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1968, une année de contestation

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L'année 1968 dans le monde

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Une année de contestations

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Italie, tout au long de l'année 1968.


Les nombreuses manifestations étudiantes au cours de l'année 1968 ont aussi touché l'Italie. Les étudiants manifestent pour obtenir plus de moyens dans le domaine universitaire, dont ils considèrent les enseignements dépassés. Ces émeutes ont lieu dans tout le pays, dans des villes comme Florence, Venise, Padoue, Turin. Si les revendications sont du domaine de l'enseignement, les universités ne sont pas les seules à être occupées par les manifestants : les émeutes se déplacent aussi vers les gares. Ces émeutes font des centaines de blessés comme lors de la "Bataille de la Valle Giulia". Des étudiants en architecture avaient en effet tenté de prendre d'assaut la Villa Borghèse. Cette insurrection a été très rapidement balayée par les forces de l'ordre.

cependant, si au commencement c'est la jeunesse universitaire qui manifeste, elle est très rapidement rejoint par les jeunes ouvriers, issus des villes plus industrielles. De par leur âge (le même que les manifestants universitaires), ces ouvriers s'identifient à leurs revendications et leur combat.

Les mouvements de contestation sont donc insufflés dans toutes les strates de la société, ce qui contribue à étendre le mouvement contestataire à l'international.


Site internet de l'Académie de Paris, 2 juin 2021 "L'année 1968 dans le monde".



La police contre les étudiants à Rome lors de la "Valle Giulia", le 3 mars 1968. La Dépêche.


Place Saint Pierre, Rome, 23 décembre 1968.


Des ecclésiastiques brésiliens ont levé des pancartes à la sortie du Pape pour attirer son attention sur les persécutions commises envers les catholiques au Brésil ainsi que la restriction des libertés. En effet, le 13 décembre 1968, le président Costa e Silva (un général-président qui appartenait déjà au groupe militaire qui avait instauré une dictature militaire à la tête du pays en 1964) fait paraitre un Acte institutionnel. Celui-ci acte la dissolution du Congrès Brésilien l'obtention du présidents de pouvoirs dictatoriaux. Il suspend ainsi la Constitution, imposé une sévère censure et une grande partie des libertés individuelles sont occultées. De part la dictature militaire déjà instaurée dans le pays, les populations étaient déjà soumis à de grandes réductions de libertés et des violences. Ici, il est important de noter que la manifestation contre le gouvernement Brésilien ne se fait pas au Brésil, à cause de la menace des représailles qui plane.



L'Histoire Magazine, mensuel 366, juillet-août 2011

Le Monde, 24 décembre 1968.



Bagdad, Irak, 5 décembre 1968.


Le parti Baas irakien et des irakiens manifestent contre la présence israélienne en Jordanie ainsi que pour témoigner leur hostilité à l'égard des États Unis. Ils veulent la libération de la Palestine. En effet, en 1948, l'État d'Israël est institué, sous l'impulsion de l'ONU. Après plusieurs délibérations, il est installé en Terre Sainte (pour les juifs), au bord de la mer Méditerranée. Cependant, c'est un territoire revendiqué par le peuple palestinien. Par ailleurs, étant le seul pays d'obédience juive dans une zone entourée de pays arabes, Israël ne trouve au début aucun allié dans la région. Son plus grand soutient est donc les États-Unis. Et régulièrement, comme ici, les pays voisins d'Israël manifestent leur hostilité . Une hostilité qui est dans ce cas précis expliquée par le contexte : la Guerre des Six jours, qui s'est déroulée du 5 au 10 juin 1967 et qui a opposé Israël aux pays arabes. À l'issue de cette guerre Israël reprend le contrôle de Jérusalem et gagne du terrain sur ses voisins et ennemis. Les manifestations comme celle de Bagdad encouragent donc également les populations à ne pas se laisser dominer par "l'oppresseur" qu'est Israël.



Le Monde, vendredi 6 décembre 1968.


Utopies.blog. Évolution des territoires palestiniens et de la zone de présence puis d'influence israélienne de 1900 à nos jours. Utopies.blog.


Vietnam, 30 janvier 1968.


L'offensive du Têt. Il s'agit d'attaques menées par l'armée du Nord Vietnam (avec le soutient soviétique) et le Viet-Cong (nom donné par le Vietnam-Sud aux communistes et leurs alliés qui appartiennent au front national de libération) contre le Vietnam-Sud, soutenu par les américains. L'offensive a été lancée le 30 janvier, un jour de vacances pour le Vietnam-Sud. L'ambassade américaine qui se situe à Saïgon a été visée par ces attaques ainsi que plusieurs villes du Sud Vietnam comme celle de Hué qui reste un moment aux mains des communistes. Le bilan de cette offensive est lourd : les forces communistes perdent près de 90 000 soldats (Viet-Cong). D'un point de vue purement militaire, c'est une défaite pour les communistes qui perdent le contrôle des villes gagnées lors de cette guérilla. Cependant, sur le plan politique, le message est fort : l'offensive a montré une certaine défaillance côté américain. C'est précisément le but qui était recherché : faire basculer l'opinion publique américaine, pour que celle- ci continue de condamner (en grande majorité) la guerre menée par leur armée au Vietnam.



Site Internet de l'Académie de Paris, le 2 juin 1968, "L'année 1968 dans le monde".



Le Figaro.fr. L'armée Sud-vietnamienne en plein combat à Saïgon, début 1968.Le Figaro.fr.



Pérou, 3 octobre 1968.


Le général Juan Verlasco Alvarado (chef de l'armée de terre) accède au pouvoir par un coup d'état, il a en effet la force militaire avec lui (armes tanks...). Son gouvernement est qualifié de "nationaliste". L'ancien président, Belaunde Terry, a été démis de ses fonctions immédiatement. Le nouveau a pour objectifs de se détacher des États-Unis, surtout en ce qui concerne les intérêts économiques. Le but est de continuer à se développer sans pour autant dépendre de l'influence américaine. Des réformes sont vite mises en place comme la nationalisation de la compagnie Petroleum Corporation le 9 octobre. Ensuite, des réformes sociales sont mises en, oeuvre pour éradiquer les bidonvilles, notamment à Lima. Cette prise de pouvoir et les décision qui en ont découlé témoignent d'un antiaméricanisme important dans ce monde bipolaire, ainsi que l'instabilité des gouvernements, en Amérique latine à cette époque.



Le Monde, vendredi 4 octobre 1968



Juan Verlasco Alvarado. ABC Latina.



Memphis, États-Unis, 4 avril 1968.


Le pasteur Martin Luther King, figure emblématique des luttes contre les discriminations raciales est assassiné . Il était venu à Memphis pour soutenir une grève d'éboueurs afro-américains. Il est assassiné à la sortie de son hôtel .Cet acte a entrainé de très nombreuses manifestations dans plusieurs villes américaines.Pendant plusieurs jours, des vitrines sont brisées, des magasins pillés et plusieurs quartiers sont incendiés. En effet, Martin Luther King apparaissait comme une véritable figure de proue dans la défense des droits des afro-américains face au racisme. Ce combat lui aura d'ailleurs valu le Prix Nobel de la Paix en 1964. Il représentait un espoir en ce qui concernait l'abolition de ségrégation. Par ailleurs, cet événement a une raisonnance toute particulière dans un monde où la paix ainsi que l'unité est de plus en plus mise en avant par les populations. Il rappelle à ceux qui en doutaient que la violence est partout.


France Info, extrait du journal télévisé France 3 "Les Grandes Tragédies", 2018.




Martin Luther King le 28 août 1963, Washington DC. Site internet de la BBC



Los Angeles, États-Unis, 5 juin 1968.


Assassinat de Robert Kennedy (le frère de John Fitzgerald) alors qu'il est en lice pour la candidature démocrate aux élections présidentielles de 1968. C'est un opposant assumé à la guerre du Vietnam. Ce conflit est la principale source de tension dans la sphère politique ainsi que dans l'opinion publique . En effet, l'armée américaine est présente dans cette cette guerre, un intervention incomprise et condamnée par la majorité des américains. Ils sont contre ce multilattéralisme dont ils ne voient pas les résultats si ce n'est que des soldats perdent la vie. Cependant, l'assassin est d'origine jordanienne qui veut simplement attirer l'attention de l'opinion publique sur la cause Palestinienne. Selon le meurtrier c'est pour la position du candidat envers Israël qu'il a agit. Cet incident remet ainsi au centre du débat 2 thèmes : la question palestinienne (car Israël est placée sous protection américaine) et la guerre du Vietnam puisque le positionnement d'un homme politique par rapport à ce conflit est ce qui, entre autre, le caractérise.



Le Figaro.fr, le 4 juin 2018.



5 juin 1968, assassinat de Robert Kennedy. Le Figaro.fr


Sofia, Bulgarie, 30 juillet 1968.


Des étudiants socialistes d'Allemagne fédérale, tendance politique extrême gauche ont manifesté de manière assez calme, non loin de l'ambassade des États-Unis. Ils manifestent contre la présence américaine au Vietnam at fêtent la victoire de Ho Chi Minh.

Dans un monde à tendance bipolaire, la Bulgarie se rapproche d'un point de vue politique de l'URSS, bien que n'en faisant pas partie. Cet manifestation qui révèle un antagonisme envers les américains apparait donc assez naturelle. En effet, l'année 1968 est marquée par de nombreuses contestation sur la guerre menée au Vietnam par les américains. Manifester contre ce combat c'est donc marquer son opposition envers les États-Unis. Par ailleurs, les opposants aux américains dans cette guerre sont soutenus par la Chine communiste. Fêter la victoire de Ho Chi Minh (le leader du Vietnam Nord communiste) est en quelques sortes montrer son adhésion au communisme et à l'inverse, montrer son opposition envers les États-Unis.



Site internet de l'Académie de Paris, 2 juin 2021.

Le Monde, mercredi 31 juillet 1968.

Buenos Aires, Argentine, 18 juillet 1968


Pendant une remise de prix de l'ambassadeurs Français à des peintres argentins, des personnes (appartenant la plupart au Front Anti-impérialiste des travailleurs de Buenos Aires) ont lancé des tracts contre "l'impérialisme français". Cet incident s'inscrit bien dans un contexte où les pays aspirent à se gouverner par eux même. À l'image du reste du monde, l'Argentine connait aussi son flot de révolte en 1968. Des manifestations étudiantes qui réclament la fin du contrôle et de la censure de la presse, et plus de libertés individuelles de la part du gouvernement. Il aspirent à une liberté plus grande (d'où l'exemple de cette manifestation contre "l'impérialisme français"). Par ailleurs, les arts, plastiques surtout, ont joué un important rôle dans la propagation de messages et renvendications politiques. Anis, ce rattachement de la politique à l'art, n'a pas été très bien perçu par les manifestants.



Le Monde, vendredi 19 juillet 1968.

Prague, Tchécoslovaquie, du 5 janvier au 21 août 1968.


La Tchécoslovaquie appartient au bloc de l'URSS. Cela signifie que le pays existe ne tant que tel, avec son gouvernement, mais reste sous l'impulsion de Moscou. Au sein du Parti communiste unique de Tchécoslovaquie, des différents politiques demeurent. Les partisans de réformes et ceux qui ont une volonté plutôt conservatrice s'opposent. Le pays traverse en effet une période où l'économie est en chute libre. Le 5 janvier, arrive à la direction du pays Alexander Dubček, en faveur de réformes. Il prône alors un "socialisme à visage humain". Il ne veut pas couper avec la politique de Moscou, mais seulement entreprendre des réformes pour faire évoluer le socialisme. Dubček introduit donc les libertés de circulation, d'expression et de la presse. Il abandonne la programmation de l'économie (avec les plans quinquennaux) et la décentralise du gouvernement. Une nouvelle Constitution est introduite.


Cependant, le reste de l'URSS (et Moscou notamment) voient ces réformes plutôt comme des volontés d'émancipation du giron soviétique. Après quelques discussions diplomatiques, en août, l'URSS et les pays du pacte de Varsovie envoient des chars ainsi que l'armée pour un retour à la normale. L'occupation soviétique engendre des manifestations qui sont réprimées très sévèrement. Les chars tirent dans les rues. La répression du Printemps de Prague a engendrée plusieurs dizaines de morts et blessés. Bien qu'elle fût écrasée, cette rébellion annonçait très précocement la fin de l'URSS.



Site de l'Académie de Paris.

L'Histoire Magazine, mensuel 330, avril 2008



Les populations civiles contre les chars soviétiques pendant le Printemps de Prague. Slate.fr.


Berlin Ouest, République Fédérale d'Allemagne (RFA), printemps 1968.


De multiples contestations émanent des cercles étudiants en Allemagne de l'Ouest. Tout d'abord, ces contestations suivent les revendications classiques des étudiants au cours de cette année 1968 : ils veulent plus de moyens investis dans l'enseignement, un accès plus simple aux études supérieures et une modernisation de l'enseignement. C dernier point a une raisonnante toute particulière en Allemagne de l'Ouest où flotte encore le spectre de la honte nazie au dessus des têtes des plus anciennes générations. Volet que n'ont pas connu ces étudiants qui manifestent pour que les esprits marqués de la rudesse de l'après guerre connaissent une évolution ou, à minima, cessent d'imprégner le milieu universitaire. Il s'agit là des premières revendications des étudiants allemands.

Cependant, un autre paramètre vient alimenter ces revendications : des étudiants d'Allemagne de l'est. Ceux-ci, sont venus en RFA et se retrouvent déçu du système capitaliste et se revendiquent d'extrême gauche. Ces manifestations sont donc pour eux l'occasion de manifester leur opposition au gouvernement et aux politiques mises en place, qui sont plutôt favorable au gouvernement américain. Ces étudiants rejoignent donc également les opposition "classiques" envers les États-Unis en 1968 : l'opposition à la guerre du Vietnam, l'hostilité à l'État d'Israël.

L'opposition globale se manifeste par le blocus de certaines universités, des grèves au cors desquelles les étudiants brandissent des drapeaux rouges au sommet des bâtiments.



Site internet de l'Académie de Paris, 2 juin 2021.

Le Monde, 23 mai 1968.

Le Monde, 29 juin 1968.



La police ouest-allemande face aux manifestants, le 12 avril 1968. Courrier International.



Montréal, Québec, Canada, 24 juin 1968.


Lors de la Saint-Jean-Baptiste, la fête de la province du Québec, le premier ministre Pierre-Elliot Trudeau, étant opposé aux idées souverainistes actuelles de la population, souhaitant l’indépendance du Québec, est invité sur l’estrade d’honneur aux côtés d’autres personnalités politiques. Les adhérents du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) décident de manifester leur mécontentement en se rassemblant devant le parc La Fontaine, à côté de l’estrade d’honneur. La police arrête rapidement leur chef Pierre Bourgault. Indignés, les manifestants lancent des projectiles sur les policiers, qui les répriment violemment. La réaction excessive des policiers amène les citoyens présents à se ranger du côté des manifestants. Les projectiles lancés par les manifestants se voient peu à peu dirigés en direction de Trudeau, cause première de cet affrontement. Au cours de cette émeute, 292 arrestations sont effectuées et 123 individus sont blessés. Ce lundi est par la suite surnommé “le lundi de la matraque” en écho au titre d’un ouvrage en relatant les faits.


Radio Canada.


L-Express. Le lundi de la matraque. La police emmenant un manifestant.



France, mai 1968.


Les évènements de mai 1968. Dès 1967, certains étudiants progressistes de l’Université Paris/Nanterre commencent à manifester pour des avancées dans une société en inéquation avec les mentalités actuelles. Ils souhaitent abroger la verticalité de l’enseignement universitaire, en voyant notamment la relation entre les profs et les élèves s’adoucir, et favoriser davantage l’accès aux universités en abaissant les coûts de scolarité.


Le mois de mai 1968 apparaît comme un tournant, les évènements prenant d’autant plus d’ampleur et le mouvement étant rejoint par les ouvriers, manifestant leur volonté de réformes pour de meilleures conditions de travail.

Le 1er mai, à l’occasion de la fête du travail, plus de 100 000 ouvriers défilent de la République à la Bastille, appelés à manifester par la C.G.T et le parti communiste. Cet évènement encourage les membres de syndycats tels que la C.G.T ou l’U.N.E.F, ainsi que des centaines de milliers d’autres ouvriers à défiler simultanément dans la capitale et différentes villes de provinces, dont Lyon, Nice et Marseille, le 31 mai.

Les féministes suivent de près ces nouvelles protestations en faisant du droit des femmes de maîtriser de leurs corps l’objet de leurs revendications par le droit d’avorter, de s’habiller selon leur volonté, mais également par leur sexualité par le biais de la contraception.


Ce mouvement ainsi généralisé se caractérise par un rejet de la politique et du gouvernement gaulliste actuel, jugé révolu en regard des nouveaux moeurs en France influencés par la culture jeuniste venant tout droit des Etats-Unis.

Ces revendications semblent entendues véritablement entendues lorsque Charles De Gaulle annonce le 24 mai 1968 qu’un référendum sur la rénovation universitaire, sociale et économique serait tenu.


Le Monde, 2 mai 1968.

Le Monde, 31 mai 1968.


Daniel Cohn-Bendit (poing levé) chante " l'Internationale" (l'hymne communiste) le 6 mai 1968 à Paris, entouré de forces de l'ordre et d'autres étudiants contestataires, AFP/Archives


Pékin, Chine, 22 mai 1968.


Cinq cent mille manifestants défilent dans la capitale, admirant l’esprit révolutionnaire et novateur de la population française et condamnant ceux qui cherchent à s’y opposer. En effet, les mouvements et surtout les idées de mai 68 en France se sont diffusées à l'étranger. Elles sont en adéquation avec les idées de Mao Zedong. En effet, les étudiants français se revendiquaient de bord politique plutôt orienté gauche et se rapprochent donc de la Chine communiste. Le pays entier est derrière ces étudiants et ces ouvriers français. Cette manifestation est alors d'avantage un action de soutien.



Le Monde, 23 mai 1968.



Espagne, du 30 avril au 2 mai.


Comme en France, l’Espagne connaît des manifestations des étudiants et des ouvriers mi-printemps 1968. En réalité, l’idée n’est pas nouvelle sur le territoire espagnol, puisqu’elle a émergé en 1956 en réaction au gouvernement franquiste. Le vent d’espoir venu de France fait cependant escalader les manifestations au mois de mai sur l’ensemble du territoire de façon permanente. Du 30 avril au 2 mai, vingt deux organisations opposantes au régime dont le Parti Communiste et le Parti Ouvrier Révolutionnaire s’associent afin de former un rassemblement national. C’est ainsi que les étudiants, les ouvriers et les militants organisent de nombreuses manifestations et grèves, et appellent au boycott des transports publics. Le gouvernement du général Franco emploie de grands moyens pour endiguer la vague de protestation, en demandant l’intervention notamment de gardes civils armés, de la police et d’hélicoptères. Ces moyens ainsi déployés n’affectent pas les manifestants qui poursuivent leurs actions et n’hésitent pas à affronter le gouvernement. Au lendemain de ces trois jours, on compte 70 arrestations à Madrid, 11 militants incarcérées à Barcelone pour avoir distribué des tracts et 8 étudiants traduits en justice à Bilbao.


Libération, 4 mai 1998.

Dakar, Sénégal, du 29 au 31 mai 1968.


Dès le 18 mai, les étudiants manifestent en vue de la diminution de leurs bourses et des mensualités.

Le 29 mai apparaît comme le paroxysme de ces manifestations, alors qu’un étudiant décède suite à une intervention policière violente à la cité universitaire de Dakar. Sa mort amène les élèves de collèges et de lycées ainsi que les contestataires du régime à exprimer leur soutien à la lutte étudiante.

Les ouvriers se joignent également au mouvement, pour protester contre les actions de la police mais également pour leurs propres revendications. C’est le cas notamment des ouvriers de la société des mines de fer de mauritanie, à Zérouate. Le 29 mai 1968, ils manifestent pacifiquement dans les rues, dénonçant les discriminations dont ils sont victimes avec la séparation distincte des ouvriers mauritaniens et des cadres européens dans leur ville. Ils appelent également à la mise en place de certaines réformes économiques et sociales, dont la nationalisation de leur société. Cette dernière opposée à ces revendications fait pression sur les autorités locales pour mettre fin à ces manifestations. Ils font appel à l’armée nationale qui tente de disperser les manifestants en tirant dans la masse, entraînant le décès de sept d’entre eux.

Lors de ces “trois jours de feu”, du 29 au 31 mai, la capitale sénégalaise voit certains de ses établissements fermer, suite à de réguliers affrontements, de nombreuses émeutes, de scènes de pillage et de vandalisme. D’importantes vagues d’arrestations ont lieu, les étudiants influents et les dirigeants des syndicats de travailleurs sont interpellés, dans l’objectif de diviser les groupes. Les secteurs d’activité sont tous paralysés, et le conflit devient une affaire nationale voire internationale lorsque le dirigeant Senghor décrète l’Etat d’urgence, instaure des mesures en conséquence et demande de l’aide à l’armée française le 30 mai. Le 31 mai est lancé un appel à la grève général. Les manifestations continuent jusqu’à septembre 1968, et engendrent d’importantes répercussions sociopolitiques.



Sciences-Po Bibliothèque.

May 1968 in Senegal: Dakar in the World Social Movement, Omar Gueye, pages 121 à 136, Open Edition Journals.

Sénégal, 1968: Révolte étudiante et grève générale, Françoise Blum, Revue d’histoire moderne & contemporaine 2012/2 (n°59-2), pages 144 à 177, Cairn.


Le 29 mai, les affrontements entre les forces de l'ordre et les étudiants ont fait un mort, RFI.