Want to make creations as awesome as this one?

Transcript

Jalon 1 : de l'information imprimée à la presse à grands tirages

L'invention de l'imprimerie

L'âge d'or de la presse

2 types de presse : la petite presse et la grande presse

En quoi les évolutions de la presse écrite conduisent à une démocratisation de l'information?

L’imprimerie est un très grand progrès car elle permet de reproduire en grande quantité des ouvrages reliés et de bonne qualité et à moindre coût. Les idées circulent ainsi plus vite et le livre est accessible au plus grand nombre Ainsi la multiplication des écrits de nature différente (sans contrôle de l’Eglise) est rendu possible.

L'invention de

l'imprimerie

Les médias existaient bien avant le terme lui même. D'autres moyens ont précédé la presse

Au Moyen Age, en Occident ce sont les moines copistes qui permettent la diffusion d’écrits et aucun écrit ne peut être diffusé sans regard de l’Eglise ou du pouvoir politique. Or il existe plus de besoins de livres à la fin du moyen –âge (+ de lecteurs, besoins autres que le religieux comme demandes de marchands pour le commerce, récits de voyage, etc…).

Avant l'imprimerie

La DDHC proclame la liberté de la presse


Nouvelles techniques qui vont révolutionner la presse

Le temps de la presse, la naissance du journalisme

2 types de presse :


La Presse devient le premier informateur politique et l’instrument essentiel du débat politique, l’outil des populations pour se forger une opinion de la fin du XIX aux années 1975/80.

1ère et 2nde GM = censure, propagande...

Jalon 2 : L'information par le son et l'image : radio et télévision au XXème siècle

La radio

La télévision

Comment l'information par le son et l'image entraine-t-elle une transformation de la société?

A partir de 1950, la radio fonctionne à piles et est transportable partout (transistor). Depuis le 6 Mai, le transistor est devenu le cordon ombilical qui relie la France à sa révolution. La TV, muselée ou presque, a pour l'instant renversé le régime de l'image. Le pouvoir est à la parole. Danielle Heymann, l'Express, Juin 1968.

Info

Document 5.

Les Grandes Heures de la radio. Les premiers journaux parlés apparaissent en France en 1923. Pourtant, le petit nombre des auditeurs - 60 000 environ - était insuffisant pour faire de la radio, à l'échelle nationale, un moyen d'information et d'expression dans le domaine politique, trop lié à la presse écrite. (…). La place de la radio dans la vie politique s'élargit en 1934. Les manifestations d'extrême droite, le 6 février, près de la Chambre des députés, sont rapportées inégalement par les différentes radios. Peu après, imitant Roosevelt, le nouveau président du Conseil, Paul Doumergue, s'adresse à six reprises aux Français pour présenter et justifier sa politique : « Les conversations à la radio, écoutées dans les familles, doivent accroître la confiance déjà accordée par le pays et méritée par les actes du gouvernement », commente Le Temps. Or cette innovation est perçue dans la classe politique comme un moyen de s'adresser à l'opinion par-delà le Parlement et provoque d'autant plus d'inquiétude chez les partis et les journaux de gauche que Paul Doumergue en use pour annoncer un projet de révision institutionnelle. Dans Le Populaire, Léon Blum s'émeut : « C'est le pouvoir personnel. Il cherche à placer d'emblée son ministère puis les Chambres sous le coup d'une injonction populaire qui ne serait pas un référendum mais vraiment un plébiscite. » L'audience de la radio - 1 764 000 postes récepteurs déclarés - commence à inquiéter les hommes politiques. Les allocutions radiodiffusées de Doumergue ont aggravé le soupçon d'antiparlementarisme et contribué à l'échec de son gouvernement. (…). Depuis 1933, les Français peuvent écouter Radio-Luxembourg, financée en partie par des groupes français qui avaient redouté, en 1931, que l'arrivée éventuelle au pouvoir des partis de gauche n'entraînât la suppression des postes privés français. Cette première radio périphérique développe une nouvelle forme d'information économique et sociale. Au printemps 1936, Georges Mandel organise la première campagne électorale radiophonique :sur les postes d'État, le temps de parole est équitablement réparti entre les différentes formations politiques. Au micro de Radio-Paris, Maurice Thorez prononce le fameux discours de « la main tendue » aux ouvriers et employés catholiques. Sous le gouvernement du Front populaire, des hommes politiques jusqu'alors éloignés du micro prennent la parole et sont entendus par des auditeurs hostiles ou indifférents qui ne seraient pas allés les écouter dans une réunion publique. Léon Blum, chef de ce gouvernement, recourt beaucoup à la radio. Préparant les « accords Matignon », le 5 juin 1936, son allocution est diffusée deux fois dans la journée. Quatre millions de postes récepteurs implantés fin 1936 font plus pour le gouvernement du Front populaire que la grande presse qui, dans sa majorité, lui est peu favorable. (…) Au moment de la crise de Munich, le ministère des Affaires étrangères exerce un contrôle sur la diffusion des nouvelles de l'étranger et un double contrôle sur le « Radio-Journal de France » (…). Il n'empêche (…) qu’elle a permis de suivre la crise tchécoslovaque, l'entrevue de Munich du 29 septembre 1938 et provoqué l'accueil chaleureux des Parisiens qui sont venus à l'aérodrome pour acclamer Édouard Daladier à sa descente d'avion. Désormais la radio contribue elle-même à l'événement. Ignorant les frontières, la radio modifie aussi les relations internationales. A partir de janvier 1939, L’Humanité exhorte ses lecteurs à suivre les émissions en langue française diffusées par Radio-Moscou. Devant la propagande antifrançaise de l'Italie à destination de l'Afrique du Nord, Daladier se rend en Tunisie début janvier 1939 pour répondre aux attaques sur la politique de la France ; les plus importants de ses discours sont radiodiffusés. En direction de l'Empire colonial, on s'efforce de rendre Paris-Mondial (le poste international ondes courtes de la radio française) plus audible, on installe des postes émetteurs à Dakar et à Saigon, et celui de Tananarive est renforcé. Peu à peu, le gouvernement a pris en charge l'information radiophonique. (…) En 1939, avec la guerre, la création d'un Haut-Commissariat à l'information contribue à renforcer le rôle de l'État et à donner plus d'importance à l'information dans les programmes de radio. Au début de la guerre, la propagande par la radio s'organise. Au moment de l'exode et de la retraite du gouvernement et des grands quotidiens de Paris, la radio est le seul moyen d'informer les populations en désarroi. Sa puissance de dramatisation et de personnalisation est exploitée pour conditionner l'opinion et lui désigner le maréchal Pétain comme un sauveur. Sous Vichy, la propagande de la Révolution nationale est assurée à la radio par P. Creyssel et Philippe Henriot. Dans la zone occupée, Radio-Paris est sous le contrôle des Allemands et de quelques journalistes français à leur solde. (…). Instrument de collaboration et enjeu au sein du gouvernement de Vichy, la radio devient aussi un instrument de résistance. (…). Les émissions françaises de Londres- brouillées par les occupants mais néanmoins audibles- déjouent les propagandes allemande et vichyssoise, et leur écoute est le principal geste de la résistance de beaucoup de Français. Elles favorisent aussi le ralliement aux mouvements de Résistance et diffusent les messages codés qui leur donnent des directives. (…) Au lendemain de la Libération, une ordonnance de mars 1945 retire toutes les autorisations aux postes privés et établit le monopole absolu de l'État sur les émissions. (…) Bien qu'elle soit sous le contrôle étroit des ministères successifs, les gouvernants n'arrivent pas à maîtriser la radio. Dans son Journal du septennat, Vincent Auriol rapporte qu'en février 1947, on se plaint qu'« à la radio, tout le monde parle à longueur de journée. Les adversaires ont plus de voix que les partisans du gouvernement [...] C'est le journal du "Canard Enchaîné" ». (…) A présent, la radio est le plus important moyen d'information et de distraction en France. De 1951 à 1958, le nombre des récepteurs est passé de sept millions à plus de dix millions et demi. En 1954, près des trois quarts des foyers écoutent la radio à 20 heures. Cette année-là, les appels radiodiffusés de l'abbé Pierre en faveur des sans-logis provoquent un vaste élan de générosité. Après la dramatique chute de Dien Bien Phu, Pierre Mendes France s’adresse régulièrement aux Français au cours d’allocutions radiodiffusées pour expliquer les grandes lignes de sa politique. Les députés de l'opposition l'accusent d'« installer une propagande par tous les moyens et surtout sur les ondes ». (…) Par ailleurs, le monopole de la radio est atténué par l'existence des postes périphériques: Europe n°I, Radio-Monte-Carlo, Andor radio et Radio-Luxembourg ; en 1958, l'écoute de ce dernier poste atteindra quatorze millions d'auditeurs. (…). Le développement de la télévision et son pouvoir de fascination entraînent un certain reflux de la radio, qui perd ses auditeurs (…). Pourtant, la radio dispose d'atouts nouveaux : le transistor et l'autoradio, qui individualisent l'écoute et la rendent plus mobile. Au moment du putsch des généraux à Alger en avril 1961, l'écoute sur des transistors de l'appel de De Gaulle, enjoignant aux soldats du contingent de ne pas suivre les généraux révoltés, a sauvé la République. Les techniques de sondage s'affinent et permettent une meilleure connaissance des publics dont elles soulignent la pluralité. Face à la télévision, la radio se révèle davantage comme un instrument de communication, utilisant le téléphone en vue d'une interactivité qui donne le ton aux émissions de Ménie Grégoire sur RTL ou à des émissions de nuit. Plus diversifiée, plus musicale, la radio touche un public moins passif que celui de la télévision et, à la différence de celle-ci - monopole d'État (…) -, elle bénéficie d'un pluralisme de fait car elle ignore les frontières. (…). On avait trop tôt prophétisé son déclin... En mai 1968, la radio manifeste sa vitalité. Europe n°1 et RTL sont même accusés d'avoir amplifié les émeutes d'étudiants par leurs reportages en direct et l'utilisation du micro par les leaders étudiants, notamment Daniel Cohn-Bendit. Fin mai, l'allocution, uniquement radiodiffusée, du général de Gaulle suscite une manifestation monstre sur les Champs-Élysées et sa reprise en main de la situation. (…).

André-Jean Tudesq , Les Grandes Heures de la radio, L’histoire n° 79, juin 1985

Info

Et la TV française inventa le JT

L'ORTF un outil de censure ?

Plus de la moitié de la population française était devant sa télévision pour entendre Emmanuel Macron annoncer le prolongement du confinement jusqu'au 11 mai 2020 . L'allocution du président de la République a été suivie par 36,7 millions de téléspectateurs, selon des données de Médiamétrie.

Voir documents 1, 4 et 5 pages 276-277 de votre manuel.


+ documents ci-dessous :


Vers une culture commune ?

Dans très peu d'années, ce public fasciné par le petit écran comprendra la presque totalité de la population de sociétés comme la nôtre l'essentiel de la culture vivante dont se nourriront nos concitoyens aura été véhiculée par la télévision. (...) Dans la société de consommation qui tend à se développer de plus en plus vite dans les sociétés les plus industrielles, les distances entre les groupes et les classes s'amenuisent et, sans qu'on puisse encore parler de culture commune, la part du fond commun directement perçu comme tel par les intéressés augmente de plus en plus. La télévision, après la radio et le cinéma, mais beaucoup plus que ces moyens de masse plus anciens, accélère et rend irrésistibles ces transformations.(...) Dès maintenant, en France, se trouve levée toute une série de barrières qui paralysaient le rural, le non-citadin, le provincial devant une culture nationale très fortement marquée par son enracinement parisien.

Michel Crozier, "Télévision et développement culturel", communications, école pratique des hautes études, 7, 1966.


Les chaines d'information continue

"La critique des chaînes d'info en continue est récurrente. Le direct, maître mot de ces chaînes d'info, une drogue dure à laquelle les téléspectateurs sont désormais accros à chaque événement, leur a permis d'atteindre des sommets d'audience lors des premières frappes aériennes sur la Lybie, ou encore le tsunami au Japon. Des heures de direct, un flot d'information sans hiérarchie, des envoyés spéciaux partout, des duplex qui ne servent à rien, des journalistes qui ne racontent pas le monde où ils sont mais qui signifient juste qu'ils y sont. Bref, de la géolocalisation journalistique en guise d'information. "Elles ne nourrissent pas, elles abreuvent au risque de l'oubli" affirmait le coprésident d'Ipsos, Jean Marc Lech. D'autant que la promesse de l'information en temps réel, la religion du breaking news est un exercice qui comporte des risques quant à la vérification de l'information. (...) Ces chaînes d'info en continu sont malgré tout devenues incontournables (...), plus de 9 millions de téléspectateurs regardent chaque jour BFM TV, qui s'est ainsi imposée comme une télé populaire.

Agnès Chauveau, HuffPost.fr, 5 Octobre 2016.




Jalon 3 : L'information mondialisée et individualisée : naissanc et extension du réseau internet

Voir documents page 278-279 manuel hachette

Comment Internet offre-t-il une information mondialisée et individualisée?

Lancé quelques heures après l'attentat terroriste contre Charlie Hebdo le 7 Janvier 2015, qui fait 12 morts le hashtag je suis charlie devient en quelques jours le plus twitté au monde : 6,63 millions de tweets comptabilisés 6 jours plus tard. Il est repris lors de la marche républicaine contre le terrorisme du 11 Janvier, manigestation la plus importante de l'histoire de France, qui rassemble 4,5 millions de personnes à Paris et en France et réunit une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement venus du monde entier afficher leur solidarité.

Info

Document 1 page 230 du manuel Belin

La télévision à l'heure d'internet

Pour faire face à l'augmentation du trafic de données mobiles sur Internet, l'Etat français procède au transfert des chaînes de TV vers des services de très haut débit mobile (4G), à partir d'avril 2016. Cette opération s'inscrit dans un mouvement international.


La caractéristique principale de la télévision, symbole emblématique des médias de masse depuis les années 1950, est de fournir une distribution massive et rapide d'information à une audience, étendue et hétérogène. La télévision, en devenant numérique, continue de présenter certaines caractéristiques propres aux médias de masse, mais propose désormais dans un même temps un certain nombre d'éléments (de l'ordre du choix ou des pratiques ) propres aux nouvelles technologies, offrant à l'usager un passage de la réception d'une diffusion indifférenciée à une navigation individualisée. Le poste du salon est toujours la représentation principale du média, néanmoins, les TIC permettent depuis peu, grâce au streaming ou à la 3G, de quitter les standards de réception en permettant au public de visionner des contenus audiovisuels sur les autres supports que sont l'écran d'ordinateur ou le téléphone mobile. (...) Depuis la démocratisation de la diffusion par satellite, la télévision a profondément changé. Qu'il s'agisse de l'objet en lui même ou de ses contenus, l'insertion de la technologie numérique a modifié durablement notre environnement audiovisuel.

Myriam Montagut-Lobjoit, "la télévision au prisme des TIC. Pratiques et perspectives", les Cahiers du numérique, 2010/2.


Document 4 page 231 du manuel Belin

La question des contenus diffusés par internet

Les médias traditionnels fonctionnent avec des règles qui reflètent celles des sociétés démocratiques : ils font entendre différents points de vue, s'attachent à proposer un équilibre dans les sujets qu'ils abordent, à respecter le principe du contradictoire...(...) Autant de principes qui sont étrangers à Facebook. Ce dernier n'a pas été conçu comme un média. C'es "avant tout un service qui vous permet de vous connecter avec vos amis et votre famille", prêche son responsable produit, Chris Cox, proche de Mark Zuckerberg, et apôtre de Facebook parcourant le monde entier. Conséquence formulée par sa responsable des relations avec les politiques, Katie Harbath : "Nous sommes agnostiques sur le contenu, nous n'avons pas d'avis éditorial."

En mai, le Wall street journal a créé un outil permettant de comparer le fil d'un utilisateur classé comme "très libéral" à celui d'un autre, "très conservateur". Résultat : deux visions du monde radicalement différentes. Par exemple, sur une question clivante comme celle de l'avortement, le fil "bleu" (libéral) remonte une vidéo des manifestations en Pologne contre son interdiction, tandis que le fil "rouge" (conservateur) renvoie vers une pétition contre le financement public du planning familial.

Alexandre Piquard et Alexis Delcambre, 1er Novembre 2016, Lemonde.fr

Document 5 page 231 du manuel Belin

Une information vraiment mondialisée?

L'essor du web est présenté avec insistance comme permettant d'échapper aux logiques dominantes qui organisaient, avant son développement, la production et la circulation de l'information internationale. (...) Le web constituerait à ce titre un nouvel espace "deterritorialisé" pour l'information, dans lequel des individus ou des collectifs, tirant parti des outils du réseau, pourraient contribuer activement, grâce à la possibilité qu'il donne de "s'émanciper de la géographie", à la diffusion à une échelle transnationale des nouvelles. (...)

Il est nécessaire de relativiser ces arguments (...). L'étude quantitative du contenu des pages internationales de pas moins de 223 sites web de journaux et télévisions publiques ou privées dans 73 pays conclut, pour les sites observés, à une "structure très hiérarchisée des flux d'information" : seule "une poignée de pays", principalement des pays du "centre" ou ceux de la "périphérie" en crise, sont couverts, les autres restent largement invisibles.

Mieux, on retrouve ces déséquilibres dans l'image du monde qu'offrent les grands agrégateurs d'information, tels que Yahoo! News ou Google News. Ceux-ci constituent, certes, de nouveaux "agents dominants de l'information" internationale états-uniens, mais qui reconduisent, à leur tour, de bien anciennes inégalités. (...) Chacun "surreprésente" l'actualité relative aux pays développés et se "montre moins à même de couvrir les pays en développement".

Tristan Mattelart, "l'information mondialisée n'existe pas", INA Global, site internet de l'INA, 24 Octobre 2016