richesses ,
la débauche de luxe des nantis,

en répétant ce mot symbolique.


6. Comment comprenez-vous la fin de cette nouvelle – et son titre ?

à l'oral, nous avons évoqué les suites possibles, en écartant celles qui appartenaient au conte,

ou qui paraissaient non cohérente avec le dur réalisme du texte, et / invraisemblables.

indications possibles :

quels différents types de fin connaissez-vous ?

( 1 - fin conclusive avec un dénouement et une situation finale / un épilogue

2 - fin suspensive avec une chute ou simplement fin ouverte

3 - fin avec un retour au commencement...)


Comparez avec le titre "à quoi rêvent les jeunes filles ?"

( ce titre de roman existe réellement, c'est un roman de Marcel PROUST )


La fin ouverte nous permet d'imaginer le pire des avenirs pour la jeune fille, sans nous préoccuper de la censure (puisque c'est nous-même qui imaginons la suite, et qu'elle n'est pas écrite). Peut-être va-t-elle en effet verser / tomber dans le crime, ou la prostitution.

Le double sens du titre apparaît alors : cette enfant voit tous ses rêves de bonheur et d'amour conditionnés / limités par l'argent... et sa condition / situation sociale.

ouvertures

Expression - L'écriture dans " À quoi rêvent les pauvres filles ?"

1 - La construction des phrases

a) les phrases simples


"Elle a travaillé pendant douze heures ."
"Elle a gagné quinze sous ."
"Puis essoufflée, elle gravit les six étages ."
"C'est une enfant de dix-huit ans au plus ."
(1er paragraphe, et cinquième paragraphe, l.17)




Quelle est la structure grammaticale / la construction grammaticale de ces phrases ?


--> Ces phrases ne sont pas complexes : ce sont des phrases simples .

C'est-à-dire que ce sont...

=> des phrases avec un seul verbe conjugué et son sujet.


Quel est l'effet produit ?

Ces phrases sont assez courtes et sèches. On dit, dans ce cas, qu'elles sont lapidaires.



b) Les phrases nominales


" Pas de feu ."

" Un lit, une table, une chaise ."

(troisième paragraphe, l. 9 et 10 - lors de la description du décor)


Quelle est la structure grammaticale / la construction grammaticale de ces phrases ?

Ce sont des phrases nominales, c'est-à-dire dénuées de verbe.

( /!\ Elles sont cependant correctement construites dans ce passage, car l'expression "il y a" ou "il n'y a" est sous-entendue )


Quel est l'effet produit ?

Là encore, ce sont des phrases lapidaires. Elles mettent en valeur le dénuement extrême dans lequel vit la jeune fille, en l'imitant, en quelque sorte, avec des moyens linguistiques !


2 - Quelques figures de style : la répétition expressive , l'accumulation
Relevez et commentez la répétition du mot "diamants".
La répétition du nom “diamants” est excessive et produit un effet d’ insistance : elle produit un effet obsessionnel, comme si nous plongions dans le for intérieur de la jeune fille où ce mot rebondit en échos maléfiques.
Ce mot devient symboliquement fort car il marque l'opposition extrême ( le hiatus) entre la réalité de la vie misérable et quasi-bestiale de la jeune fille et la vie plongée dans le luxe, dans a débauche de richesses, des classes sociales les plus fortunées. On pourrait aller jusqu'à dire que ce nom commun résonne comme une injustice criante et peut-être une douleur lancinante dans l'esprit de la jeune fille. C'est le déclencheur de sa transformation morale.


2 - Structure de la nouvelle et traitement du temps

Pouvez-vous dégager un schéma narratif complet de la nouvelle ?

Il n' y a pas de schéma narratif à proprement parler, puisque qu'il n'y a pas de dénouement...


S'il y a une situation initiale, ce serait le récit de la jeune fille qui se repose et mange chez elle (avec la description du décor), lignes 1 à 26.


L'événement perturbateur serait la découverte, dans le journal, de l'existence et du mode de vie des plus fortunés par la jeune fille, l.27 à la fin.


Comparez la durée de l'action et la durée de la narration. Que remarquez-vous ?
L'action et la narration semble conjointe, comme si la narration se faisait de manière simultanée à l'action. Cela donne un effet de présence théâtrale ou cinématographique.

On appelle cet effet une "scène".


Du point de vue du traitement du temps et de la chronologie, que remarquez-vous concernant la première phrase ?

La première phrase résume toute la journée de travail à un décomptage des heures. Une phrase seulement pour évoquer cette longue journée, comme un fait passé, révolu !

Notez donc qu' une ellipse de cette journée de travail ouvre la nouvelle (première phrase )...


Cette ellipse donne un effet dramatique assez remarquable, si on y réfléchit bien : bien que cette journée de travail de douze heures soit presque effacée par le texte, on en voit tous ses effets négatifs par la suite : la fatigue et la misère dans laquelle la jeune fille est maintenue.


3 - Traitement du personnage / protagoniste :

est-elle une héroïne... ou une anti-héroïne ?


La manière de désigner le protagoniste :


Par quel(s) mot(s) le personnage est-il désigné ?

Un fait remarquable est que le personnage reste totalement anonyme. Le pronom "elle" revient de manière répétée pour la désigner.

Dans toute la nouvelle, les seuls noms qui la désignent sont : "enfant" ("C'est une enfant (...)", l.17) et "femme" ("Mais elle est femme (...)", l.32), c'est-à-dire deux noms communs.


Quel est l'effet produit ?

Cela donne un aspect de généralité à son personnage, mais aussi lui retire de l'individualité, lui refuse une identité propre.

La répétition du pronom "elle" est quelque peu litanique (= comme une litanie, c'est-à-dire une chanson monotone et répétitive).


Les descriptions du personnages


Cette nouvelle consiste essentiellement en un portrait du personnage. Montrez-le. Quelle image du personnage est-elle donnée ?

Le portrait direct qui est fait de la protagoniste est un portrait physique qui met en valeur tous les aspects négatifs de son apparence. Le portrait est dévalorisant.

Par ailleurs, le portrait en acte de la jeune fille (= la description de ses gestes et de ses attitudes) , qui la montre dans des attitudes animales... ne la met pas en valeur non plus.

Enfin, sa transformation morale, indiquée par la phrase lignes 45-46 " (...) elle est toute entière à la tentation du mal", est le contraire d'une sublimation: c'est une dégradation morale.