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Rabelais, Gargantua, première publication:1535
Nous étudions le texte de 1542

Lecture lineaire N°3

Chapitre XXVII De " Ecoutez messieurs" à
à "parlaient en mourant"".


Date: Janvier 2022

Qu’est-ce que l’humanisme ?

Article paru dans Géo

Esther Buitekant



Comment est né l’humanisme ?

L’humanisme est un mouvement littéraire et artistique né en Italie au XVIe siècle avec le poète Pétrarque. Il se propage ensuite à l’ensemble de l’Europe, notamment grâce à l’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1448.

Le mot "humanisme" vient du latin "humanitas" qui désigne l’étude des langues anciennes que sont le latin et le grec. A l’origine, ceux que l’on appelle "humanistes" travaillent à la traduction de ces textes antiques et permettent à leurs contemporains de découvrir la pensée de l’Antiquité.

La conception de l'humanisme n’est pas seulement une pensée, il est aussi une nouvelle manière de voir le monde qui va infuser les arts mais aussi la société toute entière. L’humaniste affirme sa foi en l’être humain qu’il place au centre de tout. L’homme grandit et évolue alors au contact de la culture antique, de la science mais aussi dans un rapport nouveau à la nature et à la religion.

Quels sont les thèmes de l’humanisme ?

L’humanisme se caractérise par l’intérêt nouveau pour toutes les formes de savoir et de connaissance. Une manière d’appréhender le monde qui vise à permettre à l’homme d’accéder au bonheur et de s’épanouir. Il devient plus autonome, moins dépendant de la religion mais aussi plus libre de choisir la vie qui lui correspond.

L’humanisme englobe plusieurs grands thèmes qui s’enrichissent au fil des années et des nouvelles découvertes.

  • Un intérêt pour les textes grecs et latin de l’Antiquité : la traduction des textes antiques doit permettre aux hommes d’accéder à un savoir nouveau en redécouvrant la philosophie de l’Antiquité. Une démarche qui va également conduire Erasme à proposer une nouvelle édition du Nouveau Testament offrant pour la première fois une version grecque du texte en regard de la traduction latine appelée la Vulgate. Une édition qui fit date et provoqua un véritable séisme, le texte présentant des divergences importantes avec la version latine.
  • S’instruire pour être libre : la connaissance et le savoir sont vus comme des clés permettant aux hommes d’être libres et heureux.
  • La découverte du monde et d’autres cultures, l’enseignement : l’humanisme veut promouvoir l’enseignement de nouvelles disciplines, encourager l’apprentissage des langues. François 1er crée notamment en 1530 le Collège des lecteurs royaux, qui deviendra le Collège de France.
  • La foi en l’homme : l’homme est au centre de tout. L’être humain est, comme le dit le penseur grec Protagoras, “la mesure de toute chose”.
  • La réflexion politique et l’art de gouverner : Machiavel va être le premier à dissocier politique et religion, politique et morale. Il faut, dit-il "s'en tenir à la vérité de la chose".
  • La religion : L’humanisme va conduire à l’émergence de débats autour de la religion et d’un véritable renouveau spirituel. Dieu n’est plus au centre de toutes choses, l’homme l’est.

Qui sont les grands penseurs et auteurs humanistes ?

Parmi les grands auteurs humanistes, le premier est évidemment le philosophe et théologien hollandais Erasme (Eloge de la folie, 1511). On peut également citer les écrivains français François Rabelais (Gargantua, 1534), Clément Marot et Michel de Montaigne (Les Essais, 1580) les poètes Pierre de Ronsard et Joachim du Bellay, le philosophe anglais Thomas More (L’Utopie, 1516), le penseur italien Machiavel (Le Prince, 1532).



À côté du roman de chevalerie épique et merveilleux très en vogue au Moyen-âge ( en France Les chevaliers de la table ronde de Chrétien de Troyes au XIIe siècle, en Italie le Roland furieux de L'Arioste, La Jérusalem délivrée du Tasse ) émerge des intérêts nouveaux : le prestige du savoir et du verbe, l’imminence de l’homme de lettres prennent le pas sur les valeurs chevaleresques.
L’humanisme met au centre de ses recherches l’homme conquérant sa dignité par une connaissance nouvelle et directe de la nature, des civilisations passées (les œuvres de l’Antiquité, les « humanités ») et présentes (voyages, grandes découvertes). Les auteurs qui se disent conteurs veulent aussi que leur public tire profit de récits à l’ambiguïté concertée.
Dans une prose française relatinisée et en perpétuelle invention, Rabelais fait œuvre de vulgarisation de « l’abîme de science » rêvé par l’humanisme. Ses « contes à rire» mèlent tradition populaire (chronique des géants, fabliaux, farces) et références érudites. La forte unité de ses romans organise, à travers des voyages symboliques, une multitude de sens cachés, autour des grands problèmes contemporains (guerre et paix, Éducation, science, mariage, aveuglement de l’homme, liberté). L’œuvre est une énorme facétie qui donne à penser, et l’éclat de rire rabelaisien clame sa foi en la bonté de la nature au moment même où il stigmatise les monstruosité humaine.
(revoir la fiche Humanisme page 1 du Genially ou en cliquant sur le bouton)

Contextualisation

Précision sur l'oeuvre

info

.01

À travers ce personnage Rabelais nous propose:

Un anti-moine : il incarne à lui seul la critique de la religion
Un homme d'action (le contraire des moines)

Un ami fidèle, complice de Gargantua
Valeureux, courageux, drôle, joyeux, bon buveur, mais aussi curel et violent ; c'est un personnage carnavalesque qui sert le rire. Il incarne la phrase de Rabelais dans le prologue "l'habit ne fait pas le moine"!
Il incarne les idéaux humanistes car il dispense un des maîtres mots de l’enseignement de saint Paul, "la joie"mais n'est pas réellement humaniste (il n'aime pas l'étude , il est grossier et refuse de diriger Thélème!

Le passage que nous étudions nous permet de rencontrer frère Jean qui deviendra un ami fidèle de Gargantua. Il s'agit d'un moine inversé, son portrait physique au chapitre 27 est l'exact contraire du portrait traditionnel du moine c'est-à-dire vieux gras et indolent lui est"l 21-22 jeune, gaillard, joyeux" ,il fait preuve d'une énergie débordante.. C'est un homme d'action , son impétuosité et son extraordinaire activité ( chapitre 38 il mène plusieurs activités de front et parmi celle-ci une grande prédilection pour la chasse) ses appétits débordants (la gueule bien fendue l 23), son grand nez ( signe d'une grande activité sexuelle ) et sa rapidité de décision contrastent avec le caractère réfléchi de Grandgousier et de Gargantua.

Il est l'incarnation de la "bonne démesure" et c'est à lui que Rabelais donne le dernier mot de son roman. Frère jean incarne le rire carnavalesque tout en étant le "morosophe" c'est à dire "le fou sage" qui par sa folie, son excès, le rire qu'il déchaîne, compense et conteste l'esprit de sérieux. Il incarne le rire populaire et montre les limites de la mesure.


Frère jean des Entommeures: Son nom signifie "entameure" autrement dit "hachis". Frère jean est donc un personnage qui fait du hachis avec ses ennemis....

01. Introduction

l'extrait

04. Mouvement 1

05. Mouvement 2

06. Mouvement 3

09 Question de grammaire

08 Conclusion

07. Mouvement 3

Contextualisation ressérée sur l'extrait

Index

03. projet de lecture

02 Lecture expressive

Conclusion générale


Contextualisation resserrée sur l'extrait

.02


.Le Gargantua de François Rabelais a connu plusieurs éditions qui ont occasionné divers remaniement de la part de l’auteur. Nous étudions un extrait du texte définitif paru à Lyon en 1542 avant qu’il ne soit condamné par la Sorbonne et le parlement en 1543. Le Gargantua est bâti comme un roman de chevalerie, le récit est toujours précédé d’un prologue qui instruit le lecteur sur les intentions de l’auteur. Ce dernier ne semble poursuivre qu’un seul but : faire rire

. Le chapitre XXVII nous présente un personnage qui deviendra essentiel au récit: Frère jean. Anti-moine il se remarque par ses excès et particulièrement ici dans cette scène de combat qui est une parodie d'épopée . On Remarque l'extraordinaire brutalité et cruauté du moine dans le combat souligné par l'usage de termes médicaux. La description complaisante de blessures horribles relève du style épique et figurait déjà dans l'Iliade mais ici l'outrance devient comique d'autant que les instruments l'apparente à un jeu : la bâton de croix, les petits moines utilisent pour le massacre un outil pour les petits enfants.

Cet épisode est surtout l'occasion pour Rabelais de faire rire en utilisant les moyens de la satire anticléricalle traditionnelle. Ici les exagérations les jeux verbaux les appels aux lecteurs font basculer l'épique dans le grotesque: le rire libère de la peur et en particulier de la peur de la peur de la mort

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Date

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Introduction de la lecture linéaire

Françoise Desmaison

Lecture expressive

.03

.04

Petit rappel

Projet de lecture:
Oubliez"Qu’est-ce qui fait l’intérêt de ce texte ?" ou bien "Que dénonce ce texte ?", ou encore "Que critique l’auteur dans ce texte ?", qui donne l’impression (fausse ou bien très inquiétante) qu’on n’a pas vu de quoi il s’agissait.
Préférez :
Nous verrons en quoi ce texte est une critique de… (la guerre, la corruption, les conventions sociales...)
Nous verrons en quoi ce texte revisite./renouvelle....
Identifiez bien le texte.
Il faut "définir" le texte au préalable, en se demandant ce qu’il est, ce qu’il "dit" et les effets qu’il produit sur le lecteur.

Projets de lecture

En quoi ce récit est-il une parodie d'épopée ?

En quoi ce récit permet-t-il à Rabelais de faire une satire de la religion et de la guerre

INFO

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Un seul projet de lecture suffit!

Il n'a pas besoin d'être formulé sous forme de question.

Mouvement 1

.05

Ligne 1 "Ecoutez messieurs".... Ligne 13 "vieille escrime"
Le motif du combat


INFO

INFO

PARODIE : DEFINITION

1. Texte, ouvrage qui, à des fins satiriques ou comiques, imite en la tournant en ridicule, une partie ou la totalité d'une oeuvre sérieuse connue.

SPECTACLES. [Au cabaret en particulier] Contrefaçon burlesque d'une pièce de théâtre connue.


1. C'est que la parodie nous délivre d'admirer les autres, au lieu que la comédie nous délivre de nous admirer nous-mêmes; et ajoutez que la parodie ne distingue point et livre au ridicule tout un homme, alors que la comédie sauve celui qui rit par le rire; ainsi la comédie ne va point contre le respect, mais la parodie y va toujours... Alain, Beaux-arts, 1920, p.168.


2.P. anal. Imitation grossière qui ne restitue que certaines apparences. Synon. caricature.



En classe vous avez déterminé des mouvements qui sont différents des miens


Ainsi il est tout à fait possible de découper le texte comme suit :


de la ligne 1 " écoutez messieurs " jusqu'à la ligne quatre "je n'y mourrai pourtant pas c'est moi qui le ferai aux autres" le titre de ce premier mouvement SERET la harangue de frère Jean

ensuite

deuxième mouvement de la ligne quatre "Ce disant il mit bas son grand habit" jusqu'à la ligne 30 "croyez que c'était le plus horrible spectacle qu'on vit jamais" ici il s'agit du combat de frère Jean. On peut appeler ce mouvement aussi la parodie d'épopée.


Et enfin le dernier mouvement

de la ligne 31 "Les uns criaient sainte-barbe" juste que 40 " les autres parlaient en mourant" : les paroles des vaincus.

.06

Mouvement 2

L 13 "Aux uns" à L 30 "qu'on vit jamais!"


Parodie de combat épique

INFO

QU'EST-CE QUE L'ÉPOPÉE ?




UN GENRE : l'épopée, quand il s'agit d'une œuvre entière

UN REGISTRE: Le registre (ou la tonalité) épique, quand il s'agit d'un passage dans une œuvre littéraire ou

cinématographique


L'ACTION ÉPIQUE


L'épopée est le récit d'une grande action, mettant enjeu ou symbolisant les grands intérêts d'un peuple : sa religion, son unité, son patriotisme, son territoire, sa culture ex : dans La Chanson de Roland, l’armée chrétienne de Charlemagne lutte contre les musulmans d'Espagne.


ILy a donc une action centrale : la colère d'Achille (l’iliade), le retour d'Ulysse (Odyssée), la guerre sainte (Chanson de Roland)

sur laquelle se greffent


• de nombreux épisodes secondaires : amours, aventures accessoires, péripéties...

• de nombreux développements : discours de tel ou tel héros (harangues), descriptions d'armes, de

bijoux, de combats...


L'EXPLOIT ÉPIQUE


Il est extraordinaire dans tous les domaines (combats, aventures... ) et provoque un enthousiasme qui suspend la raison et permet la croyance aux miracles et aux diverses formes de merveilleux {apparitions, rêves, intervention de la divinité... )




LES PERSONNAGES DE L'ÉPOPÉE


• En arrière-fond : tout un peuple, toute une foule

• Un héros central, historique ou légendaire, sans défaut, doué de forces exceptionnelles, remplissant (parfois sans le vouloir) un destin utile à la collectivité.

Son caractère est souvent simplifié à un trait

Il est grandi physiquement et moralement pour catalyser l'enthousiasme : l’épopée et son

héros réalisent ce que souhaite le cœur et non la raison.

• Quelques personnages secondaires


LA MORALE ÉPIQUE


Exaltation d'un idéal collectif (ex :la guerre sainte), des valeurs collectives d'une société (ex :

au Moyen-âge, les ·valeurs féodales, religieuses)


Morale extrêmement sommaire : pas de raffinements psychologiques ou intellectuels. Lutte entre le bien et le mal, de type manichéen.


La valeur et les fondements de cette morale ne sont pas démontrés, mais passionnément approuvés. Il faut d'ailleurs que le public adhère à cet idéal, à cette morale, avec passion et enthousiasme et non par un effort raisonné et critique.


D'où la nécessité


• d'un grandissement épique,

• de personnages à psychologie simpliste,


• de la grandeur et de la noblesse du cadre,


• de l'intervention du merveilleux.


LE STYLE ÉPIQUE


Tous les procédés d'écriture qui accentuent le grandissement épique sont utilisés.


• Dans la structure des phrases : les périodes, les phrases longues qui s'étendent sur plusieurs vers, les énumérations, les gradations, les développements qui amplifient la phrase (rythmes binaires, ternaires).

• Les anaphores, les inversions qui mettent en valeur certains mots.

• Le grossissement est aussi rendu par des hyperboles, des antithèses fortes.

• Les métaphores et les comparaisons font appel à tout ce qui suggère la force, la grandeur, l'intensité, la violence


D'après Henri Bénac : Guide littéraire - Hachette, 1964

info

L 31 "les uns criaient "...à L 42 "en mourant"
Les paroles des vaincus

.07

Mouvement 3

BILAN
- Mélange récit/discours
-scène de conflit rythmée
- Frère Jean un anti-moine
-Parodie d'épopée
-Critique de la guerre
-Critique de la religion associée à la violence ou à la superstition.



-



La maïeutique est au coeur de la philosophie socratique. En effet, elle se définit comme l'accouchement des esprits. Par le biais de questionnements, l'esprit du questionné parvient à trouver en lui-même les vérités.La maïeutique est donc l'art d'accoucher les esprits, de leur faire enfanter la vérité. Socrate en philosophe affirme que chacun porte en lui le savoir, sans en avoir conscience. Le questionnement vise à se faire ressouvenir, c'est la fameuse théorie de la réminiscence. Ceci est bien sûr fondé sur la thèse de l'immortalité de l'âme. Puisque l'âme est immortelle, elle détient déjà tous les savoirs.




Texte complémentaire: Erasme, Eloge de la folie, Chapitre 54, 1511.
Conte l’extravagance des religieux qui ont perdu et la lettre et l’esprit de l’enseignement du Christ.



Aussitôt après le bonheur des théologiens, vient celui des gens vulgairement appelés Religieux ou Moines, par une double désignation fausse, car la plupart sont fort loin de la religion et personne ne circule davantage. En tous lieux que ces prétendus solitaires. Ils seraient, à mon sens, les plus malheureux des hommes, si je ne les secourais de mille manières. Leur espèce est universellement exécrée, au point que leur rencontre fortuite passe pour porter malheur, et pourtant ils ont d’eux-mêmes une opinion magnifique. Ils estiment que la plus haute piété est de ne rien savoir, pas même lire. Quand ils braient comme des ânes dans les églises, en chantant leurs psaumes qu’ils numérotent sans les comprendre, ils croient réjouir les oreilles des personnes célestes. De leur crasse et de leur mendicité beaucoup se font gloire ; ils beuglent aux portes pour avoir du pain ; ils encombrent partout les auberges, les voitures, les bateaux, au grand dommage des autres mendiants. Aimables gens qui prétendent rappeler les Apôtres par de la saleté et de l’ignorance, de la grossièreté et de l’impudence !
Le plus drôle est que tous leurs actes suivent une règle et qu’ils croiraient faire péché grave s’ils s’écartaient le moins du monde de sa rigueur mathématique : combien de nœuds à la sandale, quelle couleur à la ceinture, quelle bigarrure au vêtement, de quelle étoffe la ceinture et de quelle largeur, de quelle forme le capuchon et de quelle capacité en boisseaux, de combien de doigts la largeur de la tonsure, et combien d’heures pour le sommeil ! Qui ne voit à quel point cette égalité est inégale, exigée d’êtres si divers au physique et au moral ? Ces niaiseries, pourtant, les enorgueillissent si fort qu’ils méprisent tout le monde et se méprisent d’un ordre à l’autre. Des hommes, qui professent la charité apostolique, poussent les hauts cris pour un habit différemment serré, pour une couleur un peu plus sombre. Rigidement attachés à leurs usages, les uns ont le froc de laine de Cilicie et la chemise de toile de Milet, les autres portent la toile en dessus, la laine en dessous. Il en est qui redoutent comme un poison le contact de l’argent, mais nullement le vin ni les femmes. Tous ont le désir de se singulariser par leur genre de vie. Ce qu’ils ambitionnent n’est pas de ressembler au Christ, mais de se différencier entre eux.
Leurs surnoms aussi les rendent considérablement fiers : entre ceux qui se réjouissent d’être appelés Cordeliers, on distingue les Coletans, les Mineurs, les Minimes, les Bullistes. Et voici les Bénédictins, les Bernardins, les Brigittins, les Augustins, les Guillemites, les Jacobins, comme s’il ne suffisait pas de se nommer Chrétiens !
Leurs cérémonies, leurs petites traditions tout humaines, ont à leurs yeux tant de prix que la récompense n’en saurait être que le ciel. Ils oublient que le Christ, dédaignant tout cela, leur demandera seulement s’ils ont obéi à sa loi, celle de la charité. L’un étalera sa panse gonflée de poissons de toute sorte ; l’autre videra cent boisseaux de psaumes ; un autre comptera ses myriades de jeûnes, où l’unique repas du jour lui remplissait le ventre à crever ; un autre fera de ses pratiques un tas assez gros pour surcharger sept navires ; un autre se glorifiera de n’avoir pas touché à l’argent pendant soixante ans, sinon avec les doigts gantés ; un autre produira son capuchon, si crasseux et si sordide qu’un matelot ne le mettrait pas sur sa peau ; un autre rappellera qu’il a vécu plus de onze lustres au même lieu, attaché comme une éponge ; un autre prétendra qu’il s’est cassé la voix à force de chanter ; un autre qu’il s’est abruti par la solitude ou qu’il a perdu, dans le silence perpétuel, l’usage de la parole.
Mais le Christ arrêtera le flot sans fin de ces glorifications : « Quelle est, dira-t-il, cette nouvelle espèce de Juifs ? Je ne reconnais qu’une loi pour la mienne ; c’est la seule dont nul ne me parle. Jadis, et sans user du voile des paraboles, j’ai promis clairement l’héritage de mon Père, non pour des capuchons, petites oraisons ou abstinences, mais pour les œuvres de foi et de charité. Je ne connais pas ceux-ci, qui connaissent trop leurs mérites ; s’ils veulent paraître plus saints que moi, qu’ils aillent habiter à leur gré le ciel des Abraxasiens ou s’en faire construire un nouveau par ceux dont ils ont mis les mesquines traditions au-dessus de mes préceptes ! » Quand nos gens entendront ce langage et se verront préférer des matelots et des rouliers, quelle tête feront-ils en se regardant ?


INFO

CONCLUSION

.09

Rappel : bilan rapide de l’explication, réponse au projet de lecture; idéalement texte écho en ouverture)

Frère Jean incarne le "morosophe" c'est à dire le "fou sage".


Le morosophoï, mot emprunté à Lucien de Samosate, chez Érasme est le « sage-fou », celui qui détient le savoir, mais ne dénigre pas pour autant la folie au profit de la raison

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Question de grammaire

Date

La négation
La Prop sub Circ

Ce disant, il mit bas son grand habit et se saisit du bâton de la croix, qui était en cœur de cormier, long comme une lance, rond à plein poing, et quelque peu semé de fleurs de lys, presque toutes effacées





il choqua donc si roidement sur eux sans crier gare, qu'il les renversait comme porcs,





Si l'un d'eux cherchait à se cacher au plus épais des ceps, il lui froissait toute l'arête du dos et lui cassait les reins comme à un chien.



.04

Development

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Conclusion générale

INFO

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