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Transcript

1968 : une année tourmentée

Les évènements de 1968

Zoom sur les événements français

Prises de pouvoir ou élections

Faits de guerre ou assassinat

Manifestations

Traités de non-prolifération


Tokyo, Japon

Manifestations contre l'arrivée d'un navire américain

18 janvier 1968


Jugé comme l'acceptation du Japon de l'arme nucléaire, violant alors la Constitution.
De très violents heurts ont eu lieu au port de Sasebo, accueillant le porte-avion, résultant en un grand nombre de blessés et d'arrestations.



Guerre du Vietnam

Si le conflit et les forces en présence sont installés depuis le début des années 60 voire 55, menant à l’enlisement du conflit sur un territoire abondamment forestier, l’année 1968 marque un engagement militaire soutenu allant jusqu’à 500 000 soldats américains débarqués sur le territoire. Mais l'Amérique s’enlise et les images de largages d’armes chimiques des américains, pourtant présents au conseil de sécurité de l’ONU, font le tour du monde, de même que l’évolution de la guerre est suivie dans les journaux à travers le globe.









Los Angeles, Etats-Unis

Assassinat de Robert Kennedy

5 juin 1968

Procureur de la république, Robert Kennedy, frère du défunt John Kennedy, assassiné 5 ans auparavant, est lui aussi victime d’homicide volontaire le 5 juin 1968, à Los Angeles, à la suite d’une réception. On a jugé Sirhan Sirhan, un chrétien transjordanien, comme étant coupable de ce meurtre. Son motif est la vente d’avion militaire à Israël effectué par le candidat quelques mois plutôt. Candidat à la présidence des Etats-Unis aux primaires démocrates, occupant la deuxième place dans l’élection au sein du parti démocrate, il est assassiné peu après le vote, par un petit calibre qui a visé sa tête. Richard Nixon, candidat républicain, sera finalement l’élu de l’élection de 1968.



États-Unis

Manifestations étudiantes contre la guerre de Vietnam, les droits civiques et libertés

26-29 août

Contre l'envoi d'un grand nombre de jeunes au Vietnam, vidant alors les universités, maints étudiants protestent.
Par la même occasion, des manifestations sont organisées pour le respect des droits civiques dans la guerre du Vietnam et aux États-Unis, et dans cet élan, des étudiants se mobilisent pour l'arrêt des essais nucléaires et les libertés d'expression et civiques à l'université.
De plus, des grèves illégales sont imposées par les étudiants pour exprimer leur mécontentement. De violentes altercations ont lieu,et les images de jeunes révoltés et matraqués font le tour du monde par la télévision.



Prague, Tchécoslovaquie

Printemps de Prague

5 janvier au 21 août 1968


Précédemment autoritaire, le gouvernement tchécoslovaque se renouvelle grâce à Dubček qui met en place des réformes libérales.

Or, la prospérité du régime autoritaire favorise l'URSS et des troupes soviétiques sont envoyées à Prague.

Contre le rétablissement de l'autoritarisme, les tchécoslovaques manifestent passivement pour l'expulsion des troupes de la capitale.

Certes un échec, les manifestations de Prague sensibilisent l'Occident du danger soviétique et de l'importance des libertés.


Manifestations en Espagne

Est mise en place une politique de répression : de nombreux étudiants ayant manifesté vont en prison, la police est placée dans les universités

A Madrid

  • au 22 janvier:

Le professeur Isidoro Martin, recteur de l'université de Madrid, a ordonné samedi soir la fermeture de la faculté de philosophie et de lettres pour une durée de onze jours en raison " des graves événements " survenus au cours de la journée. Dans d'autres villes d'Espagne, des chocs violents entre étudiants et policiers ont été enregistrés. Une vingtaine d'étudiants ont été arrêtés et plusieurs universitaires et policiers blessés.

  • Au 25 janvier:

Les autorités ferment une troisième faculté

  • Au 27 janvier:

Fermeture de la faculté de médecine → 4e faculté de l’université de Madrid fermée en 15 jours.

  • Au 29 janvier:

La police secrète assurera désormais la sécurité et l'ordre à l'intérieur des édifices des facultés de l'université de Madrid. Le ministère de l'éducation a publié une note dans ce sens dimanche. Elle précise qu' " à partir du lundi 29 janvier il existera dans toutes les facultés de l'université de Madrid un service spécial d'agents du corps général de police (police secrète) qui seront à la disposition du recteur et des doyens ", ajoutant que ces hommes auront pour mission " d'assurer dans les édifices universitaires la sécurité et l'ordre ". Selon la note, ces agents resteront en service jusqu'à l'organisation d'un corps de police universitaire et jusqu'à ce que " l'autorité académique puisse disposer de ses propres agents ".

C'est la première fois dans l'histoire de l'université espagnole qu'une telle mesure est adoptée.

A Barcelone

pour le quatrième jour consécutif, près d'un millier d'étudiants ont affronté les forces de l'ordre en plein centre de la ville. Des universitaires ont mis le feu à un grand nombre d'exemplaires de journaux et tenté d'interrompre la circulation.

  • Autour du 6 février:

les facultés et les écoles d'ingénieurs ont déclenché lundi une grève d'une durée illimitée pour protester contre les sanctions infligées samedi à cent trente-sept étudiants qui avaient occupé deux jours plus tôt l'école d'architecture.

Londres, Royaume-Uni

Manifestation contre la guerre du Vietnam

et pour le désarmement nucléaire à Londres


Le 18 mars 1968, une manifestation de plus de 10 000 personnes prend place pour manifester le mécontentement de la population par rapport à la guerre du Vietnam. Les manifestants brandissent les drapeaux du Front national de libération du Vietnam sud en bas de l’ambassade des Etats-Unis, 33 Nine Elms Ln Street. Manifestation violente, elle laisse la moitié des policiers blessés.

Le 16 avril, c’est plus de vingt mille personnes qui protestent encore une fois à Trafalgar-Square, pour la marche contre le désarmement nucléaire.


Campagne du candidat Nixon en vue des votes de novembre 1968


L'année 1968 est pour les États-Unis une année de campagne présidentielle, notamment pour le candidat Richard Nixon. Dans l'article qui suit, le candidat s'appuie sur la volonté d'en finir avec le conflit asiatique et de retour à la paix pour légitimer sa future élection. La guerre du Vietnam est donc un tel dilemme en 1968 pour les États-Unis qu'elle est comprise dans les arguments d'un candidat à la présidence.


Le Monde / jeudi 7 mars 1968

M. Nixon s'engage à gagner la paix.

L'ancien vice-président Richard Nixon, seul candidat officiel à l'investiture républicaine à la présidence, a pris la parole mardi soir à Hampton (New-Hampshire) devant une assistance de deux cents personnes environ, dans le cadre de sa campagne pour les "élections primaires", qui se dérouleront prochainement dans cet État.

Son intervention a été consacrée entièrement au problème vietnamien et à une critique de la politique vietnamienne du gouvernement Johnson. M. Nixon a commencé par "s'engager à mettre fin à la guerre du Vietnam et à gagner la paix en Asie" s'il était élu président. Il a comparé la situation actuelle à celle qu'eut à affronter en 1952, pendant la guerre de Corée, le président Eisenhower, dont il fut alors le colistier. L'Amérique était alors engagée dans une guerre difficile, a dit M. Nixon, qui semblait ne pouvoir prendre fin.

[...]

Pour M. Nixon, si l'administration démocrate avait " dès le début utilisé la puissance qu'elle emploie aujourd'hui, la guerre aurait déjà pris fin. La puissance militaire de la nation, a-t-il affirmé, a été gaspillée dans son utilisation graduelle". Le gouvernement Johnson n'a su ni user de la puissance diplomatique pour parvenir à un règlement rapide du problème vietnamien, ni rendre plus ferme la volonté des Sud-Vietnamiens de "résister à l'agression". Enfin, le peuple américain a été laissé sans "informations réelles".

Au-delà de ces attaques, M. Nixon n'a pas été très précis quant aux solutions qu'il entendait apporter. "Je ne suis pas partisan d'un retrait de nos troupes, a-t-il rappelé, et je ne vous propose aucune solution a presse-bouton" pour le faire."

"Je vous dis seulement qu'on peut mettre fin à cette guerre en mobilisant nos ressources économiques, politiques et diplomatiques."

"S'il y a échec dans l'affaire du Vietnam, ce n'est pas un échec de nos soldats, c'est un échec de notre direction politique, incapable à Washington D.C. de les soutenir efficacement."


Élection présidentielle en Décembre 1968:

Richard Nixon, nouveau président des États-Unis

5 novembre

L'élection de 1968 a opposé le candidat Richard Nixon, républicain au candidat Hubert H. Humphrey, démocrate. Élection très serrée (un pourcentage de différence), elle met fin à des campagnes qui illustrent les divergences de points de vues des candidats: Ricard Nixon, très critique sur l'administration Johnson qu'il considère incapable d'avoir su mener à bien la gérance de la guerre du Vietnam et le vice-président de la même administration.

La campagne du candidat finalement élu prône le slogan "la loi et l'ordre" et s'appuie sur la division du parti démocrate et la critique de l'ancienne administration Johnson.



Prises de décisions du gouvernement américain

et gestion des affrontements

Le conseil de guerre américain se réunit régulièrement à la maison blanche, détaillant quelles positions sont prises dans le conflit. Les conclusions de ces séances sont reportées notamment dans le journal français Le Monde, ce qui montre l'importance pour les européens de connaitre l'avancée du conflit bilatéral vietnamien (voir l'article ci-dessous). Engagé depuis 1955 mais présents activement depuis 1960, les américains participent au conflits aux côté du Vietnam Sud, rejoints par la suite par le Cambodge et la Corée du Sud. Si cette présence américaine attise la colère de la Chine et de l'Union Soviétique, ce n'est qu'à partir de 1964, où des tirs sont échangés entre des navires des deux camps, que commencent réellement l'escalade de la violence entre les camps, manifestée par l'utilisation de napalm notamment de la part des Etats-Unis. En 1968, le conflit est donc déjà bien entamé et quelque peu enlisé en raison de la volonté des deux grands d'éviter un affrontement direct. Si le gouvernement choisit de rester 2à ans dans le conflit, la population américaine n'est pas entièrement favorable à ce conflit couteux et enlisant.




"Washington s'inquiète de la
dégradation de la situation au Laos

Vendredi 1 mars 1968 / Le Monde
"Les résultats du "conseil de guerre" réuni mercredi à La Maison Blanche ne seront connus que dans quelques jours. On sait toutefois que le général Earl Wheeler a également fait part de ses inquiétudes à propos de la dégradation de la situation au Laos. En ce qui concerne le Vietnam du Sud, il a évoqué le problème des renforts jugés nécessaires par le général Westmoreland pour faire face à une nouvelle offensive éventuelle du F.N.L.

Sur le terrain, où les Vietcongs et les Nord-Vietnamiens poursuivent leur harcèlement et leur bombardement des positions américaines et gouvernementales, certains officiers américains ne ménagent plus en privé leurs critiques
au général Westmoreland, auquel ils reprochent surtout de n'avoir pas contrattaqué immédiatement après le début
de l'offensive du F.N.L. Au Vietnam du Nord, la banlieue de Hanoï a été de nouveau bombardée."



Memphis, Etats-Unis

Assassinat de Martin Luther King


Assassiné le 4 avril à Memphis, Martin Luther King, prix Nobel de la paix, est un symbole de défense des droits des noirs aux Etats-Unis comme dans le monde entier. Le pasteur s’était battu pour faire cesser la ségrégation envers les gens de couleur de peau noir qui séparait la société américaine depuis la fin de la guerre de sécession, afin d’établir que les personnes de couleurs de peau noire et blanche puissent disposer des mêmes droits. Malgré les nombreuses menaces de morts et son séjour en prison en 1963, Martin Luther King s’est efforcé de conduire le mouvement de protestation passive jusqu’à un niveau national avec la signature du civil Right Act en 1964. La police conclut deux mois après sa mort que le coupable est James Earl Ray, suprématiste blanc, opposé fermement à la lutte anti-raciste.


Brazzaville, Congo

Coup d'état congolais

4 septembre 1968


Tandis que le président et ses ministres participait à la conférence de l'Organisation commune africaine et malgache, un coup d'état a pris place le 4 septembre 1968 à Brazzaville, la capitale du pays, obligeant le président à démissionner. Le coup d'état s'est déroulé à la suite de manifestations violentes, organisées par les miliaires et les chefs de tribus, en désaccord avec la politique du président.


Chine

La fin de la Révolution culturelle en Chine

28 juillet 1968


Alors que l'Union soviétique compte de nombreux alliés en Europe centrale, en Asie et en Amérique, son hégémonie est contestée par la Chine communiste. C’est en 1968 que la rupture sino-soviétique est consommée. Mao a en effet opté pour un modèle différent dans lequel il utilise le Parti et l’Etat, pour lancer en 1966 la Révolution culturelle, en mobilisant la population, particulièrement de la jeunesse, pour purger la société chinoise des modérés, des intellectuels, des cadres du parti. Mao lance les Gardes Rouges, forts de dizaines de millions de jeunes, pour mener à bien cette révolution qui refuse les accommodements soviétiques. Tous les cadres sont soumis aux violences et contraints à des autocritiques humiliantes particulièrement durant l’année 1968. Mao écarte ainsi du sommet de l’Etat et du Bureau politique nombre de personnalités tels que Chen Yun ou encore Deng Xiaoping. Puis, brutalement, le 28 juillet 1968, Mao met fin à la révolution Culturelle et lors du 12e plénum du Comité central à la fin octobre 1968, il clôt officiellement cette période en faisant exclure du parti Liu Shaoqi, renvoyant les Gardes Rouges dans les provinces pour y être « rééduqués ».

La Chine a traversé durant cette période de très vives tensions sociales qui lui ont fait perdre de précieuses années dans son développement économique.


Signature des Traités de Non-prolifération (TNP)

à l'ONU, New York

1er Juillet


Depuis 1963, les relations Est-Ouest sont plus détendues mais c’est réellement en 1968 que les Etats Unis et l’URSS fonde le système de sécurité collective en signant le Traité de Non-Prolifération Nucléaire (TNP) le 1er juillet. Le principe du TNP repose sur la reconnaissance de 2 groupes distincts : les pays ayant déjà procédé à des essais nucléaires et disposant donc de l’arme nucléaire (Etats-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine et France) et les autres. Les Etats dotés de l’arme nucléaire s’engagent à entrer dans un processus progressif de désarmement, à ne pas transférer d’armes nucléaires et à promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire par l’échange de technologie. Il faut noter que 3 Etats n’ont pas adhéré au traité : l’Inde, le Pakistan et Israël.

Le président Lyndon B. Johnson (à droite) regarde le secrétaire d’État Dean Rusk

signer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 1968.

L’allocution de de Gaulle du 24 mai 1968:

Le président De Gaulle demande au peuple français de répondre OUI à un référendum qu’il souhaite organiser pour affirmer sa légitimité devant le suffrage universel : “Si je suis désavoué par une majorité d'entre vous (...) ma tâche actuelle de chef de l'Etat deviendrait impossible et je cesserai aussitôt d'exercer mes fonctions”.



Les raisons des manifestations étudiantes selon certains médias:

Comme l'écrit l'EKSTRABLADET (Copenhague, radical) " si les mauvaises conditions de travail dans la plupart des universités françaises et aussi les maladresses de la police ont pu entraîner des réactions très compréhensibles, les étudiants parisiens, au fond, ne manifestent pas en faveur d'une cause précise, mais sous l'impulsion d'un mécontentement instinctif et passionnel, contre tous et contre tout, y compris notre système social ".

Pour JEUNE AFRIQUE les jeunes ne veulent pas " se calfeutrer dans le seul souci de leur carrière individuelle, mais peser - et dès maintenant - sur un monde dans lequel ils se sentent et se veulent insérés ".

SUN (Londres) estime qu'il ne s'agit pas " d'une excentricité passagère ", mais d'un " phénomène mondial " à l'Ouest comme à l'Est dont l'objectif est la conquête d'une " plus grande liberté ".


Besançon

Avril 1968


Environ cinq mille personnes ont répondu à l'appel des " comités de défense de la République " de Besançon. Des incidents se sont produits entre manifestants et contre-manifestants. Ceux-ci, au nombre de deux à trois cents, se sont heurtés au centre de la ville, après la dislocation du cortège, à un groupe de deux cents jeunes gaullistes.


Lyon

26 mai

Rassemblés autour de M. Louis Joxe et des députés U.D.-Ve République du Rhône, soixante mille Lyonnais ont vendredi après-midi, à l'appel des comités de défense de la République, manifesté leur attachement au pouvoir en défilant de la place Bellecour à la place des Terreaux.

Cette foule, où figuraient de nombreux commerçants, petits cadres et membres des professions libérales, manifestait davantage son attachement à l'ordre établi, au travail repris, qu'à la personne du général de Gaulle. Sur les banderoles les slogans de portée générale étaient plus nombreux que les mots d'ordre purement gaullistes, et des cris tels que " La France aux Français ! ", " Les cocos à Moscou ! ", revenaient plus souvent que les " Vive de Gaulle ! "

26 mai 1968: Lyon s'embrase

L'hostilité des manifestants à l'égard de MM. Mitterrand et Mendès France était particulièrement marquée. Groupés autour du drapeau de l'Association générale des étudiants, cinq cents jeunes gens et jeunes filles s'installèrent à l'angle de la rue de la Barre et de la place Bellecour pour contre - manifester. Pendant une heure, restèrent ainsi face à face, en échangeant des invectives, un groupe de manifestants et des contre-manifestants étudiants. Mais à la fin un membre du service d'ordre des comités de défense de la République arracha un drapeau rouge, qui fut jeté à terre et piétiné. Les étudiants ont protesté : leur drapeau était tricolore et, dans un communiqué, ils exigent que les organisateurs de la manifestation désavouent ce geste. En plusieurs points du parcours le cortège, applaudi ailleurs, fut accueilli aux cris de " Le fascisme ne passera pas ! ", " De Gaulle démission ! ", ou : " Nos salaires ! "...

Place des Terreaux, avant que le cortège se disloque, le maire, M. Pradel, apparut au balcon de l'hôtel de ville et recueillit les applaudissements de la foule des manifestants en agitant un drapeau tricolore.

On signale d'autre part qu'une étudiante qui distribuait des tracts dans la nuit a été matraquée par des policiers.

Notons enfin que M. Jacques Duclos parlera samedi soir à la Bourse du travail.


Toulouse

23 avril

La manifestation de soutien au général de Gaulle organisée par le comité toulousain de défense de la République, et qui a réuni de nombreuses personnes, a été suivie d'incidents et de heurts.

Après la dispersion, des groupes qui revenaient par la rue de Metz se sont heurtés à hauteur de la rue Boulbonne à une contre-manifestation spontanée qui réunissait environ quinze cents étudiants et ouvriers chantant l'Internationale et vouant " De Gaulle au poteau ! " C.R.S. et gendarmes mobiles s'interposèrent entre les deux groupes, qui finirent par quitter les lieux dans des directions opposées.

Mais l'affrontement se produisit un peu plus tard dans la rue Albert-Lautman, devant les facultés des lettres et de droit. Deux cents manifestants qui réclamaient l'Université française et la libération de Salan se présentèrent vers 19h30 pour enlever le drapeau rouge hissé sur la faculté des lettres. Il y eut des bagarres, et un cocktail Molotov explosa, blessant grièvement à une main un étudiant qui a dû être hospitalisé. Finalement le drapeau rouge resta en place, mais un drapeau tricolore fut accroché sur la façade de la faculté de droit.






Clermont-Ferrand

4 et 5 mai

La manifestation gaulliste a rassemblé devant le monument aux morts de la guerre 1939-1945, rue Montlosier, à Clermont-Ferrand, environ deux mille cinq cents personnes, qui ont ensuite défilé dans la ville derrière le drapeau tricolore marqué de la croix de Lorraine, en criant : " Vive de Gaulle ! " et en scandant les slogans " La France aux Français ", " Mitterrand au poteau ", " Cohn-Bendit à Berlin ". En divers points du parcours des groupes de contre-manifestants ont poussé des huées au passage du cortège, quelques échanges de coups de poing ont eu lieu et un drapeau a été déchiré.

En riposte, les organisations syndicales (C.G.T., C.F.D.T., F.E.N., S.N.I., U.N.E.F., Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) et les partis de gauche (F.G.D.S., P.S.U. et P.C.) ont lancé un " appel aux citoyens " pour une manifestation ce samedi à 16 heures, place des Carmes, " afin de marquer la volonté des forces de progrès de faire échec à la dictature ".









Signature des Traités de Non-prolifération (TNP)

à l'ONU, New York


Depuis 1963, les relations Est-Ouest sont plus détendues mais c’est réellement en 1968 que les Etats Unis et l’URSS fonde le système de sécurité collective en signant le Traité de Non-Prolifération Nucléaire (TNP) le 1er juillet. Le principe du TNP repose sur la reconnaissance de 2 groupes distincts : les pays ayant déjà procédé à des essais nucléaires et disposant donc de l’arme nucléaire (Etats-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine et France) et les autres. Les Etats dotés de l’arme nucléaire s’engagent à entrer dans un processus progressif de désarmement, à ne pas transférer d’armes nucléaires et à promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire par l’échange de technologie. Il faut noter que 3 Etats n’ont pas adhéré au traité : l’Inde, le Pakistan et Israël.

Le président Lyndon B. Johnson (à droite) regarde le secrétaire d’État Dean Rusk

signer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 1968.