Want to make creations as awesome as this one?

Transcript

Diptyque n°7 : Des textes antiques / des supports modernes

THÈME : LES DIEUX DANS LA CITÉ
Séquence : Le Politique et le sacré

Œuvres confrontées : Tite-Live, Histoire romaine, I, 6-7 / Tite-Live, Ab urbe condita, Livre X, 40 / Horace, Odes, IV, 5 et des supports modernes.

Student: Méline MOREAU 1ère5

Date 26/01/2022

Partie 1

Intro

Conclu

Partie 4

Partie 3

Partie 2

Se disant les plus religieux des hommes, les Romains accordaient une place très importante au sacré. En effet, la religion romaine étant une religion polythéiste, le sacré est omniprésent autant dans la vie privée que dans la vie publique des Romains. Les dieux étaient présents partout notamment dans le système politique, car il fallait obtenir l’accord des dieux à travers un rituel pour faire une assemblée, c’est ce qu’on appelle le Pax deorum. Aujourd’hui, les systèmes politiques sont nombreux, nous pouvons citer principalement La République, le totalitarisme, l’autoritarisme, le féodalisme et le monarchisme et certains se revendiquent laïques. Dans quelle mesure peut-on dire qu’il reste du sacré dans nos systèmes politiques modernes ?

    Introduction :

    Return

    Return

    Tout d’abord, en France, il reste du sacré dans notre système politique. En effet, la France est un pays fier de ses valeurs telles que le coq, dont l’origine est née d’un jeu de mots ; le mot « gallus » en latin qui signifie à la fois « gaulois » et « coq ». Cette signification est donc d’origine Antique, car la silhouette du coq apparaissait déjà sur les monnaies gauloises. Mais ce symbole n’est pas aussi important que d’autres valeurs comme Marianne et la devise républicaine « Liberté, égalité, fraternité » dans laquelle on peut voir une sorte de prière. Ces valeurs sont donc comme sacrées pour les Français, tout comme dans l’Antiquité dont les augures et les cérémonies sacrificielles font partie de la fondation d’une cité. Nous pouvons le voir dans le texte Histoire romaine, I, 6-7 de Tite -Live que ce sont les dieux qui à travers les augures vont choisir qui de Romulus ou Rémus gouvernera Rome. On le voit dans le texte avec le mot augure répété plusieurs fois : « auguriis » « augurium » « augurio ». Le choix de la personne qui va fonder la cité est donc remis aux dieux. Les romains sont donc attachés à ces valeurs tout comme les Français ce qui les rend sacrées.

    Devise française "Liberté, égalité, fraternité" et Marianne autres symboles français

    Le Coq et le drapeau français symboles de la France

    Qui est Tite-Live ?

    Tite-Live, Titus Livius en latin est né en 59 avant J-C ou en 64 avant J-C à Padoue en latin Patavium et il est décédé en l’an 17 au même endroit. C’est un auteur et historien de la Rome antique, il est très connu de son vivant, son succès dépassait les limites de l’Italie.
    Tite-Live a notamment écrit l’œuvre monumentale de « L’Histoire de Rome depuis sa fondation » en latin « Ab Urbe condita libri ». À l’origine, il y avait 142 livres, mais seulement 35 livres nous sont parvenus. Les périodes de l'histoire pendant les années de 292 avant J-C à 218 avant J-C et de 166 avant J-C à 6 avant J-C ont disparu. Écrite à partir de 31 avant J-C « L’Histoire de Rome depuis sa fondation » est progressivement parue en fascicules en 29 avant J-C. Le premier empereur, Auguste, se servait de ces livres pour renforcer son pouvoir.

    Return

    Return

    Return

    Ensuite, dans certains pays, le Chef d’Etat est assimilé à une divinité, c’est ce que l’on appelle le culte de la personnalité. En effet, Kim Jong-un, en Corée du Nord, Staline en URSS ou Hilter en Allemagne, sont ou étaient des Chefs d’Etat que la population adulait. Par exemple, en Corée du Nord, les citoyens se prosternent depuis leur plus jeune âge devant des statues géantes du « président éternel » surnom de Kim II-sung dont le fils Kim Jong-il était appelé « cher dirigeant ». Leur successeur Kim Jong-un se voit donner le titre de « brillant camarade ». Le culte de la personnalité est entretenu par la propagande sous toutes ses formes : elle est matérialisée en Corée du Nord par un palais ou on vous un culte aux anciens dirigeants ainsi que leur titre, plutôt glorifiant. C'était aussi le cas dans l'Antiquité. On peut le voir dans le texte les Odes, IV, 5 de Horace qui est un poème adressé à Auguste qui montre la société romaine comme un modèle tout en faisant le panégyrique du premier empereur. En effet, dans cette ode, Horace, interpelle l’empereur « dux bone » : Auguste de son vrai nom Caius Octavius dans une sorte de prière « redde » et en fait l’éloge. Horace compare Auguste au printemps « instar veris » symbole de renaissance et de renouveau, car c'est cet effet qu'Auguste a sur le peuple romain. Le poète compare d'ailleurs la patrie à une mère dont Auguste serait le fils prodigue ; grâce à Auguste, la peur n'existe plus dans l'empire romain, on le voit dans le texte avec l'anaphore du pronom interrogatif « quis ». À travers ce texte Horace vous un culte à l’Empereur et encourage les lecteurs à faire de même. Le culte de la personnalité est sacré et est toujours présent dans le système politique actuel.

    Des visiteurs s'inclinant devant des grandes statues de Kim II-sung (à gauche) et Kim Jong-il (à droite) en 2014 sur la place Mansudae à Pyongyang

    Auguste 1er empereur

    Qui est Horace ?

    Horace, en latin, Quintus Horatius Flaccus est né à Vénose dans le sud de l'Italie le 8 décembre 65 avant J-C et est décédé à Rome le 27 novembre 8 avant J-C. Horace est un poète latin, son œuvre exerce une grande influence sur la littérature latine en dépit de sa difficulté. Horace est repris et cité par de nombreux auteurs qu'il admire : Prudence, Sidoine Apollinaire, Jérôme ou Perse. Les Odes sont quatre livres de poésie de Horace publiés en 23 ou 22 avant J-C pour les trois premiers livres et pour le quatrième en 12 ou 7 avant J-C. Ils contiennent respectivement 38, 20, 30 et 15 pièces, totalisant 3 038 vers. Horace comparait fièrement ses livres aux pyramides d’Egypte.

    Return

    Dans l’Antiquité, on ne peut pas dissocier le politique du sacré. En effet, toutes les décisions politiques sont sous le commandement des dieux. Comme dans le texte Ab urbe condita, Livre X, 40 de Tite-Live dans lequel il est dit que si les poulets mangeaient bien, le combat leur serait favorable, car si les auspices étaient bons, les dieux seraient présents pour faire gagner le combat. Cependant, dans le texte les pullaires chargé d’annoncer au soldat si les poulets mangeaient assez, ils ont menti, car les soldats étaient prêts et voulaient aller sur le champ de bataille ( « nam cum pulli non pascerentur, pullarius auspicium mentiri ausus tripudium solistimum » : « quoique les poulets ne mangeassent pas, le pullaire osa mentir sur les auspices » ). Les dieux font donc partie des décisions politiques, car sans leur approbation le combat est perdu. Dans le texte, il est écrit : « humanis rebus magis praesentes interfuisse deos » ce qui signifie que les dieux sont présents dans les affaires humaines. Aujourd'hui, même si certains pays se revendiquent laïques, des traditions ne le sont pas. En effet, aux Etats-Unis, le président prête serment sur un texte religieux. Même si dans la constitution américaine il n'est pas spécifié l'usage de la Bible pour prêter serment, depuis plus de 2 siècles les présidents américains prêtent serment en posant sur l’ouvrage sacré leur main gauche. Lancée par George Washington qui lui aurait également embrassé la Bible, cette tradition est en réalité pratiquée par simple mimétisme, mais on trouve du sacré dans la politique comme si cet acte allait protéger le nouveau président. De plus, à chaque fin de discours lors de la cérémonie d'investiture la phrase « God Bless the United States of America » qui traduite veut dire « Dieu bénisse les États-Unis d'Amérique » montre encore une fois que l'on ne peut pas dissocier le politique du sacré. Alors, en dépit du fait que les Etats-Unis se disent partisans de la laïcité (en effet, John Quincy Adams déclarait « le gouvernement des États-Unis n'est en aucune manière fondée sur la religion chrétienne ») on peut se dire qu'il n'y a pas de séparation entre l'Église et l'Etat dans ce pays.

    Barack Obama prêtant serment

    Joe Biden prêtant serment

    Return

    L’Iran est un pays gouverné selon la religion musulmane, ce n’est pas un Etat laïc. En effet, c’est sous l’autorité du Conseil des Gardiens et du Guide suprême de la Révolution islamique que la Constitution iranienne place l'ensemble des institutions : médiatiques, politiques, militaires et judiciaires. Le sacrilège est donc sévèrement puni dans ce pays. En effet, selon le site d’International campaign for human rights in Iran, des poètes : Fateme Ekhtesari et Mehdi Musavi ont, dans leurs écrits, réalisé une critique de la société iranienne. Accusés d’avoir « insulté le sacré » les poètes ont été condamnés à 99 coups de fouet, 9 ans et 6 mois de prison pour Fateme Ekhtesari et également 99 coups de fouet et 11 ans de prison pour Mehdi Musavi par le tribunal révolutionnaire de Téhéran. Le sacrilège est donc très sévèrement puni. C’est également le cas dans l’Antiquité en effet, dans le texte Ab urbe condita, Livre X, 40 de Tite-Live les pullaires ont commis un sacrilège : ils ont menti sur les augures. Leur punition est telle : ils seront placés au premier rang du combat, fonçant tout droit sur l’ennemi, leur mort est irrémédiable. On le voit dans le texte avec la phrase : « centurionibus deinde imperavit uti pullarios inter prima signa constituerent » qui signifie que les Centurions ont pour ordre de placer les pullaires sur la première ligne du front. Le sacrilège commis par les pullaires est sévèrement puni tout comme en Iran.

    Fateme Ekhtesari et Mehdi Musavi

    Un Centurion

    Pour conclure, nous avons pu voir qu’il reste du sacré dans nos systèmes politiques. En effet, les valeurs françaises comparables à des éléments sacrés qui fondent le pays, le culte de la personnalité que l’on retrouve en Corée du Nord depuis des décennies, les traditions sacrées aux Etats-Unis et la punition du sacrilège en Iran nous montrent qu’il reste du sacré dans nos systèmes politiques modernes. Tout comme c’était le cas dans l’Antiquité où des valeurs étaient sacrées, on vouait un culte à l’empereur, on retrouvait les dieux partout notamment dans les décisions politiques et le sacrilège était puni.

    Conclusion

    Return