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RÉAMÉNAGER LA MÉMOIRE : LES USAGES DE VERSAILLES DE L'EMPIRE À NOS JOURS

axe 1, Jalon 1

IDENTIFIER, PROTÉGER ET VALORISER LE PATRIMOINE : ENJEUX GÉOPOLITIQUES

THÈME 4

INDEX 1 pour exercie 1

1. Introduction

2. Vidéo : Versailles de Louis XIII à la révolution

3. Réception de la reine Victoria en 1855

4. Chronologie (1)

5. Chronologie (2)

6. La galerie des Glaces tranformées en hôpital en 1870

7. Un palais de la République depuis 1871

8. Exemples de sessions du Congrès à Versailles

9. Plan de Versailles

10. Un outil de la diplomatie française

11. Restaurer Versailles : un projet à long terme

12. Le remeublement : combat des conservateurs de Versailles

13. Versailles honore l'art contemporain

INDEX 2 pour exercie 2

INDEX 3 pour exercie 3

INTRODUCTION

THÈME 4

ViDEO : vERSAILLES DE lOUIS XII À LA RÉVOLUTION

Author's Name

Chronologie (1)

1682 :
Installation de Louis XIV et de la cour à Versailles

1837 :
Le roi Louis Philippe fait du château le musée national de l'histoire de France

1871
Installation du gouvernement pendant la Commune de Paris, l'Assemblée nationale siège dans l'Opéra

1789 :
Révolution française : la famille royale quitte Versailles, le mobilier du château est vendu

1870 :
Défaite française contre la Prusse : le château devient quartier général de l'armée prussienne


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Chronologie (2)

1879
Sous les IIIè, IVè et Vè Républiques, le château est le lieu de réunion du COngrès du Parlement

1952 :
Souscription nationale pour la sauvegarde du château

1995 :
Création par le gouvernement de l'établiseement public du musée et du domaine national de Versailles, nouveau statut qui confère à l'établissement public une autonomie de gestion et une personnalité juridique

1919 :
Signature du traité de Versailles dans la galerie des Glaces

1979 :
Inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO


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La galerie des Glaces transformée en hôpital en 1870

Peinture de Victor Buchereau, musée national du château de Versailles

Après la guerre de 1870, dans une France défaite et envahie, le chancelier Bismarck fait proclamer l'Empire allemand dans la galerie des Glaces. C'est une revanche de l'Allemagne sur les humiliations de Louis XIV et de Napoléon Ier. La galerie devient un hôpital militaire, et l'empereur fête Noël en famille au château.

Un palais de la République depuis 1871

E. Macron s'exprimant devant le Congrès de Versailles

Jusqu'en 1962, le Congrès élit le président de la République. Aujourd'hui, le vote du Congrès est, avec le referendum, une procédure de révision de la Constitution : "le projet de révision n'est approuvé que s'il réunit la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès du Parlement français." (Constitution de 1958, art. 89). Mais le Congrès peut aussi être réuni pour entendre une déclaration du président de la République, suivi d'un débat sans vote (Art. 18).

Exemples de sessions du Congrès de Versailles

Versailles et ses enjeux politiques d'hier à aujourd'hui

Un outil de la diplomatie française

Invitation au grand Trianon du président chinois Xi Jinping et de son épouse par F. Hollande, président de la République le 27 mars 2014.

Jusqu'en 1962, le Congrès élit le président de la République. Aujourd'hui, le vote du Congrès est, avec le referendum, une procédure de révision de la Constitution : "le projet de révision n'est approuvé que s'il réunit la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès du Parlement français." (Constitution de 1958, art. 89). Mais le Congrès peut aussi être réuni pour entendre une déclaration du président de la République, suivi d'un débat sans vote (Art. 18).

Restaurer Versailles : un projet à long terme

Le remeublement : combat des conservateurs de Versailles

Versailles honore l'art contemporain

Maryline, oeuvre de l'artiste portugaise Joana Vasconcelos (exposition présentée dans la galerie des Glaces, 2012.)

Après la guerre de 1870, dans une France défaite et envahie, le chancelier Bismarck fait proclamer l'Empire allemand dans la galerie des Glaces. C'est une revanche de l'Allemagne sur les humiliations de Louis XIV et de Napoléon Ier. La galerie devient un hôpital militaire, et l'empereur fête Noël en famille au château.

1. Vidéo : Versailles après la révolution

2. Chronologie 1

3. Un geste politique : le roi Louis Philippe fonde le musée national de l'Histoire de France

4. Louis Philippe fait son histoire de France

6. Restaurer Versailles : un projet à long terme.

8. Vidéo : Versailles et Pierre de Nolhac

11. Le mécénat une longue tradition sans cesse renouvelée

9. Un succès populaire qui médiatise le château

10. Versailles honore l'art contemporain

7. Le remeublement : combat des conservateurs de Versailles

INDEX 2 pour exercie 2

5. Les acteurs clés

ViDEO : vERSAILLES aprÈs la rÉvolution

Chronologie (1)

1682 :
Installation de Louis XIV et de la cour à Versailles

1837 :
Le roi Louis Philippe fait du château le musée national de l'histoire de France

1871
Installation du gouvernement pendant la Commune de Paris, l'Assemblée nationale siège dans l'Opéra

1789 :
Révolution française : la famille royale quitte Versailles, le mobilier du château est vendu

1870 :
Défaite française contre la Prusse : le château devient quartier général de l'armée prussienne


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Un geste politique : le roi Louis Philippe fonde le musée national de l'Histoire de France

La galerie des Glaces transformée en hôpital en 1870

Peinture de Victor Buchereau, musée national du château de Versailles

Après la guerre de 1870, dans une France défaite et envahie, le chancelier Bismarck fait proclamer l'Empire allemand dans la galerie des Glaces. C'est une revanche de l'Allemagne sur les humiliations de Louis XIV et de Napoléon Ier. La galerie devient un hôpital militaire, et l'empereur fête Noël en famille au château.

Louis-Philippe fait son histoire de France

Réconcilier la monarchie et la Révolution française. Le grand projet de Louis-Philippe s'incarne dans le musée de l'histoire de France qu'il inaugure en 1837 dans le château de Versailles. Une exposition rend compte de cette entreprise monumentale.

Après l'abdication de Charles X, la seconde Révolution française, appelée les Trois Glorieuses, en référence aux journées de révolte des 27, 28 et 29 juillet 1830, place Louis-Philippe, duc d'Orléans, sur le trône. Celui-ci ordonne une nouvelle Constitution, la Charte constitutionnelle, le 14 août 1830. Par la loi du 2 mars 1832, après deux ans de débats houleux ainsi que le révèle le compte rendu des débats du Moniteur universel du 15 janvier 1832, la Chambre des députés attribue les palais intacts de Versailles et Trianon à la charge de l'Intendance de la Liste civile, arrêtant une dotation de 12 millions de francs par an au souverain, hors de sa fortune personnelle - la plus importante du royaume à cette époque. Le roi souhaite créer un symbole politique, visitable par tous les Français. Le 1er septembre 1833, le Journal des débats relate la décision du roi, en revue navale à Cherbourg, de lancer le chantier du palais, sur lequel travaille son architecte Frédéric Nepveu depuis le 1er juin 1832. La meilleure stratégie est de lui donner une nouvelle fonction après quarante ans d'abandon partiel, un palais consacré aux arts et à l'histoire, « à toutes les gloires de la France ».

Versailles en révolution

Lorsque, le 5 octobre 1789, Louis XVI est forcé par le peuple de s'installer à Paris, le château de Versailles perd sa fonction de résidence royale, et la question de son utilité se pose rapidement. Alors que la Révolution voit naître les musées d'histoire à caractère universel, le château devient « dépôt central des arts » du département de Seine-et-Oise le 19 octobre 1792, puis le Directoire le transforme le 18 avril 1796 en musée central des arts, enfin en 1797, en musée spécial de l'École française. Y sont conservés 350 chefs-d'oeuvre des écoles françaises (Poussin, Lejeune...), alors que le Louvre reçoit les oeuvres des écoles hollandaises et italiennes. Le 1er novembre 1804, Napoléon Ier réquisitionne les palais projetant d'en faire une résidence, jamais réalisée, et ferme en 1806 les portes du musée : il entretient le château et renove les statues, prévoit surtout des travaux à Trianon avant de s'emparer d'une partie des tableaux pour décorer résidences et musées impériaux. Sous la Restauration, Louis XVIII ordonne de remettre le château en état d'être habité, dépense 6 millions de francs pour rétablir les réalisations de Louis XIV et Louis XV mais, avec le couronnement de Charles X en 1824, le château connaît une phase d'inertie. Tout change avec l'avènement de Louis-Philippe.

Le roi et l'histoire

Louis-Philippe vit l'histoire de la France en acteur engagé. Soutien de la Révolution française comme son père Philippe Égalité, le duc de Chartres (futur Louis-Philippe) voit son père guillotiné sous la Terreur le 6 novembre 1793. Exilé en Belgique à la suite du général Dumouriez, qui avait tenté de renverser la Convention, Louis-Philippe voyage désormais en Suisse, dans les pays scandinaves, en Amérique, en Angleterre puis à Palerme, où il épouse Marie-Amélie, nièce de Louis XVI, et rentre à Paris en 1814. Outre l'ouverture sur le monde que lui offrent ces voyages, il dispose d'une vaste culture classique, attestée par sa prestigieuse bibliothèque, dont l'inventaire conservé aux Archives nationales garde le souvenir. Et, en 1785, il bénéficiait déjà des enseignements de sa gouvernante rousseauiste Mme de Genlis. Devenu roi, des artistes et des historiens, François Guizot, Jules Michelet ou Jean Vatout lui permettent de théoriser son projet versaillais dont la fonction sera politique. C'est le roi qui décide que le palais sera un musée de l'Histoire de France axé sur l'art légué aux générations futures. Il y installe des salles monumentales, impose la peinture d'histoire et le classicisme. L'histoire de notre pays est identifiée à la mémoire de la nation, aux grands hommes dont les actes glorieux rejaillissent sur le pays tout entier. Louis-Philippe souhaite réconcilier les Français avec leur propre histoire.

Le grand atelier

Louis-Philippe fait composer une fresque de 1 081 tableaux historiques et 1 012 portraits qui donnent à voir des événements et des personnalités remarquables dont 33 grands tableaux historiques destinés à la galerie des Batailles, de 496 (Tolbiac) à 1809 (Wagram). Le roi s'associe des peintres confirmés de son temps, tels Eugène Delacroix qui réalise La Bataille de Taillebourg en 1835-1837 et Henry Scheffer, l'auteur notamment en 1843 de l'Entrée de Jeanne d'Arc à Orléans, 8 mai 1429 pour 12 000 francs (60 000 euros). Il réemploie aussi des peintures commandées sous Napoléon. Ainsi, le tableau de François Gérard sur la bataille d'Austerlitz peint le 2 décembre 1805, acquis en 1810, d'abord aux Tuileries puis au Louvre, rejoint les cadres dorés et uniformisés de la galerie des Batailles avec un rajout de 82 cm. Les artistes sont installés pour la plupart au pavillon de Flore près des Tuileries où Louis-Philippe leur rend visite. A Versailles cependant, Horace Vernet a le privilège de l'oreille du roi : le 26 août 1840, Frédéric Nepveu évoque son dépit d'être resté devant la porte alors que Vernet avait avec le monarque une longue conversation sur les travaux de peinture et de dorure en cours en salle de Constantine. De nombreuses sculptures, dont cette statue de Jeanne d'Arc, ci-contre, trouvent également leur place dans les galeries de Pierre du musée. A travers tableaux et statues, Louis-Philippe ambitionne de rendre hommage au génie de la nation : grandes batailles fondatrices et victorieuses, généraux et monarques couverts de gloire, mais aussi écrivains ou philosophes célèbres.

Le plus gros chantier du règne

De 1833 à 1848, le roi supervise à Versailles, sous la direction de l'architecte Frédéric Nepveu, le plus grand chantier de son règne, évalué en 1848 par le comte de Montalivet à 18 millions de francs. Le programme historique est porté par l'esprit artistique libéral du monarque, et formé dans le moule stylistique de la fin du XVIIIe siècle. Le souverain rend au chantier pas moins de 398 visites, soit en moyenne 2 par mois, et s'implique dans les moindres détails en visant les rapports remis par le directeur des bâtiments de la Liste civile Isidore Godard-Dubuc. Le 10 juin 1837, au moment de son inauguration, le nouveau musée se déploie sur 150 salles restaurées ou entièrement créées. C'est ainsi que l'on abat en 1835 les cloisons des appartements et entresols princiers du XVIIIe siècle pour laisser la place à la galerie de Batailles. De 1838 à 1847, en dépit de nombreuses difficultés financières, d'une révolte des entrepreneurs réclamant des avances de paiement et de la guerre en Algérie en arrière-plan, Louis Philippe poursuit ses travaux, accentuant notamment l'esthétique médiévale de la galerie des Croisades. Au moment de sa chute, le 24 février 1848, tout n'est pas terminé ; la décoration de la salle du Maroc reste inachevée à ce jour.

Un souverain dynastique

Cinq salles sont consacrées aux croisades : elles sont ornées d'une cinquantaine de tableaux ainsi que des portes de l'hôpital des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, rapportées de Rhodes. A travers elles, Louis-Philippe souligne sa foi chrétienne et rend hommage à son propre ancêtre croisé, Louis IX. Dans la galerie de Pierre de l'aile du Midi s'alignent de grandes statues de rois et d'empereurs, Charlemagne, Philippe Auguste ou François Ier. Par le biais de ce réaménagement de Versailles, Louis Philippe manifeste son désir d'honorer les dynasties précédentes et le grand bâtisseur Louis XIV : 211 toiles concernent le règne du Roi-Soleil, autant d'indices des modèles historiques voulus par Louis Philippe. Lorsqu'il apparaît nécessaire, à partir de 1846, de rassurer les élites sur la pérennité du régime, Louis-Philippe se fait figurer par Vernet avec ses cinq fils à cheval, y compris Ferdinand, duc d'Orléans, l'héritier tant aimé du peuple, mort tragiquement quatre ans plus tôt. Cette toile honore l'œuvre du roi tout en présentant aux Français ses glorieux fils, qui se sont illustrés en Algérie.

Des batailles glorieuses

Sur les tableaux commandés par Louis-Philippe, 405 concernent la France napoléonienne (de la campagne d'Italie de Bonaparte à 1814), 73 la Révolution française et seulement 69 la monarchie de Juillet. Pourtant, le roi demande des œuvres à sa gloire : le 6 novembre 1792, jeune officier à la bataille de Jemmapes, Louis-Philippe, alors duc de Chartres, avait contribué à la victoire avec son bataillon au plateau de Mons où étaient cantonnées les troupes autrichiennes. Avec une modestie toute personnelle, le roi a contraint Horace Vernet à le laisser au second plan, même si c'est lui qui mène l'offensive. Il s'agit donc bien de saluer la gloire militaire de la Révolution et de l'Empire à laquelle il a contribué. Il omet les échecs du Premier Empire, ne conservant qu'une sélection de grands événements. Il organise ainsi une propagande artistique qui a pour objectif de souder l'unité nationale, ce qui manquait tant à son prédécesseur Charles X.

Une histoire du temps présent

Le musée est inauguré, le 10 juin 1837, lors d'une fastueuse fête royale illuminée de milliers de lampions dans le palais (cf. p. 78). Il s'agit de montrer la solidité de la dynastie aux cours européennes qui en ont beaucoup douté. Dès 1837, le grand public afflue pour admirer le musée, à pied, en voiture, mais aussi en train à partir de l'inauguration du chemin de fer Paris-Versailles le 2 août 1839 : « Les gens du château prétendent qu'il y est entré dans la journée environ 10 000 personnes », écrit le roi à Moté le 13 juin. La presse d'opposition dénonce la mise en scène de la nation dans le musée, « monument d'infinie vanité » pour Le Charivari, mais les articles expriment le plus souvent l'admiration pour les coûteuses dorures du plafond de la galerie des Batailles, et certains écrivent que le roi a sauvé le château. Le 18 octobre 1837, Victor Hugo reconnaît ainsi à Louis-Philippe le mérite d'« avoir donné à ce livre magnifique qu'on appelle l'histoire de France cette magnifique reliure qu'on appelle Versailles » (Choses vues).

Le regard porté sur ces travaux se retourne toutefois à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, et l'on reproche désormais à Louis-Philippe d'avoir démantelé ce joyau de l'Ancien Régime : le saccage des appartements concentrent notamment les critiques. Il faut aujourd'hui adopter une position plus nuancée : on doit reconnaître que les restaurations de Louis-Philippe ont sauvé l'édifice en apportant le confort du chauffage et en réparant les canalisations des Grandes Eaux des jardins.

Avec plus de 6 000 peintures et 3 000 sculptures, les galeries historiques aménagées dans le palais de Versailles étaient devenues la principale source iconographique de l'Histoire de France sous le Second Empire, puis la République, et un modèle pour les musées de l'Europe entière.

L'empereur poursuivit le projet historique de Louis-Philippe en faisant placer dans les salles d'Afrique les tableaux des grands événements de son règne, la guerre de Crimée (1854-1856), les campagnes d'Italie (1859) et du Mexique (1862). Les palais de Trianon deviennent à leur tour des musées.

C'est sous la IIIe République que le musée connaît un nouveau souffle : l'historien Pierre de Nolhac, conservateur en chef du château à partir de 1892, décide de lui rendre son aspect de résidence royale en redécouvrant les œuvres de Nattier derrière les décors de la monarchie de Juillet. L'un des chantiers les plus ambitieux du XIXe siècle reste encore à étudier en détail pour en saisir le contexte social et économique au début de l'industrialisation et appréhender au mieux les transformations structurelles du palais. C'est avec Louis-Philippe qu'est définitivement acté le passage d'une résidence privée et royale à une structure publique, patrimoniale et muséale, décision majeure jamais remise en cause ni par le Second Empire ni par la République.

Éric Landgraf, Louis-Philippe fait son histoire de France, L’Histoire n°453, novembre 2018

DATES CLÉS :

1830, 27, 28, 29 juillet Révolution des « Trois Glorieuses ».

9 août Louis-Philippe, roi des Français.

1831, 18 avril Réduction du cens d'éligibilité. Le nombre d'électeurs augmente alors à 241 000.

1833, 1er mars Début des travaux à Versailles sous la direction de Frédéric Nepveu.

1837, 10 juin Louis-Philippe inaugure son musée de l'histoire de France, les galeries historiques.

1840, 15 décembre Retour des cendres de Napoléon Ier.

1847 En juillet, début de la campagne des « banquets » pour l'élargissement du corps électoral.

1848, 24 février Fin du chantier à Versailles. Louis-Philippe abdique après deux jours d'insurrections à Paris. La république est proclamée.

Les acteurs clés

Louis Philippe (1773-1850)

Roi des Français et dernier roi en France (1830-1848) il crée dans le château restauré un musée d'histoire dédié "à toute les gloires de la France", inaugurant l'usage patrimonial de Versailles qui devient un symbole historique, identitaire et politique)

Pierre de Nolhac (1859-1936)

Historien, poète et conservateur de Versailles de 1892 à 1919, il entreprend de rendre au château son aspect antérieur à la Révolution. Il organise des événements pour faire connaitre Versailles : Marcel Proust ou le tsar Nicolas II et son épouse viennent en visite, les dons affluent pour la poursuite des restaurations

Géral Van der Kemp (1912-2001)

Conservateur en chef du château de 1953 à 1980, im mène des campagnes de restauration et de restitution soutenues par le président de Gaulle et son ministre de la Culture, André Malraux, qui déclare : "Ici, vous êtes le colocataire de Louis XIV, de Dieu et du Soleil" Avec l'aide de mécènes américain comme Rockfeller, il restaure le Grand Trianon pour loger des visiteurs prestigieux. Mis à la disposition de la présidence de la République, le domaine accueille des chefs d'État étrangers, comme le président Kennedu en 1961, ou la reine Élizabeth II en 1957 et 1972. Le pavillon de la Lanterne est réservé au Premier ministre jusqu'en 2007, ou il devient résidence présidentielle

gérald Van der Kemp entre le baron de Rotschild et la princesse Grâce de Monace (soirée de Gala 1973)

Le remeublement : combat des conservateurs de Versailles

Restaurer Versailles : un projet à long terme

Un succès populaire qui médiatise le château

En 1954, Si Versailles m'était conté, film de Sacha Guitry, relate l'histoire du château au travers de quelques épisodes et portraits de personnages historiques (sur la photo Lana Marconi dans le rôle de Marie Antoinette et Sacha Guitry dans celui de Louis XIV). Entrepris dans le cadre de la gigantesque recherche de fonds destinée à réhabiliter le château et le parc, ce film aux 7 millions d'entrées (un des 100 plus grands succès de box-office français) est un succès considérable.

Le remeublement : combat des conservateurs de Versailles

ViDEO : vERsailles et pierre de nolhac

Versailles honore l'art contemporain

Maryline, oeuvre de l'artiste portugaise Joana Vasconcelos (exposition présentée dans la galerie des Glaces, 2012.)

Après la guerre de 1870, dans une France défaite et envahie, le chancelier Bismarck fait proclamer l'Empire allemand dans la galerie des Glaces. C'est une revanche de l'Allemagne sur les humiliations de Louis XIV et de Napoléon Ier. La galerie devient un hôpital militaire, et l'empereur fête Noël en famille au château.

1. Versailles en 2018

2. Un succès populaire qui médiatise le château

3. Versailles honore l'art contemporain

4. Un succès cinématographique qui profite à Versailles.

6. Le château de Versailles, un outil pour les chefs d'États français dans les RI

7. La recette de Macron pour séduire les grands patrons à Versailles

INDEX 3 pour exercie 3

5. Un outil de la diplomatie française

Versailles en 2018

Un succès populaire qui médiatise le château

En 1954, Si Versailles m'était conté, film de Sacha Guitry, relate l'histoire du château au travers de quelques épisodes et portraits de personnages historiques (sur la photo Lana Marconi dans le rôle de Marie Antoinette et Sacha Guitry dans celui de Louis XIV). Entrepris dans le cadre de la gigantesque recherche de fonds destinée à réhabiliter le château et le parc, ce film aux 7 millions d'entrées (un des 100 plus grands succès de box-office français) est un succès considérable.

Versailles honore l'art contemporain

Maryline, oeuvre de l'artiste portugaise Joana Vasconcelos (exposition présentée dans la galerie des Glaces, 2012.)

Après la guerre de 1870, dans une France défaite et envahie, le chancelier Bismarck fait proclamer l'Empire allemand dans la galerie des Glaces. C'est une revanche de l'Allemagne sur les humiliations de Louis XIV et de Napoléon Ier. La galerie devient un hôpital militaire, et l'empereur fête Noël en famille au château.

Le château de Versailles, où se déroule l'essentiel de l'action du long métrage, a tout autant profité de cet engouement. La grosse machine américaine a rapporté 15 000 euros par jour de tournage au monument. Le service de presse estime que les quelque 4,5 millions d'entrées payantes enregistrées en 2005 seront dépassés cette année du fait de l'actualité cinématographique. D'autant plus que la sortie du film a coïncidé avec la réouverture du Domaine de Marie-Antoinette, lieu d'évasion de la souveraine lorsqu'elle était lasse du protocole de la Cour. Près de 265 000 visiteurs se sont pressés autour du Petit Trianon, du Pavillon français et autres Belvédère entre juillet et octobre 2006, contre un peu plus de 178 000 personnes à la même période de l'année dernière, lorsque seuls les Trianons étaient ouverts.

Le dynamisme du château de Versailles, engagé dans une vaste politique de rénovation avec mécénat à la clé (12 millions d'euros pour les travaux de la galerie des Glaces, financés par Vinci), explique sans doute ce regain d'intérêt. Mais le buzz entourant Marie-Antoinette, entretenu par les numéros spéciaux des magazines, y a aussi contribué. Ce n'est pas tout : après l'édition du parfum Sillage de la Reine, en partenariat notamment avec Baccarat, l'horloger Breguet annonce qu'il va recréer la montre de Marie-Antoinette.

Pascale Caussat, Si Versailles m’étais compté, Strategies.fr, 14 décembre 2006

Un succès cinématographique qui profite à Versailles

Un outil de la diplomatie française

Invitation au grand Trianon du président chinois Xi Jinping et de son épouse par F. Hollande, président de la République le 27 mars 2014.

Jusqu'en 1962, le Congrès élit le président de la République. Aujourd'hui, le vote du Congrès est, avec le referendum, une procédure de révision de la Constitution : "le projet de révision n'est approuvé que s'il réunit la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès du Parlement français." (Constitution de 1958, art. 89). Mais le Congrès peut aussi être réuni pour entendre une déclaration du président de la République, suivi d'un débat sans vote (Art. 18).

Emmanuel Macron reçoit ce mercredi, au château de Versailles, le prince héritier du Japon, Naruhito, qui succédera en mai 2019 à son père, l’empereur Akihito. Après le président russe, Vladimir Poutine, dès mai 2017, c’est le second chef d’État accueilli par le président français dans ce lieu chargé d’histoire, où Emmanuel Macron prononce chaque année un discours devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès. (…) « Versailles a été construit pour la mise en scène du pouvoir. Dès l’origine, ces bâtiments ont été une base physique pour renvoyer une image. C’est la galerie des Glaces. Versailles, c’est de l’image », déclarait en 2009 Denis Berthomier, alors administrateur général du lieu. En en faisant un lieu de visites officielles, Emmanuel Macron, suivant l’exemple de ses prédécesseurs, respecte l’esprit dans lequel Versailles a été construit à partir de 1623. « Dans le monde, quand on parle de la France, on connaît deux villes seulement : Paris et Versailles. Ce château est une image de marque, celle du prestige de la France et par extension celle de l’État. Il y a une continuité entre les deux », déclare au Figaro l’historien Christian Delporte (…) « le château de Versailles marque une forme de nostalgie, celle de la grandeur perdue de la France, vraisemblablement la plus grande puissance au XVIIe siècle » , conclut Arnaud Benedetti. En les accueillant dans la demeure de Louis XIV, c’est un peu de cette grandeur que les chefs d’État français espèrent offrir à leur hôte.


Alexis Feertchak, « Le château de Versailles, lieu diplomatique prisé d’Emmanuel Macron », lefigaro.fr, 12 septembre 2018

Le château de Versailles, un outils pour les chefs d'États français dans les relations internationales

Le châtLa recette de Macron pour séduire les grands patrons à Versailles

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